{"id":64119,"date":"2019-10-10T18:59:07","date_gmt":"2019-10-10T22:59:07","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/attaques-terroristes-au-burkina-les-larmes-des-veuves-des-fds\/"},"modified":"2019-10-10T18:59:07","modified_gmt":"2019-10-10T22:59:07","slug":"attaques-terroristes-au-burkina-les-larmes-des-veuves-des-fds","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/attaques-terroristes-au-burkina-les-larmes-des-veuves-des-fds\/","title":{"rendered":"Attaques terroristes au Burkina : Les larmes des veuves des FDS"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve.gif?fit=700%2C495&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"492\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve.gif?resize=696%2C492&#038;ssl=1\" alt=\"\" title=\"veuve\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Le 4 avril 2015 \u00e0 Djibo dans la province du Soum, le Burkina Faso a v\u00e9cu sa premi\u00e8re attaque terroriste. Un coop\u00e9rant roumain a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, un agent de s\u00e9curit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 et un gendarme bless\u00e9. Avec le temps, les attaques ont augment\u00e9 en nombre et en intensit\u00e9 et gagn\u00e9 presque tout le pays. A la date du 16 juin 2019, une source documentaire qui cite un bilan officiel du minist\u00e8re en charge de la d\u00e9fense nationale fait \u00e9tat de 283 attaques terroristes, dont 103 dirig\u00e9es contre les Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS), tuant 143 soldats et blessant 157 autres. Ces soldats, piliers de leurs familles, tomb\u00e9s sous les balles assassines des agresseurs, ont \u00e9t\u00e9 brutalement arrach\u00e9s \u00e0 leurs \u00e9pouses, enfants, p\u00e8res et m\u00e8res, amis, proches ainsi qu\u2019\u00e0 leurs fr\u00e8res d\u2019armes. Les veuves de ces soldats tomb\u00e9s au front sont pour la plupart, tr\u00e8s jeunes et sans emplois. Contraintes de s\u2019adapter \u00e0 leur nouvelle situation non reluisante, elles vivent dans la pr\u00e9carit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Le 25 janvier 2019, le cercle des c\u00e9libataires des Forces arm\u00e9es nationales (FAN) du Burkina Faso s\u2019est r\u00e9duit avec le mariage de Halassane Coulibaly, un m\u00e9decin-militaire. Une union religieuse et coutumi\u00e8re scell\u00e9e avec Mlle Aglagbo Am\u00e9yo Isabelle, \u00e0 Lom\u00e9 au Togo, pays d\u2019origine de la mari\u00e9e. Le 30 janvier, c\u2019est-\u00e0-dire 5 jours apr\u00e8s leur union, Halassane Coulibaly a publi\u00e9 sur sa page Facebook, plusieurs photos de l\u2019heureux \u00e9v\u00e8nement. Dans les images, le couple en groupe ou en duo \u00e9tait joliment habill\u00e9 en tenue traditionnelle.<\/p>\n<p>Certaines photos ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 prises \u00e0 la plage. A peine post\u00e9es, ces publications ont recueilli une pluie de commentaires \u00e9logieux. \u00abWaouh, quel beau couple!!! Vous \u00eates tous simplement superbes. Qu\u2019Allah b\u00e9nisse votre union, qu\u2019il soit le socle de votre foyer et qu\u2019il vous donne beaucoup d\u2019enfants b\u00e9nis. Bisous \u00e0 vous!\u00bb, s\u2019exclame par exemple Arline Pascale Amoussa, sur Facebook. \u00abIl n\u2019y a rien \u00e0 dire de plus mon champion. Les images ont tout dit. Que le Tout- puissant vous prot\u00e8ge et vous assiste partout. Encore f\u00e9licitations\u00bb, ajoute de son c\u00f4t\u00e9 Yaya Banc\u00e9.<\/p>\n<p>Quelques jours seulement apr\u00e8s son mariage, pendant que les f\u00e9licitations continuaient de pleuvoir sur sa page Facebook, Halassane Coulibaly quitte sa bien-aim\u00e9e pour rejoindre son poste \u00e0 Djibo, chef-lieu de la province du Soum, dans la r\u00e9gion du Sahel. Cette ville, situ\u00e9e \u00e0 plus de 200 km de la capitale, est l\u2019une des zones du pays les plus touch\u00e9es par les attaques terroristes. Le 14 f\u00e9vrier 2019, jour de la St-Valentin, le sous-lieutenant Coulibaly tombera dans un pi\u00e8ge assassin des terroristes \u00e0 Djibo, l\u2019arrachant brutalement \u00e0 sa douce moiti\u00e9, un jour o\u00f9 le monde c\u00e9l\u00e9brait l\u2019amour. Ce jour, son assistant et lui examinaient un corps sans vie trouv\u00e9 dans la localit\u00e9.<\/p>\n<p>Un corps d\u2019un individu habill\u00e9 en tenue officielle des forces arm\u00e9es burkinab\u00e8 que les terroristes avaient pi\u00e9g\u00e9. Sept mois apr\u00e8s la disparition tragique de Halassane, l\u2019\u00e9motion est toujours vive dans la famille Coulibaly \u00e0 Bobo-Dioulasso o\u00f9 vit sa veuve. \u00a0 Toutes tentatives de rencontrer la famille et la veuve sont rest\u00e9es vaines depuis le 2 septembre 2019. Car, onze jours plus tard, un proche du d\u00e9funt avoue que la famille ne souhaiterait pas en parler. \u00abJ\u2019en ai parl\u00e9 au papa. Il m\u2019a signifi\u00e9 que ce qui est fait est fait. Rien ne pourra ramener son fils \u00e0 la vie, donc il n\u2019a pas de mots \u00e0 ajouter.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019on pourra nous donner qui va nous soulager de cette douleur ou de cette perte-l\u00e0\u00a0? Rien. On s\u2019en remet \u00e0 Dieu seulement. De toutes les fa\u00e7ons, nous ne sommes pas la seule famille\u00bb, dit la source tristement, la voix toute rou\u00e9e. La famille Coulibaly n\u2019est pas la seule \u00e0 pleurer la perte d\u2019un fils soldat tomb\u00e9 sur le champ d\u2019honneur. Le 29 janvier 2018, la famille Soulama \u00e0 Banfora a perdu son fils, Karim Soulama, assistant de police, lors d\u2019une attaque \u00e0 Baraboul\u00e9, dans le Soum.<\/p>\n<p>Neuf mois apr\u00e8s, la famille est toujours sous le choc. Dans la nuit du mardi 1er octobre 2019, c\u2019est une m\u00e8re, une \u00e9pouse et un petit fr\u00e8re, tous tristes qui nous re\u00e7oivent \u00e0 leur domicile au secteur n\u00b04 de Banfora. \u00abC\u2019est difficile. C\u2019est douloureux et\u00a0nous ne pouvons que prier pour le repos de son \u00e2me\u00bb, avoue impuissamment son fr\u00e8re cadet. M\u00eame d\u00e9solation chez la m\u00e8re qui a perdu le pilier de la famille. Il \u00e9tait le seul de ses trois enfants \u00e0 avoir un emploi. Pour venir en aide \u00e0 la famille, le benjamin compte d\u00e9sormais sur les concours directs de la Fonction publique, session 2019.<\/p>\n<p>Pendant que sa belle-m\u00e8re et son beau-fr\u00e8re parlent, Kadi H\u00e9ma, 26 ans, la veuve du disparu, a le regard clou\u00e9 au sol. Les mots peinent \u00e0 sortir de sa bouche. \u00abLes filles savent que leur p\u00e8re ne vit plus parce qu\u2019elles ont tout suivi le jour de son inhumation \u00e0 Ouahigouya\u00bb, explique-t-elle avant de faire savoir qu\u2019elle attend les r\u00e9sultats du test d\u2019int\u00e9gration des enseignants du primaire.<\/p>\n<h3>Plus d\u2019une centaine de veuves et d\u2019orphelins<\/h3>\n<p>A Bobo-Dioulasso, une autre famille, la famille P.\u00a0 a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement endeuill\u00e9e. Leur fils, O. P., assistant de police, nouvellement affect\u00e9 \u00e0 Titao, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans une attaque arm\u00e9e dans la zone. Sa veuve, Antou (nom d\u2019emprunt), a trouv\u00e9 refuge \u00e0 Kilwin, un quartier de Ouagadougou.<\/p>\n<p>Ag\u00e9e de 25 ans, elle vit avec ses trois enfants (un nourrisson de 18 mois, une fillette de 4 ans et son fils a\u00een\u00e9, 7ans) dans une chambre-salon qu\u2019elle loue \u00e0 7500 FCFA le mois. \u00abSes chaussures et ses tenues sont toujours dans la chambre et j\u2019esp\u00e8re toujours le revoir\u00bb, dit-elle avant de fondre en larmes. Apr\u00e8s un long soupir, elle se r\u00e9signe. \u00abC\u2019est difficile d\u2019attendre quelqu\u2019un qui n\u2019arrivera pas.<\/p>\n<p>C\u2019est trop dur\u00bb. Mathilde (nom d\u2019emprunt) conna\u00eet aussi cette douleur li\u00e9e aux actes terroristes. Elle a perdu son \u00e9poux, un sous-officier de la gendarmerie, tu\u00e9 au cours d\u2019une attaque dans le Sahel, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. La veuve, qui a requis l\u2019anonymat, r\u00e9side actuellement avec ses trois enfants, \u00e2g\u00e9s de 10, 7 et 4 ans dans une maison deux pi\u00e8ces en zone non lotie dans la p\u00e9riph\u00e9rie de Ouagadougou. Un logement construit par son \u00e9poux, il y a quelques d\u2019ann\u00e9es, pour les mettre \u00e0 l\u2019abri de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qui r\u00e8gne dans la province o\u00f9 toute la famille vivait \u00abCe n\u2019est pas du tout facile.<\/p>\n<p>Vivre avec quelqu\u2019un pendant tant d\u2019ann\u00e9es et un moment donn\u00e9 tu entends qu\u2019il n\u2019est plus l\u00e0. \u00c7a fait vraiment mal\u00bb,\u00a0soupire-t-elle. La m\u00eame douleur et le m\u00eame vide sont toujours pr\u00e9sents chez la veuve d\u2019un autre officier militaire, tu\u00e9 dans la capitale en 2018. M\u00e8re de trois enfants, elle ne s\u2019en est pas encore remise. \u00abJe vais mal et les enfants aussi ainsi que la belle-famille\u00bb, confie-t-elle tout en demandant l\u2019anonymat.<\/p>\n<p>La liste est longue. Elle est m\u00eame tr\u00e8s longue\u00a0: des centaines de soldats tu\u00e9s, plusieurs centaines de veuves et d\u2019orphelins et les attaques contre les FDS continuent.<\/p>\n<h3>Partis sans laisser de prog\u00e9niture<\/h3>\n<p>Dans cette longue liste figurent, les noms des huit soldats du d\u00e9tachement de Baraboul\u00e9, tomb\u00e9s \u00e0 la suite de l\u2019explosion de leur v\u00e9hicule lors d\u2019une mission de ravitaillement, le 26 septembre 2019 \u00e0 Baraboul\u00e9.<\/p>\n<p>Ce sont\u00a0: le Sergent Moussa Diallo de la Garde nationale, 52 ans, deux veuves et six enfants\u00a0; le Sergent Souleymane Sanou de l\u2019ENSOA, 33 ans, une veuve, 9 enfants\u00a0; Achille Bamouni du 31e R\u00e9giment d\u2019infanterie commando, 32 ans, une veuve\u00a0; le Caporal Moussa Karambiri du 30e R\u00e9giment de commandement d\u2019appui et de soutien, 29 ans, un orphelin\u00a0; le Caporal Boureima To\u00e9, du 30e R\u00e9giment de commandement d\u2019appui et de soutien, 33 ans, une orpheline\u00a0; le soldat de 1re classe Pawendkisgo Alo\u00efse Congo, du R\u00e9giment de commandement d\u2019appui et de soutien, 35 ans, 5 enfants\u00a0; le soldat de 1re classe Sayouba Ou\u00e9draogo, du 30e R\u00e9giment de commandement d\u2019appui et de soutien, 26 ans et Julien Guigemd\u00e9, 29 ans, \u00e9galement du m\u00eame r\u00e9giment sont \u00abpartis avec leurs noms\u00bb. Ceci pour dire qu\u2019ils sont morts sans prog\u00e9niture.<\/p>\n<p>Avec ou sans enfants, mari\u00e9s ou pas, tous ces militaires inhum\u00e9s \u00e0 Oufr\u00e9, \u00e0 Ouahigouya, r\u00e9gion du Nord, dans la soir\u00e9e du vendredi 28 septembre 2018, laissent un vide. Des disparitions qui ont arrach\u00e9 des fils \u00e0 leurs m\u00e8res et p\u00e8res, des \u00e9poux \u00e0 leurs \u00e9pouses, des compagnons \u00e0 leurs compagnes et des p\u00e8res \u00e0 leurs enfants. Combien d\u2019orphelins et de veuves ont-il laiss\u00e9 derri\u00e8re eux\u00a0? Difficile d\u2019avoir une liste exhaustive. Car depuis 2015, le Burkina Faso fait face \u00e0 des attaques terroristes r\u00e9currentes, avec une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 dans le Sahel, le Nord et le Centre-Nord et avec pour principales cibles, l\u2019administration, les leaders religieux et coutumiers.<\/p>\n<p>Les FDS, en premi\u00e8re ligne de ce combat, paient le plus lourd tribut. Une source documentaire qui s\u2019appuie sur un bilan officiel du communiqu\u00e9 du minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale et des Anciens combattants r\u00e9v\u00e8le que le pays des Hommes int\u00e8gres a enregistr\u00e9 283 attaques, depuis la premi\u00e8re perp\u00e9tr\u00e9e le 4 avril 2015 jusqu\u2019\u00e0 la date du 16 juin 2019. 103 attaques ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par les groupes arm\u00e9s contre les FDS provoquant 143 d\u00e9c\u00e8s et 157 bless\u00e9s. Pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, nous pouvons retenir que 73 militaires, 11 policiers, 8 douaniers, 3 gendarmes et 3 forestiers ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. En faisant le d\u00e9compte, 45 victimes des FDS n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es.<\/p>\n<h3>\u00abMyst\u00e8re autour des statistiques\u00bb<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-15039 alignleft\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve2.gif?resize=300%2C212&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"212\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve2.gif?resize=300%2C212&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve2.gif?resize=100%2C70&#038;ssl=1 100w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve2.gif?resize=696%2C492&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve2.gif?resize=594%2C420&#038;ssl=1 594w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Dans ce bilan, aucune mention des veuves et orphelins. Mais une source proche du dossier parle d\u2019une centaine de veuves, c\u00f4t\u00e9 militaires dans les mois de juillet- ao\u00fbt. Pour en savoir davantage sur les statistiques, nous avons entam\u00e9 plusieurs d\u00e9marches \u00e0 plusieurs niveaux. D\u2019abord aupr\u00e8s de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la Police nationale qui a refus\u00e9 de se prononcer sur cette question, malgr\u00e9 nos multiples relances.<\/p>\n<p>La m\u00eame correspondance a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e, le 29 septembre \u00e0 l\u2019Etat-major de la gendarmerie. Le vendredi 13 septembre, un monsieur au niveau du cabinet nous rassure\u00a0au t\u00e9l\u00e9phone : \u00abLe dossier est en \u00e9tude. On va vous appeler quand \u00e7a sera fait\u00bb. Cons\u00e9quence, plus besoin d\u2019insister. Jusque-l\u00e0, le dossier semble toujours en \u00e9tude. Le 29 ao\u00fbt, un autre courrier est d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale des douanes. Apr\u00e8s plusieurs tentatives vaines pour contacter le directeur de communication, Fr\u00e9d\u00e9ric Zida, nous nous rendons \u00e0 la direction de la douane dans la matin\u00e9e du vendredi 27 septembre 2019.<\/p>\n<p>Au service courrier, un agent nous remet un bout de papier avec mention n\u00b02578 du 26 ao\u00fbt 2019 et nous oriente vers le cabinet du directeur g\u00e9n\u00e9ral o\u00f9 le secr\u00e9taire particulier de celui-ci, Ousmane Niki\u00e8ma, dit avoir vu la correspondance et que le dossier a tra\u00een\u00e9 parce que le \u00abboss\u00bb \u00e9tait en cong\u00e9 hors du pays. Ensuite, il passe plusieurs coups de fil \u00e0 plusieurs services mais aucune trace de la correspondance. Apr\u00e8s une trentaine de minutes d\u2019attente, nous effectuons un tour au service de communication.<\/p>\n<p>L\u00e0, le directeur nous rassure que le dossier est \u00e0 son niveau. \u00abIl\u00a0y a \u00e0 peine trois jours, je l\u2019ai m\u00eame fait sortir et je voulais t\u2019appeler pour comprendre davantage\u00bb, dit-il, tr\u00e8s press\u00e9 pour rattraper une r\u00e9union en cours. Il sugg\u00e8re alors de lui faire un message pour lui laisser notre contact qui, pourtant, figure sur la demande d\u2019interview. Ici aussi, nous attendons toujours l\u2019appel.<\/p>\n<h3>Que cache l\u2019arm\u00e9e\u00a0?<\/h3>\n<p>A l\u2019Etat-major g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es, c\u2019est le m\u00eame calvaire pour avoir des chiffres cr\u00e9dibles sur le nombre de veuves et d\u2019orphelins laiss\u00e9s par les militaires disparus. L\u00e0, nous avons fait des pieds et des mains, pour avoir des rendez-vous infructueux. Les deux premiers, le mardi 17 et le jeudi 19 septembre 2019.<\/p>\n<p>A ce second rendez-vous, notre surprise, l\u2019interview est transform\u00e9e en une s\u00e9ance de travail\u00a0: journaliste, charg\u00e9 de communication et technicien du service social. La raison selon la direction de la communication\u00a0: mieux se pr\u00e9parer pour r\u00e9pondre aux pr\u00e9occupations pos\u00e9es. Une double copie du questionnaire est faite et le lieutenant No\u00ebl Ou\u00e9draogo promet de nous revenir. Ne voyant rien venir, nous le contactons \u00e0 nouveau, le mercredi 25 septembre.<\/p>\n<p>Il promet de nous revenir en nous rassurant de la pleine collaboration de l\u2019arm\u00e9e. Le 30 septembre, le service de communication nous fixe un autre rendez-vous pour le vendredi 4 octobre. \u00abVous aurez votre interview le vendredi\u00bb, annonce-t-il, avant de demander de l\u2019appeler avant pour l\u2019heure. Ce que nous avons fait avec insistance mais sans suite de sa part. En plus des autorit\u00e9s militaires et civiles, la coordination des associations des \u00e9pouses des militaires a \u00e9t\u00e9 saisie.<\/p>\n<p>Le 8 septembre, la pr\u00e9sidente, Bibata Zida, contact\u00e9e par t\u00e9l\u00e9phone, dit \u00eatre favorable mais pr\u00e9f\u00e8re informer d\u2019abord le commandement militaire. L\u00e0 aussi, il n\u2019y aura plus de suite malgr\u00e9 nos multiples relances. Pourquoi tant de myst\u00e8re autour d\u2019une question qui rel\u00e8ve de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\u00a0? L\u2019arm\u00e9e, la police et la douane semblent faire de la prise en charge des veuves et orphelins des FDS victimes d\u2019attaques terroristes, un secret d\u2019Etat ou un secret d\u00e9fense. Toutefois, des sources proches des dossiers, sous anonymat, annoncent qu\u2019\u00e0 la date du 29 septembre, au niveau de la Police nationale, ce sont 25 policiers, (trois officiers et 22 sous-officiers) qui sont tomb\u00e9s \u00e0 la suite des attaques.<\/p>\n<p>Ils laissent derri\u00e8re eux 11 veuves, 29 orphelins et orphelines. Ces \u00e9pouses, g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s jeunes et les enfants pour la plupart mineurs, dont certains \u00e2g\u00e9s d\u2019un \u00e0 sept ans, se battent comme ils peuvent \u00e0 l\u2019absence du chef de famille. Sans emploi, Antou, la veuve de l\u2019assistant de police, envisage reprendre ses \u00e9tudes en classe de 4e. Mais ne dispose pas d\u2019une aide m\u00e9nag\u00e8re. Son fils, malentendant, est en classe de CP1 dans un \u00e9tablissement de la place.<\/p>\n<p>Elle doit l\u2019y conduire chaque matin et le ramener le soir. M\u00eame si l\u2019\u00e9tablissement dispose d\u2019un bus et d\u2019une cantine au prix mensuel de 11 000 F CFA, la veuve ne dispose pas de cette somme. N\u00e9anmoins, en attendant de trouver un internat pour son fils, apr\u00e8s de multiples sacrifices, elle a r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser 11\u00a0000 F CFA pour que son fils puisse emprunter le car de l\u2019\u00e9cole et b\u00e9n\u00e9ficier de la cantine pour le mois d\u2019octobre. Elle va consacrer ce temps \u00e0 la recherche d\u2019un emploi. Devenue par la force des choses, chef de m\u00e9nage, la jeune femme a d\u00e9j\u00e0 touch\u00e9 \u00e0 tout. Pour avoir aid\u00e9 une dame \u00e0 vendre ses oignons, elle conna\u00eet tous les passages du march\u00e9 de Tampouy. \u00abAvec mon enfant au dos, je vendais les oignons d\u2019une femme \u00e0 raison de 300 ou 600 F CFA par jour\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Une activit\u00e9 qui l\u2019obligeait \u00e0 se r\u00e9veiller chaque fois \u00e0 4 heures du matin. Apr\u00e8s ce travail, Antou a aussi vendu des oignons \u00e0 son compte, des g\u00e2teaux, de l\u2019eau glac\u00e9e et du jus gr\u00e2ce au r\u00e9frig\u00e9rateur de seconde main que son \u00e9poux lui avait achet\u00e9. Mais \u00e0 cause des pannes r\u00e9currentes du r\u00e9frig\u00e9rateur, elle a d\u00fb se r\u00e9signer \u00e0 trouver un autre boulot, cette fois dans une boutique de transfert d\u2019argent. Mais le jour o\u00f9 elle y est all\u00e9e avec son fils malentendant et tr\u00e8s turbulent, son employeur l\u2019a remerci\u00e9e en lui remettant 7500 F CFA. Le cas de Antou n\u2019est isol\u00e9. Elles sont nombreuses, les veuves des FDS qui font de petits boulots pour joindre les deux bouts.<\/p>\n<p>D\u2019autres comptent sur leur admission au test d\u2019int\u00e9gration des enseignants du primaire et aux concours directs de la Fonction publique, session 2019. Dans ce combat, les veuves et leurs familles peuvent aussi compter sur les fr\u00e8res d\u2019armes et promotionnaires de leurs \u00e9poux. Des hommes r\u00e9put\u00e9s pour leur solidarit\u00e9 de corps. \u00abSa promo m\u2019a remis une somme de 200\u00a0000 FCFA\u00bb, confie t- elle. \u00abSa promotion est venue saluer la belle-famille avec 300\u00a0000 F CFA\u00bb, rench\u00e9rit une autre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la famille de l\u2019assistant Karim Soulama, ses promotionnaires l\u2019ont assist\u00e9e avec la somme de 900\u00a0000 F CFA. En plus des\u00a0\u00abpromo\u00bb, l\u2019Etat \u00e9galement a entrepris des actions. Antou dit avoir re\u00e7u 300\u00a0000 FCFA de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la police et d\u2019ajouter\u00a0: \u00abL\u2019action sociale nous a remis 250 000 F CFA, 8 sacs de 100 kg\u00a0: 3 sacs de ma\u00efs et 5 sacs de riz\u00a0; 6 bidons d\u2019huile de 5 litres chacun et des fournitures scolaires\u00bb. \u00abSes chefs sont venus avec 2 995 700 F CFA.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9galement re\u00e7u 6 sacs de ma\u00efs, 3 sacs de riz, tous de 100kg, 6 bidons de 5 litres d\u2019huile, 2 cartons de savon CITEC et 2 kits scolaires\u00bb, d\u00e9taille l\u2019\u00e9pouse de Karim Soulama. Par ailleurs, elle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le 16 septembre dernier \u00e0 Ouagadougou, elle a eu une rencontre avec la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) qui souhaite prendre en charge la scolarit\u00e9 des orphelins.<\/p>\n<p>La veuve du sous-officier de gendarmerie tu\u00e9 dans le Sahel a aussi re\u00e7u deux sacs de riz et 5 sacs de ma\u00efs de 100kg\u00a0et la somme de 300\u00a0000 F CFA de la part de l\u2019arm\u00e9e. Toutes les veuves n\u2019ont pas cette chance. La veuve d\u2019un militaire tu\u00e9 \u00e0 Ouagadougou, dit n\u2019avoir aucun contact avec la hi\u00e9rarchie depuis la disparition tragique de son \u00e9poux. Selon elle, elle n\u2019a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019aucun soutien de l\u2019Etat. Cependant, elle avoue avoir re\u00e7u une assistance de la part de quelques structures qui lui ont exprim\u00e9 leur solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Le 22 juillet 2019, une source proche de la famille d\u2019un militaire tu\u00e9 au Mali, nous informe que sa veuve et ses deux enfants auraient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s d\u2019une caserne \u00e0 Ouagadougou o\u00f9 la famille logeait. Des ayants droit ont d\u00e9j\u00e0 touch\u00e9 le capital d\u00e9c\u00e8s. A la Police nationale, une dizaine d\u2019ayants droit, dont huit veuves, sont d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s \u00e0 la caisse. Une dizaine de dossiers est en cours de constitution. Mais ces aides sont souvent source de probl\u00e8mes pour les veuves. A cause des querelles de succession dans la famille d\u2019un autre officier de gendarmerie, les dossiers du d\u00e9funt n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-15042\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve3.gif?resize=300%2C225&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve3.gif?resize=300%2C225&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve3.gif?resize=80%2C60&#038;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve3.gif?resize=265%2C198&#038;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve3.gif?resize=696%2C522&#038;ssl=1 696w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/veuve3.gif?resize=560%2C420&#038;ssl=1 560w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"\/>Le directeur de cabinet du CFOP, Dieudonn\u00e9 Badini, est conscient que le montant n\u2019est pas grand-chose en termes d\u2019\u00e9quipement, mais il pouvait servir \u00e0 la prise en charge des veuves et orphelins.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est la belle-famille qui s\u2019en occupe. Et pendant que je suis en train de pleurer mon mari, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 des disputes en famille autour de ses biens et de la garde de ses enfants. J\u2019ai peur pour moi et mes enfants\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te la jeune veuve. La veuve a \u00e9t\u00e9 exclue de la liste des ayants droit au pr\u00e9texte qu\u2019avant de mourir, le d\u00e9funt n\u2019a pas contract\u00e9 de mariage officiel. Par exemple, de retour de l\u2019inhumation de son fils S. P., sa famille a obtenu 300\u00a0000 F CFA. Aussit\u00f4t re\u00e7u, ils se disputent pour le partage du gain, derri\u00e8re un des bureaux et ce, sous le regard larmoyant de la veuve.<\/p>\n<p>\u00abDonne 50\u00a0000 F CFA \u00e0 la femme\u00bb\u00a0; \u00abC\u2019est mieux de lui remettre 100\u00a0000\u00a0 F CFA\u00bb\u00a0; \u00abTu ne vois pas que nous sommes nombreux\u00a0?\u00bb\u00a0; \u00abMoi je ne veux pas de l\u2019argent de la veuve et des orphelins\u00bb, se disaient-ils. Face \u00e0 ce boucan, ils ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s du service par les \u00e9l\u00e9ments de la police. Plus tard, c\u2019est finalement 200\u00a0000 F CFA qui lui ont \u00e9t\u00e9 remis par la d\u00e9l\u00e9gation. Beaucoup de femmes se trouvent dans le m\u00eame cas et souvent, les enfants n\u00e9s hors mariage sont exclus par la famille du d\u00e9funt.<\/p>\n<p>Les services de l\u2019arm\u00e9e sont souvent inform\u00e9s de ces cas, mais semblent impuissants. Certaines femmes victimes de cette situation font m\u00eame partie du personnel de l\u2019arm\u00e9e. En de pareilles circonstances, les parents de ceux qui souffrent de la perte de leur prog\u00e9niture souhaitent plus de c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 dans le traitement des dossiers.<\/p>\n<p>Certains m\u00eame, du fait des divergences de vue, souhaitent que la hi\u00e9rarchie des diff\u00e9rents corps se charge de la constitution des dossiers pour ne pas peiner davantage les orphelins, surtout les \u00e9l\u00e8ves, en cette rentr\u00e9e scolaire.<\/p>\n<h3>Les 3\u00a0175 000 F CFA du CFOP attendent toujours<\/h3>\n<p>Comme il fallait s\u2019y attendre, le politique n\u2019est pas rest\u00e9 silencieux. \u00abNous avons montr\u00e9 aujourd\u2019hui qu\u2019il ne suffit pas de sortir marcher mais plut\u00f4t marcher pour collecter des fonds afin de venir en aide aux Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS) ainsi que les veuves et les orphelins des soldats tomb\u00e9s\u00bb, annonce Moussa Zerbo, porte-parole de l\u2019UPC, lors de la marche de l\u2019opposition, du 29 septembre 2018 pour soutenir les FDS.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019une ann\u00e9e apr\u00e8s cette annonce m\u00e9diatique, que devient cet ambitieux projet de l\u2019opposition? \u00abLe jour de la marche, nous avons pu collecter 738\u00a0700 FCFA et 2\u00a0436\u00a0300 FCFA tout au long du mois qui a suivi\u00bb, confie le directeur de cabinet du chef de file de l\u2019opposition, Dieudonn\u00e9 Badini, le 21 septembre 2019, avant d\u2019ajouter qu\u2019au total, les partis de l\u2019opposition ont pu mobiliser 3\u00a0175 000 FCFA. Pour M. Dieudonn\u00e9, \u00abce n\u2019est pas grand-chose en termes d\u2019\u00e9quipement, mais cela pouvait servir \u00e0 la prise en charge des veuves et orphelins\u00bb. Un geste symbolique, un acte de reconnaissance \u00e0 l\u2019endroit des familles de ceux qui se sont sacrifi\u00e9s pour la nation.<\/p>\n<p>Depuis plus d\u2019une ann\u00e9e, l\u2019opposition peine \u00e0 remettre la somme aux destinataires. Selon le directeur de cabinet du CFOP, \u00e0 l\u2019annonce de leur action, les autorit\u00e9s au pouvoir ont rejet\u00e9 l\u2019initiative. L\u2019opposition dit avoir demand\u00e9 au gouvernement la mise en place d\u2019un dispositif pour permettre aux \u00e9ventuels volontaires d\u2019y contribuer. \u00abNous n\u2019avons plus eu de nouvelle jusqu\u2019\u00e0 ce que la part contributive de l\u2019Assembl\u00e9e nationale soit transf\u00e9r\u00e9e de fa\u00e7on globale et directement aux FDS\u00bb, d\u00e9plore le porte-parole de l\u2019opposition.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le 14 janvier 2019 avec 127 millions F CFA comme soutien \u00e0 l\u2019effort de guerre dans la lutte contre le terrorisme. D\u00e9termin\u00e9e \u00e0 aller au bout de leur acte, l\u2019opposition est revenue \u00e0 la charge apr\u00e8s l\u2019attaque meurtri\u00e8re du d\u00e9tachement de Koutougou du 19 ao\u00fbt, qui a fait 24 victimes parmi les soldats burkinab\u00e8. Cette fois, elle demande \u00e0 rencontrer le Chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es par correspondance le 21 ao\u00fbt 2019 adress\u00e9e au ministre en charge de la D\u00e9fense nationale l\u2019informant que l\u2019opposition voudrait rendre une visite au Chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es pour lui transmettre les condol\u00e9ances de l\u2019opposition et lui traduire sa compassion, lui pr\u00e9senter son soutien et ses encouragements dans ses efforts men\u00e9s pour la d\u00e9fense de la patrie.<\/p>\n<p>Il a poursuivi que l\u2019opposition voulait saisir \u00e9galement cette occasion pour proposer la remise de son appui financier. En retour, elle a re\u00e7u une correspondance du ministre de la D\u00e9fense nationale le 3 septembre 2019 qui dit qu\u2019\u00abil serait mieux indiqu\u00e9 que la visite s\u2019adresse au ministre de la D\u00e9fense o\u00f9 la possibilit\u00e9 d\u2019y associer des autorit\u00e9s de l\u2019Etat-major g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es sera appr\u00e9ci\u00e9e\u00bb.<\/p>\n<p>Na\u00eet alors un ping-pong et jusqu\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019opposition n\u2019a pas encore adress\u00e9 cette correspondance au minist\u00e8re de la D\u00e9fense. Pourquoi tant de probl\u00e8mes autour des 3\u00a0175\u00a0000 F CFA\u00a0? Pourtant des dons, les minist\u00e8res en charge de la s\u00e9curit\u00e9 et de la d\u00e9fense nationale en ont re\u00e7us. Le vendredi 12 octobre 2018, le pr\u00e9sident de l\u2019association Organisation humanitaire et d\u00e9veloppement (OHD), Sankara Hamadou, a fait parler son c\u0153ur, en remettant un million F CFA au ministre de la S\u00e9curit\u00e9, Cl\u00e9ment Sawadogo. Cette somme, selon le donateur, est destin\u00e9e aux familles des victimes des attaques terroristes et aux Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9partie sur place, soit cinq cent mille francs \u00e0 la Police de Titao et le restant aux familles des 6 policiers tu\u00e9s le 22 octobre 2018 sur l\u2019axe Soll\u00e9-Titao, \u00abNous avons \u00e9t\u00e9 attrist\u00e9s par ces attaques odieuses\u00bb, s\u2019est exprim\u00e9 le pr\u00e9sident de la commission de l\u2019UEMOA, Abdallah Boureima, le mardi 20 mars 2018 au minist\u00e8re de la D\u00e9fense. Une compassion appuy\u00e9e par un ch\u00e8que de 300 millions F CFA, pour soutenir les familles des victimes et les bless\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour une meilleure prise en charge des ayants droit des \u00e9l\u00e9ments des FDS tomb\u00e9s au front de la lutte contre le terrorisme, le Conseil national de la Transition (CNT) a adopt\u00e9 en 2015, la loi n\u00b0062-2015, portant statut de pupille de la nation. Le chapitre II en son article 5 et 6 d\u00e9clare \u00e9ligibles au statut de pupille de la nation, les enfants de militaires, fonctionnaires de la police nationale, municipale, la s\u00e9curit\u00e9 p\u00e9nitentiaire, la douane, les eaux et for\u00eats, les sapeurs- pompiers civils d\u00e9c\u00e9d\u00e9s des suites d\u2019une blessure du fait d\u2019un acte d\u2019agression, survenu\u00a0au cours de l\u2019accomplissement d\u2019une mission de guerre, d\u2019une mission lors d\u2019un conflit interne ou d\u2019une mission sur un th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations ext\u00e9rieur , au cours de l\u2019accomplissement d\u2019une mission de s\u00e9curit\u00e9 publique, lors des s\u00e9ances de formation ou d\u2019exercice op\u00e9rationnel.<\/p>\n<p>Malheureusement, 4 ans apr\u00e8s son adoption, cette loi ne fait toujours pas objet de d\u00e9cret d\u2019application. En attendant le d\u00e9cret sur les pupilles de la nation, un autre d\u00e9cret est appliqu\u00e9. Il s\u2019agit du d\u00e9cret n\u00b02019-0140PRES\/PM\/MINEFID\/MFPTPS\/MSECU\/MJDHPC\/MEECCC\/MDNAC du 18 f\u00e9vrier, portant modalit\u00e9s d\u2019indemnisation des agents des forces de la police nationale, de la garde de s\u00e9curit\u00e9 p\u00e9nitentiaire, des douanes ou des eaux et for\u00eats ayant subi des pr\u00e9judices dans l\u2019exercice ou en raison de l\u2019exercice de ses fonctions lors d\u2019une attaque terroriste.<\/p>\n<p>Ce texte pr\u00e9voit une somme forfaiture de 10 millions FCFA aux ayants droit des FDS d\u00e9c\u00e9d\u00e9es. Au regard de ce d\u00e9cret, une source proche du dossier, au niveau de la Police nationale, soutient qu\u2019\u00e0 la date du 30 septembre, 12 dossiers d\u2019indemnisation ont \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s au niveau du minist\u00e8re en charge de l\u2019\u00e9conomie. 13 autres sont dans le circuit et en voie d\u2019\u00eatre accord\u00e9s comme les premiers. Les b\u00e9n\u00e9ficiaires attendent les paiements \u00e0 travers les fonds de l\u2019effort de guerre log\u00e9s au minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale et des Anciens combattants.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Mariam OUEDRAOGO<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\">mesmira14@gmail.com<\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Le niet de la Police<\/strong><\/p>\n<p>Jointe au t\u00e9l\u00e9phone, le dimanche 25 ao\u00fbt 2019, la Directrice de la communication des relations ext\u00e9rieures et de la presse (DCRP), la commissaire Minata Traor\u00e9 nous demande d\u2019adresser une correspondance \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la police. Ce qui a \u00e9t\u00e9 fait le lendemain matin. Absente au poste ce jour, le suivi a \u00e9t\u00e9 fait avec son adjoint, le commissaire Apollinaire Kafando.<\/p>\n<p>D\u00e8s notre premier appel, il nous rassure que la demande a \u00e9t\u00e9 transmise au service du personnel pour avis et \u00e9tudes. Par la suite, apr\u00e8s plus d\u2019une dizaine d\u2019appels sans \u00e9volution, celui-ci nous invite \u00e0 passer au bureau, le vendredi 13 septembre peu avant 12h00. D\u00e9cid\u00e9e de faire le point \u00e0 la directrice elle-m\u00eame, le lundi 16 septembre, celle-ci, apr\u00e8s un coup de fil, nous informe que c\u2019est un avis d\u00e9favorable qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis \u00e0 notre demande.<\/p>\n<p>Plus tard, le jeudi 19 septembre, une correspondance du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Police nationale, Jean Bosco Kienou, est adress\u00e9e au directeur des r\u00e9dactions des Editions Sidwaya. Arriv\u00e9e sous le n\u00b02019-005373\/MSECU\/DGPN\/DP du 18 septembre 2019, voici la substance\u00a0: \u00abPour le moment, je porte \u00e0 votre connaissance que les services en charge de ces questions ne sont pas dispos\u00e9s \u00e0 accorder une interview dans ce sens\u00bb. Toutefois, poursuit-il\u00a0: \u00abJe saisis l\u2019occasion pour vous adresser mes encouragements dans votre volont\u00e9 d\u2019accompagner les proches des personnels des forces de l\u2019ordre et de s\u00e9curit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>M.O<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_30_5da0f1b598b6c_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/10\/10\/attaques-terroristes-au-burkina-les-larmes-des-veuves-des-fds\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 4 avril 2015 \u00e0 Djibo dans la province du Soum, le Burkina Faso a v\u00e9cu sa premi\u00e8re attaque terroriste. Un coop\u00e9rant roumain a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9, un agent de s\u00e9curit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 et un gendarme bless\u00e9. Avec le temps, les attaques ont augment\u00e9 en nombre et en intensit\u00e9 et gagn\u00e9 presque tout le pays. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-64119","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64119","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64119"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64119\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}