{"id":64385,"date":"2019-10-14T15:02:04","date_gmt":"2019-10-14T19:02:04","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ah-si-bernard-dadie-avait-tape-dans-un-ballon-plutot-que-decrire-des-pieces-de-theatre-jean-pierre-bejot-fondateur-de-la-depeche-diplomatique\/"},"modified":"2019-10-14T15:02:04","modified_gmt":"2019-10-14T19:02:04","slug":"ah-si-bernard-dadie-avait-tape-dans-un-ballon-plutot-que-decrire-des-pieces-de-theatre-jean-pierre-bejot-fondateur-de-la-depeche-diplomatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ah-si-bernard-dadie-avait-tape-dans-un-ballon-plutot-que-decrire-des-pieces-de-theatre-jean-pierre-bejot-fondateur-de-la-depeche-diplomatique\/","title":{"rendered":"Ah ! Si Bernard Dadi\u00e9 avait tap\u00e9 dans un ballon plut\u00f4t que d&rsquo;\u00e9crire des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre\u2026 Jean-Pierre B\u00e9jot, fondateur de La D\u00e9p\u00eache Diplomatique"},"content":{"rendered":"<div><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logo_right spip_logos\" alt=\"\" style=\"float:right\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/arton2008.jpg?1555413204\" width=\"150\" height=\"90\"><\/p>\n<div class=\"rss_texte\">\n<p><strong>Je m&rsquo;attendais \u00e0 un raz de mar\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas tous les jours que meure une personnalit\u00e9 africaine plus que centenaire, appartenant \u00e0 une famille qui a largement marqu\u00e9 de son empreinte l&rsquo;histoire de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire et de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Une personnalit\u00e9 africaine qui a \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin des bouleversements du XXe mais aussi d&rsquo;un XXIe si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0 bien entam\u00e9 et qui a t\u00e9moign\u00e9 de ces bouleversements dans des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, des romans, des essais, des articles\u2026 Une personnalit\u00e9 qui, du fait de son engagement politique, a eu \u00e0 subir l&#8217;emprisonnement sous la colonisation mais aussi l&rsquo;ostracisme au temps de l&rsquo;ind\u00e9pendance. Jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui. Bernard Dadi\u00e9 est mort le samedi 9 mars 2019. Il avait f\u00eat\u00e9 son 103e anniversaire le 10 janvier pr\u00e9c\u00e9dent. Il \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 depuis bien des d\u00e9cennies comme \u00ab un des p\u00e8res fondateurs de la litt\u00e9rature ivoirienne \u00bb. Mais si la presse africaine s&rsquo;est faite l&rsquo;\u00e9cho de sa mort, elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 au-del\u00e0 de l&rsquo;information. Et les hommages ont \u00e9t\u00e9, sur le continent, bien timides tandis que les m\u00e9dias de l&rsquo;ex-puissance coloniale ont reconnu que Dadi\u00e9 avait su lier \u00e9troitement tout au long de son existence, comme l&rsquo;a \u00e9crit l&rsquo;universitaire Nicole Vincileoni, \u00ab vie, action, \u00e9criture \u00bb. Ah ! si Dadi\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 footballeur plut\u00f4t qu&rsquo;auteur, l&rsquo;Afrique, sans doute, en aurait plus appris sur lui, sa vie et son \u00ab \u0153uvre \u00bb. <\/strong><\/p>\n<p><span class=\"spip_document_1537 spip_documents spip_documents_left\" style=\"float:left;\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/jpg\/dadie_.jpg?1555412571\" width=\"500\" height=\"379\" alt=\"\"><\/span>Alassane D. Ouattara, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, a salu\u00e9 le mardi 12 mars 2019 \u00ab la m\u00e9moire de Bernard Dadi\u00e9, grand \u00e9crivain et p\u00e8re de la litt\u00e9rature ivoirienne \u00bb soulignant que \u00ab son \u0153uvre riche et vari\u00e9e [est] enseign\u00e9e dans les \u00e9coles et universit\u00e9s \u00e0 travers le monde \u00bb. Service minimum. Henri Konan B\u00e9di\u00e9, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire de 1993 \u00e0 1999 et qui a \u00e9t\u00e9 le compagnon de Dadi\u00e9 au sein des gouvernements de F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, a soulign\u00e9 qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 un \u00ab homme politique \u00bb et m\u00eame un \u00ab homme d&rsquo;Etat, ministre de la R\u00e9publique et combattant de la libert\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9mancipation des peuples noirs \u00bb. Propos gu\u00e8re plus chaleureux que ceux de Ouattara ! Il n&rsquo;est que Laurent Gbagbo, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire de 2000 \u00e0 2010, pour avoir insist\u00e9 sur l&rsquo;engagement politique de Dadi\u00e9. \u00ab A titre personnel, a-t-il \u00e9crit dans son hommage, je te sais infiniment gr\u00e9 de l&rsquo;amiti\u00e9 dont tu m&rsquo;as honor\u00e9 et qui s&rsquo;est exprim\u00e9e par ton soutien \u00e0 mon endroit quand, \u00e0 peine parvenu au pouvoir, apr\u00e8s des d\u00e9cennies de lutte pacifique, des forces r\u00e9actionnaires et violentes se sont ligu\u00e9es contre moi et mon gouvernement pour barrer notre chemin vers la libert\u00e9 de nos peuples. En effet, il ne t&rsquo;a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que les dites forces sont les m\u00eames que toi et tous nos illustres devanciers, aviez combattues nagu\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Respect et dignit\u00e9 pour l&rsquo;Afrique<\/strong><\/p>\n<p>Le tutoiement de l&rsquo;un, la distanciation des autres. C&rsquo;est chez Christine Binlin-Dadi\u00e9, la fille de Bernard Dadi\u00e9, qu&rsquo;il faut chercher l&rsquo;explication \u00e0 ce comportement. Son p\u00e8re, disait-elle en 2018, a men\u00e9 le combat pour \u00ab la souverainet\u00e9 de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, le respect et la dignit\u00e9 de l&rsquo;Afrique \u00bb, quand le r\u00e9gime en place actuellement \u00e0 Abidjan est celui des \u00ab descendants des colons \u00bb avec \u00ab la France au devant de tout cela \u00bb. Un combat dans lequel s&rsquo;est engag\u00e9 Bernard Dadi\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t. Et qui lui vaudra d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9 pendant un an \u00e0 la suite des manifestations du 6 f\u00e9vrier 1949. Ce jour-l\u00e0, Dadi\u00e9 fait partie du groupe des \u00ab Huit \u00bb, les victimes du \u00ab p\u00e9choutage \u00bb (du nom du gouverneur de l&rsquo;\u00e9poque, Laurent Elis\u00e9e P\u00e9choux qui, en 1948, avait pris la suite d&rsquo;Andr\u00e9 Latrille jug\u00e9 trop conciliant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du RDA). Dadi\u00e9, sous le blaze de Mourou Ben Daouda, incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de Grand-Bassam, \u00e9crira des vers rest\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres : \u00ab Nous vivrons parce que toujours sur la br\u00e8che. Nous nous battrons pour la paix. Nous nous battrons pour la libert\u00e9. Nous saisirons les bellicistes au collet. Et sur leurs m\u00e9faits ferons le jour, un jour cru \u00bb. <br class=\"autobr\"><br \/>\nLe mouvement insurrectionnel qui va enflammer la colonie de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire en 1949-1950 (Laurent Gbagbo \u00e9voquera une \u00ab deuxi\u00e8me pacification \u00bb apr\u00e8s celle men\u00e9e par le gouverneur Gabriel Angoulvant en 1910) va \u00eatre marqu\u00e9 par la Grande Marche sur la prison de Grand-Bassam organis\u00e9e par les femmes ivoiriennes le 24 d\u00e9cembre 1949 et le boycott du commerce fran\u00e7ais. Bouafl\u00e9, Dimbokro, S\u00e9gu\u00e9la vont se soulever. F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny sera dans le collimateur de l&rsquo;administration coloniale, sauv\u00e9 par la mobilisation des Ivoiriens qui convergeront alors vers Yamoussoukro (c&rsquo;est lors de ces \u00e9v\u00e9nements que le s\u00e9nateur Biaka Boda sera enlev\u00e9, tortur\u00e9 et d\u00e9capit\u00e9 par des gendarmes non loin de Bouafl\u00e9). L&rsquo;ann\u00e9e 1950 s&rsquo;ach\u00e8vera sur un bilan officiel de plus de cinquante morts, des centaines de bless\u00e9s et 5.000 d\u00e9tenus.<br class=\"autobr\"><br \/>\nL&rsquo;histoire de Dadi\u00e9 est celle-l\u00e0, celle de ce combat pour \u00ab la souverainet\u00e9 de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, le respect et la dignit\u00e9 de l&rsquo;Afrique \u00bb. Il y a quelques jours, \u00e0 l&rsquo;occasion des c\u00e9r\u00e9monies c\u00e9l\u00e9brant le centenaire de la Haute-Volta, le pr\u00e9sident du Burkina Faso, Roch Kabor\u00e9, a affirm\u00e9 : \u00ab Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;avenir pour un pays si cet avenir n&rsquo;est fond\u00e9 sur l&rsquo;histoire et les le\u00e7ons que nous devons tirer de cette histoire \u00bb. Que le pays qui a vu na\u00eetre (et combattre) le professeur Joseph Ki-Zerbo, un des plus prestigieux des historiens africains, soit dans cette d\u00e9marche ne saurait \u00e9tonner. Que la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, qui a eu pour pr\u00e9sident un historien non n\u00e9gligeable en la personne de Gbagbo, pr\u00e9f\u00e8re le ressentiment \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique ne peut que d\u00e9soler ceux qui se refusent \u00e0 penser que \u00ab l&rsquo;homme africain n&rsquo;est pas assez entr\u00e9 dans l&rsquo;histoire \u00bb. <br class=\"autobr\"><br \/>\nDadi\u00e9 a \u00e9t\u00e9, pendant dix ans (1977-1986), ministre de la Culture de Houphou\u00ebt. Sans jamais \u00eatre, dira-t-il, ni houphou\u00ebtiste ni anti-houphou\u00ebtiste \u00ab mais RDA \u00bb. Et quand la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire va basculer dans la crise, il pr\u00e9sidera le Congr\u00e8s national de r\u00e9sistance pour la d\u00e9mocratie (CNRD) dont la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale n&rsquo;\u00e9tait autre que Simone Gbagbo. C&rsquo;est pourquoi, sans doute, quand Rosalie Binlin-Dadi\u00e9 Koutoua, l&rsquo;\u00e9pouse de Bernard Dadi\u00e9 et sa compagne dans le combat pour une ind\u00e9pendance totale de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire et de l&rsquo;Afrique, est morte en janvier 2018 ceux qui sont au pouvoir \u00e0 Abidjan ont laiss\u00e9 penser qu&rsquo;ils n&rsquo;entendaient pas participer \u00e0 ce deuil. Ce qui n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 le cas, quelques mois auparavant, en septembre 2017, quand est morte Hortense Aka-Anghui, la s\u0153ur de Bernard Dadi\u00e9 et l&rsquo;\u00e9pouse de Joseph Aka-Anghui, une figure majeure du PDCI tandis que son mari a \u00e9t\u00e9 un des chefs d&rsquo;entreprises embl\u00e9matiques de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire de Houphou\u00ebt. Alassane Ouattara, Henri Konan B\u00e9di\u00e9, Daniel Kablan Duncan, Amadou Gon Coulibaly, Guillaume Kigbafori Soro, Henriette Dagri Diabat\u00e9, etc. \u00e9taient en t\u00eate des personnalit\u00e9s cit\u00e9es dans l&rsquo;avis de d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>Format\u00e9 par Maran et McKay<\/strong><\/p>\n<p>Nul ne peut oublier cependant que, \u00e9tant n\u00e9 en 1916, Dadi\u00e9, d\u00e8s lors qu&rsquo;il se consacrera \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture, aura \u00e9t\u00e9 un des pionniers de l&rsquo;Afrique francophone en la mati\u00e8re. Il le doit \u00e0 Charles B\u00e9art et \u00e0 son \u00e9pouse, un couple de Fran\u00e7ais \u00ab p\u00e9dago \u00bb. Lui est normalien (ce qui, \u00e0 cette \u00e9poque, signifiait quelque chose) et a combattu pendant la Grande Guerre dans l&rsquo;aviation. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 30, il va diriger l&rsquo;Ecole primaire sup\u00e9rieure (EPS) de Bingerville avant de s&rsquo;installer au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 il sera le directeur de la prestigieuse \u00e9cole William Ponty, \u00e0 Gor\u00e9e. Fou de th\u00e9\u00e2tre \u2013 il va faire construire le premier th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;italienne d&rsquo;Afrique \u00ab noire \u00bb francophone \u2013 il va rapidement percevoir les potentialit\u00e9s de Dadi\u00e9 (\u00e9l\u00e8ve de \u00ab Ponty \u00bb) et s&rsquo;efforcer de les promouvoir. Le monde \u00ab noir \u00bb est alors en pleine effervescence. Un Fran\u00e7ais d&rsquo;origine guyanaise, Ren\u00e9 Maran, a d\u00e9croch\u00e9 en 1921 le Goncourt pour son livre \u00ab Batouala, v\u00e9ritable roman n\u00e8gre \u00bb qui fera de lui le premier prix Goncourt \u00ab noir \u00bb. Batouala, que B\u00e9art fera lire \u00e0 Dadi\u00e9, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme la \u00ab d\u00e9nonciation des m\u00e9faits de la colonisation \u00bb ; sa publication signifiera d&rsquo;ailleurs la fin de la carri\u00e8re administrative de Maran dans les colonies fran\u00e7aises. Dix ans plus tard, en 1931, se tiendra \u00e0 Vincennes, L&rsquo;Exposition coloniale qui, en s&rsquo;effor\u00e7ant de faire la propagande de \u00ab l&rsquo;\u0153uvre coloniale fran\u00e7aise \u00bb, ne manquera pas de placer sous les projecteurs celles et ceux qui, appartenant \u00e0 la diaspora africaine dans le monde, avaient lanc\u00e9 La Revue du Monde noir ici, Harlem Renaissance ailleurs. Le \u00ab n\u00e8gre \u00bb est alors, n\u00e9cessairement \u00ab Am\u00e9ricain \u00bb ; et s&rsquo;il n&rsquo;est pas \u00ab Am\u00e9ricain \u00bb c&rsquo;est qu&rsquo;il est \u00ab Antillais \u00bb. Et s&rsquo;il n&rsquo;est pas \u00ab Antillais \u00bb, c&rsquo;est qu&rsquo;il est \u00ab S\u00e9n\u00e9galais \u00bb quelle que soit sa terre d&rsquo;origine. C&rsquo;est le temps du \u00ab Nouveau Noir \u00bb qui entend marquer la fin du temps du \u00ab bon N\u00e8-N\u00e8gre \u00bb. Dadi\u00e9 va d\u00e9couvrir cet univers en Noirs et Blancs dans \u00ab Banjo \u00bb, \u00e9crit en 1928 par Claude McKay, un romancier jama\u00efcain. \u00ab Banjo \u00bb se passe \u00e0 Marseille, une ville plurielle \u00e0 l&rsquo;histoire singuli\u00e8re o\u00f9, au sein de La Fosse, le Quartier R\u00e9serv\u00e9, cohabitent Noirs am\u00e9ricains, S\u00e9n\u00e9galais, Martiniquais. Ray, un Noir am\u00e9ricain personnage cl\u00e9 de \u00ab Banjo \u00bb, dit : \u00ab Vous, les Noirs instruits, vous \u00eates perdus et vous ne pourrez vous retrouver que dans les racines de votre peuple. Vous ne pouvez pas prendre pour mod\u00e8les les jeunes Blancs, instruits et arrogants, dans une soci\u00e9t\u00e9 qui \u00e9tablit sa prosp\u00e9rit\u00e9 sur la conqu\u00eate imp\u00e9riale. Ces jeunes Blancs si dorlot\u00e9s peuvent se permettre de m\u00e9priser les brutes de leur race qui s&rsquo;\u00e9chinent au bas de l&rsquo;\u00e9chelle sociale \u00bb. <br class=\"autobr\"><br \/>\nDifficile de ne pas penser \u00e0 Dadi\u00e9 quand on lit ces lignes, un Dadi\u00e9 qui, n\u00e9 dans une famille d&rsquo;Africains \u00ab assimil\u00e9s \u00bb (son p\u00e8re, Gabriel Dadi\u00e9, a \u00e9t\u00e9 le premier citoyen fran\u00e7ais d&rsquo;origine ivoirienne, un proche de F\u00e9lix Houphou\u00ebt avec lequel il fondera le Syndicat agricole africain\/SAA), basculera tout naturellement du c\u00f4t\u00e9 de Gbagbo plut\u00f4t que de celui de B\u00e9di\u00e9 et de Ouattara. \u00ab D\u00e8s le d\u00e9but, et avec constance, il a opt\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9mancipation totale dans et par l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00bb a \u00e9crit Nicole Vincileoni qui, au-del\u00e0 de l&rsquo;\u0153uvre th\u00e9\u00e2trale et litt\u00e9raire de Dadi\u00e9, a eu acc\u00e8s \u00e0 ses \u00e9crits journalistes dans La Communaut\u00e9, Le R\u00e9veil, Le D\u00e9mocrate d&rsquo;Abidjan\u2026 mais aussi \u00e0 ses textes publi\u00e9s par Pr\u00e9sence africaine.<br class=\"autobr\"><br \/>\nOn peut ne pas appr\u00e9cier l&rsquo;engagement politique de Dadi\u00e9 aupr\u00e8s de Gbagbo (tout en saluant les fondamentaux politiques et sociaux qui l&rsquo;ont conduit \u00e0 ce choix), on peut penser que son \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale et litt\u00e9raire est trop souvent empreinte de sentiments humanistes qui parfois confinent \u00e0 la morale \u00ab r\u00e9volutionnaire \u00bb, on ne peut nier que Dadi\u00e9 est, par sa vie et son \u0153uvre, une personnalit\u00e9 qui, au-del\u00e0 de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, au-del\u00e0 de l&rsquo;Afrique, aura \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin de son si\u00e8cle. Et qu&rsquo;il convient de ne pas oublier !<\/p>\n<p><i> <strong>Jean-Pierre B\u00e9jot<br class=\"autobr\"><br \/>\nLa Ferme de Malassis (France) <br class=\"autobr\"><br \/>\n17 mars 2019 <\/strong> <\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/spip.php?article2008\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><br \/>\nAuteur: LEVENEMENT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je m&rsquo;attendais \u00e0 un raz de mar\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas tous les jours que meure une personnalit\u00e9 africaine plus que centenaire, appartenant \u00e0 une famille qui a largement marqu\u00e9 de son empreinte l&rsquo;histoire de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire et de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. 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