{"id":64506,"date":"2019-10-15T13:58:36","date_gmt":"2019-10-15T17:58:36","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mutilations-genitales-feminines-ma-vie-sexuelle-est-un-calvaire\/"},"modified":"2019-10-15T13:58:36","modified_gmt":"2019-10-15T17:58:36","slug":"mutilations-genitales-feminines-ma-vie-sexuelle-est-un-calvaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mutilations-genitales-feminines-ma-vie-sexuelle-est-un-calvaire\/","title":{"rendered":"Mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines  : \u00ab Ma vie sexuelle est un calvaire \u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-copie.jpg?fit=595%2C523&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"595\" height=\"523\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-copie.jpg?resize=595%2C523&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-copie.jpg?w=595&#038;ssl=1 595w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-copie.jpg?resize=300%2C264&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i1.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/1-copie.jpg?resize=478%2C420&#038;ssl=1 478w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" alt=\"\" title=\"1 copie\"\/><\/a><\/div>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_top td_uid_30_5da63de2d89a8_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-15084\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/Bannie%CC%80re.png\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p><strong>Malgr\u00e9 son interdiction depuis 1996, l\u2019excision a la peau dure au Burkina Faso. D\u2019apr\u00e8s une enqu\u00eate multisectorielle, 67,6% des femmes et filles \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 49 ans ont subi en 2015, des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF). Si certaines d\u2019entre elles gardent des s\u00e9quelles b\u00e9nignes, d\u2019autres vont en souffrir en toute leur vie. \u00a0 T\u00e9moignages\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>Maminata Coulibaly* avait \u00e0 peine 10 mois, lorsque sa grand-m\u00e8re lui a fait \u00f4ter, le clitoris, ce petit organe g\u00e9nital important dans la sexualit\u00e9. Cette ablation a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 l\u2019insu de sa m\u00e8re. Elle raconte, que la triste situation dans laquelle sa m\u00e8re l\u2019a trouv\u00e9e ce jour fatidique, lui hante toujours l\u2019esprit. <em>\u00ab\u00a0Elle m\u2019a d\u00e9couverte baignant dans mon sang et elle a cru que tout \u00e9tait perdu. Les premiers soins pour stopper l\u2019h\u00e9morragie \u00e9taient de la cendre mise sur la plaie qui s\u2019est infect\u00e9e par la suite. Prise de panique, mon p\u00e8re m\u2019a envoy\u00e9e dans un CSPS du village voisin, o\u00f9 j\u2019ai s\u00e9journ\u00e9 pendant plus de dix jours\u00a0\u00bb<\/em>, se souvient-elle. A son adolescence, elle s\u2019est sentie \u00ab\u00a0<em>orpheline<\/em>\u00a0\u00bb d\u2019un de ses organes et s\u2019est pos\u00e9 la question de savoir si elle \u00e9tait diff\u00e9rente des autres filles\u00a0?<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, \u00e2g\u00e9e de 37 ans, mari\u00e9e et m\u00e8re de deux enfants, l\u2019enseignante du primaire subit toujours les cons\u00e9quences de cette pratique. Elle avoue que l\u2019exp\u00e9rience am\u00e8re v\u00e9cue lors de son premier accouchement la laisse perplexe, parce que son gyn\u00e9cologue lui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019elle a subi une mutilation s\u00e9v\u00e8re de type IV. <em>\u00ab\u00a0Le jour de mon accouchement, j<\/em><em>\u2019ai fait deux jours \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et il a fallu que l\u2019on d\u00e9chire mon vagin, avant que l\u2019enfant ne naisse\u00bb,<\/em> confie-t-elle. Pour elle, cet accouchement difficile n\u2019\u00e9tait pas une surprise, puisque son m\u00e9decin l\u2019avait inform\u00e9 qu\u2019il ne lui reste plus qu\u2019un petit orifice vaginal. L\u2019excision met \u00e0 rude \u00e9preuve, la vie sexuelle et conjugale des familles victimes. Michel Traor\u00e9, l\u2019\u00e9poux de Maminata Coulibaly, la quarantaine bien sonn\u00e9e, r\u00e9v\u00e8le que l\u2019excision a \u00f4t\u00e9 toute sensualit\u00e9 chez sa femme. <em>\u00ab Au d\u00e9but de notre mariage, nous avons eu beaucoup de mal dans nos relations intimes. C\u2019\u00e9tait vraiment p\u00e9nible, car mon \u00e9pouse souffrait \u00e9norm\u00e9ment pendant l\u2019acte\u00a0\u00bb,<\/em> regrette-t-il.<\/p>\n<p>Salimata Gasonr\u00e9*, une autre victime, affirme aussi avoir subi l\u2019excision de type IV \u00e0 l\u2019\u00e2ge de six ans. <em>\u00abCe qui reste de mon appareil g\u00e9nital est un petit orifice.\u00a0Ma vie sexuelle est un calvaire. Les rapports sexuels avec mon mari sont tellement p\u00e9nibles que j\u2019\u00e9prouve une peur quand il s\u2019approche de moi\u00bb,<\/em> confie-t-elle. Cette dame dit \u00eatre frustr\u00e9e sur le plan sexuel. La peur exprim\u00e9e lors des relations intimes a cr\u00e9\u00e9 une distance entre elle et son \u00e9poux qui passait plus de temps au dehors. \u00ab\u00a0<em>Une nuit, mon mari a claqu\u00e9 la porte parce qu\u2019il n\u2019en pouvait pas de cette vie<\/em>\u00a0\u00bb, dit-t-elle.<\/p>\n<p><strong>Des stigmates \u00e0 vie<\/strong><\/p>\n<p>Selon le ma\u00efeuticien d\u2019Etat, Paul Nikiema, sp\u00e9cialiste en anesth\u00e9sie-r\u00e9animation, les mutilations sexuelles f\u00e9minines peuvent \u00eatre class\u00e9es en quatre types. Il s\u2019agit de l\u2019ablation du pr\u00e9puce, l\u2019ablation partielle du clitoris, l\u2019ablation totale du clitoris et la mutilation totale ou partielle des petites l\u00e8vres. Par ailleurs, il y a l\u2019ensemble des mutilations jug\u00e9es non m\u00e9dicales par ponction, par \u00e9tirement ou par ablation totale avec une suture juste avec maintien d\u2019un petit orifice pour les urines. Le ma\u00efeuticien Nikiema d\u00e9nonce ces pratiques pr\u00e9judiciables aux jeunes filles et femmes, car elles entra\u00eenent de graves cons\u00e9quences physiques et psychologiques. Les MGF, souligne-t-il, provoquent des douleurs vives pendant les rapports sexuels, la diminution du plaisir, la d\u00e9pression, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, le faible estime de soi et des risques de parturition difficile.<\/p>\n<p><em>\u00ab Le fait qu\u2019il ait eu excision, il y a une modification de la vulve, du vagin surtout et du p\u00e9rin\u00e9e. Le p\u00e9rin\u00e9e ayant subi des traumatismes sera rigide. Et l\u2019enfant qui aura tendance \u00e0 passer pendant l\u2019accouchement va venir se buter au p\u00e9rin\u00e9e, parce qu\u2019il y a une complication \u00bb<\/em>, d\u00e9montre le ma\u00efeuticien d\u2019Etat. Il confie que la cicatrice ne permettant plus \u00e0 la vulve de s\u2019\u00e9largir convenablement, va entrainer, chez l\u2019enfant, une souffrance f\u0153tale avec une probabilit\u00e9 d\u2019une situation de mort-n\u00e9. Dans la plupart des cas, indique M. Nikiema, on est amen\u00e9 \u00e0 pratiquer l\u2019\u00e9pisiotomie qui est un acte chirurgical consistant \u00e0 ouvrir le p\u00e9rin\u00e9e au moment de l\u2019accouchement, afin de laisser passer l\u2019enfant. Il explique qu\u2019un accouchement difficile peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de fistules obst\u00e9tricales, qui deviennent une cons\u00e9quence secondaire des complications li\u00e9es aux MGF. Il pense qu\u2019un accompagnement m\u00e9dical ad\u00e9quat des femmes \u00e0 l\u2019accouchement r\u00e9duit le risque de complications obst\u00e9tricales. Celles-ci ont une incidence n\u00e9gative sur la vie sexuelle du couple.<\/p>\n<p><strong>Le CNLPE \u00e0 la rescousse<\/strong><\/p>\n<p>La secr\u00e9taire permanente (SP) du Conseil national de lutte contre la pratique de l\u2019excision (CNLPE), Alphonsine Sawadogo, soutient que les MGF, quelles que soient leurs formes, entrainent des complications de diff\u00e9rentes natures. Depuis l\u2019an 2000, sa structure accompagne les victimes dans leur prise en charge sur les plans psychologique, sanitaire, socio\u00e9conomique, et juridique. Pour Mme Sawadogo, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9tection primaire et de suivi de la victime pour qu\u2019elle ne pr\u00e9sente pas plus tard des s\u00e9quelles ou des complications. Pour la prise en charge secondaire, elle consiste \u00e0 suivre celles qui ont d\u00e9j\u00e0 des s\u00e9quelles, afin de les aider \u00e0 vivre avec les complications et \u00e0 avoir moins de difficult\u00e9s au moment de l\u2019accouchement.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 celle socio\u00e9conomique, la SP explique qu\u2019elle est r\u00e9alis\u00e9e une fois que les victimes sont stabilis\u00e9es apr\u00e8s la prise en charge psychologique. Il s\u2019agit de les amener \u00e0 vivre leur vie comme toute autre femme, malgr\u00e9 le traumatisme subi. Cet accompagnement \u00e9conomique les permet non seulement de se soigner, mais aussi de mener des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus pour \u00eatre plus ou moins autonomes. Mme Sawadogo \u00e9voque aussi la prise en charge juridique, qui consiste \u00e0 conseiller aux victimes de porter plainte et de r\u00e9clamer la r\u00e9paration du pr\u00e9judice.<\/p>\n<p><strong>La pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e en milieu rural<\/strong><\/p>\n<p>Nonobstant les multiples actions de sensibilisations et les sanctions judiciaires, la pratique des MGF persiste au Burkina Faso, compte tenu de l\u2019existence de zones de hautes pr\u00e9valences coupl\u00e9es aux raisons ethniques. En milieu rural, indique la SP\/CNLPE, la pr\u00e9valence est plus \u00e9lev\u00e9e eu \u00e9gard aux perceptions culturelles et traditionnelles. Pour Alphonsine Sawadogo, les facteurs socioculturels et ethniques coupl\u00e9s \u00e0 la religion aggravent la pr\u00e9valence de la pratique des MGF. Aussi, elle fait remarquer que dans les r\u00e9gions, la pratique de l\u2019excision diff\u00e8re d\u2019une ethnie \u00e0 une autre. Il y a des ethnies qui la pratiquent et d\u2019autres ne la font pas. Elle souligne que dans certaines r\u00e9gions, si une fille n\u2019est pas excis\u00e9e, elle ne peut pas prendre part aux rites initiatiques de passage de l\u2019adolescence au statut d\u2019adulte.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Selon nos parents, les rites initiatiques sont une \u00e9cole. On associait l\u2019excision \u00e0 ce rite, parce qu\u2019ils pensent que c\u2019est un acte de bravoure et si une fille arrive \u00e0 passer ce cap, c\u2019est qu\u2019elle sera une femme courageuse\u00a0\u00bb,<\/em> relate-elle. Toutefois, l<em>\u2018Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9 <strong>(<\/strong><\/em>EDS) et\u00a0<em>l\u2019Enqu\u00eate<\/em> multisectorielle continue (EMC-MDS) montrent que la pr\u00e9valence de l\u2019excision est en baisse au Burkina Faso. Pour maintenir la tendance, plusieurs actions sont men\u00e9es pour \u00e9radiquer le fl\u00e9au, \u00e0 entendre la SP\/CNLPE. Elle invite, de ce fait, les populations \u00e0 abandonner l\u2019excision aux cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la femme.<\/p>\n<p class=\"c1\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Wamini Micheline OUEDRAOGO<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_31_5da63de2d8b98_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie%CC%80re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: DD. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/10\/15\/mutilations-genitales-feminines-ma-vie-sexuelle-est-un-calvaire\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 son interdiction depuis 1996, l\u2019excision a la peau dure au Burkina Faso. D\u2019apr\u00e8s une enqu\u00eate multisectorielle, 67,6% des femmes et filles \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 49 ans ont subi en 2015, des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF). Si certaines d\u2019entre elles gardent des s\u00e9quelles b\u00e9nignes, d\u2019autres vont en souffrir en toute leur vie. \u00a0 T\u00e9moignages\u00a0! [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-64506","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64506"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64506\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64506"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64506"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}