{"id":66600,"date":"2019-11-05T05:15:00","date_gmt":"2019-11-05T10:15:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-grand-retour-de-la-russie-en-afrique\/"},"modified":"2019-11-05T05:15:00","modified_gmt":"2019-11-05T10:15:00","slug":"le-grand-retour-de-la-russie-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-grand-retour-de-la-russie-en-afrique\/","title":{"rendered":"Le grand retour de la Russie en Afrique"},"content":{"rendered":"<p class=\"rtejustify\">Le premier Sommet Russie-Afrique a \u00abouvert une nouvelle page\u00bb des relations entre Moscou et le continent africain, a d\u00e9clar\u00e9 Vladimir Poutine en cl\u00f4turant l\u2019\u00e9v\u00e9nement, ajoutant qu\u2019il fallait \u00abintensifier la coop\u00e9ration\u00bb pour remplir les objectifs de Moscou.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">C\u2019est du 22 au 24 octobre dernier qu\u2019a eu lieu dans la station baln\u00e9aire de Sotchi le Sommet Russie-Afrique co-pr\u00e9sid\u00e9 par Vladimir Poutine et Abdelfattah Al Sissi, pr\u00e9sident de l\u2019Union africaine. Les 54 Etats africains \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s, dont 47 chefs d\u2019Etat et de gouvernement. Il s\u2019agit du premier Sommet Russie-Afrique depuis la chute de l\u2019URSS en 1991.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le Sommet, qui doit se r\u00e9p\u00e9ter tous les trois ans, est d\u2019autant plus important que Moscou, apr\u00e8s cinq ann\u00e9es de sanctions \u00e9conomiques occidentales, a un besoin crucial de partenaires et de d\u00e9bouch\u00e9s pour conjurer sa croissance atone.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Dans un contexte de tensions exacerb\u00e9es avec les pays occidentaux, il est aussi l\u2019occasion pour Moscou, apr\u00e8s son grand retour au Moyen-Orient \u00e0 la faveur de ses succ\u00e8s syriens, de montrer qu\u2019elle est une puissance d\u2019influence mondiale.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Rattraper son retard par rapport aux grandes puissances<\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Les motifs de la tenue de ce sommet sont donc \u00e0 la fois politiques et \u00e9conomiques. Pour la Russie c\u2019est un moyen d\u2019accro\u00eetre son influence mondiale apr\u00e8s son retour au Moyen-Orient et le succ\u00e8s de son intervention militaire en Syrie. Sur le plan \u00e9conomique, c\u2019est l\u2019occasion de trouver de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s suite \u00e0 la fermeture de certains march\u00e9s europ\u00e9ens et occidentaux \u00e0 la suite des sanctions dues \u00e0 la crise ukrainienne.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\" readability=\"33.5\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/russie-afrique-028.jpg\" width=\"425\" height=\"285\" alt=\"russie-afrique-028.jpg\" title=\"russie-afrique-028.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">D\u2019autant plus que l\u2019Afrique, riche de ses ressources naturelles, conna\u00eet une croissance \u00e9conomique int\u00e9ressante. La Russie souhaite combler son retard par rapport aux grandes puissances, puisque ses \u00e9changes commerciaux en 2018 avec l\u2019Afrique ne se sont \u00e9lev\u00e9s qu\u2019\u00e0 17 milliards de dollars contre 275 milliards pour l\u2019Europe et 200 milliards pour la Chine, premier pays partenaire \u00e9conomique du continent africain. De leur c\u00f4t\u00e9, les pays africains ont r\u00e9pondu en grand nombre au Sommet de Sotchi car ils souhaitent multiplier les partenaires au b\u00e9n\u00e9fice du continent africain.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">D\u2019autre part, le discours politique russe invoque une coop\u00e9ration sans interf\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures, et est favorable \u00e0 la stabilit\u00e9 des r\u00e9gimes m\u00eame autoritaires. Sur un autre plan, la Russie est d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 apporter son aide \u00e0 la lutte anti-terroriste, qui est primordiale pour beaucoup de pays africains qui subissent les s\u00e9vices des groupes terroristes tels que Daech et Boko Haram. La Russie a enfin une grande expertise dans le nucl\u00e9aire civil, la fabrication d\u2019armes sophistiqu\u00e9es et tous les volets du secteur s\u00e9curitaire.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Afin de pr\u00e9parer ce sommet de Sotchi, le ministre russe des Affaires \u00e9trang\u00e8res Serguei Lavrov a effectu\u00e9 en mars 2018 une grande tourn\u00e9e en Afrique australe et centrale en visitant l\u2019Angola, le Namibie, le Mozambique et l\u2019Ethiopie. En 2019, ce f\u00fbt le tour de l\u2019Afrique du Nord avec la visite de l\u2019Alg\u00e9rie, du Maroc, et de la Tunisie. Des accords militaires ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s avec la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, l\u2019Ethiopie et le Mozambique, et la Russie a annul\u00e9 20 milliards de dollars des dettes contract\u00e9es par les pays africains vis-\u00e0-vis de Moscou.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>S\u00e9curit\u00e9, lutte contre le terrorisme, d\u00e9veloppement \u00e9conomique, formation<\/strong><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Alors que le pr\u00e9sident Poutine a promis de doubler les \u00e9changes de la Russie avec l\u2019Afrique dans les cinq ans \u00e0 venir et de multiplier les investissements, l\u2019entreprise russe Rosatom d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente en Zambie a sign\u00e9 un contrat avec l\u2019Ethiopie pour la construction d\u2019un r\u00e9acteur nucl\u00e9aire exp\u00e9rimental.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">De son c\u00f4t\u00e9, le Rwanda a obtenu la construction par la Russie d\u2019un centre de recherche sur le nucl\u00e9aire. Un accord a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement paraph\u00e9 pour la construction au Maroc d\u2019un complexe p\u00e9trochimique d\u2019une valeur de deux milliards d\u2019euros. Des contrats miniers sont en cours entre la Russie, le Soudan du Sud et la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, alors que les g\u00e9ants p\u00e9troliers Gasprom et Rosneft sont pr\u00e9sents dans plusieurs pays africains. La Russie a pu percer \u00e9galement en Afrique francophone en contr\u00f4lant l\u2019appareil s\u00e9curitaire \u00e9tatique de la R\u00e9publique centrafrique, et en signant un accord militaire avec le Mali.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019Agence russe Rosobonexport d\u2019exportation d\u2019armes a particip\u00e9 au Salon international sur la s\u00e9curit\u00e9 et la d\u00e9fense \u00e0 Abidjan en janvier 2019 et coop\u00e8re avec le G5 Sahel. Enfin la Russie intervient dans plusieurs pays africains par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019entreprises priv\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 pour former et entra\u00eener les militaires et les forces de l\u2019ordre de ces pays.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">La d\u00e9claration finale du Sommet Russie-Afrique a jet\u00e9 les bases d\u2019un nouveau partenariat \u00e9quitable et multiforme entre la Russie et l\u2019Afrique. Elle a d\u00e9fini des axes dans les domaines de la s\u00e9curit\u00e9, la lutte contre le terrorisme, le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et la formation.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Elle souligne la d\u00e9termination de la Russie et des pays africains \u00e0 contribuer \u00e0 la paix et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 internationale, \u00e0 la construction d\u2019un syst\u00e8me de relations internationales plus juste et plus \u00e9quitable, bas\u00e9 sur les principes du respect de la souverainet\u00e9, de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale et de la non-ing\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures des Etats.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">La d\u00e9claration soutient l\u2019Agenda 2063 des pays africains et l\u2019Agenda 2030 pour le d\u00e9veloppement durable de l\u2019ONU. Enfin elle institue le Sommet Russie-Afrique tous les trois ans.<\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p class=\"rtecenter\"><strong>Attirer les convoitises<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/camions-028.jpg\" width=\"425\" height=\"281\" alt=\"camions-028.jpg\" title=\"camions-028.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Dans un monde perturb\u00e9, les grandes puissances utilisent tous les moyens pour augmenter leur influence et se hisser aux premiers rangs. Deux puissances se d\u00e9tachent nettement, \u00e0 savoir les Etats-Unis et la Chine. Celles qui suivent,\u00a0 Europe, Russie, Japon et Inde, tentent de se placer au mieux.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Avec particuli\u00e8rement la Russie, en 2018, les \u00e9changes s\u2019\u00e9levaient \u00e0 20 milliards de dollars, moins de la moiti\u00e9 de ceux de la France et dix fois moins que la Chine. Et la majorit\u00e9 du commerce concerne les ventes d\u2019armes, rare domaine dans lequel la Russie est en t\u00eate en Afrique. Entre 2014 et 2018, la Russie repr\u00e9sentait ainsi 49% du total des importations d\u2019armes en Afrique du Nord et 28% de celles d\u2019Afrique subsaharienne, selon l\u2019Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Aujourd\u2019hui, dans ce contexte mondial, l\u2019Afrique qui dispose d\u2019immenses ressources naturelles et o\u00f9 beaucoup reste \u00e0 faire, attire toutes les convoitises. Il appartient \u00e0 l\u2019Afrique de tirer partie de cette situation pour acc\u00e9l\u00e9rer son d\u00e9veloppement et permettre \u00e0 sa population de vivre dignement.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/imri.jpg\" width=\"150\" height=\"108\" alt=\"imri.jpg\" title=\"imri.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1052700-le-grand-retour-de-la-russie-en-afrique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier Sommet Russie-Afrique a \u00abouvert une nouvelle page\u00bb des relations entre Moscou et le continent africain, a d\u00e9clar\u00e9 Vladimir Poutine en cl\u00f4turant l\u2019\u00e9v\u00e9nement, ajoutant qu\u2019il fallait \u00abintensifier la coop\u00e9ration\u00bb pour remplir les objectifs de Moscou. 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