{"id":70974,"date":"2019-12-22T03:00:00","date_gmt":"2019-12-22T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ghannouchi-secrets-de-jeunesse\/"},"modified":"2019-12-22T03:00:00","modified_gmt":"2019-12-22T08:00:00","slug":"ghannouchi-secrets-de-jeunesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ghannouchi-secrets-de-jeunesse\/","title":{"rendered":"Ghannouchi: Secrets de jeunesse"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c2\">L\u2019enfant qui \u00e0 12 ans labourait avec son p\u00e8re, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, un lopin de terre familial \u00e0 El Hamma (Gab\u00e8s) avait-il un jour r\u00eav\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e9lu \u00e0 la t\u00eate du premier parlement d\u00e9mocratique, librement \u00e9lu dans le monde arabe et islamique ? En acc\u00e9dant au perchoir, Rached Kheriji Ghannouchi ne pouvait que savourer sa superbe cons\u00e9cration.<br \/>A 77 ans, le chef du parti islamiste Ennahdha cueille les fruits de son habilet\u00e9 politique, servi par une chance exceptionnelle. Celle qui, condamn\u00e9 \u00e0 mort, l\u2019avait sauv\u00e9 de l\u2019\u00e9chafaud en 1987. Celle aussi qui lui avait permis de s\u2019exfiltrer en 1989. Celle encore qui lui a rouvert les portes de la Tunisie le 30 janvier 2011, puis port\u00e9 son parti au gouvernement et au Bardo, en t\u00eate de la Tro\u00efka, \u00e0 la fin de la m\u00eame ann\u00e9e&#8230; C\u2019est toujours la chance, bien que son parti ait perdu les \u00e9lections de 2014, qui, au nom du tawafouk pr\u00f4n\u00e9 par B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi, le remettra en selle en 2015. Et le revoil\u00e0, chanceux, rafler la pr\u00e9sidence de l\u2019ARP.<br \/>Bien que cultivant le secret sur son parcours, Rached Ghannouchi avait lev\u00e9, par bribes, un coin de voile sur son enfance, sa jeunesse et son engagement militant. Au gr\u00e9 d\u2019entretiens avec les m\u00e9dias, d\u2019interviews accord\u00e9es \u00e0 Leaders, notamment en 2012, le jour de son anniversaire le 21 juin, de causeries et conf\u00e9rences, il a retrac\u00e9 avec \u00e9loquence tant\u00f4t, sans d\u00e9tails, tant\u00f4t, des s\u00e9quences significatives de ce qui sera d\u00e9sormais sa marche vers le perchoir au Bardo. Sur la foi de son propre r\u00e9cit, retour sur ses ann\u00e9es d\u2019enfance et de jeunesse. Les r\u00e9v\u00e9lations ne manquent pas !<\/span><\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 dans une petite famille agricole du village d\u2019El Hamma, devenu aujourd\u2019hui une grande ville de plus de 120.000 habitants, et qui a donn\u00e9 \u00e0 la Tunisie d\u2019illustres fils, Mohamed Ali Hammi, Taher Haddad et autres figures. Mon p\u00e8re, qui avait m\u00e9moris\u00e9 le Coran, ouvrait notre maison durant les soir\u00e9es du ramadan aux amis villageois pour effectuer ensemble les pri\u00e8res, la psalmodie du livre saint et m\u00e9moriser ses versets. Mes deux fr\u00e8res a\u00een\u00e9s les avaient appris par c\u0153ur alors que je n\u2019ai pu en m\u00e9moriser qu\u2019une partie seulement, avant que mon p\u00e8re ne m\u2019envoie dans une \u00e9cole franco-arabe. Deux ans apr\u00e8s l\u2019avoir fr\u00e9quent\u00e9e, il avait constat\u00e9 que j\u2019ai fini par oublier ce que j\u2019avais appris et a alors d\u00e9cid\u00e9 de me ramener \u00e0 ma premi\u00e8re \u00e9cole, pour reprendre la m\u00e9morisation mais aussi l\u2019aider au travail dans le petit champ qu\u2019il cultivait, unique source de revenu pour subvenir aux besoins de la famille. Mes deux fr\u00e8res a\u00een\u00e9s \u00e9taient envoy\u00e9s \u00e0 la Zitouna \u00e0 Tunis et il m\u2019appartenait alors d\u2019aider mon p\u00e8re. Je n\u2019avais alors que 12 ans et devais m\u2019adonner \u00e0 l\u2019agriculture.\u00a0 Un an apr\u00e8s, mes deux fr\u00e8res, ayant obtenu leurs dipl\u00f4mes, \u00e9taient nomm\u00e9s instituteurs, pouvant ainsi contribuer aux d\u00e9penses de la famille, ce qui m\u2019a lib\u00e9r\u00e9 des champs pour reprendre mes \u00e9tudes, dans la fili\u00e8re zitounienne. L\u2019enseignement zitounien s\u2019\u00e9tait r\u00e9pandu \u00e0 travers le pays gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9forme d\u00e9cid\u00e9e par Cheikh Taher Ben Achour, et une section \u00e9tait ouverte dans mon village d\u2019El Hamma.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Ghannouchi-Mib.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Passant les classes, je devais partir poursuivre mes \u00e9tudes d\u2019abord \u00e0 Gab\u00e8s, puis \u00e0 Tunis. La Zitouna avait alors d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 de la mosqu\u00e9e pour s\u2019installer dans les nouveaux locaux du boulevard 9 Avril, qui abriteront plus tard le premier noyau de l\u2019Universit\u00e9 tunisienne. Mes efforts ont \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9s de succ\u00e8s et j\u2019ai pu ainsi d\u00e9crocher en 1962 le dipl\u00f4me du Tahsil, l\u2019\u00e9quivalent du baccalaur\u00e9at. Croyant pouvoir acc\u00e9der ainsi \u00e0 un poste d\u2019enseignant, j\u2019ai d\u00fb d\u00e9chanter.<\/p>\n<h2>Apprendre l\u2019allemand pour se pr\u00e9parer \u00e0 partir pour l\u2019\u00e9tranger<\/h2>\n<p>L\u2019unique issue pour moi \u00e9tait alors de partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger poursuivre des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. En attendant, et pour meubler utilement mon temps, je me suis mis \u00e0 apprendre la langue allemande, m\u2019inscrivant \u00e0 l\u2019Institut Goethe. La chance s\u2019ouvrit \u00e0 moi en d\u00e9crochant un poste d\u2019instituteur \u00e0 Gafsa. Combl\u00e9 de joie au d\u00e9part, j\u2019ai fini par m\u2019en lasser deux ans apr\u00e8s, surtout que mes deux fr\u00e8res sont devenus l\u2019un magistrat et l\u2019autre avocat&#8230;<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e des vacances de l\u2019\u00e9t\u00e9 en 1964, j\u2019avais pris la d\u00e9cision de partir \u00e0 l\u2019\u00e9tranger muni des petites \u00e9conomies que j\u2019ai pu faire gr\u00e2ce \u00e0 mon salaire. Ma destination choisie \u00e9tait l\u2019Egypte. En pleine chaleur, j\u2019y ai pris la route par voie terrestre, en traversant la Libye. Par pur hasard et sans concertation pr\u00e9alable entre nous, je me suis retrouv\u00e9 avec un groupe de 40 jeunes, tous zitouniens, partageant la m\u00eame ambition. Arriv\u00e9 au Caire, je me suis inscrit \u00e0 la facult\u00e9 d\u2019Agronomie, pensant que cette fili\u00e8re est la plus appropri\u00e9e \u00e0 mes origines et \u00e0 ma vocation future. Tout avait bien commenc\u00e9 lorsque trois mois apr\u00e8s, les relations tuniso-\u00e9gyptiennes, tr\u00e8s tendues, se sont subitement r\u00e9chauff\u00e9es apr\u00e8s la r\u00e9conciliation entre Bourguiba et Nasser. Du coup, les autorit\u00e9s tunisiennes avaient exig\u00e9 l\u2019annulation de l\u2019inscription des \u00e9tudiants tunisiens non r\u00e9guliers et\u00a0 leur rapatriement par le biais de l\u2019ambassade.<\/p>\n<h2>Aller en Albanie ?<\/h2>\n<p>Face \u00e0 cette radiation, chacun devait prendre sa d\u00e9cision entre retourner en Tunisie ou aller explorer d\u2019autres cieux. Pour ma part, j\u2019\u00e9tais d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 poursuivre mon chemin cherchant une terre d\u2019accueil. Mon premier r\u00e9flexe \u00e9tait d\u2019aller en Albanie. J\u2019avais en effet pris l\u2019habitude d\u2019\u00e9couter Radio-Tirana, notamment ses \u00e9missions litt\u00e9raires, et il m\u2019arrivait de lui envoyer certains po\u00e8mes que je m\u2019appliquais \u00e0 composer et qui \u00e9taient souvent diffus\u00e9s \u00e0 l\u2019antenne. J\u2019\u00e9tais en plus impressionn\u00e9 par le socialisme albanais, qui ne pouvait cependant \u00e9galer ma grande admiration pour Nasser.\u00a0 Alors que je me rendais \u00e0 une agence de voyages pour m\u2019enqu\u00e9rir des vols pour Tirana et le prix du billet d\u2019avion, je suis tomb\u00e9 par hasard sur un proche parent \u00e9tudiant install\u00e9 depuis des ann\u00e9es au Caire. M\u2019interrogeant sur mes intentions et apprenant ma volont\u00e9 d\u2019aller en Albanie, il m\u2019en dissuada fortement, me recommandant plut\u00f4t d\u2019aller en Syrie. Il m\u2019a en effet affirm\u00e9 qu\u2019il y comptait de nombreux amis, la plupart des compatriotes, notamment \u00e0 Damas qui ne manqueront pas de bien m\u2019accueillir et de me pr\u00eater aide et assistance, avec la possibilit\u00e9 d\u2019obtenir une bourse d\u2019\u00e9tudes.<\/p>\n<h2>La Syrie en pleins d\u00e9bats nass\u00e9riens &#8211; islamistes<\/h2>\n<p>Changeant d\u2019itin\u00e9raire, me voil\u00e0 \u00e0 Damas o\u00f9, effectivement, tout a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9. Je me suis inscrit en philosophie dont le d\u00e9partement compte d\u2019illustres professeurs \u00e0 l\u2019instar d\u2019Adel Awadh et Dr Ellafi. Encore un virage dans la vie, sans \u00e9tude pr\u00e9alable, ni longue r\u00e9flexion. Et c\u2019est parti. Les \u00e9tudiants tunisiens en Syrie ne rentraient pas au pays durant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9, de peur de voir leurs passeports confisqu\u00e9s et interdits de voyage. Ils iront alors en voyage en Europe pour faire du tourisme mais aussi trouver des petits boulots d\u2019\u00e9t\u00e9, sachant qu\u2019on \u00e9tait boursiers et que la bourse n\u2019\u00e9tait pas suspendue durant les vacances estivales. C\u2019est ainsi que je suis parti en juin 1964 pour une longue tourn\u00e9e qui s\u2019est prolong\u00e9e pendant 6 mois, jusqu\u2019en janvier 1965.<\/p>\n<h2>C\u2019\u00e9tait mon premier voyage en Europe, une grande d\u00e9couverte pour moi<\/h2>\n<p>Un autre fait marquant dans ma vie s\u2019est produit en 1966. J\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Damas o\u00f9 le climat culturel \u00e9tait des plus riches, avec des d\u00e9bats tr\u00e8s anim\u00e9s entre partis et courants politiques de tous bords. Je m\u2019y suis int\u00e9ress\u00e9, finissant par rallier l\u2019Union socialiste nass\u00e9rienne, un mouvement nass\u00e9rien syrien \u0153uvrant pour la reprise de l\u2019union syro-\u00e9gyptienne, apr\u00e8s la rupture intervenue en 1961. De simple sympathisant, adh\u00e9rent, je suis mont\u00e9 en grade et devenu chef de cellule. Les tiraillements entre les courants nationalistes nass\u00e9rien et baathiste d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et islamiste de l\u2019autre ont fini par m\u2019exasp\u00e9rer, mettant en doute mes convictions nationalistes arabes, surtout quant \u00e0 la relation entre nationalisme et religion. C\u2019est ainsi que j\u2019ai quitt\u00e9 le courant nass\u00e9rien pour rallier celui islamiste sans m\u2019encarter dans aucun parti. J\u2019avais en effet choisi de conna\u00eetre les composantes de la place islamiste, assistant \u00e0 divers cours \u00e0 Cham et \u00e0 Damas, et \u00e9tais particuli\u00e8rement influenc\u00e9 par de grands penseurs comme Mohamed Ikbal, dont j\u2019ai relu plus d\u2019une fois le livre \u00ab Le renouveau de la pens\u00e9e religieuse en Islam \u00bb, comme les ouvrages de Sayed Qotb, Mohamed Ghazali et Ibn Taymia.<\/p>\n<h2>Le grand changement dans ma vie<\/h2>\n<p>J\u2019avais pass\u00e9 quatre ans \u00e0 Damas, deux au sein du nass\u00e9risme et deux autres chez les islamistes, sans adh\u00e9rer \u00e0 aucun mouvement, ne voulant pas rentrer en Tunisie avec un engagement id\u00e9ologique pr\u00e9alable. Le grand changement de ma vie est intervenu le 15 juin 1966. Ce fut un moment fort, marquant la rupture en moi de deux s\u00e9quences : celle d\u2019un musulman tunisien, comme tous les autres Tunisiens, qui appartient \u00e0 cette religion dans un engagement qui comprend peu ou prou une religiosit\u00e9 beaucoup plus proche du culte et du patrimoine que de l\u2019identit\u00e9 et du mode de vie.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Ghannouchi-Mi3b.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<h2>Dans l\u2019effervescence de Mai 68<\/h2>\n<p>J\u2019ai obtenu ma licence en philo en 1968. Mon objectif \u00e9tait de poursuivre mes \u00e9tudes sup\u00e9rieures et je me suis alors rendu \u00e0 Paris, \u00e0 l\u2019instar de nombre de mes camarades. En choisissant la France, je cherchais en fait \u00e0 d\u00e9crocher un titre universitaire reconnu en Tunisie, beaucoup plus que ceux d\u00e9croch\u00e9s au Caire ou \u00e0 Berlin.<\/p>\n<p>Paris \u00e9tait alors en effervescence au lendemain des \u00e9v\u00e8nements de Mai 68. J\u2019y suis arriv\u00e9 le 13 ao\u00fbt, pr\u00e9cis\u00e9ment. L\u2019ambiance \u00e9tait aux grandes libert\u00e9s soudainement \u00e9clat\u00e9es en pleine r\u00e9volution estudiantine. Ce n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re ais\u00e9 pour un jeune musulman rigoureux de se retrouver plong\u00e9 dans cette atmosph\u00e8re. Le nombre de mosqu\u00e9es n\u2019\u00e9tait pas alors ce qu\u2019il est devenu aujourd\u2019hui. Je me suis demand\u00e9 ce que restera de ce jeune du tiers-monde qui d\u00e9barque avec une mentalit\u00e9 et une culture diff\u00e9rentes. J\u2019ai pu m\u2019inscrire au doctorat \u00e0 la Sorbonne et mis \u00e0 la recherche d\u2019un g\u00eete et d\u2019un travail. La vie \u00e9tait tr\u00e8s difficile pour moi. La meilleure option pour les \u00e9tudiants \u00e9tait alors de d\u00e9crocher un poste de veilleur de nuit, ce qui m\u2019aurait bien convenu. Mais, je n\u2019y \u00e9tais pas parvenu. Je me suis alors rabattu sur de petits boulots de gardiennage, de distribution de prospectus dans les bo\u00eetes aux lettres et autres menus jobs, quitte \u00e0 faire le m\u00e9nage dans les bureaux. Mon unique pause, c\u2019\u00e9tait pendant les week-ends quand j\u2019allais dans une mosqu\u00e9e \u00e0 Belleville, le quartier o\u00f9 se concentraient beaucoup de travailleurs immigr\u00e9s arabes et musulmans. C\u2019\u00e9tait en fait une petite maison tenue par un Alg\u00e9rien qui en avait fait une salle de pri\u00e8re.<\/p>\n<h2>Imam \u00e0 Paris<\/h2>\n<p>Un groupe appartenant \u00e0 Jamaat Atbalig wa Daaoua, qui se d\u00e9die au culte sans aucun discours politique, avait visit\u00e9 les lieux. Ses membres partent dans les quartiers, les foyers d\u2019immigrants et les caf\u00e9s appelant les musulmans \u00e0 pratiquer la religion et accomplir leurs pri\u00e8res. Voyant en moi un jeune instruit, ils m\u2019ont demand\u00e9 de conduire la pri\u00e8re en tant que leur imam. Plus encore, ils m\u2019ont invit\u00e9 \u00e0 les suivre dans leurs tourn\u00e9es. Cette exp\u00e9rience fut tr\u00e8s importante pour moi, m\u2019ayant permis de me rendre compte de la situation tr\u00e8s difficile de cette cat\u00e9gorie de migrants. L\u2019ann\u00e9e 1969 aura \u00e9t\u00e9 l\u2019une des plus p\u00e9nibles pour moi. Sans ressources ou presque, je devais subsister des petits boulots effectu\u00e9s, m\u2019assurer un toit chez un ami maghr\u00e9bin pour passer la nuit, suivre mes cours et pr\u00eater soutien \u00e0 mes coreligionnaires.<\/p>\n<h2>Chez Malek Bennabi en Alg\u00e9rie<\/h2>\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 1969 m\u2019apportera une agr\u00e9able surprise. Mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9, devenu magistrat, \u00e9tait venu me rendre visite \u00e0 Paris. Je ne l\u2019avais pas vu depuis cinq ans. Il voulait acqu\u00e9rir une voiture et la transporter en Tunisie. D\u2019embl\u00e9e, il m\u2019informa que notre m\u00e8re \u00e9tait malade et que je dois la revoir avant qu\u2019elle ne d\u00e9c\u00e8de, me proposant de l\u2019accompagner en voiture. Le voyage se fera \u00e0 travers l\u2019Espagne, m\u2019offrant l\u2019occasion de d\u00e9couvrir l\u2019Andalousie et de r\u00e9fl\u00e9chir aux enseignements qu\u2019elle nous livre, un rapide passage par le Maroc et la travers\u00e9e de l\u2019Alg\u00e9rie. Alger \u00e9tait pour moi importante, esp\u00e9rant y rencontrer un grand penseur qui me fascinait, Malek Bennabi. Mon v\u0153u sera exauc\u00e9.<\/p>\n<h2>\u00abAucune femme ne voudra de toi\u00bb<\/h2>\n<p>Me voil\u00e0 donc de retour en Tunisie, en cette ann\u00e9e 1969. Le pays \u00e9tait \u00e0 l\u2019arr\u00eat apr\u00e8s la suspension de la politique collectiviste. Ce climat lourd ne pouvait que saper les ardeurs d\u2019un jeune enthousiaste de retour de pays de grands d\u00e9bats et libert\u00e9. Ma famille \u00e9tait heureuse de me revoir, mais commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter en me voyant critiquer les autorit\u00e9s \u00e0 gauche et \u00e0 droite sans retenue. Mon fr\u00e8re finira par me dire : \u00abNous \u00e9tions chagrin\u00e9s par ton absence et nous serons attrist\u00e9s par ta pr\u00e9sence parmi nous. Cela risque de te conduire en prison. Tu n\u2019as pas de chance dans ce pays et avec cette mentalit\u00e9 qui est d\u00e9sormais la tienne et ce comportement, tu ne trouveras aucune femme qui acceptera de t\u2019\u00e9pouser. En nous en serons tous fort pein\u00e9s. Le mieux serait que tu retournes reprendre tes \u00e9tudes&#8230;\u00bb<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong><a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/le_mensuel_abonnez_vous\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Bandeau-Leaders-1-copie(23).jpg\" alt=\"\" width=\"500\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"128\" align=\"middle\"\/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/28692-ghannouchi-secrets-de-jeunesse\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019enfant qui \u00e0 12 ans labourait avec son p\u00e8re, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, un lopin de terre familial \u00e0 El Hamma (Gab\u00e8s) avait-il un jour r\u00eav\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e9lu \u00e0 la t\u00eate du premier parlement d\u00e9mocratique, librement \u00e9lu dans le monde arabe et islamique ? 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