{"id":71897,"date":"2020-01-01T14:38:18","date_gmt":"2020-01-01T19:38:18","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/insecurite-au-sahel\/"},"modified":"2020-01-01T14:38:18","modified_gmt":"2020-01-01T19:38:18","slug":"insecurite-au-sahel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/insecurite-au-sahel\/","title":{"rendered":"INSECURITE AU SAHEL"},"content":{"rendered":"<div class=\"stream-item stream-item-above-post-content\">\n<p><noscript><\/p>\n<p><a href=\"\/\/www3.smartadserver.com\/ac?jump=1&#038;nwid=2136&#038;siteid=240610&#038;pgname=rg&#038;fmtid=49046&#038;visit=m&#038;tmstp=[timestamp]&#038;out=nonrich\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img decoding=\"async\" src=\"\/\/www3.smartadserver.com\/ac?out=nonrich&#038;nwid=2136&#038;siteid=240610&#038;pgname=rg&#038;fmtid=49046&#038;visit=m&#038;tmstp=[timestamp]\" border=\"0\" alt=\"\"\/><\/a><\/p>\n<p><\/noscript><\/div>\n<p class=\"c3\"><em>Depuis quelques heures, l\u2019ann\u00e9e 2019 g\u00eet dans le grand caveau du Temps. A jamais endormie dans les profondeurs abyssales du n\u00e9ant, elle fait place \u00e0 2020, toute nouvelle certes, mais au diad\u00e8me d\u00e9j\u00e0 terni par les stigmates et la douleur des tragiques \u00e9v\u00e9nements de 2019. Ouverte dans l\u2019horreur (tueries de Yirgou, le 1<sup>er<\/sup> janvier), 2019 se referme, h\u00e9las, dans la m\u00eame symphonie tragique. Et elle projette d\u00e9j\u00e0 ses br\u00fblantes et mortelles \u00e9claboussures sur 2020. On croise les doigts. Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que le Burkina continue sa p\u00e9nible et douloureuse marche vers son Golgotha. A telle enseigne que s\u2019il est un v\u0153u partag\u00e9 en cette aube de nouvel an, par l\u2019ensemble des filles et fils de ce pays et au-del\u00e0, c\u2019est bien que le \u00ab\u00a0Pays des hommes int\u00e8gres\u00a0\u00bb, triomphe enfin de la barbarie insens\u00e9e que lui imposent depuis le 15 janvier 2016, les haruspices illumin\u00e9s de l\u2019apocalypse, en passe de ravir au diable, la palme de l\u2019ignominie.\u00a0<\/em> <em>La comptabilit\u00e9 macabre des attaques terroristes aura \u00e9t\u00e9 longue comme le bras, en 2019 (plus d\u2019un demi-millier de personnes tu\u00e9es) et son lot de d\u00e9plac\u00e9s internes sans commune mesure, tous contraints d\u2019entasser du jour au lendemain, leur vie dans un baluchon et partir, pour ne pas subir la folie bestiale du monstre anthropophage.<\/em> <em>Cela dit, l\u2019on peut saluer \u00e0 sa juste valeur, l\u2019effort continu et soutenu des preux chevaliers de notre s\u00e9curit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire nos FDS (Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 FDS) qui, de plus en plus, infligent de lourdes pertes \u00e0 l\u2019ennemi gr\u00e2ce \u00e0 leur progressive mont\u00e9e en puissance. M\u00eame s\u2019il est notoire qu\u2019il faudra bien plus pour venir \u00e0 bout de l\u2019ogre.<\/em><\/p>\n<p><em><strong>Face \u00e0 l\u2019ennemi invisible qui se mue comme un gaz mortif\u00e8re, la lutte engag\u00e9e doit \u00eatre collective<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><em>Vaincre \u00e0 tout prix\u00a0; c\u2019est un imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique, d\u2019autant que les \u00e9lections de 2020 avancent \u00e0 grandes enjamb\u00e9es.\u00a0 Celles-ci se tiendront-elles \u00e0 bonne date\u00a0? Si oui, dans quelles conditions et proportions ? Questions \u00e0 mille tiroirs. Gageons que d\u2019ici l\u00e0, des garanties de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes seront r\u00e9unies pour que les Burkinab\u00e8 en \u00e2ge de voter, o\u00f9 qu\u2019ils soient en territoire burkinab\u00e8, puissent s\u2019acquitter convenablement et sans crainte, de leur devoir de citoyen. En tous les cas, la plus que pr\u00e9occupante situation s\u00e9curitaire ne saurait avoir bon dos\u00a0; elle ne doit servir d\u2019alibi ni de chemin de traverse vers la satisfaction d\u2019int\u00e9r\u00eats obscurs et partisans tendant \u00e0 reporter sine die la tenue du scrutin.\u00a0 La conscience responsable de tout un chacun, est interpell\u00e9e et l\u2019on ose croire que la classe politique dans son ensemble, saura se fixer des limites \u00e0 ne pas franchir. Face \u00e0 l\u2019ennemi invisible qui se mue comme un gaz mortif\u00e8re, c\u2019est connu, la lutte engag\u00e9e doit \u00eatre collective. Elle ne peut \u00eatre laiss\u00e9e entre les seules mains de nos braves soldats. Et c\u2019est pourquoi l\u2019on peut se f\u00e9liciter que des groupes d\u2019auto-d\u00e9fense aient vu le jour pour engager la riposte. Une action citoyenne qui vaut aujourd\u2019hui son pesant de dissuasion, au regard des quelques r\u00e9sultats appr\u00e9ciables d\u00e9j\u00e0 engrang\u00e9s sur le terrain. Quant \u00e0 l\u2019appel du chef de l\u2019Etat au recrutement de volontaires, l\u2019on attend de savoir quelles en seront les modalit\u00e9s pratiques.<\/em> <em>Dans leur lutte contre les forces mal\u00e9fiques, les pays du G5 Sahel ne sont pas seuls. Ils b\u00e9n\u00e9ficient du soutien d\u00e9terminant et continu de la France, engag\u00e9e depuis janvier 2013 au Sahel, \u00e0 travers l\u2019op\u00e9ration Serval plus tard rebaptis\u00e9e Barkhane, forte \u00e0 ce jour, de 4\u00a0500 hommes. Que serait aujourd\u2019hui le Mali pour ne citer que ce pays-l\u00e0, sans l\u2019appui de cette force\u00a0; sans nul doute sous la cruelle et humiliante f\u00e9rule des groupes obscurantistes arm\u00e9s, et arrach\u00e9 \u00e0 la farandole des Etats-Nations. Et c\u2019est pourtant l\u2019opportunit\u00e9 de la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise au Sahel, qui fait d\u00e9bat. <u>\u00a0<\/u><\/em> <em>En effet, dans de larges secteurs de l\u2019opinion publique africaine, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 un sentiment anti-fran\u00e7ais vocif\u00e9r\u00e9 au rythme de marches populaires et autres prises de positions de responsables politiques. Des \u00e9v\u00e9nements tr\u00e8s mal v\u00e9cus dans l\u2019Hexagone, \u00e0 l\u2019image du m\u00e9morable coup de sang du g\u00e9n\u00e9ral Lecointre, chef d\u2019Etat-major des Arm\u00e9es fran\u00e7aises, dont l\u2019\u00e9moi ressenti suite \u00e0 la perte r\u00e9cente de ses treize soldats \u00e0 M\u00e9naka dans le Liptako-Gourma, le 25 novembre dernier, aura \u00e9t\u00e9 raviv\u00e9 par l\u2019amer sentiment du sacrifice pay\u00e9 en monnaie de singe.\u00a0 Dans la foul\u00e9e de ce drame et certainement exc\u00e9d\u00e9 par les mouvements d\u2019humeur des populations du G5 Sahel, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Emmanuel Macron, s\u2019est-il, comme on l\u2019en a soup\u00e7onn\u00e9, laiss\u00e9 emporter par l\u2019\u00e9motion, dans son adresse \u00e0 l\u2019issue du dernier sommet de l\u2019OTAN (Trait\u00e9 de l\u2019Atlantique Nord)\u00a0?<\/em><\/p>\n<p><strong>Autant Macron veut des r\u00e9ponses claires, autant il devrait se r\u00e9soudre \u00e0 tenir un langage de v\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"c3\"><em>Toujours est-il qu\u2019il aura \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019actuel locataire de l\u2019Elys\u00e9e, un ton inad\u00e9quat, quand certains y ont vu une \u00ab\u00a0convocation\u00a0\u00bb \u00e0 peine voil\u00e9e des chefs d\u2019Etat africains du G5 Sahel. Sans doute Jupiter a-t-il voulu, \u00e0 travers sa saillie m\u00e9diatique, calmer et donner des gages \u00e0 son opinion publique particuli\u00e8rement remont\u00e9e contre l\u2019\u00e9lectro-choc de M\u00e9naka. Faut-il lui en tenir rigueur pour cela ? Dans le fond, on ne peut reprocher au pr\u00e9sident fran\u00e7ais de r\u00e9clamer \u00e0 ses pairs africains, de clarifier leurs positions sur l\u2019engagement militaire fran\u00e7ais dans les pays respectifs, d\u2019autant que cette pr\u00e9sence est pour le moins d\u00e9nonc\u00e9e sur le sol africain et l\u2019Hexagone accus\u00e9 d\u2019\u00eatre de connivence avec des groupes arm\u00e9s terroristes. Mais autant le pr\u00e9sident Macron veut des r\u00e9ponses claires (oui ou non ses pairs africains veulent-ils toujours de Barkhane), autant il devrait se r\u00e9soudre \u00e0 tenir un langage de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 ses concitoyens par rapport \u00e0 la lancinante et pr\u00e9occupante question du statut particulier de Kidal, cet Etat dans l\u2019Etat malien. En tout \u00e9tat de cause, les r\u00e9centes effusions de col\u00e8re populaire contre la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise au Sahel, tirent en grande partie leurs sources ou leur l\u00e9gitimit\u00e9 des ambigu\u00eft\u00e9s qui continuent \u00e0 caract\u00e9riser les relations entre la France et ses anciennes colonies.\u00a0 Tant et si bien que plus que jamais, les peuples africains de plus en plus form\u00e9s, inform\u00e9s, critiques et exigeants, attendent de leur ancien colonisateur, des relations empreintes de clart\u00e9 mais aussi de respect r\u00e9ciproque.\u00a0 Des exigences dont les dirigeants doivent se sentir contraints de tenir compte. Osons croire que la rencontre de Pau sur l\u2019avenir de Barkhane, pr\u00e9vue pour le 13 janvier 2020, qui s\u2019annonce comme celle de la \u00ab\u00a0clarification\u00a0\u00bb tant r\u00e9clam\u00e9e par le pr\u00e9sident Emmanuel Macron, permettra aux chefs d\u2019Etat du G5 Sahel, de \u00ab\u00a0se parler franchement\u00a0\u00bb.\u00a0 En tout cas, pour les pays du G5 Sahel, il y a urgence \u00e0 trouver la th\u00e9rapie de choc face \u00e0 la grave pathologie s\u00e9curitaire susceptible d\u2019engager le pronostic vital de ces Etats.<\/em> <em>Pour en revenir au Burkina, le mal terroriste ne saurait en cacher un autre\u00a0; il s\u2019agit de la mal gouvernance \u00e9conomique que ce pays continue de trainer comme un fil \u00e0 la patte. Entre faits de corruption et scandales de gestion dans bien des secteurs de l\u2019Administration publique et au-del\u00e0, le plus embl\u00e9matique de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, ayant \u00e9t\u00e9 l\u2019affaire dite de charbon fin, les li\u00e8vres repus et grassouillets soulev\u00e9s sans cesse par les m\u00e9dias d\u2019investigation, ont \u00e9t\u00e9 nombreux.<\/em><\/p>\n<p><em><strong>L\u2019enrichissement illicite, goguenard, continue sa marche<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"c3\"><em>Et les structures anti-corruption comme l\u2019Autorit\u00e9 sup\u00e9rieure de contr\u00f4le d\u2019Etat et de lutte contre la corruption (ASCE\/LC),\u00a0le R\u00e9seau national de lutte anti-corruption pour ne citer que ceux-l\u00e0, toujours aux trousses des \u00ab\u00a0Ali Baba\u00a0\u00bb et de leurs cavernes, en savent certainement beaucoup. Mais, h\u00e9las, plus grave est le traitement g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ces graves manquements \u00e0 l\u2019orthodoxie comptable et financi\u00e8re, par le pouvoir en place.\u00a0 On peut avoir, en effet, le sentiment qu\u2019aucun brise-vent n\u2019a \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement envisag\u00e9 pour freiner les ardeurs de la kleptomanie et de la d\u00e9linquance financi\u00e8re, malgr\u00e9 le colossal travail abattu au quotidien par ces structures d\u2019Etat.\u00a0 Cons\u00e9quence, l\u2019enrichissement illicite, goguenard, continue sa marche dans un contexte g\u00e9n\u00e9ral d\u2019incivisme ambiant, d\u2019affaissement de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat.\u00a0 Il faudra pourtant y mettre le hol\u00e0 si tant est que le Burkina veuille v\u00e9ritablement s\u2019inscrire dans la logique d\u2019une gouvernance vertueuse.\u00a0\u00a0 Mais tout n\u2019aura pas \u00e9t\u00e9 que ombres sur le tableau 2019 ; loin s\u2019en faut. Car, il faudra reconnaitre au pouvoir actuel, ses efforts continus et soutenus en mati\u00e8re d\u2019infrastructures routi\u00e8res, de sant\u00e9, d\u2019eau potable, d\u2019\u00e9nergie, etc., en d\u00e9pit d\u2019un environnement particuli\u00e8rement difficile aggrav\u00e9 par le p\u00e9ril terroriste.<\/em> <em>L\u2019an 2019 aura aussi connu le proc\u00e8s \u00e0 rebondissements du coup d\u2019Etat de septembre 2015, qui a rendu son verdict le 2 septembre dernier. Le fait que le jugement soit all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son terme, est, en soi, d\u00e9j\u00e0 une grande victoire pour la Nation et la d\u00e9mocratie. Quoi qu\u2019on dise de son verdict, les accus\u00e9s auront eu droit \u00e0 un proc\u00e8s o\u00f9 chacun a eu l\u2019occasion de faire valoir ses arguments pour sa d\u00e9fense.\u00a0 C\u2019est la preuve que le diff\u00e9rend peut se r\u00e9gler par la justice et il est heureux de constater que le temps o\u00f9 \u00ab\u00a0on te fait (zigouiller) et il n\u2019y a rien\u00a0\u00bb, appartient d\u00e9sormais \u00e0 une autre \u00e9poque. Quid des autres dossiers pendants dont les jugements tiennent tout autant \u00e0 c\u0153ur les Burkinab\u00e8\u00a0? Pour ces affaires, la soif de v\u00e9rit\u00e9 et de justice est rest\u00e9e intacte inextinguible.\u00a0 La Justice doit s\u2019y atteler. La case v\u00e9rit\u00e9 et justice est un passage obligatoire, la seule voie v\u00e9ritable pour op\u00e9rer la catharsis dans la n\u00e9cessaire dynamique de r\u00e9conciliation nationale.\u00a0 En attendant, bonne et heureuse ann\u00e9e \u00e0 toutes et \u00e0 tous.\u00a0 Que Dieu b\u00e9nisse le Burkina\u00a0!<\/em><\/p>\n<p><strong>Cheick Beldh\u2019or SIGUE, Directeur g\u00e9n\u00e9ral, Directeur de publication des Editions \u00ab\u00a0Le Pays\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chevalier de l\u2019Ordre national<\/strong><\/p>\n<p>Auteur: Le Pays<br \/>\n<a href=\"http:\/\/lepays.bf\/insecurite-au-sahel-4\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis quelques heures, l\u2019ann\u00e9e 2019 g\u00eet dans le grand caveau du Temps. 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