{"id":73044,"date":"2020-01-14T06:50:00","date_gmt":"2020-01-14T11:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sadok-zerelli-que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie\/"},"modified":"2020-01-14T06:50:00","modified_gmt":"2020-01-14T11:50:00","slug":"sadok-zerelli-que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sadok-zerelli-que-dieu-sauve-leconomie-de-la-tunisie\/","title":{"rendered":"Sadok Zerelli: Que Dieu sauve l&rsquo;\u00e9conomie de la Tunisie!"},"content":{"rendered":"<p>La situation de l&rsquo;\u00e9conomie Tunisienne, mesur\u00e9e par trois indicateurs-clefs, est bien plus catastrophique que ne le laissent apparaitre les statistiques officielles. En effet, la croissance \u00e9conomique, estim\u00e9e par le taux de croissance du <span class=\"c2\"><strong>Produit Int\u00e9rieur Brut<\/strong><\/span> (officiellement +1,1% en 2019) est artificiellement gonfl\u00e9 par l&rsquo;accroissement tr\u00e8s important des salaires dans la fonction publique, arrach\u00e9 en 2019 par l&rsquo;UGTT \u00e0 coup de deux gr\u00e8ves g\u00e9n\u00e9rales\u00a0 et qui ne correspond pas \u00e0 un accroissement de la production\u00a0 r\u00e9elle ni de la productivit\u00e9. Si on estime la croissance \u00e9conomique par l&rsquo;accroissement de la <span class=\"c2\"><strong>Production Int\u00e9rieure Brute<\/strong><\/span> (Somme des Valeurs Ajout\u00e9es des biens et services marchands \u00e0 l\u2019exclusion des services administratifs), la croissance \u00e9conomique serait bien n\u00e9gative (elle est d&rsquo;ailleurs de -3,5% pour le secteur industriel).<\/p>\n<p>Quant au taux l\u2019inflation (officiellement estim\u00e9 \u00e0 6,6% en novembre 2019), il est bas\u00e9 sur <span class=\"c2\"><strong>l&rsquo;Indice des Prix \u00e0 la Consommation\u00a0 (IPC)<\/strong><\/span> qui ne prend en compte que les prix des biens et services consomm\u00e9s par par les m\u00e9nages, pond\u00e9r\u00e9s par des poids arbitraires fix\u00e9s par l&rsquo;INS, \u00e0 l&rsquo;exclusion des prix des produits et services consomm\u00e9s par les entreprises.\u00a0 Si on mesure l&rsquo;inflation par le v\u00e9ritable\u00a0 indice d&rsquo;inflation\u00a0 qui prend en compte l&rsquo;\u00e9volution des prix de l&rsquo;ensemble des biens et services produits par l&rsquo;\u00e9conomie , pond\u00e9r\u00e9s par les quantit\u00e9s produites r\u00e9elles et non pas par des poids arbitraires, \u00e0 savoir le <span class=\"c2\"><strong>d\u00e9flateur du PIB,\u00a0<\/strong><\/span> elle serait de\u00a0 10% en 2019.<\/p>\n<p>Enfin, le taux de ch\u00f4mage (officiellement 15,2% en 2019) serait bien sup\u00e9rieur si on le corrige par <span class=\"c2\"><strong>l&rsquo;int\u00e9gration des femmes au foyer<\/strong><\/span> dans la population active\u00a0 et la marge d&rsquo;erreur introduite pour le grand nombre <span class=\"c2\"><strong>d&rsquo;ouvriers journaliers<\/strong><\/span> qui ne travaillent en fait que quelques jours par mois ou quelques mois par an. Il serait de 30% \u00e0 40% dans certaines r\u00e9gions et notamment parmi les jeunes, dipl\u00f4m\u00e9s ou pas<br \/>L&rsquo;analyse objective fond\u00e9e sur les enseignements de la th\u00e9orie \u00e9conomique, loin de toute consid\u00e9ration de politique politicienne, fait apparaitre trois causes profondes\u00a0 de cette pire\u00a0 situation dans laquelle peut se trouver une \u00e9conomie que les \u00e9conomistes qualifient de \u00ab\u00a0stagflation\u00a0\u00bb (stagnation de la croissance \u00e9conomique accompagn\u00e9e par une forte et stable inflation):<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> instabilit\u00e9 politique (pas moins de 8 gouvernements\u00a0 depuis 2011) et bureaucratie d&rsquo;une administration min\u00e9e par la corruption, qui font fuir les investisseurs<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> un mod\u00e8le de croissance exog\u00e8ne tourn\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur et dont les principaux instruments\u00a0 de relance \u00e9chappent au contr\u00f4le des autorit\u00e9s nationales et qui a atteint ses limites sous l&rsquo;effet de la mondialisation et de la comp\u00e9tition internationale<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> une la politique\u00a0 mon\u00e9taire erron\u00e9e appliqu\u00e9e par la BCT sur recommandation des ap\u00f4tres du \u00ab\u00a0mon\u00e9tarisme\u00a0\u00bb au sein du FMI.<\/p>\n<p>En ce qui concerne ce denier point, force est de constater que les augmentions successives et \u00e0 trois reprises en moins de deux ans du TMM\u00a0 (dont la derni\u00e8re de 100 points d&rsquo;un seul coup au mois de f\u00e9vrier\/mars dernier) et la politique volontairement\u00a0 tr\u00e8s restrictive appliqu\u00e9e par la BCT sur le march\u00e9 mon\u00e9taire\u00a0 ont ass\u00e9ch\u00e9 les liquidit\u00e9s\u00a0 dans l&rsquo;\u00e9conomie, asphyxi\u00e9 les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques et engendr\u00e9 un <span class=\"c2\"><strong>\u00ab\u00a0effet d&rsquo;\u00e9viction\u00a0\u00bb<\/strong><\/span> sur les investissements,\u00a0 sans r\u00e9ussir pour autant \u00e0 r\u00e9duire significativement\u00a0 l&rsquo;inflation qui demeure tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e : 6,6% au mois de novembre 2019\u00a0 contre 7,2% avant la derni\u00e8re augmentation du TMM., soit \u00e0 peine 60 points de baisse en presqu&rsquo;une ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Les raisons de cet \u00e9chec cuisant dans la ma\u00eetrise de l&rsquo;inflation\u00a0 sont \u00e0 rechercher dans la nature \u00ab\u00a0mon\u00e9tariste\u00a0\u00bb de la politique mon\u00e9taire men\u00e9e par\u00a0 la BCT sur recommandation des adeptes de la th\u00e9orie quantitative de la monnaie au sein du FMI.\u00a0 Sans ennuyer le lecteur avec des consid\u00e9rations th\u00e9oriques ni chercher \u00e0 faire preuve d&rsquo;\u00e9talage scientifique, il est important de rappeler que selon cette th\u00e9orie qui ne fait pas l&rsquo;unanimit\u00e9 parmi les \u00e9conomistes, il existe une \u00e9quation quantitative de la monnaie appel\u00e9e \u00a0\u00bb \u00e9quation de Cambridge\u00a0\u00bb, qui lie le niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix au niveau g\u00e9n\u00e9ral de la production et \u00e0 la masse mon\u00e9taire en circulation<span class=\"c2\"><sup><strong>(1)<\/strong><\/sup><\/span> , de sorte que pour un m\u00eame niveau de production, toute augmentation de la masse mon\u00e9taire en circulation\u00a0 engendrerait <span class=\"c2\"><strong>m\u00e9caniquement<\/strong><\/span> une hausse des prix (inflation) et inversement, toute baisse de la masse mon\u00e9taire en circulation entrainerait une baisse des prix et de l&rsquo;inflation. L&rsquo;\u00e9conomiste Am\u00e9ricain, Milton Friedman, chef de file de cette \u00e9cole mon\u00e9tariste r\u00e9sume ainsi cette th\u00e9orie : <em>\u00ab l\u2019inflation est toujours et partout un ph\u00e9nom\u00e8ne mon\u00e9taire en ce sens qu\u2019elle est et qu\u2019elle ne peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9r\u00e9e que par une augmentation de la quantit\u00e9 de monnaie plus rapide que celle de la production \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Les \u00e9conomistes keyn\u00e9siens, dont Paul Samuelson et James Tobin qui ont re\u00e7u le Prix Nobel en \u00e9conomie pour leurs recherches sur ce sujet , contestent fortement cette th\u00e9orie quantitative de la monnaie et consid\u00e8rent\u00a0 que l&rsquo;inflation enregistr\u00e9e dans une \u00e9conomie est la r\u00e9sultante\u00a0 de trois sources ou trois types d&rsquo;inflation:<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> <span class=\"c2\"><strong>l&rsquo;inflation import\u00e9e<\/strong><\/span> due \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation de la monnaie locale : en Tunisie, elle serait\u00a0 la principale source d&rsquo;inflation en raison de la grande ouverture de l&rsquo;\u00e9conomie tunisienne sur l&rsquo;ext\u00e9rieur (le volume des implorations et celui des exportations repr\u00e9sentent pr\u00e9s de 70% du PIB). L&rsquo;augmentation du TMM n&rsquo;aurait aucun impact sur cette source d&rsquo;inflation car elle d\u00e9pend de la parit\u00e9 du Dinar qui elle m\u00eame d\u00e9pend\u00a0 du d\u00e9ficit de la balance des paiements (d\u00e9ficit de la balance commerciale + transferts invisibles)<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> <span class=\"c2\"><strong>l&rsquo;inflation par la demande<\/strong><\/span> due \u00e0 l&rsquo;insuffisance de l&rsquo;offre (production + importations) de biens et de service sur les march\u00e9s par rapport \u00e0 la demande (int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure) et aux dysfonctionnements des circuits de distribution.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>\u2022<\/strong><\/span> <span class=\"c2\"><strong>l&rsquo;inflation par l&rsquo;offre<\/strong><\/span> due aux augmentations des\u00a0 co\u00fbts de productions des entreprises (salaires, \u00e9nergie, mati\u00e8res premi\u00e8res, taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats etc.) qui se trouvent oblig\u00e9es de les r\u00e9percuter sur leurs prix de vente. Les augmentations successives du TMM par la BCT que les banques commerciales ont r\u00e9percut\u00e9 automatiquement sur leurs taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats d\u00e9biteurs ont engendr\u00e9 un accroissement des co\u00fbts de financement des entreprises et ont donc contribu\u00e9 \u00e0 alimenter ce type d&rsquo;inflation.<\/p>\n<p>N&rsquo;auraient \u00e9t\u00e9 les pressions exerc\u00e9es par le FMI sur la BCT pour augmenter \u00e0 plusieurs reprises le TMM et en supposant m\u00eame que l&rsquo;\u00e9quation quantitative de la monnaie existe et fonctionne\u00a0 bel et bien, la BCT aurait pu atteindre le m\u00eame objectif de r\u00e9duction de la masse mon\u00e9taire en circulation dans l&rsquo;espoir de voir l&rsquo;inflation baisser en jouant sur les trois instruments puissants de politique mon\u00e9taire dont elle dispose, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>a. augmenter le taux de r\u00e9serve obligatoire<\/strong><\/span> que les banques commerciales sont oblig\u00e9es de d\u00e9tenir : une augmentation de quelques points de celui-ci aurait, \u00e0 travers le coefficient multiplicateur des cr\u00e9dits (\u00e9gal \u00e0 l&rsquo;inverse du taux de r\u00e9serve obligatoire), un impact tr\u00e8s important sur le pouvoir de cr\u00e9ation mon\u00e9taire des banques commerciales, premi\u00e8re source d&rsquo;accroissement de la masse mon\u00e9taire en circulation , et r\u00e9duirait donc significativement celle-ci.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>b. ajuster les taux sectoriels d&rsquo;encadrement des cr\u00e9dits<\/strong><\/span> qui obligent les banques \u00e0 respecter certains ratios\u00a0 de distribution de leur portefeuille de cr\u00e9ances pour les dissuader d&rsquo;attribuer de cr\u00e9dits \u00e0 la consommation \u00e0 tel ou tel secteur \u00e9conomique sans p\u00e9naliser\u00a0 pour autant les cr\u00e9dits destin\u00e9s aux investissements et \u00e0 certains secteurs consid\u00e9r\u00e9s comme vitaux pour l&rsquo;\u00e9conomie (BTB, agriculture, industries exportatrices etc.).<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>c. recourir \u00e0 la technique de l&rsquo;open market<\/strong><\/span> qui permet \u00e0 la BCT, par des interventions directes et quotidiennes sur le march\u00e9 mon\u00e9taire, d'\u00a0\u00bb\u00e9ponger\u00a0\u00bb l&rsquo;exc\u00e8s de liquidit\u00e9s\u00a0 ou d&rsquo;injecter de nouvelles liquidit\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9conomie par la cession\/rachat de titres financiers\u00a0 ou de bons du tr\u00e9sor aux banques commerciales. C&rsquo;est la technique d&rsquo;intervention privil\u00e9gi\u00e9e des banques centrales dans les pays anglo-saxons qui sont pass\u00e9s ma\u00eetres dans l&rsquo;art de juguler l&rsquo;inflation et o\u00f9 les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats sont devenus presque nuls et m\u00eame n\u00e9gatifs, comme c&rsquo;est le cas actuellement au Danemark.qui connait un boom \u00e9conomique et o\u00f9 le taux de ch\u00f4mage \u00e0 baiss\u00e9 \u00e0 4,1% gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;explosion de la demande des m\u00e9nages de logements, voitures, biens \u00e9lectrom\u00e9nagers etc.<\/p>\n<p>Il est clair que la manipulation de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ces instruments de politique mon\u00e9taire dont dispose la BCT, ou mieux encore, leur manipulation\u00a0 simultan\u00e9e,\u00a0 aurait \u00e9t\u00e9 de loin pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 des augmentations continues du TMM par des d\u00e9cisions administratives \u00ab\u00a0aveugles\u00a0\u00bb qui ont p\u00e9nalis\u00e9 tous les operateurs \u00e9conomiques, qu&rsquo;ils soient consommateurs ou producteurs ou investisseurs, et tous les secteurs \u00e9conomiques , contribuant ainsi a renforcer la \u00ab\u00a0stagflation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En fait, depuis le\u00a0 vote irresponsable par le parlement de la loi instituant l&rsquo;ind\u00e9pendance de la BCT en 2016, on assiste \u00e0 une d\u00e9viation de la vocation et de la mission de celle ci, \u00e0 savoir : en tant qu&rsquo;Institut d&rsquo;Emission, elle est la premi\u00e8re responsable, \u00e0 travers les banques commerciales qu&rsquo;elle contr\u00f4le,\u00a0 de la mise \u00e0 la disposition des agents \u00e9conomiques de suffisamment de liquidit\u00e9s\u00a0 pour financer l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique et doper la croissance \u00e9conomique, ou du moins ne pas l&rsquo;entraver, comme elle le fait depuis qu&rsquo;elle applique sa propre politique mon\u00e9taire sans m\u00eame consulter le Chef du Gouvernent,\u00a0 ceci de l&rsquo;aveu m\u00eame de Mr. Marouane El Abassi, gouverneur de la BCT.\u00a0 L&rsquo;abrogation de cette loi par le nouveau parlement est une priorit\u00e9 nationale car la politique \u00e9conomique est une et ses deux composantes\u00a0 budg\u00e9taire et mon\u00e9taire doivent \u00eatre coordonn\u00e9es sous l&rsquo;\u00e9gide et la\u00a0 seule responsabilit\u00e9 du gouvernement.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre cause fondamentale de l&rsquo;\u00e9tat de stagflation dans lequel se trouve l&rsquo;\u00e9conomie tunisienne depuis des ann\u00e9es est l&rsquo;essoufflement du mod\u00e8le de croissance \u00e9conomique sur lequel elle repose. Ce mod\u00e8le, illustr\u00e9 par la fameuse \u00ab\u00a0loi 72\u00a0\u00bb, est bas\u00e9 sur la sous-traitance, une main d&rsquo;\u0153uvre bon march\u00e9 et l&rsquo;attrait des I.D.E (Investissements Directs Etrangers)\u00a0 par des codes d&rsquo;investissement tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux en termes d&rsquo;avantages fiscaux et douaniers, d&rsquo;exon\u00e9ration de l&rsquo;imp\u00f4ts sur les b\u00e9n\u00e9fice, de r\u00e9duction ou d&rsquo;annulation de la TVA etc. qui\u00a0 constituent autant de manque \u00e0 gagner pour le budget de l&rsquo;Etat. Ce mod\u00e8le de croissance, appliqu\u00e9 depuis l&rsquo;\u00e9poque de Ben Ali, a atteint ses limites sous l&rsquo;effet des augmentations successives des salaires arrach\u00e9es par l&rsquo;UGTT \u00e0 coup de gr\u00e8ves et de la concurrence acharn\u00e9e que se livrent les pays \u00e9mergents entre eux pour attirer les fameux I.D.E (Maroc, Turquie, Vietnam, Bengladesh etc.).<\/p>\n<p>L&rsquo;alternative \u00e0 ce mod\u00e8le de croissance exog\u00e8ne, tir\u00e9 par les exportations et tourn\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, est un mod\u00e8le de croissance endog\u00e8ne tir\u00e9 par la demande locale et tourn\u00e9 vers l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Cela revient \u00e0 chercher \u00e0 investir dans la valorisation des ressources locales (mini\u00e8res, agricoles et surtout humaines ) et le d\u00e9veloppement des industries de substitution\u00a0 pour cr\u00e9er des emplois et r\u00e9duire les importations et donc le d\u00e9ficit commercial et am\u00e9liorer ainsi la parit\u00e9 du Dinar. Dans ce mod\u00e8le qui repose sur la th\u00e9orie de J.M. Keynes<span class=\"c2\"><sup><strong>(2)<\/strong><\/sup><\/span>, la priorit\u00e9 est accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie solidaire, au bien \u00eatre social et \u00e0 lutte contre le ch\u00f4mage par rapport \u00e0 l\u2019objectif\u00a0 de\u00a0 lutte contre l&rsquo;inflation qui est rel\u00e9gu\u00e9 au second plan. Il a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 avec succ\u00e8s pendant 30 ans (1950-1980), que les \u00e9conomistes appellent avec nostalgie \u00ab\u00a0les trente glorieuses\u00a0\u00bb, pendant lesquelles\u00a0 les pays europ\u00e9ens ont connu une croissance et un plein emploi continus avec une inflation maitrisable et\u00a0 m\u00eame aux USA sous la pr\u00e9sidence de J.F. Kennedy et sur les conseils de P. Samuelson. Certains pays, en particulier les pays scandinaves, continuent \u00e0 s&rsquo;en inspirer jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui au niveau de leur politique budg\u00e9taire et fiscale.<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e essentielle \u00e0 la base de ce mod\u00e8le de croissance endog\u00e8ne est que tout accroissement des revenus distribu\u00e9s par l&rsquo;Etat donne lieu \u00e0 un accroissement multiple de la production nationale, aux \u00ab\u00a0fuites\u00a0\u00bb dues aux importations pr\u00e8s . Cet effet multiplicateur<span class=\"c2\"><sup><strong>(3)<\/strong><\/sup><\/span>\u00a0 est d&rsquo;autant plus important que les revenus suppl\u00e9mentaires distribu\u00e9s profitent aux m\u00e9nages \u00e0 faibles revenus qui auront tendance \u00e0 en consommer\u00a0 la plus grande partie plut\u00f4t qu&rsquo;aux m\u00e9nages \u00e0 revenus \u00e9lev\u00e9s qui auront tendance \u00e0 en th\u00e9sauriser une plus grande partie sous forme d&rsquo;\u00e9pargne \u00ab\u00a0oisive\u00a0\u00bb, c.a.d non inject\u00e9e dans le circuit \u00e9conomique sous forme de consommation ou d&rsquo;investissement. A titre d&rsquo;exemple, 100 Dinars de revenu suppl\u00e9mentaire distribu\u00e9 \u00e0 un m\u00e9nage pauvre qui en consommerait 80 D donnera lieu \u00e0 un accroissement de la production nationale de 500 D (aux fuites dues aux importations pr\u00e8s ) alors que les m\u00eames 100 D distribu\u00e9s \u00e0 un m\u00e9nage ais\u00e9 qui n&rsquo;en consommerait que 50 D ne donnerait lieu qu&rsquo;\u00e0 200 D d&rsquo; accroupissement de la production nationale (aux fuites dues aux importations pr\u00e8s ).<\/p>\n<p>Les principales mesures de politique budg\u00e9taire et fiscale \u00e0 prendre par l&rsquo;Etat pour faire jouer au maximum l&rsquo;effet\u00a0 du multiplicateur en vue de relancer la croissance \u00e9conomique sont:<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>a.<\/strong><\/span> Lancer de grands chantiers dans chaque gouvernorat du pays : entretien des infrastructures, reboisement pour lutter contre la d\u00e9sertification, protection de l&rsquo;environnement,\u00a0 r\u00e9novation\u00a0 des \u00e9coles et h\u00f4pitaux, nettoyage de nos villes qui sont parmi les plus sales au monde et qui font honte \u00e0 tout Tunisien etc., en vue d&rsquo;occuper les masses de\u00a0 ch\u00f4meurs et leur distribuer des salaires qui auront un effet d&rsquo;entrainement positif en termes de relance de l&rsquo;\u00e9conomie, en attendant de leur trouver des emplois permanents lorsque la reprise sera confirm\u00e9e.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>b.<\/strong><\/span> Distribuer des allocations de ch\u00f4mage aux ch\u00f4meurs qui ne peuvent \u00eatre employ\u00e9s dans les chantiers, des indemnit\u00e9s pour les invalides, des bourses pour les \u00e9tudiants etc.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>c.<\/strong><\/span> Augmenter sensiblement le SMIG et le SMAG<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>d.<\/strong><\/span> Appliquer une\u00a0 fiscalit\u00e9 directe\u00a0 progressive en instaurant des taux d&rsquo;imposition nuls ou tr\u00e8s faibles pour\u00a0 les m\u00e9nages \u00e0 faible revenu et de plus en plus \u00e9lev\u00e9s pour les plus riches ( jusqu&rsquo;\u00e0 70% pour les tranches de revenus les plus \u00e9lev\u00e9s -comme c&rsquo;est le cas dans les pays scandinaves &#8211; au lieu de 35% actuellement en Tunisie)<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>e.<\/strong><\/span>\u00a0 Appliquer des taux de la fiscalit\u00e9 indirecte (TVA) discriminatoires selon la nature des produits et services concern\u00e9s : les augmenter significativement pour les services et produits de consommation de luxe ou relativement\u00a0 superflus (cigarettes, alcools, voiture de grosse cylindr\u00e9e etc. ) et les r\u00e9duire pour les produits et services de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>f.<\/strong><\/span> Instaurer de nouveaux imp\u00f4ts sur la fortune, les plus values immobili\u00e8res,\u00a0 la sp\u00e9culation fonci\u00e8re boursi\u00e8re etc. pour int\u00e9grer l&rsquo;\u00e9pargne \u00ab\u00a0oisive\u00a0\u00bb dans le circuit \u00e9conomique et financer au moins en partie les d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires de l&rsquo;Etat..<\/p>\n<p>Une telle politique budg\u00e9taire expansive et solidaire, qui revient \u00e0 restaurer \u00ab\u00a0l&rsquo;Eta-Providence\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0l&rsquo;Etat-Gendarme\u00a0\u00bb pr\u00e9conis\u00e9 par les \u00e9conomistes n\u00e9olib\u00e9raux qui r\u00e8gnent au FMI, que les Tunisiens ont bien connu sous le r\u00e8gne de Bourguiba avant l&rsquo;arriv\u00e9e de H\u00e9di Nouira au pouvoir, ne serait enti\u00e8rement efficace pour relancer l&rsquo;\u00e9conomie que si elle est accompagn\u00e9e par une politique relativement protectionniste, ce qui implique de rejeter les accords de libre \u00e9change complets et approfondis (ALECA) en cours de n\u00e9gociation avec l&rsquo;UE.\u00a0 Donald Trump applique bien une politique protectionniste\u00a0 aux USA, pays champion du lib\u00e9ralisme, alors pourquoi pas la Tunisie ne le ferait-elle\u00a0 pas?<\/p>\n<p>Elle implique \u00e9galement de ne pas chercher \u00e0 satisfaire le crit\u00e8re de Maastricht (d\u00e9ficit budg\u00e9taire\u00a0 inferieur \u00e0 3% du PIB) qui ne concerne de toutes les faons\u00a0 pas la Tunisie, n&rsquo;\u00e9tant pas membre ou candidat \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;UE, mais que le gouvernement\u00a0 Chahed s&rsquo;est \u00e9vertu\u00e9 et si fier d&rsquo;avoir presque atteint (d\u00e9ficit budg\u00e9taire fix\u00e9 \u00e0 3,5% du PIB dans la loi de finances de 2020) et de ne pas consid\u00e9rer le d\u00e9ficit budget comme un mal qu&rsquo;il faut absolument\u00a0 combattre comme le pr\u00e9conisent les \u00e9conomistes mon\u00e9taristes et leurs adaptes au FMI, mais comme un puissant instrument de relance \u00e9conomique et de lutte contre le ch\u00f4mage\u00a0 comme le pr\u00e9conisent les \u00e9conomistes keyn\u00e9siens<br \/>La question du financement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire qui r\u00e9sulterait de cette politique budg\u00e9taire expansionniste peut \u00eatre r\u00e9solue par trois moyens \u00e0 utiliser simultan\u00e9ment:<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>a)<\/strong><\/span> le lancement d&#8217;emprunts obligataires et l&rsquo;\u00e9mission de bons du tr\u00e9sor \u00e0 des taux suffisamment attractifs en vue de collecter l&rsquo;\u00e9pargne int\u00e9rieure. Celle-ci n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi faible (7% du PIB contre 23% en 2010) en raison notamment d&rsquo;un taux r\u00e9el de r\u00e9mun\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9pargne\u00a0 n\u00e9gatif (taux cr\u00e9diteurs d&rsquo;\u00e9pargne inferieurs au taux d&rsquo;inflation) qui n&rsquo;encourage pas les agents \u00e9conomiques \u00e0 \u00e9pargner.\u00a0 Dans ce domaine, La BCT aurait \u00e9t\u00e9 mieux avis\u00e9e d&rsquo;\u00e9mettre une circulaire pour inciter les banques commerciales \u00e0 augmenter leurs taux cr\u00e9diteurs de r\u00e9mun\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9pargne\u00a0 plut\u00f4t que d&rsquo;augmenter le TMM, mesure qui a creus\u00e9 davantage l&rsquo;\u00e9cart entre les taux cr\u00e9diteurs et d\u00e9biteurs servis par les banques et a favoris\u00e9 l&rsquo;enrichissement des banques qui n&rsquo;ont jamais fait autant de b\u00e9n\u00e9fices .<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>b)<\/strong><\/span> le recours \u00e0 un endettement ext\u00e9rieur plus grand : contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendent plusieurs \u00ab\u00a0experts\u00a0\u00bb, la Tunisie dispose encore\u00a0 d&rsquo;une marge d&rsquo;endettement non n\u00e9gligeable qu&rsquo;il faudrait exploiter pour sauver l&rsquo;\u00e9conomie de la stagflation et donner du travail et de l&rsquo;espoir aux centaines de milliers de ch\u00f4meurs. En effet, le niveau d&rsquo;endettement actuel (environ 80% du PIB) est largement en dessous du niveau d&rsquo;endettement de certains pays riches\u00a0 qui ont su faire jouer ce que les sp\u00e9cialistes en finances des entreprise appellent \u00ab\u00a0l&rsquo;effet de levier\u00a0\u00bb (le recours aux emprunts bancaires\u00a0 plut\u00f4t qu&rsquo;aux fonds propres pour se d\u00e9velopper) pour investir davantage et devenir plus d\u00e9velopp\u00e9s. A tel enseigne que le Japon, un des les pays le plus riches au monde est celui qui est le plus endett\u00e9 au monde : la dette publique y repr\u00e9sente 234,7% du PIB.\u00a0 D&rsquo;autres pays d\u00e9velopp\u00e9s, comme l&rsquo;Italie (132,5% -3<sup>\u00e8me<\/sup>), le Portugal (126,2% -6<sup>\u00e8me<\/sup>), la Belgique (106,7% -7<sup>\u00e8me<\/sup>), Singapour (110,5% -8<sup>\u00e8me<\/sup>), les USA (105,8% &#8211; 11<sup>\u00e8me<\/sup>), la France (104,5% -17<sup>\u00e8me<\/sup>) et Le Royaume-Uni (92,2% -19<sup>\u00e8me<\/sup>), ou moins d\u00e9velopp\u00e9s et de taille identique \u00e0 celle de la Tunisie comme la Gr\u00e8ce (178,4%-2<sup>\u00e8me<\/sup>) le Liban (139,5%), la Jordanie (91,7%) ou m\u00eame la petite R\u00e9publique du Cap-Vert (119,3%)\u00a0 ou celle de la Gambie ( 91,6%),\u00a0 montrent qu&rsquo;en mati\u00e8re d&rsquo;endettement public , ce qui compte ce n&rsquo;est pas le volume de la dette ni son pourcentage par rapport au PIB, mais l&rsquo;usage qui en est fait (d\u00e9penses de consommation ou d&rsquo;investissement) et surtout la capacit\u00e9 du pays \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer suffisamment de croissance et donc de richesses pour rembourser sa dette.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>c)<\/strong><\/span> le recours au m\u00e9canisme de la <em>\u00ab\u00a0planche \u00e0 billets\u00a0\u00bb<\/em>: ce m\u00e9canisme, qui consiste \u00e0 cr\u00e9er de la monnaie nouvelle en cr\u00e9ditant le compte du Tr\u00e9sor public d\u00e9tenu \u00e0 la BCT sans contreparties, est \u00e0 \u00e9viter dans la mesure du possible car\u00a0 inflationniste, mais comme le dit un proverbe: <em>\u00ab\u00a0\u00e0 situation exceptionnelle des moyens exceptionnels\u00a0\u00bb<\/em>. En effet, quand dans un pays chaque semaine apporte son lot de jeunes qui se sont immol\u00e9s par le feux ou dont les cadavres sont rejet\u00e9s par la mer et de manifestants qui, aujourd&rsquo;hui brulent des pneus dans la rue mais qui pourraient demain bruler des \u00e9difices publics ou m\u00eames priv\u00e9s, les craintes inflationnistes des disciples du FMI au sein de la BCT, \u00e0 commencer par le Gouverneur lui-m\u00eame, doivent \u00eatre balay\u00e9es par un pouvoir politique fort qui doit choisir entre accepter plus d&rsquo;inflation ou accepter de voir le pays sombrer dans le chaos et peut \u00eatre m\u00eame dans la guerre civile (Dieu nous en garde!).<\/p>\n<p>La conclusion \u00e0 tirer de cette analyse, bas\u00e9e tant sur les enseignements de la th\u00e9orie \u00e9conomique que\u00a0 sur l&rsquo;exp\u00e9rience r\u00e9ussie de plusieurs pays (sans parler du Japon ou de l&rsquo;Allemagne, mais m\u00eame en Afrique o\u00f9 plusieurs pays font all\u00e8grement du 7% ou 8% de croissance annuelle: Kenya, Ethiopie, Rwanda etc.) est que\u00a0 la strat\u00e9gie \u00e9conomique pour sortir la Tunisie de la grave crise \u00e9conomique et sociale qu&rsquo;elle traverse existe bel et bien mais que ce qui manque est la comp\u00e9tence et le courage des hommes politiques pour la mettre en \u0153uvre. Dans ce domaine, le parlement tr\u00e8s \u00e9parpill\u00e9 issu des derni\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives et la personnalit\u00e9 et manque d&rsquo;exp\u00e9rience politique des \u00ab\u00a0trois pr\u00e9sidents\u00a0\u00bb qui sont cens\u00e9s conduire le bateau \u00ab\u00a0Tunisie\u00a0\u00bb vers le rivage\u00a0 n&rsquo;incitent gu\u00e8re \u00e0 l&rsquo;optimisme.\u00a0 En effet, ni Rached Ghannouchi (un homme de religion qui a pass\u00e9 l&rsquo;essentiel de sa vie en prison ou on exil et qui n&rsquo;a jamais exerc\u00e9 aucune responsabilit\u00e9 politique ou m\u00eame une profession), ni Kais Sa\u00eed\u00a0 (un juriste id\u00e9aliste qui attend que le peuple lui trace la voie \u00e0 suivre et dont les discours populistes ne feront que faire fuir les quelques investisseurs potentiels), ni Habib Jemli (un technicien sup\u00e9rieur en agriculture qui a fait toute sa carri\u00e8re administrative au sein de l&rsquo;Office des C\u00e9r\u00e9ales et dont la seule r\u00e9f\u00e9rence est un mandat de Secr\u00e9taire d&rsquo;Etat \u00e0 l&rsquo;agriculture dans le pire gouvernement qu&rsquo;\u00e0 connu la Tunisie, celui de la Tro\u00efka)\u00a0 ne semblent maitriser les fondements m\u00eames de l&rsquo;\u00e9conomie et en comprendre les m\u00e9canismes de base. Pire encore, aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;a su s&rsquo;entourer de groupes de r\u00e9flexion (Think Thad)\u00a0 r\u00e9unissant les meilleurs comp\u00e9tences et \u00e9conomistes du pays (il y en a) pour le conseiller sur la strat\u00e9gie \u00e9conomique \u00e0 suivre et la traduire en programmes op\u00e9rationnels de gouvernement.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l&rsquo;incomp\u00e9tence et au manque de culture \u00e9conomique de la classe politique, aux discours d\u00e9magogiques et populistes qu&rsquo;on entend \u00e0 gauche comme \u00e0 droite et \u00e0 des d\u00e9put\u00e9s qui passent leur temps \u00e0 s&rsquo;insulter au parlement plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 engager des d\u00e9bats de fonds sur la strat\u00e9gie \u00e9conomique \u00e0 suivre pour sortir le pays de la grave crise \u00e9conomique et sociale qu&rsquo;il traverse, je ne peux personnellement, \u00e0 part r\u00e9diger de tels articles qui iront dans les oreilles de sourds,\u00a0 que joindre ma voix \u00e0 celle de si Lotfi M&rsquo;raihi qui, bien que m\u00e9decin de formation, est l&rsquo;un des rares hommes politiques \u00e0 avoir compris les d\u00e9fis \u00e9conomiques auxquels le pays est confront\u00e9 et qui n&rsquo;a fait qu&rsquo;un seul commentaire \u00e0 sa sortie de son entretien avec le premier ministre nomm\u00e9 : <em>\u00ab\u00a0Que Dieu sauve la l&rsquo;\u00e9conomie Tunisie!\u00a0\u00bb<\/em>. D&rsquo;o\u00f9 le titre de cet article.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Dr. Sadok Zerelli<\/strong><br \/><em>Economiste &#8211; Consultant international<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>(1) MxV = P\u00d7Y o\u00f9 :<br \/>Y d\u00e9signe le niveau de la production,<br \/>P d\u00e9signe le niveau g\u00e9n\u00e9ral des prix,<br \/>M d\u00e9signe la masse mon\u00e9taire n circulation au sens le plus large, c.a.d\u00a0 M3 = monnaie fiduciaire (billets de banques) + monnaie scripturale (\u00e9critures aux cr\u00e9dits des compte bancaires) + titres financiers mobilisables \u00e0 court terme : bons du tr\u00e9sor, SICAV, SICAF etc<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>V d\u00e9signe la vitesse de circulation de la monnaie qui est suppos\u00e9e constante \u00e0 court terme car elle d\u00e9pend des habitudes de paiement.<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>(2)C\u00e9l\u00e8bre \u00e9conomiste Anglais qui a re\u00e7u le Prix Nobel d&rsquo;\u00e9conomie et qui a \u00e9t\u00e9 anoblit par la Reine d&rsquo;Angleterre pour ses travaux de recherche\u00a0 qui ont permis aux pays europ\u00e9ens sortis ruin\u00e9s de la deuxi\u00e8me guerre mondiale de reconstruire leurs \u00e9conomies et de retrouver la croissance et le plein emploi en moins de 20 ans!<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>(3) La formulation math\u00e9matique du multiplicateur des d\u00e9penses est\u00a0 \u2206Y = \u2206R\/(1-c) o\u00f9 :<\/em><\/p>\n<p class=\"c5\"><em>\u2206Y d\u00e9signe l&rsquo;accroissement final de la production,<br \/>\u2206R l&rsquo;accroissement initial du revenu distribu\u00e9 et<br \/>\u00ab\u00a0c\u00a0\u00bb la propension marginale \u00e0 consommer (comprise entre 0 et 1)<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/28868-sadok-zerelli-que-dieu-sauve-l-economie-de-la-tunisie\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La situation de l&rsquo;\u00e9conomie Tunisienne, mesur\u00e9e par trois indicateurs-clefs, est bien plus catastrophique que ne le laissent apparaitre les statistiques officielles. En effet, la croissance \u00e9conomique, estim\u00e9e par le taux de croissance du Produit Int\u00e9rieur Brut (officiellement +1,1% en 2019) est artificiellement gonfl\u00e9 par l&rsquo;accroissement tr\u00e8s important des salaires dans la fonction publique, arrach\u00e9 en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-73044","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73044","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73044"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73044\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73044"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73044"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73044"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}