{"id":74906,"date":"2020-02-02T05:00:00","date_gmt":"2020-02-02T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-cahier-des-charges-doit-etre-applique-en-urgence\/"},"modified":"2020-02-02T05:00:00","modified_gmt":"2020-02-02T10:00:00","slug":"le-cahier-des-charges-doit-etre-applique-en-urgence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-cahier-des-charges-doit-etre-applique-en-urgence\/","title":{"rendered":"\u201cLe cahier des charges doit \u00eatre appliqu\u00e9 en urgence\u201d"},"content":{"rendered":"<div id=\"originalText\" readability=\"186\">\n<p><em><strong>Libert\u00e9 : Mercredi\u00a0 dernier,\u00a0 vous avez pris\u00a0 part\u00a0 \u00e0\u00a0 une\u00a0 r\u00e9union\u00a0 qui\u00a0 a regroup\u00e9 les membres\u00a0 du\u00a0 Conseil national\u00a0 interprofessionnel\u00a0 de\u00a0 la fili\u00e8re avicole (Cnifa) et les responsables du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. Quel a \u00e9t\u00e9 l\u2019ordre du jour de cette rencontre et qu\u2019en est-il ressorti ?<\/strong><\/em><br \/><em><strong>Kalli Moumane<\/strong><\/em> :\u00a0 Effectivement,\u00a0 sur\u00a0 notre\u00a0 demande,\u00a0 le\u00a0 ministre\u00a0 de l\u2019Agriculture a programm\u00e9 une r\u00e9union o\u00f9 il a convi\u00e9 les membres du Cnifa \u00e0 aborder certaines questions li\u00e9es \u00e0 la fili\u00e8re. Nous avons, ensemble, \u00e9voqu\u00e9 essentiellement les \u00e9tapes franchies pour la mise en \u0153uvre du cahier des charges relatif \u00e0 la fili\u00e8re, et qui vise l&rsquo;organisation de cette activit\u00e9 agricole et la r\u00e9gulation du march\u00e9 par les professionnels. Nous avons surtout pos\u00e9 la question de savoir pourquoi ce document n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 par le ministre.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Peut-on avoir un peu\u00a0 plus de d\u00e9tails quant\u00a0 \u00e0\u00a0 ce cahier\u00a0 des\u00a0 charges\u00a0 ?<\/strong><br \/>Il s\u2019agit d\u2019un document \u00e9labor\u00e9 par plusieurs acteurs de la fili\u00e8re dont l\u2019Institut technique des \u00e9levages (Itelv), l\u2019Office national des aliments de b\u00e9tail (Onab), le Cnifa, la Direction des services v\u00e9t\u00e9rinaires relevant du minist\u00e8re, dont l\u2019objectif est de r\u00e9guler la fili\u00e8re en amont et en aval.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Le\u00a0 march\u00e9\u00a0 national s ouffre-t-il d\u2019un manque\u00a0 de\u00a0 r\u00e9gulation\u00a0 au\u00a0 point d\u2019instaurer un cahier des charges ?<\/strong><br \/>Oui, \u00e9norm\u00e9ment. Les besoins nationaux en poussins reproducteurs\u00a0de\u00a0 chair sont estim\u00e9s \u00e0 5,5 millions. En Alg\u00e9rie, on en produit plus de 2 millions, c\u2019est l\u2019\u0153uvre de deux gros producteurs, en l\u2019occurrence M. Kherbouche \u00e0 Tlemcen et M. Tekfa \u00e0 Djelfa. Ce d\u00e9ficit \u00e9valu\u00e9 \u00e0 3,5 millions de poussins doit, par cons\u00e9quent, \u00eatre import\u00e9. Or, l\u2019\u00c9tat a import\u00e9 en 2019 pour un volume de 6,8 millions d\u2019unit\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>Et\u00a0 si\u00a0 l\u2019on\u00a0 ajoute\u00a0 les\u00a0 2\u00a0 millions\u00a0 produits\u00a0 localement,\u00a0 l\u2019on\u00a0 arrivera\u00a0 \u00e0\u00a0 une surproduction de l\u2019ordre de 8,8 millions d\u2019unit\u00e9s. Ainsi, l\u2019offre\u00a0 sur\u00a0 le\u00a0 march\u00e9 d\u00e9passera largement la demande nationale. Et c\u2019est l\u2019\u00e9leveur qui en subira les cons\u00e9quences puisqu\u2019il sera oblig\u00e9 de vendre \u00e0 120 DA en gros au b\u00e2timent de\u00a0 l\u2019\u00e9levage\u00a0 au\u00a0 lieu\u00a0 de\u00a0 180 DA, prix pratiqu\u00e9s habituellement.\u00a0 Autant\u00a0 de pertes\u00a0 s\u00e8ches\u00a0 qui\u00a0 auront\u00a0 un\u00a0 impact\u00a0 n\u00e9gatif\u00a0 sur\u00a0 le\u00a0 producteur\u00a0 expos\u00e9 inexorablement \u00e0 la faillite.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Mais en principe, le cahier des charges vient mettre un terme \u00e0 toute cette anarchie&#8230;<\/strong><br \/>Absolument. Avec ce document,\u00a0 il\u00a0 y\u00a0 aura\u00a0 une\u00a0 meilleure\u00a0 identification\u00a0 des importateurs et une r\u00e9elle programmation suivant les besoins nationaux. Les autorisations d\u2019importation seront de ce fait accord\u00e9es en les r\u00e9partissant de mani\u00e8re \u00e9quitable, en termes de quantit\u00e9s, sur les op\u00e9rateurs, de\u00a0 sorte\u00a0 \u00e0\u00a0 ne pas d\u00e9passer les 3,5 millions d\u2019unit\u00e9s qui manquent.\u00a0 Et\u00a0 chaque importateur doit d\u00e9terminer \u00e0 qui il a vendu son lot pour savoir o\u00f9 va toute cette mati\u00e8re premi\u00e8re.\u00a0<\/p>\n<p>Car, jusque-l\u00e0, on autorise des op\u00e9rateurs \u00e0 importer, mais on ne sait pas la destination des quantit\u00e9s import\u00e9es. Et souvent, ces poussins sont jet\u00e9s au milieu du processus car non rentables et ne contribuent plus aux objectifs trac\u00e9s en mati\u00e8re de production de poulets ou d\u2019\u0153ufs. Entre-temps, ce sont des d\u00e9penses consid\u00e9rables en devises qui partent en fum\u00e9e, ce dont pouvait bien se passer l\u2019Alg\u00e9rie en cette p\u00e9riode de crise. \u00c0 cela, il y a lieu d\u2019ajouter d\u2019autres d\u00e9penses faramineuses.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Lesquelles ?\u00a0\u00a0<\/strong><br \/>Les\u00a0 5,5 millions\u00a0 \u00a0de\u00a0 poussins\u00a0 reproducteurs\u00a0 de\u00a0 chair\u00a0 dont\u00a0 a\u00a0 besoin annuellement le pays n\u00e9cessitent \u00e9galement l\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res dont plus de 4,5 millions de tonnes de ma\u00efs et de 1,2 million de tonnes de soja. Mais avec ce surplus de la production de 8,8 millions de poussins reproducteurs, il faut pr\u00e9voir environ 8 millions de tonnes de ma\u00efs et plus d\u2019un million de tonnes de soja. Je qualifie tout cela de v\u00e9ritable crime \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Le cahier des charges, en revanche, va imposer davantage de tra\u00e7abilit\u00e9, puisque les quantit\u00e9s qui seront import\u00e9es seront l\u2019\u0153uvre d\u2019une vingtaine d\u2019op\u00e9rateurs qui, eux, vont identifier les \u00e9leveurs par wilaya ou commune o\u00f9 sont implant\u00e9s de grands \u00e9levages. Cette organisation permettra donc aux autorit\u00e9s de conna\u00eetre la destination exacte du poussin reproducteur import\u00e9.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Quand le cahier des charges sera-t-il mis en application ?\u00a0\u00a0<\/strong><br \/>Au Cnifa, nous sommes optimistes et convaincus qu\u2019il sera valid\u00e9 par le ministre et deviendra applicable dans les jours \u00e0 venir. Nous sommes sortis de la r\u00e9union au minist\u00e8re avec les garanties et les promesses dans ce sens du ministre lui-m\u00eame. Une fois le document mis\u00a0 en application,\u00a0 tous\u00a0 les probl\u00e8mes que vit la fili\u00e8re seront r\u00e9solus.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le document sera-t-il impos\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble des intervenants dans la fili\u00e8re ?<\/strong><br \/>Le cahier des charges sera impos\u00e9 aux 20 000 \u00e9leveurs recens\u00e9s \u00e0 travers tout le territoire national et aux 59 importateurs des intrants pr\u00e9sents sur le march\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Peut-on conna\u00eetre le rendement de toutes ces quantit\u00e9s de poussins reproducteurs mises sur le march\u00e9 en termes de viandes blanches ?\u00a0<\/strong><br \/>Les 5,5 millions de poussins reproducteurs dont a besoin le pays vont donner plus de 650 000 tonnes de viandes blanches\/an. Ce qui situe la consommation annuelle par habitant entre 15 et 18 kg de poulet de chair. Compar\u00e9s aux autres pays, les Alg\u00e9riens en consomment moins que les Marocains (20 kg), les Europ\u00e9ens (25 kg), les Am\u00e9ricains (environ 27 kg). Cette baisse dans la consommation signifie clairement que l\u2019on peut investir encore plus dans la fili\u00e8re avicole et cr\u00e9er des dizaines de milliers de postes d\u2019emploi.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019\u0153uf de consommation, la moyenne annuelle mondiale par habitant avoisine les 190 \u0153ufs. En\u00a0 Alg\u00e9rie,\u00a0 la\u00a0 moyenne\u00a0 est\u00a0 de 160 \u0153ufs\/habitant\/an. Nos\u00a0 besoins\u00a0 sont \u00e9valu\u00e9s \u00e0 6 milliards d\u2019unit\u00e9s d\u2019\u0153ufs\/an, mais nous sommes\u00a0 en\u00a0 train\u00a0 de produire le double, soit 12 milliards d\u2019unit\u00e9s. Car nos besoins nationaux sont de l\u2019ordre de 350 000 reproducteurs de ponte, alors que l\u2019Alg\u00e9rie en a import\u00e9 750 000.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Cet exc\u00e9dent peut-il \u00eatre export\u00e9 ?<\/strong><br \/>J\u2019ai fait des tentatives vers la Mauritanie et le Maroc, je me suis rendu compte que l\u2019\u0153uf produit en Alg\u00e9rie ne les int\u00e9resse pas \u00e0 cause d\u2019un manque flagrant de tra\u00e7abilit\u00e9. Ces deux pays exigent la source qui a produit l\u2019\u0153uf, le vaccin effectu\u00e9 \u00e0 la poulette, le ma\u00efs consomm\u00e9 par cette derni\u00e8re\u2026, autant de conditions que l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas encore pr\u00eate \u00e0 satisfaire. En revanche, plus de 60% des produits avicoles recens\u00e9s en Mauritanie sont d\u2019origine marocaine parce qu\u2019ils r\u00e9pondent aux normes requises.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><strong>Quelle solution pr\u00e9conisez-vous pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me ?\u00a0<\/strong><br \/>La transformation. Les quelques transformateurs existants ne suffisent pas. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019investir ce cr\u00e9neau \u00e0 travers des projets d\u2019envergure. Encore faut-il commencer par r\u00e9gler l\u2019\u00e9pineuse probl\u00e9matique de l\u2019informel&#8230;Tout \u00e0 fait. L\u2019informel repr\u00e9sente pr\u00e8s de 80% de l\u2019activit\u00e9 avicole. Cette situation nous met devant un dilemme.<\/p>\n<p>Ces op\u00e9rateurs informels, qui \u00e9chappent au contr\u00f4le, aux imp\u00f4ts, engendrent une v\u00e9ritable \u00e9vasion fiscale pour le pays et mettent en p\u00e9ril la sant\u00e9 du consommateur \u00e0 cause d\u2019un manque de tra\u00e7abilit\u00e9.\u00a0 En revanche, si les agents contr\u00f4leurs et les services de s\u00e9curit\u00e9 les d\u00e9busquent, ce sont autant de quantit\u00e9s de poulets de chair et d\u2019\u0153ufs qui dispara\u00eetront du march\u00e9, provoquant ainsi une v\u00e9ritable p\u00e9nurie.\u00a0<\/p>\n<p>M\u00eame s&rsquo;ils ne disposent pas d&rsquo;agr\u00e9ment, ces \u00e9leveurs sont, dans leur quasi-totalit\u00e9, des professionnels et contribuent largement \u00e0 la production nationale de viande blanche. Cela dit, nous allons rencontrer ces acteurs informels pour les ins\u00e9rer dans le circuit officiel tout en leur promettant d\u2019obtenir des cartes d\u2019agriculteurs et de b\u00e9n\u00e9ficier de facilitations et d\u2019avantages fiscaux au sein de l\u2019administration des imp\u00f4ts.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Propos recueillis par : Badreddine khris<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<br \/>\u00a0\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"text_core\" readability=\"186\">\n<p><em><strong>Libert\u00e9 : Mercredi\u00a0 dernier,\u00a0 vous avez pris\u00a0 part\u00a0 \u00e0\u00a0 une\u00a0 r\u00e9union\u00a0 qui\u00a0 a regroup\u00e9 les membres\u00a0 du\u00a0 Conseil national\u00a0 interprofessionnel\u00a0 de\u00a0 la fili\u00e8re avicole (Cnifa) et les responsables du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. Quel a \u00e9t\u00e9 l\u2019ordre du jour de cette rencontre et qu\u2019en est-il ressorti ?<\/strong><\/em><br \/><em><strong>Kalli Moumane<\/strong><\/em> :\u00a0 Effectivement,\u00a0 sur\u00a0 notre\u00a0 demande,\u00a0 le\u00a0 ministre\u00a0 de l\u2019Agriculture a programm\u00e9 une r\u00e9union o\u00f9 il a convi\u00e9 les membres du Cnifa \u00e0 aborder certaines questions li\u00e9es \u00e0 la fili\u00e8re. Nous avons, ensemble, \u00e9voqu\u00e9 essentiellement les \u00e9tapes franchies pour la mise en \u0153uvre du cahier des charges relatif \u00e0 la fili\u00e8re, et qui vise l&rsquo;organisation de cette activit\u00e9 agricole et la r\u00e9gulation du march\u00e9 par les professionnels. Nous avons surtout pos\u00e9 la question de savoir pourquoi ce document n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 par le ministre.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Peut-on avoir un peu\u00a0 plus de d\u00e9tails quant\u00a0 \u00e0\u00a0 ce cahier\u00a0 des\u00a0 charges\u00a0 ?<\/strong><br \/>Il s\u2019agit d\u2019un document \u00e9labor\u00e9 par plusieurs acteurs de la fili\u00e8re dont l\u2019Institut technique des \u00e9levages (Itelv), l\u2019Office national des aliments de b\u00e9tail (Onab), le Cnifa, la Direction des services v\u00e9t\u00e9rinaires relevant du minist\u00e8re, dont l\u2019objectif est de r\u00e9guler la fili\u00e8re en amont et en aval.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Le\u00a0 march\u00e9\u00a0 national s ouffre-t-il d\u2019un manque\u00a0 de\u00a0 r\u00e9gulation\u00a0 au\u00a0 point d\u2019instaurer un cahier des charges ?<\/strong><br \/>Oui, \u00e9norm\u00e9ment. Les besoins nationaux en poussins reproducteurs\u00a0de\u00a0 chair sont estim\u00e9s \u00e0 5,5 millions. En Alg\u00e9rie, on en produit plus de 2 millions, c\u2019est l\u2019\u0153uvre de deux gros producteurs, en l\u2019occurrence M. Kherbouche \u00e0 Tlemcen et M. Tekfa \u00e0 Djelfa. Ce d\u00e9ficit \u00e9valu\u00e9 \u00e0 3,5 millions de poussins doit, par cons\u00e9quent, \u00eatre import\u00e9. Or, l\u2019\u00c9tat a import\u00e9 en 2019 pour un volume de 6,8 millions d\u2019unit\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>Et\u00a0 si\u00a0 l\u2019on\u00a0 ajoute\u00a0 les\u00a0 2\u00a0 millions\u00a0 produits\u00a0 localement,\u00a0 l\u2019on\u00a0 arrivera\u00a0 \u00e0\u00a0 une surproduction de l\u2019ordre de 8,8 millions d\u2019unit\u00e9s. Ainsi, l\u2019offre\u00a0 sur\u00a0 le\u00a0 march\u00e9 d\u00e9passera largement la demande nationale. Et c\u2019est l\u2019\u00e9leveur qui en subira les cons\u00e9quences puisqu\u2019il sera oblig\u00e9 de vendre \u00e0 120 DA en gros au b\u00e2timent de\u00a0 l\u2019\u00e9levage\u00a0 au\u00a0 lieu\u00a0 de\u00a0 180 DA, prix pratiqu\u00e9s habituellement.\u00a0 Autant\u00a0 de pertes\u00a0 s\u00e8ches\u00a0 qui\u00a0 auront\u00a0 un\u00a0 impact\u00a0 n\u00e9gatif\u00a0 sur\u00a0 le\u00a0 producteur\u00a0 expos\u00e9 inexorablement \u00e0 la faillite.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Mais en principe, le cahier des charges vient mettre un terme \u00e0 toute cette anarchie&#8230;<\/strong><br \/>Absolument. Avec ce document,\u00a0 il\u00a0 y\u00a0 aura\u00a0 une\u00a0 meilleure\u00a0 identification\u00a0 des importateurs et une r\u00e9elle programmation suivant les besoins nationaux. Les autorisations d\u2019importation seront de ce fait accord\u00e9es en les r\u00e9partissant de mani\u00e8re \u00e9quitable, en termes de quantit\u00e9s, sur les op\u00e9rateurs, de\u00a0 sorte\u00a0 \u00e0\u00a0 ne pas d\u00e9passer les 3,5 millions d\u2019unit\u00e9s qui manquent.\u00a0 Et\u00a0 chaque importateur doit d\u00e9terminer \u00e0 qui il a vendu son lot pour savoir o\u00f9 va toute cette mati\u00e8re premi\u00e8re.\u00a0<\/p>\n<p>Car, jusque-l\u00e0, on autorise des op\u00e9rateurs \u00e0 importer, mais on ne sait pas la destination des quantit\u00e9s import\u00e9es. Et souvent, ces poussins sont jet\u00e9s au milieu du processus car non rentables et ne contribuent plus aux objectifs trac\u00e9s en mati\u00e8re de production de poulets ou d\u2019\u0153ufs. Entre-temps, ce sont des d\u00e9penses consid\u00e9rables en devises qui partent en fum\u00e9e, ce dont pouvait bien se passer l\u2019Alg\u00e9rie en cette p\u00e9riode de crise. \u00c0 cela, il y a lieu d\u2019ajouter d\u2019autres d\u00e9penses faramineuses.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Lesquelles ?\u00a0\u00a0<\/strong><br \/>Les\u00a0 5,5 millions\u00a0 \u00a0de\u00a0 poussins\u00a0 reproducteurs\u00a0 de\u00a0 chair\u00a0 dont\u00a0 a\u00a0 besoin annuellement le pays n\u00e9cessitent \u00e9galement l\u2019importation de mati\u00e8res premi\u00e8res dont plus de 4,5 millions de tonnes de ma\u00efs et de 1,2 million de tonnes de soja. Mais avec ce surplus de la production de 8,8 millions de poussins reproducteurs, il faut pr\u00e9voir environ 8 millions de tonnes de ma\u00efs et plus d\u2019un million de tonnes de soja. Je qualifie tout cela de v\u00e9ritable crime \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Le cahier des charges, en revanche, va imposer davantage de tra\u00e7abilit\u00e9, puisque les quantit\u00e9s qui seront import\u00e9es seront l\u2019\u0153uvre d\u2019une vingtaine d\u2019op\u00e9rateurs qui, eux, vont identifier les \u00e9leveurs par wilaya ou commune o\u00f9 sont implant\u00e9s de grands \u00e9levages. Cette organisation permettra donc aux autorit\u00e9s de conna\u00eetre la destination exacte du poussin reproducteur import\u00e9.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Quand le cahier des charges sera-t-il mis en application ?\u00a0\u00a0<\/strong><br \/>Au Cnifa, nous sommes optimistes et convaincus qu\u2019il sera valid\u00e9 par le ministre et deviendra applicable dans les jours \u00e0 venir. Nous sommes sortis de la r\u00e9union au minist\u00e8re avec les garanties et les promesses dans ce sens du ministre lui-m\u00eame. Une fois le document mis\u00a0 en application,\u00a0 tous\u00a0 les probl\u00e8mes que vit la fili\u00e8re seront r\u00e9solus.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Le document sera-t-il impos\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble des intervenants dans la fili\u00e8re ?<\/strong><br \/>Le cahier des charges sera impos\u00e9 aux 20 000 \u00e9leveurs recens\u00e9s \u00e0 travers tout le territoire national et aux 59 importateurs des intrants pr\u00e9sents sur le march\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Peut-on conna\u00eetre le rendement de toutes ces quantit\u00e9s de poussins reproducteurs mises sur le march\u00e9 en termes de viandes blanches ?\u00a0<\/strong><br \/>Les 5,5 millions de poussins reproducteurs dont a besoin le pays vont donner plus de 650 000 tonnes de viandes blanches\/an. Ce qui situe la consommation annuelle par habitant entre 15 et 18 kg de poulet de chair. Compar\u00e9s aux autres pays, les Alg\u00e9riens en consomment moins que les Marocains (20 kg), les Europ\u00e9ens (25 kg), les Am\u00e9ricains (environ 27 kg). Cette baisse dans la consommation signifie clairement que l\u2019on peut investir encore plus dans la fili\u00e8re avicole et cr\u00e9er des dizaines de milliers de postes d\u2019emploi.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019\u0153uf de consommation, la moyenne annuelle mondiale par habitant avoisine les 190 \u0153ufs. En\u00a0 Alg\u00e9rie,\u00a0 la\u00a0 moyenne\u00a0 est\u00a0 de 160 \u0153ufs\/habitant\/an. Nos\u00a0 besoins\u00a0 sont \u00e9valu\u00e9s \u00e0 6 milliards d\u2019unit\u00e9s d\u2019\u0153ufs\/an, mais nous sommes\u00a0 en\u00a0 train\u00a0 de produire le double, soit 12 milliards d\u2019unit\u00e9s. Car nos besoins nationaux sont de l\u2019ordre de 350 000 reproducteurs de ponte, alors que l\u2019Alg\u00e9rie en a import\u00e9 750 000.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Cet exc\u00e9dent peut-il \u00eatre export\u00e9 ?<\/strong><br \/>J\u2019ai fait des tentatives vers la Mauritanie et le Maroc, je me suis rendu compte que l\u2019\u0153uf produit en Alg\u00e9rie ne les int\u00e9resse pas \u00e0 cause d\u2019un manque flagrant de tra\u00e7abilit\u00e9. Ces deux pays exigent la source qui a produit l\u2019\u0153uf, le vaccin effectu\u00e9 \u00e0 la poulette, le ma\u00efs consomm\u00e9 par cette derni\u00e8re\u2026, autant de conditions que l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas encore pr\u00eate \u00e0 satisfaire. En revanche, plus de 60% des produits avicoles recens\u00e9s en Mauritanie sont d\u2019origine marocaine parce qu\u2019ils r\u00e9pondent aux normes requises.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><strong>Quelle solution pr\u00e9conisez-vous pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me ?\u00a0<\/strong><br \/>La transformation. Les quelques transformateurs existants ne suffisent pas. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019investir ce cr\u00e9neau \u00e0 travers des projets d\u2019envergure. Encore faut-il commencer par r\u00e9gler l\u2019\u00e9pineuse probl\u00e9matique de l\u2019informel&#8230;Tout \u00e0 fait. L\u2019informel repr\u00e9sente pr\u00e8s de 80% de l\u2019activit\u00e9 avicole. Cette situation nous met devant un dilemme.<\/p>\n<p>Ces op\u00e9rateurs informels, qui \u00e9chappent au contr\u00f4le, aux imp\u00f4ts, engendrent une v\u00e9ritable \u00e9vasion fiscale pour le pays et mettent en p\u00e9ril la sant\u00e9 du consommateur \u00e0 cause d\u2019un manque de tra\u00e7abilit\u00e9.\u00a0 En revanche, si les agents contr\u00f4leurs et les services de s\u00e9curit\u00e9 les d\u00e9busquent, ce sont autant de quantit\u00e9s de poulets de chair et d\u2019\u0153ufs qui dispara\u00eetront du march\u00e9, provoquant ainsi une v\u00e9ritable p\u00e9nurie.\u00a0<\/p>\n<p>M\u00eame s&rsquo;ils ne disposent pas d&rsquo;agr\u00e9ment, ces \u00e9leveurs sont, dans leur quasi-totalit\u00e9, des professionnels et contribuent largement \u00e0 la production nationale de viande blanche. Cela dit, nous allons rencontrer ces acteurs informels pour les ins\u00e9rer dans le circuit officiel tout en leur promettant d\u2019obtenir des cartes d\u2019agriculteurs et de b\u00e9n\u00e9ficier de facilitations et d\u2019avantages fiscaux au sein de l\u2019administration des imp\u00f4ts.<br \/>\u00a0<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Propos recueillis par : Badreddine khris<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<br \/>\u00a0\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.liberte-algerie.com\/perspectives\/le-cahier-des-charges-doit-etre-applique-en-urgence-333056\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Libert\u00e9 : Mercredi\u00a0 dernier,\u00a0 vous avez pris\u00a0 part\u00a0 \u00e0\u00a0 une\u00a0 r\u00e9union\u00a0 qui\u00a0 a regroup\u00e9 les membres\u00a0 du\u00a0 Conseil national\u00a0 interprofessionnel\u00a0 de\u00a0 la fili\u00e8re avicole (Cnifa) et les responsables du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture. Quel a \u00e9t\u00e9 l\u2019ordre du jour de cette rencontre et qu\u2019en est-il ressorti ?Kalli Moumane :\u00a0 Effectivement,\u00a0 sur\u00a0 notre\u00a0 demande,\u00a0 le\u00a0 ministre\u00a0 de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1742,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-74906","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74906","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1742"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=74906"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/74906\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=74906"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=74906"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=74906"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}