{"id":77730,"date":"2020-03-01T03:00:00","date_gmt":"2020-03-01T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/eloge-de-la-figure-dans-loeuvre-picturale-de-najib-bousabbah-salon-annuel-des-arts-de-sfax-saas-2020\/"},"modified":"2020-03-01T03:00:00","modified_gmt":"2020-03-01T08:00:00","slug":"eloge-de-la-figure-dans-loeuvre-picturale-de-najib-bousabbah-salon-annuel-des-arts-de-sfax-saas-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/eloge-de-la-figure-dans-loeuvre-picturale-de-najib-bousabbah-salon-annuel-des-arts-de-sfax-saas-2020\/","title":{"rendered":"\u00c9loge de la figure dans l\u2019\u0153uvre picturale de Najib Bousabbah &#8211; Salon Annuel des Arts de Sfax (SAAS 2020)"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab[I] l y a au d\u00e9part, dans l\u2019entreprise de figuration, cette tentative paradoxale pour inscrire l\u2019absence dans une pr\u00e9sence, pour ins\u00e9rer l\u2019autre, l\u2019ailleurs, dans notre univers familier\u00bb.<\/em> <span class=\"c3\"><strong>&#8211; J. -P. Vernant<span class=\"c2\"><sup>(1)<\/sup><\/span>\u00a0 &#8211;<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>1. Paling\u00e9n\u00e9sie raisonn\u00e9e de la peinture<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Nizar-Mouakhar.jpg\" width=\"30%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\" alt=\"\"\/>Certes, d\u00e8s le XIX\u00e8me si\u00e8cle, de nouveaux m\u00e9diums (le cin\u00e9ma devanc\u00e9 par la photographie) annon\u00e7ant subs\u00e9quemment l\u2019av\u00e8nement des technologies num\u00e9riques et des multim\u00e9dias avec leur arsenal d\u2019interfaces ainsi que d\u2019autres appareils high-tech, ont fait descendre de son pi\u00e9destal la figura heroica de la peinture, nonobstant ils ne sont pas parvenus \u00e0 annihiler cette derni\u00e8re. Mieux encore, en tentant de pousser la peinture dans ses retranchements, de la larguer aux oubliettes tout en la taxant d\u2019anachronique et de d\u00e9su\u00e8te, ils n\u2019ont fait que consolider davantage sa perp\u00e9tuation. Qu\u2019il nous suffise ici de mentionner, parmi une kyrielle de tendances d\u00e9fendant mordicus un renouveau de la peinture, les mouvements suivants: Pattern, Bad et Tag Painting (aux Etats-Unis), Nouveaux Fauves N\u00e9o-expressionnistes (en Allemagne), Nouvelle Figuration ou Figuration libre (en France), Transavantgarde (en Italie), etc.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-1(6).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Najib Bousabbah alias Izaro (1952-), artiste pluridisciplinaire (photographe-peintre-sculpteur, mais aussi actif dans le monde du cin\u00e9ma et de l\u2019image) originaire de Kerkennah, est bel et bien de cette lign\u00e9e de peintres qui croient all\u00e8grement \u00e0 l\u2019immortalit\u00e9 de la peinture et \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 du pictural. Il semble comme prendre \u00e0 son propre compte le credo de Simon Hanta\u00ef stipulant que: \u00abLa peinture existe parce que j\u2019ai envie de peindre\u00bb<span class=\"c2\"><sup><strong>(2)<\/strong><\/sup><\/span> . Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un parti pris suppl\u00e9mentaire ent\u00e9rinant \u00e0 l\u2019envi que la peinture, loin d\u2019\u00eatre morte comme on le pr\u00e9tend de loin en loin, est capable de plaider \u00e0 elle seule sa propre paling\u00e9n\u00e9sie. En effet, si la peinture ne fait que re-na\u00eetre, c\u2019est qu\u2019elle demeure, en d\u00e9pit des fluctuations erratiques de son histoire, concomitante \u00e0 son commencement. In concreto : les rapports non moins dialectiques entre le d\u00e9clin de la facticit\u00e9 (exp\u00e9riences artistiques acheiropo\u00ef\u00e8tes) et la d\u00e9f\u00e9rence rendue aux imp\u00e9ratifs de la picturalit\u00e9, entre l\u2019in\u00e9luctable nature lubrique de l\u2019\u00eatre de chair et de sang et notre exister-vivre dans ce monde-ci plus virtuel que jamais (passage de l\u2019homo faber \u00e0 l\u2019homo numericus), ne sont consid\u00e9r\u00e9s, potentiellement parlant, que comme une esp\u00e8ce de gri-gri prot\u00e9geant la long\u00e9vit\u00e9 de la peinture. \u00abSi le tableau est mort, vive la peinture!\u00bb affirme, avec justesse, Michel Gu\u00e9rin<span class=\"c2\"><sup><strong>(3)<\/strong><\/sup><\/span>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-2(5).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p><span class=\"c4\"><strong>2. \u00c9loge de la figure picturale<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Peindre est, pour Najib Bousabbah, une activit\u00e9 extr\u00eamement s\u00e9rieuse ; et son s\u00e9rieux, elle le d\u00e9tient de la port\u00e9e que lui impute cet artiste qui en a toujours fait une v\u00e9ritable raison d\u2019exister: comme si, de son modus faciendi il en cr\u00e9e son modus vivendi. \u00c0 vrai dire, Bousabbah part du postulat selon lequel le peintre ne peut produire une \u0153uvre qui soit originale et, partant, d\u2019atteindre le z\u00e9nith de son g\u00e9nie qu\u2019au travers d\u2019une praxis qui se veut assid\u00fbment r\u00e9guli\u00e8re. En quelque sorte, l\u2019artiste ne peut enqu\u00e9rir et, encore moins, d\u00e9couvrir de nouvelles perspectives plastiques qu\u2019en faisant. Plut\u00f4t que de sombrer dans l\u2019oisivet\u00e9 ou d\u2019\u00eatre dans l\u2019expectative de l\u2019inspiration (corollaire de la soi-disant intervention capricieuse d\u2019une \u00e9g\u00e9rie quelconque), il serait plus profitable d\u2019y aller tout de go: \u00abl\u2019inspiration est d\u00e9cid\u00e9ment la s\u0153ur du travail journalier\u00bb<span class=\"c2\"><sup><strong>(4)<\/strong><\/sup><\/span> selon Baudelaire. C\u2019est bien la raison pour laquelle l\u2019atelier de Bousabbah semble ressembler \u00e0 un v\u00e9ritable laboratoire d\u2019exp\u00e9rimentation ; un espace o\u00f9 s\u2019entrem\u00ealent en toute d\u00e9sinvolture &#8211; mais non sans raison latente &#8211; maints outils, pigments, m\u00e9diums, supports, documents, etc. C\u2019est que Bousabbah, ce prolifique infatigable doubl\u00e9 d\u2019un \u00e9ternel insatisfait, est constamment \u00e0 l\u2019aff\u00fbt de la moindre trouvaille, aussi futile et frivole soit-elle, pourvu qu\u2019elle lui permette de chasser, au-del\u00e0 de ses \u00absubjectiles\u00bb, toute redondance th\u00e9matique, toute maestria ostentatoire, tout stylisme scl\u00e9rosant. Agissant de la sorte, il ne fait que garder intactes l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 dans le processus et la spontan\u00e9it\u00e9 au niveau du modus operandi, lesquelles constituent, \u00e0 elles seules, les clefs de vo\u00fbte de toute entreprise cr\u00e9atrice se d\u00e9finissant comme telle.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-3(4).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Afin de tenter une lecture de l\u2019\u0153uvre picturale de Bousabbah, nous nous sommes content\u00e9s de se r\u00e9f\u00e9rer aux peintures intitul\u00e9es La vieillesse (fig. 1), Philosophic (fig. 2) et Le p\u00eacheur (fig. 3). Pour votre gouverne, chers lecteurs, nous voudrions porter \u00e0 votre connaissance que ces \u0153uvres sont actuellement visibles \u00e0 la Salle des F\u00eates Municipale de Sfax dans le cadre de la 26\u00e8me session du Salon Annuel des Arts de Sfax (SAAS 2020). Organis\u00e9e avec brio par la d\u00e9l\u00e9gation r\u00e9gionale des affaires culturelles de Sfax, cette manifestation artistique et culturelle majeure rassemblant des artistes de tous bords s\u2019est tenue le 22 f\u00e9vrier dernier et se poursuivra jusqu\u2019au 5 mars courant. Cette ann\u00e9e, elle a \u00e9lu comme titre f\u00e9d\u00e9rateur \u00ab Le vent au go\u00fbt d\u2019oranges\u00bb, pour reprendre l\u2019intitul\u00e9 d\u2019un recueil de po\u00e8mes paru r\u00e9cemment et sign\u00e9 Noureddine Boujelben.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-4(2).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>En regardant ces trois peintures, nous pouvons aussit\u00f4t arguer que les figures de Bousabbah semblent \u00e9voquer la notion de l\u2019\u00abanti-portrait\u00bb; notamment si l\u2019on d\u00e9signe par \u00abportrait\u00bb, selon la taxinomie classique, la supr\u00e9matie du genre, la souverainet\u00e9 du sujet et le rehaut d\u2019une ressemblance quelconque. Supportant une \u00abt\u00eate\u00bb et non un \u00abvisage\u00bb (selon le distinguo deleuzien<span class=\"c2\"><sup><strong>(5)<\/strong><\/sup><\/span>), ces figures sont soit en solo (anachor\u00e8tes) soit, de mani\u00e8re diam\u00e9tralement oppos\u00e9e, en s\u00e9rie (c\u00e9nobites). Pour le dire autrement, ce qui nous est donn\u00e9 \u00e0 saisir &#8211; au propre comme au figur\u00e9 &#8211; dans ces peintures, ce sont, a priori, des figures puisant leurs r\u00e8gles dans une grammaire picturale d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment enfantine. Tout au plus, tout ce que, plus tard, un enfant de l\u2019\u00e2ge scolaire sevr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00ab analphab\u00e9tisme pictural\u00bb et sustent\u00e9 au lait de la bonne maniera n\u2019en ferait point pareils. N\u00e9anmoins, aussi paradoxal que cela puisse para\u00eetre, les figures de Bousabbah ne doivent absolument rien \u00e0 celles qu\u2019on a l\u2019habitude de voir sur les cimaises d\u2019une \u00e9cole maternelle et qui, g\u00e9n\u00e9ralement, servent \u00e0 prouver la pr\u00e9cocit\u00e9 du potentiel artistique chez quelques enfants par rapport \u00e0 d\u2019autres.\u00a0<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-5(2).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>En outre, l\u2019aspect peu ou prou barbouill\u00e9 de quelques figures de Bousabbah (voir fig. 4) ne fait qu\u2019avaliser le fait qu\u2019on est en pr\u00e9sence d\u2019une figure \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la repr\u00e9sentation parce qu\u2019ext\u00e9nuant, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tourdissement, les propri\u00e9t\u00e9s de son r\u00e9f\u00e9rent. Transgressant l\u2019\u00abautarcique autorit\u00e9\u00bb<span class=\"c2\"><sup><strong>(6)<\/strong><\/sup><\/span>\u00a0 de la peinture de chevalet avec son cort\u00e8ge d\u2019axiologies esth\u00e9tiques aff\u00e9rentes, ces figures semblent plut\u00f4t fonctionner comme de v\u00e9ritables vecteurs plastiques. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, elles expriment une esp\u00e8ce de r\u00e9verb\u00e9ration, tout autant picturale que conceptuelle, \u00e0 cette doxa d\u2019Artaud faisant savoir express\u00e9ment ceci : \u00abDepuis mille et mille ans [\u2026] que le visage humain parle et respire on a encore comme l\u2019impression qu\u2019il n\u2019a pas encore commenc\u00e9 \u00e0 dire ce qu\u2019il est et ce qu\u2019il sait\u00bb<span class=\"c2\"><sup><strong>(7)<\/strong><\/sup><\/span> . Foutraques ou avin\u00e9es, hideuses ou bien patibulaires, s\u00e9raphiques ou bien encore diablotines (voir fig. 5 et fig. 6), les figures de Bousabbah, souvent heurt\u00e9es de front et appos\u00e9es sur un fond tant\u00f4t opaque tant\u00f4t haut en chevauchements chromatiques, paraissent, dans certains cas extr\u00eames, r\u00e9sorber le reste du corps.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-6(1).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame pour l\u2019identit\u00e9 visuelle de ces figures laquelle s\u2019av\u00e8re consubstantielle \u00e0 leurs propres effets picturaux. Si l\u2019artiste s\u2019empare d\u2019une multitude de figures pour autant jamais identiques, c\u2019est, d\u2019abord, afin d\u2019en-visager des esp\u00e8ces de formes matricielles o\u00f9 s\u2019invaginent allure et facture. Autant dire que ses figures paraissent condenser l\u2019\u00eatre, le para\u00eetre et le dispara\u00eetre au profit de l\u2019aspect imp\u00e9rieusement \u00abfigural\u00bb du devenir-peinture. En d\u2019autres termes, aux questions \u00abqui suis-je?\u00bb ou \u00ab\u00e0 quoi est-ce que je ressemble?\u00bb s\u2019y impose une autre : qu\u2019est-ce \u00eatre-l\u00e0 ? En fait, ces figures ne manifestent rien d\u2019autre que leur pr\u00e9sence en train de se mirer \u00eatre-l\u00e0 : il n\u2019y a rien \u00e0 fureter au-del\u00e0 puisque tout est l\u00e0. \u00c0 ce propos, Peter Sloterdijk n\u2019\u00e9met-il pas l\u2019hypoth\u00e8se que les traits des bouddhas constituent une image invers\u00e9e de celle du Christ parce qu\u2019elle \u00abn\u2019annonce rien mais montre ce qui est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0\u00bb<span class=\"c2\"><sup><strong>(8)<\/strong><\/sup><\/span>\u00a0 ? Bref, \u00ab[\u2026] tout se donne \u00e0 voir, sur le ciel d\u2019un visage\u00bb<span class=\"c2\"><sup><strong>(9)<\/strong><\/sup><\/span> , comme l\u2019\u00e9crit po\u00e9tiquement Christian Bobin.<\/p>\n<p class=\"c6\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Fig-7(1).jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>La p\u00e2te picturale, tour \u00e0 tour tritur\u00e9e, \u00e9rafl\u00e9e, rudoy\u00e9e, fr\u00f4l\u00e9e, par l\u2019entremise de toute une panoplie d\u2019instruments (brosses, raclettes, r\u00e2teaux, spatules, pinceaux et leurs manches, doigts, etc.), exhibe un prolifique travail de surfa\u00e7age concoct\u00e9 avec des repentirs \u00e0 n\u2019en plus finir : d\u00e9-faire, re-faire, par-faire (voir fig. 7). En effet, les diff\u00e9rentes couches pigmentaires font sourdre des cama\u00efeux subtilement nuanc\u00e9s, des gris color\u00e9s dos\u00e9s avec justesse, des tonalit\u00e9s d\u00e9licates s\u2019effeuillant par filigrane, des palpitations color\u00e9es diss\u00e9min\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0 au gr\u00e9 de l\u2019instant, etc. Il en d\u00e9coule une palette si pr\u00e9cieuse qu\u2019elle va, de fil en aiguille, s\u2019improviser ma\u00eetresse d\u2019\u0153uvre : ocre bistr\u00e9, r\u00e9miniscence d\u2019un champ de bl\u00e9 au moment de la moisson ; rouge pudique, tel celui d\u2019une braise se d\u00e9nudant de ses feux au moment de s\u2019\u00e9teindre; terre de Sienne brul\u00e9e, insinuation \u00e0 une terre argileuse apr\u00e8s le passage de l\u2019averse de la premi\u00e8re saison; bleu de Prusse filigran\u00e9 de lueurs violines, celui d\u2019une mer vigoureusement poissonneuse; gris clair virant \u00e0 l\u2019argent brillant, caisse de r\u00e9sonance \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 mondiale de plus en plus mise sous l\u2019emprise du simulacre et de l\u2019hyper-industrialisation.\u00a0<\/p>\n<p>Pour conclure, nous pouvons dire que l\u2019\u0153uvre picturale de Najib Bousabbah semble &#8211; quoi qu\u2019on puisse en discourir &#8211; se donner \u00e0 elle-m\u00eame \u00e9tant pour elle-m\u00eame sa propre fin. A fortiori, elle n\u2019ambitionne renvoyer \u00e0 rien d\u2019autre except\u00e9 elle-m\u00eame, puisque, au fond, ce qu\u2019elle veut dire elle l\u2019est; purement ce qu\u2019elle est et outre cela rien, stricto sensu. Et ce, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9ternel retour du premier matin du monde.<\/p>\n<p class=\"c7\"><strong>Nizar Mouakhar<\/strong><br \/><span class=\"c3\"><em>Artiste visuel &#038; enseignant-chercheur<br \/>(Universit\u00e9 de Sfax &#038; Universit\u00e9 Nouvelle Sorbonne &#8211; Paris 3)<\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>1. J. -P. Vernant, Mythe et pens\u00e9es chez les Grecs. Etudes de psychologie historique, Paris, Ed. La D\u00e9couverte\/Poche, Coll. \u00ab Sciences Humaines et Sociales \u00bb, 2006, p. 341.<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>2. Cit\u00e9 in P. Ardenne, Art. L\u2019\u00e2ge contemporain. Une histoire des arts plastiques \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, Paris, Ed. du Regard, 1997, p. 46.\u00a0<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>3. M. Gu\u00e9rin, postface du livre La cause de la peinture : \u00e9tudes offertes en hommage \u00e0 Jean-Claude Le Gouic, Aix-en-Provence, Ed. PUP, Coll. \u00ab Arts. Th\u00e9orie et Pratique des Arts \u00bb, 2008.\u00a0<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>4. C. Baudelaire, \u0152uvres compl\u00e8tes, \u00ab Conseils aux jeunes litt\u00e9rateurs \u00bb, Lausanne, \u00c9d. La Guilde du Livre, Coll. \u00ab \u00c9dition du Centenaire \u00bb, 1967, p. 539.<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>5. Cf. G. Deleuze, Logique de la sensation, I, Paris, Ed. La Diff\u00e9rence, Coll. \u00ab La Vue le Texte \u00bb, 1984.\u00a0<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>6. La paternit\u00e9 de cette locution revient \u00e0 J. -L. Marion.<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>7. Cit\u00e9 in catalogue d\u2019exposition Antonin Artaud : \u0152uvres sur papier, Mus\u00e9e Cantini, 17 juin-17 septembre 1995, Marseille\/Paris, Ed. Mus\u00e9es de Marseille\/RMN, 1995, p. 206.\u00a0\u00a0\u00a0<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>8. P. Sloterdijk, Bulles, trad. de l\u2019allemand par O. Mannoni, Paris, Ed. Fayard\/Hachette Litt\u00e9ratures, Coll. \u00ab Pluriel \u00bb, 2003, p. 197.<br \/><\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c3\"><em>9. C. Bobin, La part manquante, Paris, Ed. Gallimard, Coll. \u00ab Folio \u00bb, 1989, p. 32.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Notes:<\/strong><\/span><\/p>\n<p><em>&#8211; Ardenne (Paul) : Art. L\u2019\u00e2ge contemporain. Une histoire des arts plastiques \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, Paris, Ed. du Regard, 1997.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Baudelaire (Charles) : \u0152uvres compl\u00e8tes, Lausanne, Ed. La Guilde du Livre, Coll. \u00ab Edition du Centenaire \u00bb, 1967.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Bobin (Christian) : La part manquante, Paris, Ed. Gallimard, Coll. \u00ab Folio \u00bb, 1989.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Deleuze (Gilles) : Logique de la sensation, I, Paris, Ed. La Diff\u00e9rence, Coll. \u00ab La Vue le Texte \u00bb, 1984.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Guerin (Michel) : (sous la dir. de) La cause de la peinture : \u00e9tudes offertes en hommage \u00e0 Jean-Claude Le Gouic, Aix-en-Provence, Ed. PUP, Coll. \u00ab Arts. Th\u00e9orie et Pratique des Arts \u00bb, 2008.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Sloterdijk (Peter) : Bulles, trad. de l&rsquo;allemand par O. Mannoni, Paris, Ed. Fayard\/Hachette Litt\u00e9ratures, Coll. \u00ab Pluriel \u00bb, 2003.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Vernant (Jean-Pierre) : Mythe et pens\u00e9es chez les Grecs. Etudes de psychologie historique, Paris, Ed. La D\u00e9couverte\/Poche, Coll. \u00ab Sciences Humaines et Sociales \u00bb, 2006.<br \/><\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Catalogue d\u2019exposition Antonin Artaud : \u0152uvres sur papier, Mus\u00e9e Cantini, 17 juin-17 septembre 1995, Marseille\/Paris, Ed. Mus\u00e9es de Marseille\/RMN, 1995.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/29249-eloge-de-la-figure-dans-l-oeuvre-picturale-de-najib-bousabbah-salon-annuel-des-arts-de-sfax-saas-2020\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab[I] l y a au d\u00e9part, dans l\u2019entreprise de figuration, cette tentative paradoxale pour inscrire l\u2019absence dans une pr\u00e9sence, pour ins\u00e9rer l\u2019autre, l\u2019ailleurs, dans notre univers familier\u00bb. &#8211; J. -P. Vernant(1)\u00a0 &#8211; 1. Paling\u00e9n\u00e9sie raisonn\u00e9e de la peinture Certes, d\u00e8s le XIX\u00e8me si\u00e8cle, de nouveaux m\u00e9diums (le cin\u00e9ma devanc\u00e9 par la photographie) annon\u00e7ant subs\u00e9quemment l\u2019av\u00e8nement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":77731,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-77730","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77730","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=77730"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/77730\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=77730"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=77730"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=77730"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}