{"id":77934,"date":"2020-03-03T04:23:51","date_gmt":"2020-03-03T09:23:51","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/guinee-bissau-chronique-dune-instabilite-institutionnelle\/"},"modified":"2020-03-03T04:23:51","modified_gmt":"2020-03-03T09:23:51","slug":"guinee-bissau-chronique-dune-instabilite-institutionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/guinee-bissau-chronique-dune-instabilite-institutionnelle\/","title":{"rendered":"Guin\u00e9e-Bissau : Chronique d\u2019une instabilit\u00e9 institutionnelle"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Trait-de-plume.jpg?fit=738%2C493&amp;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"465\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Trait-de-plume.jpg?resize=696,465&amp;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Trait-de-plume.jpg?w=738&amp;ssl=1 738w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Trait-de-plume.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Trait-de-plume.jpg?resize=696,465&amp;ssl=1 696w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Trait-de-plume.jpg?resize=629%2C420&amp;ssl=1 629w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"Trait de plume\"\/><\/a><\/div>\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, la Guin\u00e9e-Bissau est abonn\u00e9e \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 politique et institutionnelle chronique. Depuis le second tour du scrutin pr\u00e9sidentiel du 29 d\u00e9cembre 2019 \u00e0 l\u2019issue duquel la Commission nationale \u00e9lectorale (CNE) a d\u00e9clar\u00e9 Umaro Sissoco Embalo gagnant avec 53,55% des suffrages, le pays vit au rythme d\u2019une crise qui menace d\u2019exploser. La raison, son concurrent, Domingos Simoes Pereira, candidat du Parti africain pour l\u2019ind\u00e9pendance de la Guin\u00e9e et du Cap-Vert, (PAIGC), arriv\u00e9 deuxi\u00e8me avec 46,45% des voix a contest\u00e9 les r\u00e9sultats. Il a saisi la Cour supr\u00eame pour un recomptage des voix. Dans ce feuilleton post-\u00e9lectoral, les diff\u00e9rentes m\u00e9diations n\u2019ont pu aboutir \u00e0 aucun compromis. Las d\u2019attendre, le candidat victorieux selon la CNE, Umaro Sissoco Embalo, a organis\u00e9 son investiture, le 26 f\u00e9vrier 2020, et occup\u00e9 le palais pr\u00e9sidentiel. Sur la m\u00eame lanc\u00e9e, il a nomm\u00e9 un Premier ministre en la personne de Nuno Gomes Nabiam en lieu et place de Aristide Gomes. Tout cela avec l\u2019appui de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Le camp de son adversaire, Domingos Simoes Pereira, a aussit\u00f4t contest\u00e9 cette d\u00e9cision. Les d\u00e9put\u00e9s du PAIGC ont alors d\u00e9clar\u00e9 la \u00ab vacance du pouvoir \u00bb et investi le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale populaire, Cipriano Cassama, chef de l\u2019Etat par int\u00e9rim. Du coup, la Guin\u00e9e-Bissau s\u2019est retrouv\u00e9e avec deux pr\u00e9sidents.<\/p>\n<p>Contre toute attente, le samedi 29 f\u00e9vrier, Cipriniano Cassama, craignant pour sa vie, a vite fait de renoncer \u00e0 son poste de pr\u00e9sident par int\u00e9rim. La nomination du gouvernement qui devrait intervenir incessamment aux dires de Umaro Sissoco Embalo est compromise au regard de la crispation de la situation.<\/p>\n<p>A qui imputer l\u2019instabilit\u00e9 permanente de ce pays de 36 120 Km2 et de plus de 1,8 million habitants ? Evidemment \u00e0 la classe politique bissau-guin\u00e9enne qui n\u2019a jamais su mettre en avant l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de la nation. Et \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e qui joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans le cercle du pouvoir. Depuis son ind\u00e9pendance en 1974, la Guin\u00e9e-Bissau n\u2019a jamais connu un pr\u00e9sident qui est arriv\u00e9 au terme de son mandat. Au moins six coups d\u2019Etats y ont \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9s. Foulant au pied le combat d\u2019Amilcar Cabral qui a lutt\u00e9 jusqu\u2019au prix de sa vie pour l\u2019ind\u00e9pendance du Cap Vert et de la Guin\u00e9e-Bissau, les leaders politiques bissau-guin\u00e9ens s\u2019\u00e9tripent au fil des ans sur la sc\u00e8ne politique pour leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9go\u00efstes. Cette \u00e9ni\u00e8me crise politique d\u00e9montre \u00e0 souhait que ceux qui ont pris en otage ce pays sont plut\u00f4t anim\u00e9s par l\u2019exaltation de leurs propres \u00e9gos que par la construction d\u2019une nation unie et prosp\u00e8re.<\/p>\n<p>Pendant qu\u2019ils usent leurs \u00e9nergies pr\u00e9datrices dans des querelles st\u00e9riles, les d\u00e9fis essentiels comme ceux du d\u00e9veloppement, de la sant\u00e9 et de l\u2019\u00e9ducation sont pass\u00e9s sous silence. Le pays est livr\u00e9 au diktat des narcotrafiquants qui semblent tout contr\u00f4ler. Quand les fils d\u2019une m\u00eame nation s\u2019entendent pour qu\u2019il n\u2019y ait pas de stabilit\u00e9 institutionnelle et politique, c\u2019est toute la souverainet\u00e9 du pays qui est compromise. Comment comprendre qu\u2019apr\u00e8s plus de quatre d\u00e9cennies d\u2019ind\u00e9pendance la Guin\u00e9e-Bissau en soit encore \u00e0 ce stade de balbutiement si ce n\u2019est la mauvaise foi des politiciens qui ont tout confisqu\u00e9. Tant que la classe politique toute confondue de la Guin\u00e9e-Bissau ne fera pas son examen de conscience sans concession, c\u2019est l\u2019avenir de milliers de citoyens qui est compromis pour des g\u00e9n\u00e9rations. Le spectacle path\u00e9tique qui s\u2019offre dans ce pays n\u2019honore personne, y compris ceux qui pr\u00e9tendent \u00eatre incontournables sur l\u2019\u00e9chiquier politique. Sans ce minimum de stabilit\u00e9 des institutions de la R\u00e9publique, le r\u00eave d\u2019une Guin\u00e9e-Bissau libre, ind\u00e9pendante et prosp\u00e8re va virer au cauchemar.<\/p>\n<p>La classe politique et l\u2019Arm\u00e9e ont la lourde responsabilit\u00e9 de d\u00e9passer leurs contradictions et leurs int\u00e9r\u00eats partisans pour honorer ne serait-ce le sacrifice de ceux qui ont combattu contre l\u2019exploitation du pays et pour son ind\u00e9pendance. Sinon, cette pens\u00e9e de Amilcar Cabral aura encore une r\u00e9sonnance \u00e9loquente en ces temps-ci. \u00ab Nous ne luttons pas simplement pour mettre un drapeau dans notre pays et pour avoir un hymne mais pour que plus jamais nos peuples ne soient exploit\u00e9s, pas seulement par les imp\u00e9rialistes, pas seulement par les Europ\u00e9ens, pas seulement par les gens de peau blanche, parce que nous ne confondons pas l\u2019exploitation ou les facteurs d\u2019exploitation avec la couleur de peau des hommes ; nous ne voulons plus d\u2019exploitation chez nous, m\u00eame pas par des Noirs \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Karim BADOLO<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_30_755 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie\u0300re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/03\/03\/guinee-bissau-chronique-dune-instabilite-institutionnelle\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9cid\u00e9ment, la Guin\u00e9e-Bissau est abonn\u00e9e \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 politique et institutionnelle chronique. Depuis le second tour du scrutin pr\u00e9sidentiel du 29 d\u00e9cembre 2019 \u00e0 l\u2019issue duquel la Commission nationale \u00e9lectorale (CNE) a d\u00e9clar\u00e9 Umaro Sissoco Embalo gagnant avec 53,55% des suffrages, le pays vit au rythme d\u2019une crise qui menace d\u2019exploser. 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