{"id":78893,"date":"2020-03-12T06:00:00","date_gmt":"2020-03-12T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/qui-en-a-decide-et-dans-quel-but\/"},"modified":"2020-03-12T06:00:00","modified_gmt":"2020-03-12T10:00:00","slug":"qui-en-a-decide-et-dans-quel-but","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/qui-en-a-decide-et-dans-quel-but\/","title":{"rendered":"Qui en a d\u00e9cid\u00e9 et dans quel but ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><em><strong>Par Dr Miloud Chennoufi(*)<\/strong><\/em><br \/>Il y aurait un \u00abHirak du samedi\u00bb ! Qui en a d\u00e9cid\u00e9 et dans quel but ? Personne ne semble le savoir. La probabilit\u00e9 demeure tr\u00e8s faible que ce soit une \u00e9volution spontan\u00e9e du mouvement populaire. La corr\u00e9lation entre les appels \u00e0 l\u2019escalade, ettass\u2019id, dans les r\u00e9seaux sociaux, et le \u00abHirak du samedi\u00bb est trop forte pour ne pas abandonner l\u2019hypoth\u00e8se de la spontan\u00e9it\u00e9. Quelqu\u2019un, quelque part, en a d\u00e9cid\u00e9, et la d\u00e9cision rel\u00e8ve d\u2019une strat\u00e9gie aux contours assez clairs : la d\u00e9sob\u00e9issance civile et la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de fait. Des voix s\u2019\u00e9taient \u00e9lev\u00e9es, d\u00e8s l\u2019automne dernier, pour sugg\u00e9rer explicitement une voie similaire au mouvement populaire. La tentative avait \u00e9chou\u00e9.\u00a0<br \/>La m\u00eame strat\u00e9gie vient de refaire surface \u00e0 travers une nouvelle tactique. Elle semble avoir connu un certain succ\u00e8s ; des manifestations ont en effet eu lieu samedi dernier. Au lieu d\u2019appeler \u00e0 ce que le mouvement populaire se transforme d\u2019un coup en insurrection non arm\u00e9e visant la paralysie du pays, et par l\u2019impasse ainsi cr\u00e9\u00e9e provoquer un \u00abchangement de r\u00e9gime\u00bb, on va tenter d\u2019atteindre le m\u00eame objectif, mais par escalade graduelle.\u00a0<br \/>De fait, des manifestations ont lieu le vendredi et le mardi. Il importe peu que celles du mardi soient associ\u00e9es nominalement aux \u00e9tudiants, puisqu\u2019elles comptent autant, sinon plus, de non-\u00e9tudiants que d\u2019\u00e9tudiants. Si maintenant les gens sortaient le samedi \u00e9galement, la tactique de l\u2019escalade graduelle gagnerait un cran. Et ainsi de suite, jusqu\u2019\u00e0 ce que le stade insurrectionnel non violent soit atteint.\u00a0<br \/>Dans le but de comprendre cette nouvelle orientation du mouvement populaire, une distinction fondamentale doit demeurer pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019esprit. D\u2019une part, nous avons un mouvement populaire in\u00e9dit, spontan\u00e9, et surtout rassembleur. De l\u2019autre, toutes sortes de courants politiques qui l\u2019ont rejoint sans l\u2019avoir initi\u00e9, et qui avancent masqu\u00e9s en son sein. C\u2019est un fait. Le mouvement populaire, par son caract\u00e8re in\u00e9dit, avait le potentiel de faire \u00e9merger un leadership nouveau, mandat\u00e9 par des m\u00e9canismes d\u00e9mocratiques, adapt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9lan rassembleur qu\u2019aucun autre mouvement n\u2019est parvenu \u00e0 cr\u00e9er depuis l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie ; un leadership capable de participer \u00e0 un changement qui ne tombe ni dans les travers de la reproduction du syst\u00e8me ni dans ceux des alternatives h\u00e9rit\u00e9es des ann\u00e9es 90, celles qui ont conduit le pays au bord du gouffre. Mais pour cela, il aurait fallu que le mouvement se structure, qu\u2019il se dote d\u2019une vision et d\u2019une strat\u00e9gie au moment o\u00f9 il r\u00e9alisait son objectif premier, seule et unique r\u00e9alisation jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent : la chute de Bouteflika et l\u2019effondrement du syst\u00e8me qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9 sous son r\u00e8gne.\u00a0<br \/>Des \u00e9tudes sociologiques et historiques nous apprendront un jour pourquoi le mouvement populaire n\u2019est pas parvenu \u00e0 se structurer. En attendant, voici une hypoth\u00e8se : le mouvement populaire n\u2019avait nul besoin de se structurer, a-t-on pu croire, d\u00e8s lors qu\u2019il est parvenu \u00e0 briser le syst\u00e8me omnipotent de Bouteflika sans structure ni leadership connu ; il n\u2019y aucune raison de ne pas pouvoir, toujours sans structure ni leadership, par la seule action de la rue, r\u00e9aliser encore plus et briser l\u2019ensemble du syst\u00e8me. Erreur, car tout observateur averti et honn\u00eate comprend ais\u00e9ment que le syst\u00e8me Bouteflika ne s\u2019est effondr\u00e9 que sous l\u2019effet conjugu\u00e9 de la pression de la rue et du choix de l\u2019arm\u00e9e de prendre le parti du mouvement populaire.\u00a0<br \/>Autrement dit, l\u2019absence de structuration du mouvement populaire \u00e9tait compens\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e qui, elle, est une organisation puissante et bien structur\u00e9e. Poursuivre l\u2019action sans se structurer revenait \u00e0 courir le risque de se faire orienter \u00e0 son insu.<br \/>Le mouvement populaire puisait son g\u00e9nie originel dans deux \u00e9l\u00e9ments :<br \/>1) sa taille gigantesque qui lui a fait traverser l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, au-del\u00e0 des classes sociales, des sensibilit\u00e9s politiques, et de l\u2019appartenance identitaire ;\u00a0<br \/>2) sa non-violence et sa discipline qui ont d\u00e9termin\u00e9 le choix de l\u2019arm\u00e9e qui a rejet\u00e9 la requ\u00eate de ceux qui voulaient l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence comme pr\u00e9lude \u00e0 une intervention militaire muscl\u00e9 avec le risque d\u2019un bain de sang. Les appels du mouvement islamiste Rachad \u00e0 reproduire le sc\u00e9nario libyen en Alg\u00e9rie n\u2019ont eu aucun \u00e9cho. Le g\u00e9nie du mouvement populaire \u00e9tait donc d\u2019avoir compris que, dans sa lutte contre le cinqui\u00e8me mandat et contre le syst\u00e8me Bouteflika en g\u00e9n\u00e9ral, il avait besoin d\u2019un strict respect de la non-violence et de gagner l\u2019arm\u00e9e \u00e0 sa cause. On l\u2019a trop vite oubli\u00e9 : les manifestants scandaient \u00abDjeich cha\u00e2b khawa khawa !\u00bb alors qu\u2019il n\u2019y avait pas un seul soldat dans la rue. Ce slogan n\u2019\u00e9tait pas une simple technique visant \u00e0 \u00e9viter un d\u00e9rapage sur le terrain, puisqu\u2019encore une fois les militaires n\u2019\u00e9taient pas d\u00e9ploy\u00e9s. Dans la conscience collective du mouvement populaire, peut-\u00eatre bien par instinct politique g\u00e9nial, on comprenait l\u2019importance de gagner l\u2019arm\u00e9e \u00e0 sa cause.\u00a0<br \/>L\u2019arm\u00e9e n\u2019aurait probablement jamais renvers\u00e9 Bouteflika ni chass\u00e9 son syst\u00e8me de son plein gr\u00e9. La Pr\u00e9sidence parvenait \u00e0 maintenir l\u2019arm\u00e9e sous contr\u00f4le au nom du respect de l\u2019autorit\u00e9 du politique sur le militaire. M\u00eame si l\u2019arm\u00e9e demeurait un pilier incontournable de l\u2019\u00c9tat, les r\u00eanes ex\u00e9cutives\u00a0 du pouvoir \u00e9taient concentr\u00e9es \u00e0 la Pr\u00e9sidence ; chose qui n\u2019\u00e9tait pas contest\u00e9e tant et aussi longtemps que cet \u00e9tat de fait maintenait la stabilit\u00e9 du pays. Quitte \u00e0 ce que cette stabilit\u00e9 soit accompagn\u00e9e d\u2019un mode de gouvernance scandaleux. L\u2019\u00e9quation du cinqui\u00e8me mandat se pr\u00e9sentait selon les termes de ce rapport de forces pr\u00e9cis\u00e9ment. C\u2019est le mouvement populaire qui a baiss\u00e9 la haute main de la Pr\u00e9sidence et transform\u00e9 le rapport de forces. La convergence des deux confirmait une id\u00e9e simple exprim\u00e9e il y a un si\u00e8cle par Max Weber.\u00a0<br \/>La vocation politique n\u00e9cessite l\u2019occurrence simultan\u00e9e d\u2019une cause juste, de moyens adapt\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, et d\u2019un sens de la responsabilit\u00e9 qui se mesure par la capacit\u00e9 de prendre en compte les cons\u00e9quences possibles d\u2019une action politique.\u00a0<br \/>Le maintien de ce triptyque \u00e9tait absolument n\u00e9cessaire au moment o\u00f9 le d\u00e9part de Bouteflika ouvrait une pr\u00e9cieuse fen\u00eatre d\u2019opportunit\u00e9. La cause juste d\u2019un changement non violent fut certes maintenue. Quant aux moyens susceptibles de servir cette cause et en m\u00eame temps permettre d\u2019agir avec responsabilit\u00e9, l\u2019exp\u00e9rience tunisienne (la seule et unique d\u00e9mocratisation r\u00e9ussie en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) s\u2019offrait en mod\u00e8le : effectuer le changement par le seul moyen d\u00e9mocratique de d\u00e9l\u00e9gation l\u00e9gitime de l\u2019autorit\u00e9 politique : l\u2019\u00e9lection. Les r\u00e9serves quant \u00e0 ce moyen ne manquaient pas de l\u00e9gitimit\u00e9.\u00a0<br \/>La fraude massive qui a caract\u00e9ris\u00e9 les \u00e9lections pass\u00e9es d\u00e9courageait les meilleures volont\u00e9s, et les forces centrifuges au sein m\u00eame du pouvoir n\u2019attendaient qu\u2019un fl\u00e9chissement du mouvement populaire pour tenter de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer le syst\u00e8me sous de nouvelles apparences. On ne s\u2019est cependant pas demand\u00e9 pourquoi la fraude \u00e9lectorale qui n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 moins massive ni moins flagrante en Tunisie\u00a0 n\u2019a pas d\u00e9courag\u00e9 les Tunisiens, pas plus que la crainte que le pouvoir qui, hormis le d\u00e9part du pr\u00e9sident, avait gard\u00e9 toutes ses autres composantes en place, finisse par se reproduire ? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question nous ram\u00e8ne de nouveau \u00e0 la structuration n\u00e9cessaire. Tr\u00e8s t\u00f4t apr\u00e8s la chute de Ben Ali, les opposants tunisiens se sont organis\u00e9s dans la pluralit\u00e9 pour, \u00e0 la fois, peser dans les \u00e9lections en tant que candidats porteurs de projets, et en tant que force de contr\u00f4le du processus dans son ensemble.\u00a0<br \/>En Alg\u00e9rie, le cadre constitutionnel s\u2019y pr\u00eatait bien. Mais parce que le mouvement populaire ne parvenait pas \u00e0 se structurer, le moyen choisi fut de maintenir la pression de la rue en adoptant une posture de rejet syst\u00e9matique de toutes propositions \u00e9manant du pouvoir. On a na\u00efvement cru que l\u2019expiration des trois mois pr\u00e9vus par la Constitution et l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Alg\u00e9rie dans une situation de vide constitutionnel allait automatiquement transf\u00e9rer le pouvoir au mouvement populaire alors que ce dernier \u00e9tait toujours incapable de se structurer.\u00a0<br \/>La na\u00efvet\u00e9 de ce moyen sourd de son inad\u00e9quation avec la r\u00e9alit\u00e9 des rapports de forces qui ne correspondaient en rien \u00e0 l\u2019id\u00e9alisme populiste du transfert automatique du pouvoir. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour avoir bris\u00e9 la convergence qui avait permis la chute du syst\u00e8me Bouteflika, que le mouvement populaire s\u2019est install\u00e9 dans l\u2019impasse d\u2019un face-\u00e0-face politique avec l\u2019arm\u00e9e. Et c\u2019est \u00e0 ce moment pr\u00e9cis que l\u2019une des forces qui avan\u00e7aient masqu\u00e9es a r\u00e9ussi \u00e0 se distinguer de toutes les autres, et contrairement \u00e0 toutes les autres, elle a petit \u00e0 petit impos\u00e9 sa voie au mouvement populaire. Une nouvelle convergence s\u2019est ainsi graduellement cristallis\u00e9e et c\u2019est elle qui se trouve derri\u00e8re la r\u00e9cente tentative d\u2019escalade vers une insurrection non violente.<br \/>Avant d\u2019aller plus loin, insistons sur le fait que c\u2019est de convergence qu\u2019il s\u2019agit et non pas d\u2019identit\u00e9. De la m\u00eame mani\u00e8re que la convergence qui a fait agir l\u2019arm\u00e9e au c\u00f4t\u00e9 du mouvement n\u2019\u00e9tait pas une fusion des deux parties, la convergence nouvelle entre le mouvement populaire et la force qui lui imprime son orientation depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier\u00a0 n\u2019est pas non plus une fusion. Cette \u00e9volution n\u2019est donc pas une fatalit\u00e9 cependant qu\u2019il n\u2019est pas du tout certain que tous ceux qui adoptent avec sinc\u00e9rit\u00e9 et bonne foi la d\u00e9marche actuelle soient totalement conscients qu\u2019ils sont engag\u00e9s dans une dynamique qui n\u2019est plus spontan\u00e9e depuis un certain temps d\u00e9j\u00e0. C\u2019\u00e9tait en quelque sorte in\u00e9vitable. Pour avoir refus\u00e9 de mani\u00e8re tout \u00e0 fait inexplicable de se structurer dans la pluralit\u00e9, le mouvement populaire s\u2019exposait \u00e0 une prise de contr\u00f4le de la part de l\u2019un des courants qui le traversaient et qui, eux, sont structur\u00e9s. C\u2019est ainsi que le mouvement populaire est, aujourd\u2019hui, en proie aux d\u00e9mons des ann\u00e9es 90. La pire \u00e9volution possible, devrait-on dire, parce que les d\u00e9terminants politiques de cette p\u00e9riode douloureuse sont aux antipodes du caract\u00e8re in\u00e9dit, non violent, et rassembleur du mouvement populaire.\u00a0<br \/>En clair, il s\u2019agit de ce qu\u2019il convient d\u2019appeler la convergence de Sant\u2019\u00c9gidio ou du contrat national, du nom de l\u2019initiative conjointe des islamistes radicaux du FIS et de forces nationalistes et d\u00e9mocratiques.<br \/>\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9poque, comme aujourd\u2019hui, des forces non islamistes ont tent\u00e9 de surfer sur une vague qu\u2019elles n\u2019ont pas cr\u00e9\u00e9e et de s\u2019emparer du pouvoir. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, la vague \u00e9tait celle de l\u2019islamisme arm\u00e9 dont l\u2019action avait effectivement affaibli l\u2019\u00c9tat un certain temps. Les partisans du contrat national trouveraient un tel propos scandaleux, parce que, pour eux, le contrat national n\u2019a jamais rien \u00e9t\u00e9 qu\u2019une offre de paix.\u00a0<br \/>La lecture du texte du contrat sugg\u00e8re tout autre chose. Un principe herm\u00e9neutique \u00e9l\u00e9mentaire nous apprend qu\u2019il faut comprendre les d\u00e9tails d\u2019un texte \u00e0 la lumi\u00e8re de son tout, et son tout \u00e0 la lumi\u00e8re de ses parties.\u00a0<br \/>Or, rien ne se d\u00e9gage du texte en tant que tout qui laisse croire que l\u2019islamisme arm\u00e9 soit responsable de la trag\u00e9die. Et lorsqu\u2019on s\u2019int\u00e9resse aux parties, on se rend compte qu\u2019elles militent syst\u00e9matiquement en faveur de l\u2019action arm\u00e9e comme action politique l\u00e9gitime. La lecture du seul article 6 de la section B ne laisse planer aucun doute \u00e0 ce propos : \u00abLa condamnation et l\u2019appel \u00e0 la cessation des exactions et des attentats contre les civils, les \u00e9trangers, et la destruction des biens publics.\u00bb Des sept articles que compte la section, c\u2019est le seul qui n\u2019est pas une exigence adress\u00e9e au seul pouvoir alg\u00e9rien. Mais comme on peut le voir, il ne s\u2019agit aucunement d\u2019une condamnation des actes arm\u00e9s contre les forces de l\u2019ordre et contre les forces arm\u00e9es.\u00a0<br \/>Il y a fort \u00e0 parier qu\u2019Anouar Haddam, signataire du contrat au nom du FIS, n\u2019aurait jamais appos\u00e9 sa signature si la condamnation de la violence avait \u00e9t\u00e9 aussi englobante qu\u2019elle aurait d\u00fb l\u2019\u00eatre dans une authentique offre de paix. C\u2019est la raison pour laquelle les partisans de l\u2019initiative ont toujours oscill\u00e9 entre l\u2019esquive lorsqu\u2019ils \u00e9taient interpell\u00e9s sur les violences islamistes et la n\u00e9gation pure et simple de la responsabilit\u00e9 des islamistes arm\u00e9s dans l\u2019effusion de sang. Politiquement, la lecture de la r\u00e9alit\u00e9 politique du pays \u00e9tait qu\u2019il fallait r\u00e9gler un seul et unique probl\u00e8me : la non-implication de l\u2019arm\u00e9e dans les affaires politiques, avec comme hypoth\u00e8se qu\u2019il n\u2019est pas possible de gagner l\u2019arm\u00e9e \u00e0 la cause de la non-ing\u00e9rence en politique que si contrainte par la force. Aujourd\u2019hui, la m\u00eame logique est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, m\u00eame si on peut se r\u00e9jouir que la vague qu\u2019on cherche \u00e0 monter ne soit plus la violence.<br \/>Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019on pense toujours que le seul probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9gler est celui du rapport du militaire et du politique, et que ce probl\u00e8me ne peut \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 que selon les termes d\u2019un jeu \u00e0 somme nulle o\u00f9 il y a un vainqueur absolu et un vaincu absolu ; le vaincu doit en l\u2019occurrence \u00eatre les forces arm\u00e9es.\u00a0<br \/>Le moyen strat\u00e9gique cette fois-ci est de se revendiquer du mouvement populaire. Plusieurs tactiques ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. Leur point commun est de satisfaire \u00e0 un seul et unique \u00e9l\u00e9ment du triptyque de Weber : la foi en une cause. Mais certainement pas l\u2019ad\u00e9quation des moyens aux rapports de forces r\u00e9els, et certainement pas non plus le sens de la responsabilit\u00e9 ramen\u00e9 aux cons\u00e9quences possibles. L\u2019histoire jugera de l\u2019incroyable amateurisme de cet homme mature qui a cru faire plier les forces arm\u00e9es en les traitant de \u00abmilices\u00bb ou pire encore, de l\u2019ing\u00e9nuit\u00e9 m\u00eal\u00e9e d\u2019irresponsabilit\u00e9 de ce jeune leader qui a cru bon d\u2019appeler \u00e0 une mutinerie d\u2019officiers contre leurs sup\u00e9rieurs. Ces actes peu r\u00e9fl\u00e9chis \u00e9manant d\u2019un courant qui avan\u00e7ait masqu\u00e9 n\u2019ont \u00e9t\u00e9 possibles que parce qu\u2019au sein du mouvement populaire lui-m\u00eame, on a contempl\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019une prise de pouvoir par un coll\u00e8ge pr\u00e9sidentiel sans \u00e9lection, sans jamais r\u00e9fl\u00e9chir sur la mani\u00e8re dont ce coll\u00e8ge devait \u00eatre constitu\u00e9. Voil\u00e0 comment on s\u2019est \u00e9loign\u00e9 de la voie tunisienne, la plus prometteuse, pour privil\u00e9gier des instances et des formules de transition que les oppositions ont favoris\u00e9es dans les pays qui, dans le printemps arabe, ont sombr\u00e9 dans le chaos.<br \/>Toutes ces tactiques ont \u00e9chou\u00e9 et le symbole de cet \u00e9chec fut l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019emp\u00eacher la tenue de l\u2019\u00e9lection du 12 d\u00e9cembre dernier. Le bon sens aurait voulu qu\u2019on en tire les le\u00e7ons et qu\u2019on accorde un minimum de cr\u00e9dit \u00e0 la suggestion d\u2019une structuration loin des d\u00e9mons des ann\u00e9es 90. Il n\u2019en fut rien parce qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 question de d\u00e9lib\u00e9rer ouvertement sur l\u2019ad\u00e9quation des moyens ni sur les cons\u00e9quences des actions qu\u2019on entreprenait.\u00a0<br \/>La convergence s\u2019est maintenue parce que la fixation portait exclusivement sur la cause qu\u2019on croyait juste et qui justifiait les moyens qui venaient \u00e0 l\u2019esprit instinctivement. Et ce qui est instinctivement venu \u00e0 l\u2019esprit fut de s\u2019enfoncer dans une voie qui s\u2019\u00e9tait pourtant d\u00e9j\u00e0 av\u00e9r\u00e9e sans issue.\u00a0<br \/>C\u2019est en ce sens et ce sens seulement qu\u2019on doit comprendre l\u2019un des ballons d\u2019essai les plus r\u00e9cents lanc\u00e9s par la convergence de Sant\u2019Egidio : la s\u00e9rie bien orchestr\u00e9e, tr\u00e8s bien film\u00e9e, des accolades donn\u00e9es \u00e0 Ali Belhadj par Bourega\u00e2, Bouchachi et d\u2019autres, ainsi que les propos tenus pendant la rencontre. Seul celui qui d\u00e9cide d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de regarder ailleurs\u00a0 peut nier que ce dont il s\u2019agit c\u2019est assur\u00e9ment la reproduction du contrat national avec les m\u00eames travers : un r\u00e9visionnisme qui disculpe les islamistes radicaux, une lecture partielle r\u00e9duisant toutes les questions politiques \u00e0 la seule dimension du rapport du politique au militaire, et donc une alternative qui consiste \u00e0 revendiquer le pouvoir sans \u00e9lection.\u00a0<br \/>Or, m\u00eame aux yeux d\u2019une personne qui estime, \u00e0 juste titre d\u2019ailleurs, que l\u2019inclusion politique d\u00e9mocratique ne saurait tol\u00e9rer l\u2019exclusion des islamistes, la r\u00e9habilitation de Ali Belhadj est inacceptable sous le seul pr\u00e9texte rh\u00e9torique qu\u2019il aurait pay\u00e9 sa dette \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, comme on le lit sur les r\u00e9seaux sociaux. Ce point de vue aurait \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitime si Ali Belhadj avait clairement reconnu sa responsabilit\u00e9 directe dans le sang qui a coul\u00e9, s\u2019il avait condamn\u00e9 la violence aveugle qui fut perp\u00e9tr\u00e9e au nom des id\u00e9es qu\u2019il a propag\u00e9es, s\u2019il avait eu le courage de porter un regard critique sur ces id\u00e9es, etc. Aller lui rendre visite selon ses termes \u00e0 lui (il n\u2019y avait pas une seule femme parce qu\u2019il n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 possible que la moindre femme soit pr\u00e9sente) et accepter d\u2019\u00eatre mis en sc\u00e8ne et film\u00e9, le message est clair et c\u2019est celui de la th\u00e8se r\u00e9visionniste selon laquelle lui comme les islamistes radicaux des ann\u00e9es 90 n\u2019\u00e9taient que des victimes, et que, par cons\u00e9quent, ils sont des alli\u00e9s l\u00e9gitimes.\u00a0<br \/>\u00c0 ce r\u00e9visionnisme fait \u00e9cho une politisation des droits humains o\u00f9 les atteintes \u00e0 la dignit\u00e9 humaine ne sont d\u00e9nonc\u00e9es que dans la stricte mesure o\u00f9 elles sont commises par des non-islamistes. Il n\u2019en fallait que cela pour que l\u2019\u00e9tape suivante soit conforme \u00e0 la logique des ann\u00e9es 90, la violence arm\u00e9e en moins : l\u2019escalade jusqu\u2019\u00e0 la paralysie du pays dans la stricte logique du jeu \u00e0 somme nulle. Voil\u00e0 le sens profond du fameux \u00abHirak du samedi\u00bb.<br \/>Le danger est que les promesses d\u2019une Alg\u00e9rie nouvelle, libre et d\u00e9mocratique soient compromises par cette volont\u00e9 de solder de vieux comptes par la r\u00e9habilitation d\u2019un acteur dont l\u2019id\u00e9ologie politique est fondamentalement oppos\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la d\u00e9mocratie. D\u2019autres l\u2019ont tent\u00e9, en Syrie, en \u00c9gypte et en Turquie, et le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 respectivement la barbarie meurtri\u00e8re dans le cas de la Syrie, le cynisme des m\u00e9canismes constitutionnels formels mis au service d\u2019un r\u00e9gime th\u00e9ocratique de fait dans le cas de l\u2019\u00c9gypte des Fr\u00e8res musulmans, et l\u2019autoritarisme, la guerre, et des prisonniers politiques par milliers dans le cas de la Turquie. La tendance r\u00e9cente de la convergence Sant\u2019Egidio a de fait permis \u00e0 un courant alg\u00e9rien, organiquement associ\u00e9 aux acteurs responsables de ces m\u00e9faits, de battre la mesure au mouvement populaire. L\u2019escalade graduelle jusqu\u2019\u00e0 l\u2019insurrection est en effet un mot d\u2019ordre du mouvement islamiste Rachad. Or, Rachad est membre du Congr\u00e8s de la Oumma (Mou\u2019tamar el-oumma), une internationale islamiste t\u00e9l\u00e9guid\u00e9e \u00e0 partir d\u2019Ankara, responsable entre autres de la radicalisation et de la violence en Libye et en Syrie.\u00a0<br \/>Encore une fois, il s\u2019agit d\u2019une convergence. L\u2019espoir persiste de voir le mouvement populaire se ressaisir et \u00e9chapper \u00e0 l\u2019orientation sans issue qu\u2019on a voulu lui imposer. Pour cela, il est n\u00e9cessaire qu\u2019il retrouve son originalit\u00e9 qui le situait au-del\u00e0 des inerties h\u00e9rit\u00e9es du pass\u00e9, celle du pouvoir comme celle de l\u2019opposition. Et se structurer dans la pluralit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire dans le strict respect de la diversit\u00e9 id\u00e9ologique, linguistique et identitaire qui caract\u00e9rise la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne. Car cette diversit\u00e9 n\u2019est pas un fait temporaire susceptible d\u2019\u00eatre liquid\u00e9 \u00e0 la faveur de quelque victoire politique ultime. Cette diversit\u00e9 est constitutive du fait alg\u00e9rien et il faut en prendre la pleine mesure. Ainsi la s\u00e9paration du militaire et du politique est une dimension fondamentale de la d\u00e9mocratisation \u00e0 venir, mais ce n\u2019est qu\u2019une dimension d\u2019une donne politique mol\u00e9culaire qui en comporte deux autres dimensions solidaires entre elles et avec la premi\u00e8re. Ces dimensions sont la s\u00e9paration du religieux et du politique, et la s\u00e9paration de l\u2019identitaire du politique. Le tout forme en m\u00eame temps une cause juste sauf aux yeux de quelqu\u2019un qui ne souhaite pas l\u2019\u00e9dification d\u2019un syst\u00e8me d\u00e9mocratique.<br \/>Mais la fin associ\u00e9e \u00e0 cette cause ne saurait en aucun cas justifier n\u2019importe quel moyen. Sur la premi\u00e8re dimension, de l\u2019Espagne et de la Cor\u00e9e du Sud au Br\u00e9sil et \u00e0 la Gr\u00e8ce, partout des cas o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e a historiquement jou\u00e9 un r\u00f4le politique central, la d\u00e9mocratie a permis d\u2019\u00e9tablir l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un gouvernement d\u00e9mocratiquement \u00e9lu sur les forces arm\u00e9es. Mais nulle part, la r\u00e9forme des relations civils-militaires ne s\u2019est produite contre l\u2019institution militaire. Et si un jour elle devait se produire en Alg\u00e9rie, elle se ferait avec, non contre les forces arm\u00e9es. Ce n\u2019est nullement d\u2019une vision idyllique et fusionnelle qu\u2019il s\u2019agit. Elle ne signifie en aucun cas la fin des luttes politiques, ni l\u2019absence de conflit. Elle ne se r\u00e9duit pas non plus \u00e0 un ensemble de t\u00e2ches techniques. Elle n\u00e9cessite cependant un sens du compromis reposant sur un seuil minimal de confiance. Et cette confiance ne peut s\u2019\u00e9tablir que dans la mesure o\u00f9 de part et d\u2019autre, on parvienne \u00e0 faire preuve d\u2019un sens \u00e9lev\u00e9 de responsabilit\u00e9. La confrontation et l\u2019escalade sont en ce sens l\u2019exact contraire du sens de la responsabilit\u00e9.<br \/>La m\u00eame logique s\u2019applique \u00e0 la seconde dimension. Cela peut para\u00eetre \u00e0 premi\u00e8re vue paradoxal de dire que la s\u00e9paration du religieux et du politique ne signifie pas n\u00e9cessairement l\u2019exclusion des islamistes. Le paradoxe s\u2019estompe par les effets confluents de deux \u00e9tats d\u2019esprit dont la sagesse se situe dans leur mod\u00e9ration.\u00a0<br \/>Le premier \u00e9tat d\u2019esprit refuserait d\u2019assimiler la s\u00e9paration du religieux et du politique \u00e0 quelque la\u00efcit\u00e9 jacobine porteuse de toutes sortes d\u2019exclusions pas moins r\u00e9pugnantes que celles du fondamentalisme religieux. Mais ce premier \u00e9tat d\u2019esprit ne peut pr\u00e9valoir qu\u2019en puisant une force de l\u00e9gitimation dans le second \u00e9tat d\u2019esprit qui, lui, concerne les islamistes. La mod\u00e9ration des islamistes ne se mesure pas uniquement \u00e0 leur rejet de la violence ni \u00e0 leur disposition \u00e0 acc\u00e9der au pouvoir par des \u00e9lections. Car cela ne garantit en rien un comportement respectueux de la diversit\u00e9 une fois au pouvoir. La Turquie, le cas le plus b\u00e9nin et cependant d\u00e9j\u00e0 r\u00e9v\u00e9lateur de la r\u00e9gression d\u00e9mocratique que l\u2019islamisme peut causer, n\u2019est qu\u2019un exemple. Le fond du probl\u00e8me se trouve dans la doctrine de la souverainet\u00e9 qu\u2019on retrouve sous diff\u00e9rents niveaux de rigidit\u00e9 dans tous les mouvements islamistes. Une souverainet\u00e9 qui, pour reprendre les mots de Michel Foucault parlant de la souverainet\u00e9 pr\u00e9moderne, fonde le droit du souverain \u00e0 faire mourir et laisser vivre. Ce droit pr\u00e9moderne de vie et de mort sur les sujets (dans un tel syst\u00e8me il ne saurait \u00eatre question de citoyens) concentre la matrice qui g\u00e9n\u00e8re le discours et les pratiques totalitaires de l\u2019islamisme. Les islamistes se trompent s\u2019ils pensent que c\u2019est l\u00e0 un trait qui leur est exclusif. \u00c0 vrai dire, ils ne font que reproduire une souverainet\u00e9 qui a eu cours dans toutes les civilisations pr\u00e9modernes. Et \u00e0 l\u2019inverse de ce qu\u2019ils pensent, ce trait n\u2019est absolument pas le prolongement in\u00e9luctable de l\u2019Islam en tant religion dans le domaine politique. Le chemin reste long, mais les islamistes doivent prendre conscience que si tel est le cas, rien ne les emp\u00eache de g\u00e9n\u00e9rer, \u00e0 partir des fondements culturels qui leur sont chers, les contours d\u2019une souverainet\u00e9 propre \u00e0 la modernit\u00e9 o\u00f9 la t\u00e2che du souverain est de faire vivre et laisser mourir, pas le contraire. Apr\u00e8s avoir dangereusement err\u00e9 en tentant de d\u00e9tourner la r\u00e9volution tunisienne vers une th\u00e9ocratie, les islamistes d\u2019Ennahda semblent avoir engag\u00e9 leur r\u00e9flexion sur cette voie. Mais ils ne l\u2019ont certainement pas fait parce qu\u2019ils se trouvaient dans une situation similaire \u00e0 celle de la convergence de Sant\u2019Egidio o\u00f9 aucun compte ne leur \u00e9tait demand\u00e9. Au contraire, ils ont trouv\u00e9 en face d\u2019eux des forces organis\u00e9es pr\u00eates \u00e0 les admettre dans le jeu politique d\u00e9mocratique, en m\u00eame temps qu\u2019elles \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 les mettre syst\u00e9matiquement face \u00e0 leur responsabilit\u00e9.\u00a0<br \/>Enfin, la troisi\u00e8me dimension, la s\u00e9paration du politique et de l\u2019identitaire ne se fera pas non plus contre ceux qui revendiquent la r\u00e9habilitation de leur identit\u00e9 culturelle ou linguistique, mais avec eux. Des trois dimensions, celle-ci est sans doute la plus \u00e9vidente. Elle rel\u00e8ve de l\u2019inclusion la plus \u00e9l\u00e9mentaire. Les d\u00e9mocraties les plus avanc\u00e9es sont longtemps demeur\u00e9es tr\u00e8s imparfaites, et pour certaines le demeurent encore aujourd\u2019hui, parce qu\u2019elles ne parvenaient pas \u00e0 reconna\u00eetre ce type de diversit\u00e9. Mais le caract\u00e8re incontestablement juste des revendications identitaires ne doit en aucun cas devenir une justification cynique de l\u2019irr\u00e9dentisme, ni un vecteur d\u2019uniformisation identitaire.<br \/>\u00a0Dans un projet national d\u00e9mocratique, l\u2019identit\u00e9 des uns est toujours mieux servie lorsque le droit et les pratiques politiques la pr\u00e9servent non pas au nom d\u2019une quelconque sup\u00e9riorit\u00e9, mais au nom de son \u00e9quivalence \u00e0 toute autre identit\u00e9 revendiqu\u00e9e par d\u2019autres compatriotes.\u00a0<br \/>La politisation partisane de l\u2019identit\u00e9 est en tout point similaire \u00e0 la politisation de la religion ; elle est porteuse d\u2019exclusion, de polarisation et finalement de scl\u00e9rose politique.\u00a0<br \/>L\u2019alternative \u00e0 l\u2019escalade existe. Elle n\u00e9cessite des leaders qui, comme Nelson Mandela, croient fermement en la justesse de leur cause, sont d\u00e9termin\u00e9s et courageux, en m\u00eame temps que leur hauteur d\u2019esprit, leur sagesse et leur sens de la responsabilit\u00e9 les am\u00e8nent \u00e0 ne jamais oublier que le leurs actes ont des cons\u00e9quences.\u00a0<br \/><em><strong>M. C.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>* Professeur de relations internationales au Coll\u00e8ge des forces canadiennes, et senior fellow \u00e0 l\u2019\u00c9cole des affaires publiques et internationales de l\u2019Universit\u00e9 York de Toronto.<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/contribution\/qui-en-a-decide-et-dans-quel-but-40082\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Dr Miloud Chennoufi(*)Il y aurait un \u00abHirak du samedi\u00bb ! Qui en a d\u00e9cid\u00e9 et dans quel but ? Personne ne semble le savoir. La probabilit\u00e9 demeure tr\u00e8s faible que ce soit une \u00e9volution spontan\u00e9e du mouvement populaire. La corr\u00e9lation entre les appels \u00e0 l\u2019escalade, ettass\u2019id, dans les r\u00e9seaux sociaux, et le \u00abHirak du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1741,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-78893","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78893","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1741"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78893"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78893\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78893"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78893"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78893"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}