{"id":80226,"date":"2020-03-26T10:39:20","date_gmt":"2020-03-26T14:39:20","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfcorona-mon-amour\/"},"modified":"2020-03-26T10:39:20","modified_gmt":"2020-03-26T14:39:20","slug":"%ef%bb%bfcorona-mon-amour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfcorona-mon-amour\/","title":{"rendered":"\ufeffCorona, mon amour"},"content":{"rendered":"<div>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>Des<br \/>\n&eacute;crivains &agrave; l&rsquo;heure du Covid-19<\/strong><\/p>\n<p style=\"color:#0a06e5\" class=\"has-text-color\"><strong>&laquo;Panique &agrave; bord &raquo;, pour reprendre le titre d&rsquo;un film hollywoodien, &nbsp;est l&rsquo;expression qui me vient &agrave; l&rsquo;esprit alors que le monde entier est &eacute;branl&eacute; par cette pand&eacute;mie caus&eacute;e par ce virus pernicieux appel&eacute; coronavirus ou Covid-19. La panique est g&eacute;n&eacute;rale. Elle n&rsquo;&eacute;pargne personne. Ni les cols blancs, ni les cols bleus, un abrasement de toutes les disparit&eacute;s, sociales autant qu&rsquo;&eacute;conomiques.Dor&eacute;navant, nous sommes tous log&eacute;s &agrave; la m&ecirc;me enseigne. Il faudrait penser alors &agrave; changer d&rsquo;algorithme.L&rsquo;affaire est grave. Elle n&eacute;cessite une solidarit&eacute; plan&eacute;taire, car il y a l&agrave; un enjeu de survie pour chacun de nous sur cette terre d&eacute;j&agrave; malmen&eacute;e par tant d&rsquo;inconscience et d&rsquo;individualisme exacerb&eacute;.<\/strong><\/p>\n<p>Quand l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;urgence sanitaire f&ucirc;t d&eacute;cr&eacute;t&eacute; dans notre pays, je fus soulag&eacute; de savoir que mes compatriotes seront contraints &agrave; une discipline que nous ne pratiquons que quand le makhzen brandit le b&acirc;ton, une habitude qui a la peau dure, h&eacute;las ! Faire respecter l&rsquo;ordre dans une soci&eacute;t&eacute; ravag&eacute;e par l&rsquo;analphab&eacute;tisme, l&rsquo;obscurantisme et le manque d&rsquo;&eacute;ducation est une gageure que les autorit&eacute;s auront sans doute du mal &agrave; gagner. Dans une soci&eacute;t&eacute; en effet o&ugrave; les ingr&eacute;dients de l&rsquo;ignorance sont nombreux et tenaces, vaincre une &eacute;pid&eacute;mie serait plus facile que de changer des mentalit&eacute;s forg&eacute;es par des ann&eacute;es de laxisme soci&eacute;tal et de politique de l&rsquo;autruche.<\/p>\n<p>Le r&eacute;sultat nous le connaissons, une soci&eacute;t&eacute; scl&eacute;ros&eacute;e et sourde aux appels du bon sens. Une soci&eacute;t&eacute; qui encombre d&eacute;sormais la toile de futilit&eacute;s et de fake news et qui s&rsquo;en d&eacute;lecte. Abdallah Laroui la nomme &laquo;ignorance num&eacute;rique&raquo;, plus pernicieuse que toute autre ignorance. Mais qui &eacute;coute aujourd&rsquo;hui l&rsquo;auteur de la &laquo;crise des intellectuels arabes&raquo; ?&nbsp; <\/p>\n<p>En r&eacute;alit&eacute;, j&rsquo;ai vu dans ce confinement impos&eacute; &agrave; une<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute; emp&ecirc;tr&eacute;e dans le superflu, une v&eacute;ritable&nbsp; aubaine. La fermeture des caf&eacute;s, des<br \/>\nrestaurants, des bars et des mosqu&eacute;es obligera les gens &agrave; rester chez eux. Ils<br \/>\npourront enfin, me dis-je, lire, s&rsquo;occuper des enfants, bricoler et que sais-je<br \/>\nencore? Cela permettra aux couples de se conna&icirc;tre un peu mieux mutuellement et<br \/>\nde s&rsquo;occuper l&rsquo;un de l&rsquo;autre. C&rsquo;est une opportunit&eacute; qui remettra sans doute de<br \/>\nl&rsquo;ordre dans les rapports sociaux qui, comme chacun le sait, se sont tellement<br \/>\ndistendus qu&rsquo;il faudrait, de mani&egrave;re urgente, remettre l&rsquo;humain au centre de<br \/>\nnos pr&eacute;occupations. <\/p>\n<p>Je ne suis pas dupe. La situation est beaucoup plus<br \/>\ncompliqu&eacute;e que cette vision idyllique d&rsquo;un intellectuel baignant dans la<br \/>\nr&ecirc;verie et l&rsquo;amour de l&rsquo;ordre et d&rsquo;une citoyennet&eacute; d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;e. Il y a des<br \/>\nraisons structurelles et politiques &agrave; ces d&eacute;faillances soci&eacute;tales que nous<br \/>\npeinons encore &agrave; juguler. C&rsquo;est d&rsquo;un nouveau mod&egrave;le de citoyen qu&rsquo;il s&rsquo;agit, la<br \/>\ncondition sine qua non pour r&eacute;ussir ce nouveau mod&egrave;le de d&eacute;veloppement que tout<br \/>\nle monde appelle de ses v&oelig;ux. <\/p>\n<p>En ce qui me concerne, l&rsquo;appel au confinement ne m&rsquo;a<br \/>\ngu&egrave;re perturb&eacute;. Etonnant, non&nbsp;!? Sans doute&nbsp;! Pourtant, c&rsquo;est ce<br \/>\nsentiment de &laquo;d&eacute;sint&eacute;ressement&raquo; qui m&rsquo;a effleur&eacute; l&rsquo;esprit. Il me semblait que cette<br \/>\nmesure restrictive ne me concernait pas et ne changerait rien &agrave; mes habitudes.Non<br \/>\npas que je manque de civisme, ni que cette pand&eacute;mie ne me terrifie au m&ecirc;me<br \/>\ntitre que l&rsquo;humanit&eacute; tout enti&egrave;re, mais en tant qu&rsquo;&eacute;crivain, le confinement a<br \/>\ntoujours &eacute;t&eacute; mon lot quotidien. Il y a bien longtemps en effet, &nbsp;que j&rsquo;ai choisi de me retirer dans un petit<br \/>\nvillage au bord de la M&eacute;diterran&eacute;e, l&agrave; o&ugrave; le silence &ndash; relatif certes car il<br \/>\nhiberne durant l&rsquo;&eacute;t&eacute;, envahi par cette cohorte de vacanciers bruyants et<br \/>\nindisciplin&eacute;s; un silence arrach&eacute; au temps et qui accompagne g&eacute;n&eacute;reusement mes<br \/>\njourn&eacute;es comme mes nuits,qu&rsquo;elles soient &eacute;toil&eacute;es ou t&eacute;n&eacute;breuses.En choisissant<br \/>\n&agrave; dessein le confinement, j&rsquo;ai opt&eacute; pour la protection de mon int&eacute;grit&eacute;, de la<br \/>\npr&eacute;servation de mon imagination des contenus superflus et des travers de la<br \/>\nquotidiennet&eacute;. &nbsp;Lire et &eacute;crire sont<br \/>\nd&eacute;sormais les compagnons ind&eacute;fectibles d&rsquo;une vie recluse face &agrave; la mer et les<br \/>\nespaces infinis. <\/p>\n<p>La lecture et l&rsquo;&eacute;criture ne sont-ils pas les enfants<br \/>\nde la solitude&nbsp;? Ils nous &eacute;loignent des plaisirs de la vie, m&ecirc;me si elles<br \/>\nsont elles-m&ecirc;mes un vrai plaisir. La contemplation de la nature autant que celle<br \/>\ndes humains a besoin parfois de confinement pour mieux les appr&eacute;cier, d&rsquo;une<br \/>\nretraite o&ugrave; l&rsquo;esprit peut naviguer &agrave; sa guise dans les territoires de<br \/>\nl&rsquo;imaginaire, de la libert&eacute; g&eacute;n&eacute;ratrice d&rsquo;une parole autre parce qu&rsquo;empreinte<br \/>\nde po&eacute;sie et de v&eacute;rit&eacute;. Pour Margurite Duras, l&rsquo;auteure de &laquo;L&rsquo;Amant et de Hiroshima mon amour&raquo;, si la solitude est la condition de<br \/>\nl&rsquo;&eacute;criture, il n&rsquo;en reste pas moins qu&rsquo;elle &eacute;prouve pour elle un sentiment<br \/>\nambigu&nbsp;: elle en a peur comme elle en a vivement besoin&nbsp;; un<br \/>\nsentiment qu&rsquo;&eacute;prouve tout un chacun en ces moments difficiles et angoissants.<\/p>\n<p>Le confinement d&rsquo;un &eacute;crivain ne saurait ressembler &agrave; cette quarantaine g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e d&rsquo;une population dont la majorit&eacute; est soucieuse avant tout du pain quotidien. Appeler cette cat&eacute;gorie de la soci&eacute;t&eacute; &agrave; lire, c&rsquo;est hurler dans le d&eacute;sert de l&rsquo;illettrisme et de l&rsquo;indigence.Qu&rsquo;importe ! Si la nourriture de l&rsquo;esprit ne peut concerner qu&rsquo;une partie, m&ecirc;me minime, de la soci&eacute;t&eacute; marocaine, lettr&eacute;e et consciente de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la Culture pour l&rsquo;&eacute;panouissement de la personne humaine, proposons-la. Pour cette cat&eacute;gorie au moins, je propose quelques livres pour lui tenir compagnie durant ce rude moment automnal o&ugrave; l&rsquo;humanit&eacute; enti&egrave;re assiste incapable &agrave; la chute inexorable des feuilles mortes et qui est en train de la recouvrir de son manteau l&eacute;tal. Alors, lire pour grandir. Lire pour nous supporter les uns les autres.<\/p>\n<p>Et avant de lire, &eacute;coutons le p&egrave;re de Gr&eacute;goire Samsa, Franz Kafka, qui nous conseille ceci : &laquo;Il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire que tu sortes de la maison. Reste &agrave; la table et &eacute;coute. N&rsquo;&eacute;coute m&ecirc;me pas, attends seulement. N&rsquo;attends m&ecirc;me pas, sois abondamment silencieux et seul. Le monde viendra s&rsquo;offrir &agrave; toi pour que tu le d&eacute;masques, il ne peut faire autrement, extasi&eacute;. Il se tordra devant toi&raquo;.<\/p>\n<p>Et en attendant, lis, dirais-je. Lis: &laquo;Profession romancier&raquo; de Haruki Murakami&raquo;, Une machine comme moi&raquo; de Ian McSwan, &laquo;Les pistaches d&rsquo;Abou Al Alaa&raquo; de Abdelfattah Kilito, &laquo;Sur la route&raquo; de Jacques Kerouac, &laquo;Les voix de Marrakech&raquo; d&rsquo;Elias Canetti et mon livre Un d&eacute;sir de culture.<\/p>\n<p style=\"text-align:right\"><strong>Par<br \/>\nAhmed Massaia<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:right\"><strong>Oued Laou 23 mars 2020<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;article <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFcorona-mon-amour.html\">&#65279;Corona, mon amour<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/\">ALBAYANE<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFcorona-mon-amour.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des &eacute;crivains &agrave; l&rsquo;heure du Covid-19 &laquo;Panique &agrave; bord &raquo;, pour reprendre le titre d&rsquo;un film hollywoodien, &nbsp;est l&rsquo;expression qui me vient &agrave; l&rsquo;esprit alors que le monde entier est &eacute;branl&eacute; par cette pand&eacute;mie caus&eacute;e par ce virus pernicieux appel&eacute; coronavirus ou Covid-19. 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