{"id":80799,"date":"2020-03-31T05:37:50","date_gmt":"2020-03-31T09:37:50","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/village-de-sankouy-l-ancetre-oublie-de-ouagadougou\/"},"modified":"2020-03-31T05:37:50","modified_gmt":"2020-03-31T09:37:50","slug":"village-de-sankouy-l-ancetre-oublie-de-ouagadougou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/village-de-sankouy-l-ancetre-oublie-de-ouagadougou\/","title":{"rendered":"Village de Sankouy:  l&rsquo;\u00a0\u00bbanc\u00eatre\u00a0\u00bb oubli\u00e9 de Ouagadougou"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?fit=692%2C520&amp;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"692\" height=\"520\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?resize=692,520&amp;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?w=692&amp;ssl=1 692w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?resize=559%2C420&amp;ssl=1 559w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/ancetre31.jpg?resize=600%2C451&amp;ssl=1 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 692px) 100vw, 692px\" alt=\"\" title=\"ancetre31\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Le village de Sankouy (province du Kadiogo), dont l\u2019un des clans descend de Naaba Oubri, a jou\u00e9 un r\u00f4le central dans l\u2019ancien empire des Moss\u00e9s. Les gardiens des f\u00e9tiches du Moogho y habitaient. A l\u2019origine de l\u2019actuel Ouagadougou, cette localit\u00e9 situ\u00e9e entre les quartiers Wemtenga et Dagno\u00ebn, est aujourd\u2019hui m\u00e9connue ou rel\u00e9gu\u00e9e aux oubliettes.<\/strong><\/p>\n<p>Face \u00e0 la perte des valeurs traditionnelles, et de l\u2019oubli progressif de son histoire, les gardiens de la tradition du \u00ab\u00a0village\u00a0\u00bb de Sankouy (province du Kadiogo) veulent transmettre, depuis quelques temps, aux filles et fils de la localit\u00e9 (situ\u00e9e entre les quartiers Wemtenga et Dagno\u00ebn), les us et coutumes ancestraux. Selon Paul Victor Guiatin, originaire de Sankouy, il s\u2019agit d\u2019un devoir de restitution des faits, et qui ont marqu\u00e9, par ailleurs, le royaume mossi de Wogodogo. A l\u2019entendre, le combat actuel de Sankouy est de d\u00e9velopper la conscience historique de son patrimoine culturel. \u00ab\u00a0De nombreux faits et lieux sacr\u00e9s n\u2019ont pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l\u2019usure du temps et de la modernit\u00e9. Nous devons donc tout mettre en \u0153uvre afin que tous les ressortissants de Sankouy, et les Burkinab\u00e8 de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, s\u2019approprient nos traditions et coutumes respectives\u00a0\u00bb, explique-t-il. L\u2019occasion faisant le larron, la modernit\u00e9, poursuit-il, a permis aux anciens de partager les faits marquants, et les traditions ancestrales de Sankouy avec le reste du Moogho (espace territorial du royaume Mossi, ndlr). Le Sankouy se devait, en outre, de faire, fait-il remarquer, un travail de remise \u00e0 jour.<br \/>\u00ab\u00a0C\u2019est une restitution de la m\u00e9moire du clan, de la pr\u00e9servation de ses lieux de rituels, et de l\u2019histoire de Sankouy, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n<p>Les sandales en caoutchouc<\/p>\n<p>La chefferie de Sankouy, relate-t-il, a \u00e9t\u00e9 interrompue, il y a environ une centaine d\u2019ann\u00e9es. Pour lui, peu de gens, aujourd\u2019hui, savent que Sankouy est l&rsquo;\u00a0\u00bbanc\u00eatre\u00a0\u00bb de Ouagadougou, l\u2019actuelle capitale burkinab\u00e8. Dans son r\u00e9cit, M. Guiatin rapporte que Ouagadougou \u00e9tait, \u00e0 l\u2019origine, peupl\u00e9 par les autochtones \u00abNinssi \u00bb. Cette zone \u00e9tait convoit\u00e9e, commente-t-il, par Naaba Oubri, le chef craint et connu pour ses hauts faits de guerre. Et les Ninssi \u00e9taient, dit-il, conscients de sa vaillance. \u00ab\u00a0Afin de se pr\u00e9munir contre toute agression ext\u00e9rieure, les habitants de Sankouy ont entour\u00e9 leur village d\u2019un cordon d\u2019arbres \u00e9pineux. Toute invasion a \u00e9t\u00e9 donc pendant longtemps impossible\u00a0\u00bb, affirme M. Guiatin. A l\u2019\u00e9poque, les bottes et les chaussures, souligne-t-il, n\u2019existaient pas. Car, il fallait, explique-t-il, des sandales en caoutchouc pour traverser cette muraille d\u2019\u00e9pines. Une \u00ab\u00a0banale\u00a0\u00bb histoire d\u2019amour, confie-t-il, viendra, malheureusement, mettre fin \u00e0 cette invincibilit\u00e9 de Sankouy. Une idylle liait, en effet, un jeune homme du royaume de Sankouy et une jeune fille originaire de Oubritenga, o\u00f9 r\u00e9gnait le redoutable Naaba Oubri. En fin strat\u00e8ge, le monarque se servira de cette histoire amoureuse pour s\u2019emparer de Sankouy. Instrumentalis\u00e9e, la jeune fille usera de moult subterfuges, notamment ses charmes pour mettre la main sur les chaussures en caoutchouc de son amoureux. C\u2019est ainsi que les artisans d\u2019Oubritenga r\u00e9ussirent \u00e0 \u00ab\u00a0copier\u00a0\u00bb le mod\u00e8le, et \u00e0 en confectionner une grande quantit\u00e9 pour l\u2019arm\u00e9e du royaume. Naaba Oubri conquerra donc sans coup f\u00e9rir Sankouy\u2026 Selon Paul Victor Guiatin, les sacrifices annuels de Sankouy se tenaient sur le site actuel du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST). Le clan de sankouy administrait chaque ann\u00e9e des sacrifices en cet endroit. Il indique que \u00ab Sankouy\u00bb \u00e9tait le premier fils de son p\u00e8re. Elev\u00e9 chez ses parents maternels, il a re\u00e7u des initiations. Il \u00e9tait tr\u00e8s puissant sur le plan des f\u00e9tiches. En tant qu\u2019a\u00een\u00e9, il \u00e9tait celui qui devait h\u00e9riter du royaume.<\/p>\n<p>La r\u00e8gle ind\u00e9niable<\/p>\n<p>Une charge qu\u2019il refusa pour se consacrer aux f\u00e9tiches et garder les lieux sacr\u00e9s. Avant la prise du pouvoir, il se chargea de pr\u00e9parer mystiquement son fr\u00e8re cadet. L\u2019anc\u00eatre de Sankouy-Naaba a choisi un lieu appel\u00e9 \u00ab Sankouy \u00bb pour le rituel de cons\u00e9cration au tr\u00f4ne. En r\u00e9alit\u00e9, laisse entendre M. Guiatin, c\u2019est le grand fr\u00e8re qui a dirig\u00e9 Sankouy et le fr\u00e8re cadet a dirig\u00e9 le Moogho. Thomas d\u2019Aquin Ou\u00e9draogo est lui, aussi, originaire de Sankouy. Descendant du fils a\u00een\u00e9, il est le gardien des traditions. Il a surtout la charge de mener les rituels dans des lieux sacr\u00e9s. Il est \u00ab\u00a0Nakoms\u00e9\u00a0\u00bb (serviteur du roi, en langue nationale moor\u00e9, ndlr). La responsabilit\u00e9 du \u00ab Nakoms\u00e9 \u00bb, soutient-il, est de g\u00e9rer les sorties des masques lors des c\u00e9r\u00e9monies.<br \/>L\u2019organisation des diff\u00e9rents rites, fait-il savoir, qui se d\u00e9roule lors des fun\u00e9railles \u00e0 travers des sacrifices, fait partie des privil\u00e8ges des \u00ab\u00a0Nakoms\u00e9\u00a0\u00bb. Dans l\u2019organisation sociopolitique du royaume mossi, poursuit-il, l\u2019on d\u00e9nombre plusieurs clans dont le \u00ab Sankouy \u00bb qui a eu l\u2019avantage d\u2019\u00eatre le premier. Entre le XVIIe et le XVIIIe si\u00e8cle, narre-t-il, la notion de territoire ne se posait pas. \u00ab Seul le Moogho Naaba \u00e9tait habilit\u00e9 \u00e0 d\u00e9limiter son royaume \u00bb, soutient-il. Avec le temps, raconte-t-il, des villages se sont constitu\u00e9s. \u00ab Apr\u00e8s chaque occupation de lieu, tout habitant sait qui est autochtone \u00bb, insiste-t-il avant d\u2019appuyer que dans l\u2019histoire de toute tradition africaine, la r\u00e8gle ind\u00e9niable est qu\u2019il est impossible de faire des sacrifices sur les terres d\u2019autrui. Les zones sacr\u00e9es \u00e9taient sous la responsabilit\u00e9 du Sankouy. Cette assertion est confirm\u00e9e par le Baloum Naaba, interpr\u00e8te du chef de clan. Il regrette, cependant que de nos jours, le r\u00f4le de la lign\u00e9e demeure imperceptible, voire rel\u00e9gu\u00e9 aux oubliettes. Cette situation, estime-t-il, est \u00e0 la fois due aux p\u00e9rip\u00e9ties de l\u2019histoire du royaume moaga, et de l\u2019av\u00e8nement de la modernit\u00e9.<\/p>\n<p>Des sites \u00e0 prot\u00e9ger<\/p>\n<p>Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, l\u2019observance des rites sacr\u00e9s ancestraux, laisse-t-il entendre, se poursuit au sein du clan de Sankouy. \u00abDans l\u2019ann\u00e9e, nous avons deux rites. L\u2019un dans le mois de mai et l\u2019autre en d\u00e9cembre y compris le Nabasga \u00bb, d\u00e9taille le \u00ab\u00a0Premier ministre\u00a0\u00bb du Sankouy Naaba. L\u2019essence des sacrifices coutumiers, indique le Baloum Naaba, est de demander aux anc\u00eatres, la b\u00e9n\u00e9diction et la protection du royaume. Honorer ces diff\u00e9rents rituels, explique-t-il, rel\u00e8ve des pr\u00e9rogatives du patriarche de Sankouy. \u00abLe rituel le plus important est le tinss\u00e9 \u00bb, souligne-t-il avant de pr\u00e9ciser que c\u2019est une f\u00eate o\u00f9 sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9s les anc\u00eatres.<br \/>\u00ab\u00a0La famille en charge de la tenue des rites est le clan de Sankouy\u00a0\u00bb, relate-t-il. Le dernier rituel de \u00abtinss\u00e9 \u00bb, rappelle-t-il, remonte aux ann\u00e9es 1972-1973, lors de la s\u00e9cheresse. Ces rites se d\u00e9roulaient, r\u00e9v\u00e8le-t-il, \u00e0 divers endroits de la ville de Ouagadougou. Ils sont aujourd\u2019hui envahis ou entour\u00e9s par des infrastructures modernes. Il s\u2019agit d\u2019un lieu de sacrifice \u00e0 Wemtenga, \u00e0 Dagnoen, du site du Lyc\u00e9e technique de Ouagadougou, de l\u2019actuel emplacement du CNRST, du Trypano, de l\u2019Institut fran\u00e7ais, de la Primature, de Tangzugu \u00e0 l\u2019a\u00e9roport, \u00e0 100 m de la cour du Moogho Naaba, \u00e0 Saint L\u00e9on, au camp Guillaume Ou\u00e9draogo.<br \/>De son c\u00f4t\u00e9, le Baloum Naaba lance un cri de c\u0153ur pour la protection de ces lieux et la p\u00e9rennisation des us et coutumes de Sankouy. \u00ab Depuis belle lurette, les sacrifices se poursuivent sans interruption \u00bb, soutient l\u2019interpr\u00e8te du chef du patriarche de Sankouy. Plusieurs autres sites o\u00f9 avaient lieu autrefois les rites et sacrifices sont, aux dires de M. Ou\u00e9draogo, dispers\u00e9s \u00e0 travers les quartiers de la capitale. A son avis, ces lieux hautement sacr\u00e9s et historiques doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s. Ces endroits sacr\u00e9s, affirme-t-il, ont sur le plan historique, soit port\u00e9 la chance, soit accueilli des rencontres d\u00e9cisifs, ou des tombes royales.<\/p>\n<p>Achille ZIGANI<br \/>(Collaborateur)<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_30_44e td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9623\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Projet-bannie\u0300re-Orange-mobile.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"81\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/03\/31\/village-de-sankouy-lancetre-oublie-de-ouagadougou\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le village de Sankouy (province du Kadiogo), dont l\u2019un des clans descend de Naaba Oubri, a jou\u00e9 un r\u00f4le central dans l\u2019ancien empire des Moss\u00e9s. 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