{"id":81251,"date":"2020-04-05T10:41:47","date_gmt":"2020-04-05T14:41:47","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/abdelhadi-said-solitude\/"},"modified":"2020-04-05T10:41:47","modified_gmt":"2020-04-05T14:41:47","slug":"abdelhadi-said-solitude","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/abdelhadi-said-solitude\/","title":{"rendered":"Abdelhadi Sa\u00efd : Solitude"},"content":{"rendered":"<div>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>&nbsp;Des &eacute;crivains &agrave; l&rsquo;heure de Covid-19<\/strong><\/p>\n<p style=\"color:#2506e5\" class=\"has-text-color\"><strong>A l&rsquo;hiver 1933, les troupes coloniales encerclent le mont Saghro, pr&ecirc;tes &agrave; le prendre par tous les moyens. Un mois et demi de bombardements, soixante mille combattants, trois g&eacute;n&eacute;raux, une quarantaine de Potez 25. En face se dressent les hommes et les femmes de la tribu d&rsquo;A&iuml;t-Atta, arm&eacute;s de mokahlas et de foi patriotique.<\/strong><\/p>\n<p>Allong&eacute; sur son lit, Khalid regarde une version pirat&eacute;e de Bougafer<em> 33<\/em>, documentaire &agrave; la gloire de cette bataille des braves.<\/p>\n<p>Pour son d&icirc;ner solitaire, il a<br \/>\nd&rsquo;abord envisag&eacute; de frire trois soles, de taille moyenne, achet&eacute;es le matin &agrave;<br \/>\nla poissonnerie du coin. Mais la besogne lui para&icirc;t tout &agrave; coup hors<br \/>\nd&rsquo;atteinte. En fin de compte, il opte pour un simple plat de frites, sans doute<br \/>\nsous l&rsquo;influence d&rsquo;un article lu plus t&ocirc;t dans la journ&eacute;e. A en croire une<br \/>\n&eacute;tude scientifique commandit&eacute;e par le British Potato Council, manger des frites<br \/>\ndope le moral. &Ccedil;a tombe bien, Narjiss et lui viennent de divorcer.<\/p>\n<p>En haut Atlas, les r&eacute;sistants luttent<br \/>\n&agrave; corps perdu pour leurs terres, leur honneur. Khalid appuie sur la touche<br \/>\nPause, prend une grosse poign&eacute;e de frites congel&eacute;es, jette les b&acirc;tonnets dans<br \/>\nl&rsquo;huile bouillante, puis regagne son lit et poursuit le visionnage.<\/p>\n<p>Sous ses dehors paisibles, la frite<br \/>\nest un grand sujet de discorde. Les historiens ne cessent de s&rsquo;&eacute;triper sur son<br \/>\norigine, sa gen&egrave;se.<\/p>\n<p>La Meuse est gel&eacute;e, en ce lointain<br \/>\njour de l&rsquo;ann&eacute;e 1680. Les petits p&ecirc;cheurs namurois pestent contre le vent<br \/>\nglacial, inconsolable de ne pouvoir croquer &agrave; midi leur menu fretin habituel.<br \/>\nUn des leurs, pourtant, pr&eacute;pare son bain de friture de tous les jours, comme si<br \/>\nde rien n&rsquo;&eacute;tait. Mieux vaut allumer sa po&ecirc;le que maudire le froid polaire. Pour<br \/>\nla premi&egrave;re fois dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;, quelqu&rsquo;un jette dans de la<br \/>\ngraisse bouillante des patates patiemment pel&eacute;es et d&eacute;coup&eacute;es en morceaux.<br \/>\nCeux-ci imitent, dit-on, les poissons ch&eacute;tifs et minuscules de la Meuse.<\/p>\n<p>Il est bien connu que les Parisiens, de leur c&ocirc;t&eacute;, revendiquent mordicus la paternit&eacute; de la frite. Les b&acirc;tonnets dor&eacute;s sont n&eacute;s au bord de la Seine, au lendemain de la R&eacute;volution. Oui, bien s&ucirc;r. Cela dit, si Khalid s&rsquo;est rabattu sur la patate au d&eacute;triment du poisson, cela ne signifie nullement qu&rsquo;il se range du c&ocirc;t&eacute; wallon. Dans cette affaire, son unique certitude est que l&rsquo;inventeur de la frite, qu&rsquo;il soit belge, fran&ccedil;ais ou liechtensteinois, a eu infiniment plus de r&eacute;ussite que lui ce soir-l&agrave;.<\/p>\n<p>Tout &agrave; son documentaire &eacute;pique, il a laiss&eacute; lamentablement br&ucirc;ler les pommes de terre. Alors que ce cuisinier d&rsquo;autrefois a fond&eacute; une tradition mondiale qui perdure jusqu&rsquo;&agrave; nos jours, il n&rsquo;est parvenu, lui, qu&rsquo;&agrave; &eacute;viter de justesse un incendie. Avec d&eacute;solation, il regarde le fond calcin&eacute; de la po&ecirc;le. Il agite ses deux mains, face &agrave; l&rsquo;&eacute;paisse fum&eacute;e qui a envahi les lieux. &laquo;C&rsquo;est prouv&eacute;, affirme l&rsquo;article, les frites, &ccedil;a rend heureux &raquo;. Pour ne rien g&acirc;cher, la fen&ecirc;tre coulissante de la cuisine est coinc&eacute;e depuis une semaine. &laquo; Je passerai demain&raquo;, a r&eacute;p&eacute;t&eacute; inlassablement le menuisier aluminium, en r&eacute;ponse aux appels quotidiens de Khalid.<\/p>\n<p>Les deux camps comptent leurs morts.<br \/>\nEn d&eacute;pit d&rsquo;un blocus terrible, les montagnards n&eacute;gocient l&rsquo;arr&ecirc;t des<br \/>\nhostilit&eacute;s, armes &agrave; la main, dictant &agrave; l&rsquo;occasion quelques exigences. Khalid<br \/>\ns&rsquo;endort &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la t&eacute;l&eacute;commande, l&rsquo;estomac &agrave; sec.<\/p>\n<p><strong>Samedi matin<\/strong><\/p>\n<p>Khalid erre un bon moment chez lui,<br \/>\nrue des Anglais.Il d&eacute;ambule sans but entre les pi&egrave;ces o&ugrave;<br \/>\nr&egrave;gne le calme. Tous les recoins sentent encore le roussi.<\/p>\n<p>Par intermittence, il entend les<br \/>\nenfants des voisins s&rsquo;agiter bruyamment dans la cour.<\/p>\n<p>Il allume sa tablette. Au gr&eacute; des<br \/>\nclics, un article sur le bonheur d&rsquo;&ecirc;tre seul s&rsquo;affiche &agrave; l&rsquo;&eacute;cran. Il le<br \/>\nparcourt, sans conviction. Dans un encart au milieu de la page, des liens<br \/>\nl&rsquo;incitent &agrave; &laquo;&nbsp;<em>lire aussi<\/em>&nbsp;&raquo; d&rsquo;autres contenus. L&rsquo;un d&rsquo;eux fait<br \/>\n&eacute;cho &agrave; une &eacute;tude am&eacute;ricaine sur les m&eacute;faits de l&rsquo;isolement social<br \/>\nchronique&nbsp;: connexions neuronales perturb&eacute;es, rar&eacute;faction du sommeil<br \/>\nprofond, appauvrissement de la fonction immunitaire.<\/p>\n<p>Vers midi, l&rsquo;odeur d&rsquo;un rago&ucirc;t<br \/>\nfamilial mijot&eacute; dans l&rsquo;immeuble parvint jusqu&rsquo;&agrave; son nez.<\/p>\n<p>Il sort, en refermant sa porte avec<br \/>\ncalme.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s avoir roul&eacute; quelques kilom&egrave;tres<br \/>\nsur l&rsquo;avenue Hassan II, il se retrouve aux abords du parvis nord de la nouvelle<br \/>\ngare ferroviaire de Rabat-Agdal. Attir&eacute; par l&rsquo;allure engageante de la rampe<br \/>\nd&rsquo;acc&egrave;s, il s&rsquo;engouffre dans le parking souterrain. Un ascenseur le transporte<br \/>\njusqu&rsquo;au hall d&rsquo;entr&eacute;e.<\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;difice flambant neuf grouille de<br \/>\nmonde. Les jeunes &eacute;tudiantes lui semblent majoritaires, ce qui n&rsquo;est peut-&ecirc;tre<br \/>\nqu&rsquo;une impression trompeuse, due &agrave; un biais affectif.<\/p>\n<p>La brochure de l&rsquo;ONCF, publi&eacute;e au<br \/>\nlancement du nouvel &eacute;difice, met l&rsquo;accent sur &laquo;<em>une mutation<br \/>\nmorpho-fonctionnelle et sociale, des services diversifi&eacute;s &agrave; m&ecirc;me de satisfaire<br \/>\nau mieux les attentes des voyageurs et des visiteurs<\/em>&raquo;. Qu&rsquo;en est-il des<br \/>\nr&ocirc;deurs&nbsp;?, se demande-t-il. Visiblement, cette derni&egrave;re cat&eacute;gorie, dont il<br \/>\nse consid&egrave;re comme un digne repr&eacute;sentant, a &eacute;t&eacute; pass&eacute;e sous silence.<\/p>\n<p>La gare est l&rsquo;&oelig;uvre de Youssef<br \/>\nMelehi, fils du c&eacute;l&egrave;bre peintre. Ce jeune architecte natif de Madrid s&rsquo;&eacute;tait<br \/>\nillustr&eacute; en r&eacute;alisant la nouvelle gare ferroviaire de Marrakech, la gare LGV de<br \/>\nTanger, mais aussi le nouveau service d&rsquo;oncologie gyn&eacute;co-mammaire de Rabat. On<br \/>\npeut y fouler des reproductions de cellules canc&eacute;reuses, vues au microscope.<\/p>\n<p>Khalid arpente le dallage lustr&eacute;,<br \/>\ntra&icirc;ne le long des devantures des franchises, prend plusieurs escaliers<br \/>\nroulants, montants et descendants.<\/p>\n<p>Il passe devant une billetterie<br \/>\nautomatique, s&rsquo;arr&ecirc;te, attend son tour, ach&egrave;te un aller simple pour K&eacute;nitra, &agrave;<br \/>\ntout hasard.<\/p>\n<p>Il prend place dans la salle<br \/>\nd&rsquo;embarquement.<\/p>\n<p>Au moment de s&rsquo;installer dans la<br \/>\nlocomotive, il vient en aide &ndash; un grand classique de la drague en train &ndash; &agrave;<br \/>\ndeux &eacute;tudiantes de l&rsquo;ENCG, en pla&ccedil;ant sur le porte-bagages, non sans peine,<br \/>\nleurs lourdes valises, &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence bourr&eacute;es de polycopi&eacute;s.<\/p>\n<p>L&rsquo;une d&rsquo;elle avait les traits<br \/>\nvilains, l&rsquo;autre &eacute;tait tr&egrave;s jolie &ndash; le tandem fusionnel typique d&rsquo;&eacute;tudiantes de<br \/>\npremi&egrave;re ann&eacute;e. Cette derni&egrave;re pr&eacute;cision a toute son importance, car au fil des<br \/>\nsemestres, la relation entre la miss &eacute;gocentrique et le boudin jaloux finit<br \/>\ninvariablement par tourner au vinaigre.<\/p>\n<p>Le LGV s&rsquo;arr&ecirc;te. Les deux &eacute;tudiantes<br \/>\net lui descendent. La nouvelle gare de K&eacute;nitra est tout aussi imposante. &laquo;<em>Son<br \/>\npont habit&eacute;<\/em>, pr&eacute;cise la brochure, <em>profite de son r&ocirc;le de jonction entre<br \/>\nla partie nord et la partie sud pour un drainage r&eacute;gulier des flux de<br \/>\nvoyageurs\/chalands<\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>Khalid traverse le pont habit&eacute;. Il se<br \/>\nsent drain&eacute;. Merci, ONCF&nbsp;!<\/p>\n<p>C&rsquo;est une journ&eacute;e ensoleill&eacute;e. Les<br \/>\n&eacute;tudiantes montent dans une Ford Mondeo, la jolie devant. Elle embrasse<br \/>\nfurtivement sur la bouche le conducteur, un cinquantenaire &agrave; l&rsquo;allure<br \/>\nclinquante.<\/p>\n<p>Dans le voisinage imm&eacute;diat de la<br \/>\ngare, Khalid est happ&eacute; par une gigantesque tente, celle de la 3<sup>&egrave;me<\/sup><br \/>\n&eacute;dition du festival national des fruits rouges, organis&eacute;e par Interproberries<br \/>\nMaroc.<\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;v&egrave;nement correspond parfaitement &agrave;<br \/>\nl&rsquo;un des objectifs pr&ocirc;n&eacute;s par l&rsquo;ONCF&nbsp;: &laquo;<em>L&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;un quartier<br \/>\nd&rsquo;affaires autour de la gare pour accompagner l&rsquo;essor socio-&eacute;conomique de la<br \/>\nprovince<\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>Khalid d&eacute;ambule entre fraises et<br \/>\nmyrtilles, tourne plusieurs fois en rond avant de d&eacute;boucher &agrave; proximit&eacute; d&rsquo;un<br \/>\nstand d&rsquo;arachides. La jeune h&ocirc;tesse d&rsquo;accueil aper&ccedil;ue l&rsquo;instant d&rsquo;avant avait<br \/>\ndisparu, seules sont &eacute;troitement assises l&agrave;, sur une banquette en retrait, cinq<br \/>\nou six bonnes femmes v&ecirc;tues de djellabas, un badge autour du cou &ndash; probablement<br \/>\ntoutes membres de la m&ecirc;me coop&eacute;rative.<\/p>\n<p>Il se met &agrave; caresser les pots de<br \/>\np&acirc;te, les sacs de cacahu&egrave;tes en coque. L&rsquo;une des dames s&rsquo;avance. &laquo;Il y a deux<br \/>\nsortes de pots, de volume identique, explique-t-elle, l&rsquo;un &agrave; 20 dirhams,<br \/>\nl&rsquo;autre &agrave; 25&raquo;.<\/p>\n<p>En se rem&eacute;morant cette sc&egrave;ne lors du<br \/>\ntrajet du retour, Khalid ne se souvient plus lequel des deux pots &eacute;tait plus<br \/>\ncher que l&rsquo;autre, selon que les arachides &eacute;taient &eacute;pluch&eacute;es ou pas.<\/p>\n<p>Car d&rsquo;une part, le t&eacute;gument des<br \/>\ncacahu&egrave;tes est riche en antioxydants, d&rsquo;autre part, une &eacute;plucheuse d&rsquo;arachides<br \/>\nen fer-blanc made in China co&ucirc;te entre 500 et 3000 dollars.<\/p>\n<p>Autrement dit, le surco&ucirc;t de 5<br \/>\ndirhams est-il d&ucirc; &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t nutritionnel de ces fines pellicules rouges qui<br \/>\nentourent les graines ovo&iuml;des, ou se justifie-t-il, plut&ocirc;t, par l&rsquo;effort d&rsquo;&eacute;pluchage<br \/>\nde ces m&ecirc;mes pellicules?<\/p>\n<p>Quant &agrave; comprendre ce que fabriquait<br \/>\ncette ol&eacute;agineuse parmi les fruits rouges&hellip; De par son activit&eacute; chez les<br \/>\ndouanes, il s&rsquo;&eacute;tait fait &agrave; ce type d&rsquo;abus de langage. Prenez l&rsquo;ASPRAM. On peut<br \/>\n&ecirc;tre l&rsquo;interprofessionnelle vitivinicole la plus repr&eacute;sentative et s&rsquo;appeler,<br \/>\nsobrement, <em>Association des producteurs du raisin<\/em>&nbsp;! Du vin produit<br \/>\nau Maroc, vous rigolez!<\/p>\n<p>Berc&eacute; par le mouvement monotone du<br \/>\ntrain, il pense &agrave; Khadija, l&rsquo;h&ocirc;tesse d&rsquo;accueil.A son troisi&egrave;me passage devant<br \/>\nle stand, elle avait fini par r&eacute;appara&icirc;tre.Il lui avait discr&egrave;tement remis sa<br \/>\ncarte de visite.<\/p>\n<p>Ce midi, en sortant de chez lui, il<br \/>\navait gliss&eacute; dans son portefeuille une bonne douzaine de cartes. A pr&eacute;sent, il<br \/>\nn&rsquo;en reste plus que deux ou trois. A ce rythme, sa dotation va bient&ocirc;t<br \/>\ns&rsquo;&eacute;puiser. Il pense d&eacute;j&agrave; &agrave; la r&eacute;action de sa coll&egrave;gue du service de la<br \/>\ncommunication, lorsqu&rsquo;il voudra redemander un paquet de cent.<\/p>\n<p>Mais mon cher monsieur, on vient de<br \/>\nvous fabriquer un paquet de cents!<\/p>\n<p>Oui, je sais bien, mais<br \/>\nque voulez-vous, madame, nous n&rsquo;arr&ecirc;tons pas ces derniers temps de recevoir des<br \/>\nd&eacute;l&eacute;gations &eacute;trang&egrave;res&nbsp;! Et les Africains, madame, les Africains, ils<br \/>\nviennent toujours en force, vous le savez aussi bien que moi&nbsp;! Vous-m&ecirc;mes<br \/>\n&agrave; lacom, vous ne faites plus que &ccedil;a, publier des communiqu&eacute;s de presse &agrave; la<br \/>\ngloire de l&rsquo;Afrique&nbsp;!<\/p>\n<p><strong>Mais tout de m&ecirc;me&hellip;<\/strong><\/p>\n<p>Ecoutez-moi bien, la<br \/>\npolitique africaine du Maroc, ce n&rsquo;est pas moi qui la d&eacute;cr&egrave;te, c&rsquo;est notre roi<br \/>\nqui a d&eacute;cid&eacute; un beau jour que nous devrions regagner l&rsquo;Union Africaine.<br \/>\nSouvenez-vous de ses paroles du 31 janvier 2017, souvenez-vous du discours<br \/>\nhistorique d&rsquo;Addis-Abeba&nbsp;!&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Il est beau, le jour o&ugrave; l&rsquo;on<br \/>\nrentre chez soi, apr&egrave;s une trop longue absence ! Il est beau, le jour o&ugrave; l&rsquo;on<br \/>\nporte son c&oelig;ur vers le foyer aim&eacute; ! L&rsquo;Afrique est Mon Continent, et Ma<br \/>\nmaison.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>A ces mots royaux Khalid<br \/>\nn&rsquo;ajouterait rien, un bref silence se ferait, puis la coll&egrave;gue c&eacute;derait.<\/p>\n<p>D&rsquo;accord, monsieur<br \/>\nKhalid. Vous aurez votre paquet de cent.<\/p>\n<p><strong>Je vous remercie&nbsp;! A bient&ocirc;t!<\/strong><\/p>\n<p>Titulaire d&rsquo;un dipl&ocirc;me de<br \/>\ntechnicienne sp&eacute;cialis&eacute;e en comptabilit&eacute;, Khadija &eacute;tait &eacute;galement<br \/>\nmembre&nbsp;de la coop&eacute;rative, l&rsquo;accueil n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;une parmi nombre de ses<br \/>\nt&acirc;ches.<\/p>\n<p>La comptabilit&eacute; n&rsquo;est pas<br \/>\nun m&eacute;tier facile. Il imaginait bien Khadija se gratter la t&ecirc;te en tentant de<br \/>\ncomptabiliser l&rsquo;&eacute;plucheuse chinoise selon le nouveau plan sp&eacute;cifique aux<br \/>\ncoop&eacute;ratives. S&rsquo;agissant d&rsquo;un outillage, il faut savoir d&eacute;terminer les bons<br \/>\ncomptes d&rsquo;immobilisation &agrave; d&eacute;biter, le bon compte de fourniture &agrave; cr&eacute;diter, il<br \/>\nfaut savoir amortir l&rsquo;&eacute;plucheuse &agrave; la cl&ocirc;ture de l&rsquo;exercice, il est imp&eacute;ratif<br \/>\nde ne pas omettre les frais accessoires, qu&rsquo;ils soient support&eacute;s au titre de<br \/>\nl&rsquo;achat ou de la mise en service, etc. C&rsquo;est &agrave; se demanders&rsquo;il ne vaut pas<br \/>\nmieux &eacute;plucher les cacahu&egrave;tes &agrave; la main&hellip;<\/p>\n<p>Le train est &agrave; pr&eacute;sent<br \/>\nbien loin de K&eacute;nitra. Khalid interroge le moteur de recherche pour en apprendre<br \/>\ndavantage sur Souk Arbaa El Gharb, ville perdue o&ugrave; se trouve la coop&eacute;rative<br \/>\nd&rsquo;arachides. En t&ecirc;te des r&eacute;sultats, il obtient les liens suivants&nbsp;: &laquo;Le<br \/>\nfils d&rsquo;un responsable communal arr&ecirc;t&eacute; pour un meurtre vieux de 14 ans&raquo;, &laquo;Violents<br \/>\naffrontements entre policiers et trafiquants de drogue&raquo;, &laquo;Des &eacute;coutes font<br \/>\ntomber les braqueurs d&rsquo;un homme d&rsquo;affaires&raquo;. Dans ce dernier article, il lit :<br \/>\n&laquo;Trois individus appartenant &agrave; une bande de voleurs op&egrave;rent la nuit, cagoul&eacute;s<br \/>\net munis d&rsquo;armes blanches&raquo;.<\/p>\n<p>Le train entre dans la<br \/>\ngare de Rabat-Agdal. Khalid se met &agrave; imaginer sa carte professionnelle circuler<br \/>\nentre de mauvaises mains. Il quitte le navigateur de son smartphone.<\/p>\n<p>Un peu plus tard, il est<br \/>\nde retour rue des Anglais. La nuit de samedi s&rsquo;annonce longue, d&eacute;peupl&eacute;e. Il<br \/>\nest beau de rentrer chez soi! Khalid est pr&ecirc;t &agrave; penser le juste contraire,<br \/>\nseule la crainte de contredire le monarque l&rsquo;en emp&ecirc;che.<\/p>\n<p>L&rsquo;article <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/abdelhadi-said-solitude.html\">Abdelhadi Sa&iuml;d : Solitude<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/\">ALBAYANE<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/abdelhadi-said-solitude.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;Des &eacute;crivains &agrave; l&rsquo;heure de Covid-19 A l&rsquo;hiver 1933, les troupes coloniales encerclent le mont Saghro, pr&ecirc;tes &agrave; le prendre par tous les moyens. Un mois et demi de bombardements, soixante mille combattants, trois g&eacute;n&eacute;raux, une quarantaine de Potez 25. 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