{"id":81690,"date":"2020-04-09T11:23:11","date_gmt":"2020-04-09T15:23:11","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfla-bataille-des-idees\/"},"modified":"2020-04-09T11:23:11","modified_gmt":"2020-04-09T15:23:11","slug":"%ef%bb%bfla-bataille-des-idees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfla-bataille-des-idees\/","title":{"rendered":"\ufeffLa bataille des id\u00e9es"},"content":{"rendered":"<div>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>En guise d&rsquo;actualisation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:right\"><strong>Abdelmoughit Benmassoud Tredano<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"><strong>A l&rsquo;occasion du 30&egrave;me anniversaire de la chute du mur de Berlin, nous publiions cet article &eacute;crit en octobre 1989. Il reste d&rsquo;actualit&eacute;, et ce, malgr&eacute; la disparition de la litt&eacute;rature politique et intellectuelle de tous les concepts, notions et terminologie ayant un rapport avec le marxisme.<\/strong><\/p>\n<p>Avec la crise du n&eacute;olib&eacute;ralisme, en d&eacute;pit de sa domination<br \/>\nactuelle, il n&rsquo;est pas exclu que les id&eacute;es socialistes, alternatives et de<br \/>\npartage reviennent au centre des d&eacute;bats.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>C&rsquo;est l&rsquo;id&eacute;e<br \/>\nqui pr&eacute;vaut dans cet article.<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>Ce texte est pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&rsquo;une petite introduction, int&eacute;grant<br \/>\nquelques &eacute;l&eacute;ments r&eacute;cents allant dans le sens de la remise en cause du syst&egrave;me<br \/>\nultralib&eacute;ral et ses cons&eacute;quences n&eacute;fastes sur les &Eacute;tats et les soci&eacute;t&eacute;s, source<br \/>\nde leur d&eacute;stabilisation de plus en plus &eacute;tablie.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>Le retour du balancier, le r&ocirc;le de l&rsquo;id&eacute;ologie et la bataille des<br \/>\nid&eacute;es<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>Imaginez que durant 40 ans, le discours marxiste a disparu de la<br \/>\nlitt&eacute;rature politique et &eacute;conomique.<\/p>\n<p>Depuis 40 ans, la structure de l&rsquo;&eacute;conomie mondiale d&eacute;termine<br \/>\nl&rsquo;id&eacute;ologie et la culture dominantes.<\/p>\n<p>Et ce, depuis l&rsquo;arriv&eacute;e au pouvoir de R. Reagan et de M.<br \/>\nThatcher.<\/p>\n<p>Le discours manag&eacute;rial, m&eacute;ritocratique et de l&rsquo;efficacit&eacute;<br \/>\n&eacute;conomique a domin&eacute; et domine encore.<\/p>\n<p>Mais la contestation de cette id&eacute;ologie commence &agrave; prendre<br \/>\nforme.<\/p>\n<p>On est, en effet, &agrave; la veille d&rsquo;un retour du balancier&hellip;<\/p>\n<p>Les in&eacute;galit&eacute;s au sein de chaque nation et entre les nations<br \/>\nsont devenues trop criantes, voire explosives&hellip; &Ccedil;a ne peut continuer de la<br \/>\nsorte.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>Les premi&egrave;res critiques<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>Celles du s&eacute;rail du monde capitaliste : 3 types de critiques. <\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de la critique de la gestion des biens, des hommes et<br \/>\ndes finances<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fr&eacute;d&eacute;ric<br \/>\nBeigbeder dans son ouvrage &laquo;&nbsp;99 F &laquo;&nbsp;, publi&eacute; en 2000 d&eacute;j&agrave;, a mis &agrave; nu<br \/>\nla cuisine interne du marketing et de la gestion des biens.<\/strong><strong><\/strong><\/li>\n<li><strong>Jordan<br \/>\nBelfort, quant &agrave; lui, dans son &laquo;&nbsp;Le loup de Wall Street&nbsp;&raquo;, sur la<br \/>\ngestion des finances et des banques, s&rsquo;est appliqu&eacute; &agrave; d&eacute;noncer ce monde devenu<br \/>\nfou: &laquo;Ils se croyaient devenus ma&icirc;tres de l&rsquo;univers&raquo; disait-i !!! (p.11)<\/strong><strong><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>La crise des<br \/>\nsubprimes de 2007\/2008 a montr&eacute; les limites du syst&egrave;me n&eacute;olib&eacute;ral. Et malgr&eacute;<br \/>\ncette crise, les d&eacute;cideurs du monde s&rsquo;ent&ecirc;tent &agrave; faire la m&ecirc;me chose, sur la<br \/>\nm&ecirc;me voie. Jusqu&rsquo;&agrave; quand ?<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>La 3&egrave;me<br \/>\ncritique porte sur la gestion des hommes.<\/strong><strong><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Une ancienne laur&eacute;ate de HEC Paris, Florence Noiville a descendu<br \/>\nen flamme le type d&rsquo;enseignement dispens&eacute; dans les &eacute;coles de commerce. Elle l&rsquo;a<br \/>\nfait dans un opuscule intitul&eacute; (2009) : &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai fait HEC et je m&rsquo;en<br \/>\nexcuse&nbsp;&raquo;. Tout un programme ! Tout est dit. Sa critique principale est<br \/>\nd&eacute;clin&eacute;e en deux questions clefs :<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;1. Quelle est la part de responsabilit&eacute; des grandes &eacute;coles<br \/>\nde commerce dans les d&eacute;sordres actuels de l&rsquo;&eacute;conomie ?<\/p>\n<p>2. Comment ont-elles pu ne pas percevoir les nombreux signes annonciateurs<br \/>\nd&rsquo;un mod&egrave;le capitaliste en plein d&eacute;raillement ?&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>Ses auteurs ne sont pas les seuls &agrave; critiquer un syst&egrave;me devenu<br \/>\naveugle, mais ils ont au moins l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;illustration.<\/p>\n<p>Il faut attendre 2018 pour que l&rsquo;auteur de la &laquo; Fin de<br \/>\nl&rsquo;histoire &raquo; revienne &agrave; une position plus nuanc&eacute;e par rapport &agrave; son id&eacute;e<br \/>\nrelative au caract&egrave;re ind&eacute;passable du capitalisme !! Bien plus, il a &eacute;t&eacute;<br \/>\njusqu&rsquo;&agrave; dire que Marx avant raison.<\/p>\n<p>La derni&egrave;re critique vient d&rsquo;un &eacute;conomiste dont les 2 derniers<br \/>\nouvrages ont eu une grande r&eacute;sonnance.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong><br \/>\nThomas Piketty : les in&eacute;galit&eacute;s fond&eacute;es<br \/>\nsur l&rsquo;id&eacute;ologie<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage de Thomas Piketty, &laquo;&nbsp;Capital et id&eacute;ologie&nbsp;&raquo;<br \/>\ntombe &agrave; point nomm&eacute;<\/p>\n<p>Sa recherche porte sur les in&eacute;galit&eacute;s dans l&rsquo;histoire des<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute;s et comment en sortir, et propose aussi des alternatives<\/p>\n<p>Lui aussi, m&ecirc;me s&rsquo;il critique le marxisme et le livre le capital<br \/>\nqu&rsquo;il trouve confus, remet en cause le capitalisme n&eacute;olib&eacute;ral.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>Et cela &agrave;<br \/>\ntravers 3 id&eacute;es clefs :<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>1. &laquo;&nbsp;les in&eacute;galit&eacute;s ne sont pas une fatalit&eacute;, elles doivent<br \/>\n&ecirc;tre combattues sur les plans id&eacute;ologique et politique&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>2. &laquo;&nbsp;Les in&eacute;galit&eacute;s sont le fruit d&rsquo;une construction<br \/>\nid&eacute;ologique qui les maintient dans la dur&eacute;e&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>3. Et pour r&eacute;duire les in&eacute;galit&eacute;s, il importe, entre autres, de<br \/>\nr&eacute;former le syst&egrave;me &eacute;ducatif.<\/p>\n<p>Selon T. Piketty en effet,&nbsp;&raquo; la variable la plus<br \/>\nd&eacute;terminante pour comprendre les &eacute;carts de prosp&eacute;rit&eacute; entre les nations est<br \/>\nl&rsquo;&eacute;galit&eacute; &eacute;ducative&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>Elle est le moteur du d&eacute;veloppement.<\/p>\n<p style=\"text-align:center\"><strong>*** <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>Point de vue&nbsp;: &laquo;La fin de<br \/>\nl&rsquo;Histoire&raquo;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>La fin des id&eacute;ologies (&nbsp;?) ou le<br \/>\nretour du balancier<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans le cadre du d&eacute;bat sur l&rsquo;avant,<br \/>\nle pendant et l&rsquo;apr&egrave;s coronavirus, nous reproduisons un article de notre ami et<br \/>\ncamarade Abdelmoughit Benmassoud Tredano, professeur de sciences politique et<br \/>\nde g&eacute;ostrat&eacute;gie, paru dans les colonnes d&rsquo;Al Bayane en octobre 1989, juste<br \/>\navant la chute du mur de Berlin et intitul&eacute; &laquo;La fin de l&rsquo;Histoire&raquo;&nbsp;: La<br \/>\nfin des id&eacute;ologies (&nbsp;?) ou le retour du balancier.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce texte, r&eacute;dig&eacute; quelques jours avant<br \/>\nla d&eacute;sint&eacute;gration du syst&egrave;me socialiste, faisait &eacute;cho &agrave; Francis Fukuyama, universitaire am&eacute;ricain et, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, directeur<br \/>\nadjoint du service de planification du D&eacute;partement d&rsquo;Etat &agrave; Washington,<br \/>\net d&eacute;fendait le partage et le syst&egrave;me alternatif, est pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&rsquo;une note<br \/>\nintroductive r&eacute;cente, o&ugrave; l&rsquo;auteur apporte &laquo;un certain nombre de critiques de<br \/>\ngens venant du s&eacute;rail du capitalisme&raquo; mais &eacute;galement d&rsquo;intellectuels cr&eacute;dibles<br \/>\net au dessus de tout soup&ccedil;on. D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de cet article et de son<br \/>\nactualit&eacute;.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:center\"><strong>*** <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>La &laquo;Fin de<br \/>\nl&rsquo;Histoire&raquo; &hellip; la fin des id&eacute;ologies?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:center\" class=\"has-text-color has-vivid-red-color\"><strong>Ou l<\/strong><strong>e retour du<br \/>\nbalancier&hellip;<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"><strong>On soutenant dans les milieux occidentaux depuis des ann&eacute;es d&eacute;j&agrave; la th&egrave;se de la fin des id&eacute;ologies et cela par l&rsquo;affaiblissement de celle qui en constituait l&rsquo;instigatrice principale &agrave; savoir &laquo;l&rsquo;id&eacute;ologie socialo-communiste&raquo;.<\/strong><\/p>\n<p>Apr&egrave;s la<br \/>\nvictoire fulgurante des diff&eacute;rents mouvements de lib&eacute;ration nationale &agrave; travers<br \/>\nle monde et leur arriv&eacute;e au pouvoir, leurs peuples n&rsquo;ont pas attendu longtemps<br \/>\npour d&eacute;chanter ; les esp&eacute;rances entretenues se sont, en effet, tragiquement<br \/>\neffondr&eacute;es.<\/p>\n<p>Dans ce<br \/>\ncontexte pr&eacute;cis, il a &eacute;t&eacute; affirm&eacute; que ces mouvements et partis d&rsquo;inspiration<br \/>\ncommuniste savaient faire la guerre mais &eacute;taient incapables de g&eacute;rer la paix et<br \/>\nd&rsquo;initier une politique de d&eacute;veloppement socio-&eacute;conomique r&eacute;ussie.<\/p>\n<p>Politiquement,<br \/>\ncette p&eacute;riode a correspondu &agrave; l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement du Reaganisme (c&rsquo;est-&agrave;-dire vers la<br \/>\nfin de la d&eacute;cennie 70 d&eacute;but des ann&eacute;es 80) :<\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;tat du<br \/>\nmonde &eacute;tait r&eacute;sum&eacute; par une phrase lapidaire du Pr&eacute;sident am&eacute;ricain. Il disait,<br \/>\nen effet, dans son discours d&rsquo;adieu qu&rsquo;il &eacute;tait venu changer les Etats-Unis,<br \/>\nmais il s&rsquo;est aper&ccedil;u qu&rsquo;il &eacute;tait en train de changer le monde!<\/p>\n<p>La<br \/>\nd&eacute;confiture de ces mouvements dans l&rsquo;exercice du pouvoir, l&rsquo;&eacute;tat de blocage des<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute;s de la communaut&eacute; socialiste ne pouvaient qu&rsquo;enclencher un processus de<br \/>\nd&eacute;sid&eacute;ologisation des rapports internationaux et par cons&eacute;quent de la gestion<br \/>\ndes pouvoirs nationaux. Ceci est d&rsquo;autant plus probable, soutient-on, que face<br \/>\n&agrave; la crise de ces derniers le capitalisme, malgr&eacute; la persistance de la crise,<br \/>\ns&rsquo;est revigor&eacute; et aguerri.<\/p>\n<p>Si cette<br \/>\ninterpr&eacute;tation n&rsquo;est pas sans fondements, elle n&rsquo;est pas toute l&rsquo;explication<br \/>\ndes faits et dates ayant marqu&eacute; la 2&egrave;me moiti&eacute; de ce si&egrave;cle.<\/p>\n<p><strong>La fin du<br \/>\ncommunisme<\/strong><\/p>\n<p>Dans une<br \/>\nlivraison r&eacute;cente de &laquo;l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement du jeudi&raquo;, son directeur Jean Fran&ccedil;ois Khan<br \/>\ndisait : objectivement, la RDA n&rsquo;est pas &agrave; proprement parler un enfer. On n&rsquo;y<br \/>\nmeurt pas de faim ; l&rsquo;&eacute;conomie n&rsquo;y est pas compl&egrave;tement en faillite : les ethnies<br \/>\nrivales ne s&rsquo;y &eacute;tripent pas; les magasins n&rsquo;y sont pas totalement vides&hellip;Et<br \/>\ncependant, m&ecirc;me ce communisme-l&agrave; ne fait d&eacute;cid&eacute;ment pas recette. Quand on peut,<br \/>\non le quitte&hellip;&raquo;.<\/p>\n<p>Au vu de ces<br \/>\nsc&egrave;nes montrant des Allemands de l&rsquo;Est quittant leur pays, on serait tent&eacute;,<br \/>\ncomme le claironnent d&eacute;j&agrave; les m&eacute;dia occidentaux, d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il s&rsquo;agit-l&agrave;<br \/>\nd&rsquo;une preuve manifeste de &laquo;l&rsquo;&eacute;chec du communisme&raquo; et par cons&eacute;quent, du<br \/>\ntriomphe du capitalisme.<\/p>\n<p>Notre propos<br \/>\nparaitra peut &ecirc;tre comme un combat d&rsquo;arri&egrave;re-garde et notre attitude comme<br \/>\ncelle d&rsquo;un individu s&rsquo;accrochant &agrave; un bateau en d&eacute;rive, mais certaines v&eacute;rit&eacute;s<br \/>\nm&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre rappel&eacute;es et explicit&eacute;es, sachant pertinemment qu&rsquo;explication<br \/>\nne veut pas justification.<\/p>\n<p>Le socialisme<br \/>\na soixante-douze ans en URSS et une quarantaine d&rsquo;ann&eacute;es dans les pays<br \/>\nsocialistes d&rsquo;Europe. Mais le plus important c&rsquo;est qu&rsquo;il est n&eacute; dans un<br \/>\ncontexte historique fonci&egrave;rement hostile. En effet, depuis 1917 une lutte<br \/>\npolitique, &eacute;conomique et militaire, par les Etats interpos&eacute;s, l&rsquo;opposait aux<br \/>\ntenants du capitalisme.<\/p>\n<p>Autrement dit<br \/>\nil a fonctionn&eacute; avec une psychose de menace et d&rsquo;&eacute;touffement. C&rsquo;est au nom de<br \/>\nsa s&eacute;curit&eacute; et de sa d&eacute;fense que tout &eacute;tait permis. Un conservatisme et une<br \/>\nbureaucratie s&rsquo;y installent. Et, au lieu &laquo; de servir, le syst&egrave;me se sert&raquo;.<br \/>\nL&rsquo;individu apparait &eacute;cras&eacute; par une sorte d&rsquo;Etat mastodonte.<\/p>\n<p>Ainsi, durant<br \/>\ncette p&eacute;riode, on a assist&eacute; non pas &agrave; l&rsquo;application du socialisme et des<br \/>\nprincipes pour lesquels il est venu mais d&rsquo;un syst&egrave;me sans &acirc;me, bureaucratique<br \/>\net personnalis&eacute;, sans grande prise sur la soci&eacute;t&eacute; civile.<\/p>\n<p>Dans ces conditions,<br \/>\non ne doit pas s&rsquo;&eacute;tonner de se trouver devant un syst&egrave;me bloqu&eacute;, entretenu et<br \/>\nmaintenu en vie d&rsquo;une mani&egrave;re artificielle.<\/p>\n<p>N&rsquo;emp&ecirc;che,<br \/>\nmalgr&eacute; cette crise de fonctionnement, le syst&egrave;me socialiste a apport&eacute; des<br \/>\nacquis consid&eacute;rables en mati&egrave;re de grands &eacute;quipements, de besoins<br \/>\nsociaux-culturels et sportifs. Mais l&rsquo;homme ne vit pas que de cela : la<br \/>\nquestion du pouvoir, c&rsquo;est-&agrave;-dire le rapport gouvernant-gouvern&eacute;s n&rsquo;&eacute;tait pas<br \/>\ntrait&eacute;e et r&eacute;solue d&rsquo;une fa&ccedil;on satisfaisante. C&rsquo;est l&agrave; la grande faille du syst&egrave;me.<br \/>\nIl s&rsquo;agit maintenant de mener une r&eacute;flexion s&eacute;rieuse et d&rsquo;entreprendre des<br \/>\nactions devant apporter une r&eacute;ponse &agrave; cette grande question.<\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;tat actuel<br \/>\ndes pays socialistes a fait dire a certains que la question qui se pose n&rsquo;est<br \/>\npas celle de sa r&eacute;forme, mais de sa succession.<\/p>\n<p><strong>Du<br \/>\ncapitalisme au socialisme<\/strong><\/p>\n<p>En regardant<br \/>\nce qui se passe au sein du syst&egrave;me capitaliste et des types de rapports qu&rsquo;il<br \/>\ninstaure entre les Etats et les dangers qui leur sont inh&eacute;rents, il parait<br \/>\nimp&eacute;ratif la mise en &oelig;uvre de r&eacute;formes portant sur les modalit&eacute;s de son<br \/>\nfonctionnement et ses finalit&eacute;s.<\/p>\n<p>Cette<br \/>\nappr&eacute;ciation n&rsquo;est nullement exag&eacute;r&eacute;e car elle est soutenue par des id&eacute;ologies<br \/>\npatent&eacute;es du capitalisme.<\/p>\n<p>La terre a<br \/>\nses limites mais le capitalisme n&rsquo;en a pas. Sa propension &agrave; l&rsquo;expansion, &agrave; la<br \/>\ndomination et l&rsquo;exclusion constitue le principal d&eacute;fi auquel l&rsquo;humanit&eacute; est<br \/>\nd&eacute;j&agrave; confront&eacute;e.<\/p>\n<p>En examinant<br \/>\nde pr&egrave;s la situation au sein des soci&eacute;t&eacute;s capitalistes, on serait rapidement<br \/>\nfix&eacute; sur ce que le syst&egrave;me fait de l&rsquo;homme et de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<p>Dans un<br \/>\ncompte rendu portant sur l&rsquo;ouvrage de Pierre Chev&egrave;nement, &laquo;Le Pari sur<br \/>\nl&rsquo;intelligence&raquo;, le directeur du &laquo; Monde Diplomatiques&raquo; lui reprochait d&rsquo;avoir<br \/>\ncommis : &laquo;&hellip;la double erreur de tout miser sur la raison et sur l&rsquo;id&eacute;al. Deux<br \/>\ntermes d&eacute;valoris&eacute;s dans une soci&eacute;t&eacute; qui cultive l&rsquo;h&eacute;donisme, s&rsquo;entiche des<br \/>\nmodes intellectuelles les plus fugaces, professe un pr&eacute;tendu r&eacute;alisme qui ne<br \/>\nsaurait cacher l&rsquo;absence de principes et, pour tout dire, de pens&eacute;e&raquo;.<\/p>\n<p>Si on peut<br \/>\ns&rsquo;accorder avec Claude Julien sur le diagnostic qu&rsquo;il fait de la soci&eacute;t&eacute;<br \/>\ncapitaliste, on ne peut souscrire &agrave; la critique de l&rsquo;approche et de l&rsquo;esprit<br \/>\nadopt&eacute;s par le leader du courant &laquo; Socialisme et R&eacute;publique&raquo;. (ex CERES) au<br \/>\nsein du PS fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>Justement<br \/>\nparce que ces soci&eacute;t&eacute;s modernes, notamment capitalistes, commencent &agrave; manquer<br \/>\nde r&eacute;f&eacute;rences, de principes directeurs, il faut d&eacute;velopper le sens de l&rsquo;id&eacute;al,<br \/>\nl&rsquo;id&eacute;e du bien-&ecirc;tre collectif partag&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Des soci&eacute;t&eacute;s<br \/>\nde partage<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;id&eacute;e<br \/>\nque d&eacute;veloppent ces derniers temps les socialistes fran&ccedil;ais : cr&eacute;er des<br \/>\nsoci&eacute;t&eacute;s de partage.<\/p>\n<p>Aussi, la<br \/>\ncrise du syst&egrave;me socialiste et l&rsquo;impasse &agrave; laquelle m&egrave;nerait in&eacute;luctablement le<br \/>\nmaintien du capitalisme dans sa version int&eacute;grale inciteraient l&rsquo;homme &agrave;<br \/>\nimaginer d&rsquo;autres formes d&rsquo;organisation et de gestion des soci&eacute;t&eacute;s nationales<br \/>\net de l&rsquo;ordre international en s&rsquo;accordant avec ses besoins et en tenant compte<br \/>\ndes contraintes de l&rsquo;environnement et des possibilit&eacute;s de la plan&egrave;te.<\/p>\n<p>Et dans ces<br \/>\nconditions, on peut r&eacute;fl&eacute;chir avec l&rsquo;auteur qui soutient que : &laquo;nous allons changer,<br \/>\nnon pas d&rsquo;&eacute;poque mais de civilisation. Nos &eacute;conomies ne seront plus<br \/>\ncapitalistes, socialistes, communistes, elles seront de plus en plus mixtes et<br \/>\nint&eacute;gr&eacute;es dans un syst&egrave;me mondial qui devra trouver les voies de son<br \/>\norganisation et les moyens de son autorit&eacute;&raquo;. (Andr&eacute; Chambraud).<\/p>\n<p>S&rsquo;il est<br \/>\nencore difficile d&rsquo;imaginer ces formes d&rsquo;organisation, une chose est certaine,<br \/>\nc&rsquo;est l&rsquo;ordre international tend vers ce sc&eacute;nario.<\/p>\n<p>Avec la<br \/>\nd&eacute;tente, le d&eacute;sarmement, la crise des syst&egrave;mes et la prise en consid&eacute;ration<br \/>\nd&rsquo;une mani&egrave;re constante des besoins de l&rsquo;homme, les r&eacute;f&eacute;rences et les enjeux<br \/>\nid&eacute;ologiques ne seront plus ce qu&rsquo;ils &eacute;taient depuis le d&eacute;but de ce si&egrave;cle. Une<br \/>\n&egrave;re nouvelle s&rsquo;annonce. Il importe de se pr&eacute;parer pour la vivre autrement.<\/p>\n<p><strong>LA &laquo;Fin de<br \/>\nl&rsquo;Histoire&raquo;<\/strong><\/p>\n<p>La &laquo;fin de<br \/>\nl&rsquo;histoire&raquo;: Cette expression un peu provocante est emprunt&eacute;e &agrave; un intellectuel<br \/>\nam&eacute;ricain. C&rsquo;est &agrave; la lumi&egrave;re des &eacute;v&eacute;nements qui continuent &agrave; intervenir dans<br \/>\nles pays socialistes qu&rsquo;un magazine parisien y revient en rendant compte d&rsquo;un<br \/>\narticle fort original et qui semble avoir fait un tabac durant cet &eacute;t&eacute; aux<br \/>\nEtats-Unis. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un texte sign&eacute; par le philosophe et l&rsquo;&eacute;conomiste du nom<br \/>\nde Francis FUKUYAMA.<\/p>\n<p>Ce d&eacute;bat est<br \/>\nn&eacute;cessaire et utile parce que les changements que connait actuellement la communaut&eacute;<br \/>\nsocialiste, auront sans aucun doute, des r&eacute;percussions sur l&rsquo;id&eacute;e de l&rsquo;Europe<br \/>\net n&eacute;cessairement sur l&rsquo;ordre international.<\/p>\n<p>L&rsquo;intellectuel<br \/>\nam&eacute;ricain soutient en effet : &laquo;ce que nous sommes peut-&ecirc;tre en train de vivre<br \/>\nce n&rsquo;est pas seulement la fin de la guerre froide, ou le passage d&rsquo;une p&eacute;riode<br \/>\nparticuli&egrave;re de l&rsquo;histoire d&rsquo;apr&egrave;s-guerre, mais la fin de l&rsquo;Histoire, comprise<br \/>\nen ce sens particulier: le point final de l&rsquo;&eacute;volution id&eacute;ologique du genre<br \/>\nhumain et l&rsquo;universalisation de la d&eacute;mocratie lib&eacute;rale occidentale en tant que<br \/>\nforme ultime de gouvernement humain&raquo;.<\/p>\n<p>Autrement<br \/>\ndit, l&rsquo;auteur affirme, outre l&rsquo;id&eacute;e d&eacute;velopp&eacute;e dans les lignes qui pr&eacute;c&egrave;dent &agrave;<br \/>\nsavoir la fin des id&eacute;ologies dans un sens r&eacute;duit, mais aussi que le syst&egrave;me de<br \/>\ngouvernement et la gestion &eacute;conomique pratiqu&eacute;s en occident sont appel&eacute;s &agrave;<br \/>\ndevenir universels.<\/p>\n<p>Autre id&eacute;e<br \/>\nd&eacute;velopp&eacute;e par les m&eacute;dia occidentaux et qui appelle notre r&eacute;flexion est celle<br \/>\nrelative &agrave; l&rsquo;avenir du communisme. On y soutient en effet que dans l&rsquo;&eacute;tat<br \/>\nactuel des choses, il ne s&rsquo;agit pas de r&eacute;former ce syst&egrave;me mais de lui trouver<br \/>\nun successeur.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, il<br \/>\nn&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas inutile de pr&eacute;ciser davantage ce que nous entendions par la<br \/>\nfin des id&eacute;ologies. Le sens que nous lui avons accord&eacute; plus haut est pr&eacute;cis :<br \/>\nil ne s&rsquo;agit nullement de la fin de la lutte des id&eacute;es car celle-ci ne fait,<br \/>\npeut-&ecirc;tre, que commencer. Le sens retenu est en rapport direct avec l&rsquo;histoire<br \/>\nen particulier au moment o&ugrave; deux syst&egrave;mes politico-&eacute;conomiques se disputaient<br \/>\nla domination du monde.<\/p>\n<p>Le philosophe<br \/>\nfran&ccedil;ais Andr&eacute; GLUCKSMAN va plus loin dans la condamnation du communisme. Dans<br \/>\nun hommage rendu &agrave; l&rsquo;&eacute;crivain tch&eacute;coslovaque VACLAC HAVEL, il y soutient que :<br \/>\n&laquo;Le citoyen socialiste vit la fin de l&rsquo;histoire dans tous les sens du terme. La<br \/>\ngrande histoire est close, les petites histoires forcloses. Sortir du<br \/>\ncommunisme c&rsquo;est rentrer dans l&rsquo;histoire et non sauter d&rsquo;un syst&egrave;me &agrave; l&rsquo;autre&raquo;.<\/p>\n<p>C&rsquo;est autour<br \/>\nde ces id&eacute;es et de ces interrogations qu&rsquo;il importe d&rsquo;orienter le d&eacute;bat.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/albayane.press.ma\/wp-content\/uploads\/Karl-Marx.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-87285\" width=\"552\" height=\"333\"><figcaption>Karl Marx<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p style=\"text-align:center\"><strong>Demain<br \/>\ndeuxi&egrave;me et derni&egrave;re partie&nbsp;: Revenons &agrave; l&rsquo;Histoire<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;article <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFla-bataille-des-idees.html\">&#65279;La bataille des id&eacute;es<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/\">ALBAYANE<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFla-bataille-des-idees.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En guise d&rsquo;actualisation Abdelmoughit Benmassoud Tredano A l&rsquo;occasion du 30&egrave;me anniversaire de la chute du mur de Berlin, nous publiions cet article &eacute;crit en octobre 1989. Il reste d&rsquo;actualit&eacute;, et ce, malgr&eacute; la disparition de la litt&eacute;rature politique et intellectuelle de tous les concepts, notions et terminologie ayant un rapport avec le marxisme. Avec la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1760,"featured_media":81691,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,54],"tags":[],"class_list":["post-81690","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1760"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81690"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81690\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}