{"id":82514,"date":"2020-04-15T14:00:00","date_gmt":"2020-04-15T18:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/hedi-ben-abbes-pas-de-nation-sans-une-nouvelle-narration\/"},"modified":"2020-04-15T14:00:00","modified_gmt":"2020-04-15T18:00:00","slug":"hedi-ben-abbes-pas-de-nation-sans-une-nouvelle-narration","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/hedi-ben-abbes-pas-de-nation-sans-une-nouvelle-narration\/","title":{"rendered":"H\u00e9di Ben Abbes: Pas de Nation sans une nouvelle \u00abNarration\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Les crises de toutes sortes et les crises sanitaires en particulier, qui ont jalonn\u00e9 l\u2019histoire depuis le 2e si\u00e8cle de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019id\u00e9e de la Nation. Si l\u2019\u00e9tymologie du terme \u00ab Nation \u00bb veut dire naissance, cette naissance est multidimensionnelle et multiforme. Disons pour simplifier que les crises collectives rappellent \u00e0 l\u2019Homme quelques v\u00e9rit\u00e9s immuables relevant de tout ce qui nous unit et nous oblige \u00e0 nous envisager non pas comme individu mais plut\u00f4t comme communaut\u00e9. Ainsi, la notion de \u00ab Nation \u00bb ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de celle de la communaut\u00e9 de destin, et de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019envisager ce qui nous rassemble (langue, territoire, culture, religion, institutions, Etat) comme fondements du vivre ensemble, comme biens communs qui unissent et distinguent \u00e0 la fois. Unit\u00e9 d\u2019autant plus n\u00e9cessaire quand elle est provoqu\u00e9e par la vuln\u00e9rabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e face \u00e0 un danger qui n\u2019\u00e9pargne personne d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019envisager des solutions communes.<\/p>\n<p>Les crises op\u00e8rent ainsi comme des piq\u00fbres de rappel de tout ce qui nous unit et nous rassemble sur fond d\u2019interd\u00e9pendance et de solidarit\u00e9. Deux \u00e9v\u00e8nements majeurs r\u00e9cents sont venus nous rappeler de la mani\u00e8re la plus concr\u00e8te possible, ce qu\u2019est une Nation et comment retrouver les liens qui fondent l\u2019unit\u00e9 Nationale. Le premier fut la R\u00e9volution de 2011 au lendemain de l\u2019effondrement de l\u2019Etat-Nation dont les composantes furent soud\u00e9es par la vuln\u00e9rabilit\u00e9 commune face \u00e0 la r\u00e9pression et la peur. R\u00e9pression et peur sont au fondement de l\u2019individualisme et de la guerre de tous contre tous. D\u00e8s lors que la r\u00e9pression et la peur furent d\u00e9pass\u00e9es, les composantes de la soci\u00e9t\u00e9 avaient tout d\u2019un coup red\u00e9couvert que \u00ab l\u2019autre \u00bb n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment une menace sur l\u2019individualit\u00e9 mais plut\u00f4t un accroissement de soi. Les Tunisiens ont alors commenc\u00e9 \u00e0 envisager ce qui lie les composantes de la soci\u00e9t\u00e9, ses forces et ses faiblesses et envisager par l\u00e0 m\u00eame des solutions collectives, solidaires voire citoyennes. Une v\u00e9ritable piq\u00fbre de rappel des fondements m\u00eame de la Nation.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>D\u00e9sillusion postr\u00e9volutionnaire<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Nombreux sont ceux qui r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 l\u2019envi, non sans une pointe de nostalgie et de jubilation, les beaux jours qui ont suivi le d\u00e9part du dictateur et l\u2019\u00e9lan de solidarit\u00e9, voire de fraternit\u00e9, qui a caract\u00e9ris\u00e9 le comportement des Tunisiens alors que l\u2019Etat et ses institutions \u00e9taient au plus mal. La Nation avait pris la rel\u00e8ve \u00e0 l\u2019Etat r\u00e9galien, de sorte que le territoire, la langue, la religion, la culture ont alors servi d\u2019\u00e9l\u00e9ments f\u00e9d\u00e9rateurs garants de la paix sociale. Cette solidarit\u00e9 et cette prise en compte de \u00ab l\u2019autre \u00bb n\u2019a dur\u00e9 que quelques semaines avant que les institutions de l\u2019Etat ne retrouvent leurs fonctions et ne rassemblent les Tunisiens sous l\u2019autorit\u00e9 de la loi, laquelle loi \u00e9tait devenue d\u2019un coup obsol\u00e8te \u00e9tant donn\u00e9 que nous \u00e9tions cens\u00e9s passer d\u2019un r\u00e9gime de r\u00e9pression \u00e0 un r\u00e9gime de libert\u00e9.<\/p>\n<p>La Nation avait alors sauv\u00e9 l\u2019Etat et comme l\u2019Etat est une composante indispensable dans l\u2019organisation de la Nation, il \u00e9tait alors imp\u00e9ratif de repenser l\u2019Etat et ses fondements institutionnels : (Assembl\u00e9e constituante, r\u00e9daction d\u2019une nouvelle Constitution, mise en place de nouvelles institutions et m\u00e9canismes de gestion du pouvoir et de ses contre-pouvoirs, libert\u00e9 sous toutes ses formes). Le retard enregistr\u00e9 dans la mise en place effective de ses nouvelles r\u00e8gles de fonctionnement de l\u2019Etat est \u00e0 l\u2019origine des doutes, des tergiversations et des mouvements de nostalgie envers l\u2019ancien r\u00e9gime et son mod\u00e8le d\u2019unit\u00e9 sous la contrainte et le retour de l\u2019individualisme et du chacun pour soi.<\/p>\n<p>La question qui se pose alors, comment redonner \u00e0 la Nation et toutes ses composantes, y compris l\u2019Etat, le r\u00f4le f\u00e9d\u00e9rateur qui lui est consubstantiel et faire \u00e9merger la solidarit\u00e9 comme moyen et la citoyennet\u00e9 comme objectif ? L\u2019Etat sous son nouveau mod\u00e8le de gouvernance \u00e9tant en devenir, le scepticisme quant \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un Etat fond\u00e9 sur les droits et les devoirs a raviv\u00e9 l\u2019instinct de survie et l\u2019\u00e9go\u00efsme a progressivement repris le dessus sur la solidarit\u00e9. La vuln\u00e9rabilit\u00e9 cr\u00e9e la peur et la peur cr\u00e9e soit la solidarit\u00e9, soit l\u2019\u00e9go\u00efsme, voire la guerre de tous contre tous. L\u2019\u00e9ternel d\u00e9bat sur l\u2019\u00e9tat nature selon que l\u2019on soit respectivement de l\u2019\u00e9cole de John Locke ou de celle de Thomas Hobbes.<\/p>\n<p>Cette m\u00eame peur et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui l\u2019accompagne face \u00e0 la pand\u00e9mie du Covid-19 a, \u00e0 nouveau, mis en \u00e9vidence l\u2019importance de la Nation et la solidarit\u00e9 entre ses diff\u00e9rentes composantes. L\u2019Etat gestionnaire des ces diff\u00e9rentes composantes de la Nation, sous les ordres de l\u2019ex\u00e9cutif, a un r\u00f4le primordial \u00e0 jouer non seulement pour \u00e9liminer le danger sanitaire mais aussi pour redonner \u00e0 la Nation ses lettres de noblesse \u00e0 travers l\u2019exaltation du sentiment National, de la solidarit\u00e9, de la responsabilit\u00e9 individuelle et collective. De l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019appareil ex\u00e9cutif de l\u2019Etat d\u00e9pendra alors l\u2019\u00e9mergence d\u2019une Nation revigor\u00e9e et d\u2019une communaut\u00e9 de citoyens et non celle de \u00ab sujets \u00bb. C\u2019est en cela que la souverainet\u00e9 individuelle et collective d\u00e9pend \u00e9troitement de notre conception de la Nation comme le stipule clairement l\u2019article 3 de la D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019Homme affirmant que nul corps, nul individu ne peut exercer d\u2019autorit\u00e9 qui n\u2019\u00e9mane pas express\u00e9ment de la Nation.<\/p>\n<p>La solidarit\u00e9 et l\u2019\u00e9lan National provoqu\u00e9s par la crise du Covid-19 ne doivent pas d\u00e9boucher sur une deuxi\u00e8me d\u00e9sillusion, semblable \u00e0 celle de l\u2019apr\u00e8s 14 janvier 2011. Comment peut-on conserver, voire approfondir ce sentiment national et le comportement citoyen qu\u2019il induit et favoriser ainsi l\u2019\u00e9mergence d\u2019une communaut\u00e9 de citoyens dans un Etat de droit ? L\u2019un des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse r\u00e9side dans la mise en place d\u2019une nouvelle \u00ab narration \u00bb.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>La Narration<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les composantes d\u2019une Nation ne sont ni homog\u00e8nes, ni uniformes, les diff\u00e9rences de toutes sortes y sont consubstantielles. Il est, certes, bien plus simple de maintenir la coh\u00e9sion, m\u00eame de mani\u00e8re factice, de toutes les composantes d\u2019une Nation par la contrainte, que de g\u00e9rer ses diff\u00e9rences dans un espace de libert\u00e9 et d\u2019exaltation des diff\u00e9rences. Dans un contexte de libert\u00e9, les diff\u00e9rences (sociales, \u00e9conomiques, r\u00e9gionales, linguistiques, religieuses) trouvent expression et si l\u2019on n\u2019y prend pas garde elles peuvent \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de conflits et d\u2019affrontement. Nous connaissons bien des exemples de conflits violents ayant pour origines les diff\u00e9rences religieuses, r\u00e9gionales, linguistiques, \u00e9conomiques et sociales. Si on enl\u00e8ve la contrainte et la peur, ces diff\u00e9rences deviennent le combustible dont se serviront les fanatiques, les populistes et les arrivistes politiques pour dresser les uns contre les autres et se frayer un chemin vers le pouvoir apr\u00e8s avoir disloqu\u00e9 en miettes la Nation. Pour pr\u00e9venir contre ce danger et redonner \u00e0 la Nation une coh\u00e9sion tout en respectant les diff\u00e9rences et les libert\u00e9s, les solutions techniques ne suffisent pas, il leur faut une \u00ab narration \u00bb pour donner corps \u00e0 cette Nation. Une \u00ab narration \u00bb qui canalise toutes les diff\u00e9rences et les fait converger vers un objectif commun. Pour ce faire il faudrait d\u2019abord r\u00e9pondre \u00e0 la question suivante:<\/p>\n<p>Comment peut-on passer d\u2019une gestion r\u00e9pressive des composantes de la Nation avec toutes les diff\u00e9rences qu\u2019elle comporte, \u00e0 une gestion sous la banni\u00e8re d\u2019un Etat d\u00e9mocratique soucieux du respect des diff\u00e9rences et des libert\u00e9s qui lui sont rattach\u00e9es ?<\/p>\n<p>Apr\u00e8s presque une d\u00e9cennie de transition nous pouvons affirmer que des progr\u00e8s, certes insuffisants, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur le plan institutionnel et politique, mais il reste beaucoup \u00e0 faire sur le plan technique pour mettre en place tous les m\u00e9canismes de pouvoirs et de contre-pouvoirs et garantir les libert\u00e9s individuelles et collectives au sein d\u2019un Etat de droit. Mais la coh\u00e9sion d\u2019une Nation ne se limite pas uniquement au bon fonctionnement des institutions de l\u2019Etat. La culture d\u00e9mocratique ne peut \u00eatre d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e non plus. Elle a son propre rythme et suit un chemin parall\u00e8le \u00e0 celui de l\u2019agenda politique. On ne peut \u00eatre citoyen, qu\u2019une fois la culture d\u00e9mocratique, autant qu\u2019elle implique respect des diff\u00e9rences et donc des minorit\u00e9s, constitue la matrice \u00e0 partir de laquelle s\u2019\u00e9laborent les projets communs.<\/p>\n<p>Il serait na\u00eff de croire que l\u2019on puisse atteindre un consensus f\u00e9d\u00e9rateur de toutes les composantes de la soci\u00e9t\u00e9, tant les int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rents groupes sociaux et \u00e9conomiques sont divergents. On peut n\u00e9anmoins, a minima, imaginer une convergence d\u2019int\u00e9r\u00eats qui constituent un socle commun. Il est \u00e9vident que toutes les composantes sociales et \u00e9conomiques, hormis les plus radicales d\u2019entre-elles, de la Nation tunisienne aspirent \u00e0 la mise en place d\u2019un syst\u00e8me \u00e9ducatif, de sant\u00e9, tout en ayant acc\u00e8s au confort mat\u00e9riel, dans le respect de la dignit\u00e9 humaine sous toutes ses formes. A partir de ce socle commun on peut \u00e9laborer une narration nouvelle. Nouvelle dans sa conception, mais fruit de l\u2019histoire et de l\u2019exp\u00e9rience collective.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Le Projet National<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Une \u00ab narration \u00bb n\u2019est pas une fiction, ni m\u00eame une construction th\u00e9orique d\u00e9connect\u00e9e du r\u00e9el. Bien au contraire, une \u00ab narration \u00bb est le ciment qui relie les parties, en l\u2019occurrence les composantes de la Nation dans le cadre d\u2019un projet national commun. Cette \u00ab narration \u00bb vise \u00e0 transformer le r\u00e9el et le faire co\u00efncider avec les aspirations d\u2019un peuple pris dans le courant de son histoire nationale, laquelle histoire est aussi partie int\u00e9grante de la grande histoire mondiale caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019internationalisation des \u00e9changes.<\/p>\n<p>Une \u00ab narration \u00bb c\u2019est aussi une vision qui part en spirale depuis le pass\u00e9 aspirant \u00e0 un meilleur avenir qui corrige les exc\u00e8s du pr\u00e9sent. Si la nouvelle narration r\u00e9cuse les exc\u00e8s des id\u00e9ologies, elle ne peut faire abstraction de la pens\u00e9e id\u00e9ologique, m\u00eame si cette derni\u00e8re peut prendre une forme h\u00e9t\u00e9roclite et in\u00e9dite. Nous savons \u00e0 pr\u00e9sent que le clivage Gauche\/Droite qui avait permis de r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s dominantes au 19e si\u00e8cle et introduit des droits sociaux \u00e0 partir du milieu du 20e si\u00e8cle, ce clivage a enregistr\u00e9 une d\u00e9rive lib\u00e9rale in\u00e9galitaire \u00e0 partir de la d\u00e9cennie 1980-1990. Depuis les ann\u00e9es Reagan\/Thatcher le monde a v\u00e9cu sous le r\u00e8gne de la financiarisation de l\u2019\u00e9conomie et la concentration des richesses. Un tel syst\u00e8me a atteint ses limites et risque d\u2019engendrer des tensions sociales, voire des conflits de plus en plus violents. Il est alors important d\u2019imaginer une nouvelle \u00ab narration \u00bb, un nouveau projet de rupture.<\/p>\n<p>La plupart des voix qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent aujourd\u2019hui, un peu partout dans le monde pour d\u00e9noncer l\u2019impressionnante ampleur des in\u00e9galit\u00e9s, proposent souvent des projets \u00ab correctifs \u00bb dont l\u2019objectif consiste \u00e0 \u00ab raboter \u00bb les exc\u00e8s du syst\u00e8me, \u00e0 les rendre moins flagrants sans pour autant introduire de rupture paradigmatique. La nouvelle \u00ab narration \u00bb ne peut que s\u2019inscrire dans un projet de rupture ayant comme objectifs : la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s, la prise en compte des couches sociales d\u00e9favoris\u00e9es \u00e0 travers un acc\u00e8s libre et de qualit\u00e9 aux fondamentaux que sont la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, la culture, l\u2019\u00e9nergie et le transport. La nouvelle narration se doit d\u2019organiser la vie \u00e9conomique et sociale autour de la pr\u00e9servation de la plan\u00e8te et du bien-\u00eatre collectif. Cette \u00ab narration \u00bb se doit d\u2019offrir une nouvelle perspective riche des exp\u00e9riences historiques dans la gestion des in\u00e9galit\u00e9s et des richesses, sans perdre de vue ni le d\u00e9sastre communiste ni l\u2019arrogance outranci\u00e8re du n\u00e9olib\u00e9ralisme. Nous pouvons envisager une forme de socialisme participatif comme le d\u00e9crit Thomas Piketty dans son ouvrage Capital et Id\u00e9ologie : \u00ab une nouvelle perspective \u00e9galitaire \u00e0 vis\u00e9e universelle, fond\u00e9e sur la propri\u00e9t\u00e9 sociale, l\u2019\u00e9ducation et le partage des savoirs et des pouvoirs. \u00bb<\/p>\n<p>La Tunisie qui depuis une d\u00e9cennie t\u00e2tonne, improvise, tergiverse sans cap ni boussole se doit aujourd\u2019hui de lancer un d\u00e9bat national pour l\u2019\u00e9laboration d\u2019un projet national \u00e0 vis\u00e9e \u00e9galitaire et non \u00e9galitariste. Un projet pour lequel il faut imaginer de nouvelles formes de gouvernance, une nouvelle organisation \u00e9conomique et sociale visant \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie de l\u2019ensemble des composantes de la soci\u00e9t\u00e9 rejetant aussi bien l\u2019\u00e9galit\u00e9 absolue que le darwinisme \u00e9conomique et sociale. Souder la nation autour d\u2019un projet commun, jouissant du plus large consensus possible est un objectif r\u00e9aliste et r\u00e9alisable \u00e0 condition que toutes les forces vives de la nation se mettent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le devenir de la Tunisie en cette p\u00e9riode de changements drastiques dans les relations d\u2019\u00e9changes internationaux. La r\u00e9surgence du nationalisme \u00e9conomique et social, du populisme qui en est l\u2019instrument politique, la dissonance qu\u2019un tel ph\u00e9nom\u00e8ne provoque par rapport aux r\u00e8gles des \u00e9changes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, nous obligent nous Tunisiens \u00e0 d\u00e9finir notre strat\u00e9gie en tenant compte de ces bouleversements majeurs.<\/p>\n<p>Historiens, sociologues, politologues, prospectivistes, \u00e9conomistes et bien d\u2019autres disciplines peuvent, voire doivent, se pencher sur cette question de la nouvelle \u00ab narration \u00bb pour un nouveau projet national et contribuer ainsi \u00e0 alimenter les acteurs politiques en mati\u00e8re de perspectives d\u2019avenir \u00e0 partir desquelles ils pourront alors \u00e9laborer les politiques publiques. J\u2019appelle de tous mes v\u0153ux \u00e0 la tenue d\u2019un tel d\u00e9bat national autour du \u00ab projet pour la Tunisie \u00bb, pour un \u00ab Nouvel Ordre National \u00bb \u00e0 travers la mise en synergie de toutes les comp\u00e9tences dont regorge notre pays.<\/p>\n<p class=\"c5\"><strong>H\u00e9di Ben Abbes<\/strong> <strong><span class=\"c4\"><em>(Le 15 avril 2020)<br \/><\/em><\/span><\/strong> <span class=\"c4\"><em>Ancien Secr\u00e9taire d&rsquo;Etat aux affaires \u00e9trang\u00e8res<br \/>Ancien conseiller diplomatique du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique<br \/>Ma\u00eetre de Conf\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Besan\u00e7on (France)<\/em><\/span><strong><span class=\"c4\"><em><br \/><\/em><\/span> <span class=\"c4\"><em><br \/><\/em><\/span><\/strong><br \/><strong><span class=\"c4\"><em><br \/><\/em><\/span><\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/29683-hedi-ben-abbes-nation-et-narration\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les crises de toutes sortes et les crises sanitaires en particulier, qui ont jalonn\u00e9 l\u2019histoire depuis le 2e si\u00e8cle de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019id\u00e9e de la Nation. 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