{"id":82592,"date":"2020-04-15T19:32:00","date_gmt":"2020-04-15T23:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-personnel-soignant-hero-planetaire-de-la-pandemie-corona\/"},"modified":"2020-04-15T19:32:00","modified_gmt":"2020-04-15T23:32:00","slug":"le-personnel-soignant-hero-planetaire-de-la-pandemie-corona","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-personnel-soignant-hero-planetaire-de-la-pandemie-corona\/","title":{"rendered":"Le personnel soignant, h\u00e9ro plan\u00e9taire de la pand\u00e9mie \u00ab CORONA \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Sur les balcons ou dans la rue, ils sont applaudis dans le monde entier. M\u00e9decins, infirmiers ou aides-soignants sont devenus pour leur d\u00e9vouement les \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb plan\u00e9taires de la pand\u00e9mie de coronavirus, qui a fait environ 118.000 morts et 1,9 million d&rsquo;infections, leur quotidien reste toutefois \u00e9prouvant, entre afflux de malades, manque d&rsquo;\u00e9quipements, peur de la contamination ou accompagnement de patients s\u00e9v\u00e8rement atteints.<\/p>\n<p>Avec les correspondants du r\u00e9seau AFP, paroles de soignants au temps du Covid-19:<\/p>\n<p><strong>ITALIE: la peur de la contamination<\/strong><\/p>\n<p>En Italie, un des pays les plus touch\u00e9s au monde, des dizaines de m\u00e9decins et infirmiers sont morts du coronavirus et des milliers de membres du personnel de sant\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9s.<\/p>\n<p>Masques, casques, gants, combinaisons, charlottes&#8230; transforment progressivement infirmiers et m\u00e9decins en cosmonautes. Et cela prend beaucoup de temps: \u00ab\u00a0nous ne fixons pas une dur\u00e9e pr\u00e9cise pour ce processus, mais nous avons estim\u00e9 que pour une vacation de sept heures, environ 40-50 minutes sont utilis\u00e9es rien que pour l&rsquo;habillage\u00a0\u00bb, explique Silvana Di Florio, infirmi\u00e8re coordinatrice \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de soins intensifs Covid-19 de l&rsquo;h\u00f4pital Tor Vergata de Rome.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour ce qui est du lavage des mains et la d\u00e9contamination des mains, on peut parler de 60-75 minutes par jour\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle, apr\u00e8s avoir morig\u00e9n\u00e9 une aide-soignante sans masque de protection.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le personnel m\u00e9dical ne doit pas tomber malade, pas tant pour sa capacit\u00e9 de travail mais parce que ce ne serait pas juste!\u00a0\u00bb, lance-t-elle.<\/p>\n<p><strong>EQUATEUR: chaos dans les rues<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous sommes partis en guerre sans armes!\u00a0\u00bb. Clo\u00eetr\u00e9e, une infirmi\u00e8re malade ne cache pas sa col\u00e8re \u00e0 Guayaquil: dans ce port de la c\u00f4te pacifique, 80 de ses coll\u00e8gues ont \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9s, cinq sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9s.<\/p>\n<p>Avec des centaines de cadavres dans les logements faute de place \u00e0 la morgue et des services hospitaliers et fun\u00e9raires d\u00e9bord\u00e9s, le coronavirus provoque le chaos dans la capitale \u00e9conomique de l&rsquo;Equateur, un des pays d&rsquo;Am\u00e9rique latine les plus touch\u00e9s par la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les \u00e9quipements n\u00e9cessaires n&rsquo;\u00e9taient pas pr\u00eats alors que cela (l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie) arrivait d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9vastant l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb, d\u00e9plore cette femme de 55 ans, contrainte de se soigner chez elle, les h\u00f4pitaux \u00e9tant satur\u00e9s.<\/p>\n<p>Son service d&rsquo;urgence a accueilli des patients pr\u00e9sentant des \u00ab\u00a0sympt\u00f4mes importants, mais faute de tests, ils \u00e9taient soign\u00e9s comme s&rsquo;ils souffraient d&rsquo;une grippe et renvoy\u00e9s chez eux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avions pas de mat\u00e9riel de protection personnelle, mais nous ne pouvions refuser de nous occuper des patients\u00a0\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p><strong>CAMEROUN: comment faire avec ses proches?<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est compliqu\u00e9 \u00e9galement avec la famille\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne le Dr Roger Etoa, m\u00e9decin de 36 ans et directeur d&rsquo;un centre de sant\u00e9 \u00e0 Douala, une des principales villes du Cameroun, parmi les plus touch\u00e9s d&rsquo;Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je vis avec ma femme et mes enfants, quand j&rsquo;arrive le soir je fonce \u00e0 la douche, mais il est difficile d&#8217;emp\u00eacher les enfants de vous sauter dessus\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne-t-il, \u00ab\u00a0par mesure de pr\u00e9caution, je prends de la chloroquine\u00a0\u00bb m\u00eame si \u00ab\u00a0on ne sait pas encore si cela fonctionne en pr\u00e9ventif, ou m\u00eame en curatif, mais je pr\u00e9f\u00e8re au cas o\u00f9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons peur, comme le reste de la population, peur d&rsquo;avoir mal mis son masque, mal ajust\u00e9 sa blouse, lorsqu&rsquo;on est face \u00e0 un patient qui pr\u00e9sente des sympt\u00f4mes\u00a0\u00bb, confie le m\u00e9decin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsqu&rsquo;on se l\u00e8ve le matin, qu&rsquo;on a un peu mal \u00e0 la t\u00eate, on se demande: \u00ab\u00a0Et si c&rsquo;\u00e9tait \u00e7a? Et si c&rsquo;\u00e9tait notre tour de contracter le virus?\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p><strong>ESPAGNE: patients coup\u00e9s de leurs familles<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est difficile de voir qu&rsquo;il y a des patients seuls et qui n&rsquo;ont pas de familles pour les accompagner\u00a0\u00bb, raconte Antonio \u00c1lvarez, infirmier de 33 ans dans l&rsquo;unit\u00e9 de soins intensifs du Vall d&rsquo;Hebron, le plus grand h\u00f4pital de Barcelone.<\/p>\n<p>Il dit appeler les familles chaque jour et quand le patient est en phase terminale, faire en sorte qu&rsquo;un membre de la famille puisse faire ses adieux derri\u00e8re la vitre isolant le patient dans son box.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils leur disent au revoir depuis la porte et c&rsquo;est probablement la derni\u00e8re fois qu&rsquo;ils les voient\u00a0\u00bb car les veill\u00e9es fun\u00e8bres ont \u00e9t\u00e9 interdites.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si c&rsquo;\u00e9tait un membre de ma famille, je ne pourrais pas rester tranquille, ni le voir derri\u00e8re la porte, c&rsquo;est une situation tr\u00e8s difficile, un deuil tr\u00e8s compliqu\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>TURQUIE: comme \u00ab\u00a0en guerre\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout le monde travaille d&rsquo;arrache-pied comme s&rsquo;il \u00e9tait en guerre\u00a0\u00bb, dit le professeur Nuri Aydin, recteur de la facult\u00e9 de m\u00e9decine de Cerrahpasa \u00e0 Istanbul.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;atmosph\u00e8re ici n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un lieu de travail normal, mais celle d&rsquo;un champ de bataille\u00a0\u00bb, d\u00e9crit-il en faisant visiter l&rsquo;h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Environ 60% des cas de coronavirus en Turquie ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s \u00e0 Istanbul, ville tentaculaire de plus de 15 millions d&rsquo;habitants et capitale \u00e9conomique de ce pays.<\/p>\n<p>De peur de contaminer leurs proches, certains membres du personnel soignant dorment \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel ou dans des r\u00e9sidences \u00e9tudiantes reconverties en centres d&rsquo;h\u00e9bergement.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils accomplissent quelque chose de surhumain. Il n&rsquo;y a pas de prix pour le travail des soignants, ils sont au service de l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0\u00bb, loue M. Aydin.<\/p>\n<p><strong>ETATS-UNIS: le manque de protection<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous sommes les combattants aux avant-postes (\u2026) et nous n&rsquo;avons ni les armes ni l&rsquo;armure pour nous prot\u00e9ger contre l&rsquo;ennemi\u00a0\u00bb, lance Judy Sheridan-Gonzalez, infirmi\u00e8re aux urgences lors d&rsquo;une r\u00e9cente manifestation devant un h\u00f4pital new-yorkais.<\/p>\n<p>En cause comme dans de nombreux pays: le manque de masques, blouses et autres \u00e9quipements de protection qui les met en danger, eux et leurs patients.<\/p>\n<p>Avec environ 195.000 cas confirm\u00e9s de Covid-19 et environ 10.000 mort, l&rsquo;Etat de New York est l&rsquo;\u00e9picentre de la pand\u00e9mie aux Etats-Unis, pays aujourd\u2019hui le plus affect\u00e9.<\/p>\n<p>Benny Mathew, un de ses coll\u00e8gues infirmier de 43 ans, explique avoir contract\u00e9 le virus apr\u00e8s avoir soign\u00e9 au moins quatre malades. Peu de temps apr\u00e8s, sans fi\u00e8vre, l&rsquo;h\u00f4pital lui demandait pourtant de reprendre le travail.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le seul crit\u00e8re pour eux \u00e9tait la fi\u00e8vre. Ils m&rsquo;ont dit de mettre un masque et de revenir&#8230; On manque de personnel, donc je pense que c&rsquo;\u00e9tait mon devoir de revenir (&#8230;) mais j&rsquo;avais peur de transmettre la maladie \u00e0 mes coll\u00e8gues, aux patients qui ne l&rsquo;ont pas\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p><strong>PHILIPPINES: un \u00ab\u00a0cauchemar\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est un cauchemar vivant\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne Ferdinand de Guzman, m\u00e9decin de l&rsquo;h\u00f4pital San Lazaro de Manille et, \u00e0 60 ans, lui-m\u00eame personne \u00e0 risque. Dans ce centre sp\u00e9cialis\u00e9 dans les maladies infectieuses, on en a vu d&rsquo;autres, mais jamais rien de tel.<\/p>\n<p>Le nombre de lits pour soins intensifs est limit\u00e9 et les m\u00e9decins sont contraints de faire du \u00ab\u00a0triage\u00a0\u00bb face aux patients qui arrivent.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous n&rsquo;aimons pas nous prendre pour Dieu mais les m\u00e9decins doivent prendre des d\u00e9cisions, explique-t-il.<\/p>\n<p>Et le retour \u00e0 la maison apr\u00e8s les journ\u00e9es de 12 heures de travail tourne au calvaire. \u00ab\u00a0Nous ne voulons pas rentrer\u00a0\u00bb car \u00ab\u00a0nous sommes inquiets pour nos familles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>ALLEMAGNE: aide au voisin fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avons eu deux patients, de 64 et 68 ans, qui sont venus de Colmar en France et qui ont pu maintenant repartir\u00a0\u00bb dans leur pays, raconte Thomas Kirschning, 44 ans, coordinateur de l&rsquo;unit\u00e9 de soins intensifs de l&rsquo;h\u00f4pital de Mannheim, situ\u00e9 dans une r\u00e9gion frontali\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela a \u00e9t\u00e9 motivant pour l&rsquo;\u00e9quipe de pouvoir aider car nous avions encore des lits \u00e0 Mannheim. Et cela allait de soi pour tout le monde de prendre en charge ces patients dans la mesure o\u00f9 la France \u00e9tait confront\u00e9e \u00e0 une situation d&rsquo;urgence\u00a0\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Pour lui aussi le retour \u00e0 la maison le soir se fait avec appr\u00e9hension. \u00ab\u00a0Nous essayons de ne pas commettre d&rsquo;erreur et de ne pas nous mettre en danger\u00a0\u00bb, explique cet homme mari\u00e9 et p\u00e8re de deux filles.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 la maison, \u00ab\u00a0il est clair qu&rsquo;on n&rsquo;a pas tout \u00e0 fait la m\u00eame proximit\u00e9 que si nous n&rsquo;avions pas cette pand\u00e9mie. Nous sommes tous un peu inquiets, ma famille pour moi et moi pour la famille\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Auteur: letemps1<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.letemps.com.tn\/article\/112880\/le-personnel-soignant-h%C3%A9ro-plan%C3%A9taire-de-la-pand%C3%A9mie-%C2%AB-corona-%C2%BB\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les balcons ou dans la rue, ils sont applaudis dans le monde entier. 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