{"id":83230,"date":"2020-04-23T02:04:16","date_gmt":"2020-04-23T06:04:16","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/des-femmes-victimes-de-violences-durant-le-confinement\/"},"modified":"2020-04-23T02:04:16","modified_gmt":"2020-04-23T06:04:16","slug":"des-femmes-victimes-de-violences-durant-le-confinement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/des-femmes-victimes-de-violences-durant-le-confinement\/","title":{"rendered":"Des femmes victimes de violences durant le confinement"},"content":{"rendered":"<h4 class=\"title-14\">14 meurtres de femmes depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, selon les associations de d\u00e9fense des femmes<\/h4>\n<div class=\"featured_image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"561\" src=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/violence-col.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Des femmes victimes de violences durant le confinement\" srcset=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/violence-col.jpg 1000w, https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/violence-col-300x168.jpg 300w, https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/violence-col-768x431.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\"\/><\/div>\n<p class=\"p4\"><em><strong><span class=\"s4\">Les associations de d\u00e9fense de la cause f\u00e9minine s\u2019inqui\u00e8tent des cons\u00e9quences du confinement, dont les femmes pourraient payer un lourd tribut.<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"p6\"><strong><span class=\"s5\">Samedi 4 avril. Bouzar\u00e9ah (Alger).<\/span><\/strong> Se servant de son arme de service, un policier a tir\u00e9 cinq balles en direction de son \u00e9pouse, devant leurs quatre enfants. Elle n\u2019y survivra pas.<\/p>\n<p class=\"p6\"><span class=\"s5\"><strong>Lundi 6 avril. Zahana (Mascara).<\/strong><\/span> Un homme agresse sa femme avant de la jeter du deuxi\u00e8me \u00e9tage de leur immeuble.<\/p>\n<p class=\"p6\"><span class=\"s5\"><strong>Mardi 14 avril. Ouled Aiche (R\u00e9lizane).<\/strong><\/span> Une femme ayant re\u00e7u des coups de couteau de son fils de 25 ans succombe \u00e0 ses blessures.<\/p>\n<p class=\"p6\"><strong><span class=\"s5\">Lundi 20 avril. Douar Bouras (Chenoua).<\/span><\/strong> Un homme trentenaire, dont les voisins louent le caract\u00e8re calme et pond\u00e9r\u00e9, agresse son \u00e9pouse \u00e0 l\u2019arme blanche. Ils avaient trois enfants.<\/p>\n<p class=\"p6\">Ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un infime \u00e9chantillon de ce que subissent certaines femmes derri\u00e8re les alc\u00f4ves en cette situation exceptionnelle li\u00e9e \u00e0 la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p class=\"p6\">R\u00e9cemment, une chanteuse de ra\u00ef, connue en tant que cheba Nivin, s\u2019est film\u00e9e dans un h\u00f4pital de Sig, pr\u00e9sentant des l\u00e9sions sur le visage et sur le cou. <em>\u00abMon mari m\u2019a donn\u00e9 sept coups de couteau,<\/em> dit-elle, <em>partout sur le corps. Gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, je suis enceinte et je suis toujours vivante. Je ne retournerai pas chez lui, il a voulu me tuer\u00bb<\/em>, affirme-t-elle \u00e0 partir de son lit d\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n<p class=\"p6\">Les associations de d\u00e9fense de la cause f\u00e9minine s\u2019inqui\u00e8tent des cons\u00e9quences du confinement, dont les femmes pourraient payer un lourd tribut. Le collectif Femmes alg\u00e9riennes vers un changement pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 (Face) a publi\u00e9 un communiqu\u00e9 s\u2019indignant contre aux violences que subissent les femmes dans leurs familles et qui, selon des t\u00e9moignages, accusent une hausse inqui\u00e9tante en cette p\u00e9riode de confinement.<\/p>\n<p class=\"p6\"><em>\u00abNous exhortons les pouvoirs publics \u00e0 prendre leurs responsabilit\u00e9s en mettant en place les mesures n\u00e9cessaires pour que cessent les violences faites aux femmes et aux enfants\u00bb<\/em>, peut-on lire dans le communiqu\u00e9 en question. Les associations ont r\u00e9pertori\u00e9 14 \u00abf\u00e9minicides\u00bb (mot d\u00e9signant l\u2019assassinat de femmes parce qu\u2019elles sont des femmes) depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. Un chiffre qui ne recouvre pas, selon elles, la r\u00e9alit\u00e9, puisque nombre de cas ne seraient pas reconnus.<\/p>\n<p class=\"p6\">Le fait est, par ailleurs, que les autorit\u00e9s publiques ne communiquent plus les statistiques relatives aux violences contre les femmes depuis 2013. Dans une vid\u00e9oconf\u00e9rence ayant regroup\u00e9 Louisa A\u00eft Hamou, membre du r\u00e9seau Wassila, et Fatma Boufenik, pr\u00e9sidente de l\u2019association Femmes alg\u00e9riennes revendiquant leurs droits (Fard), les militantes d\u00e9plorent le peu d\u2019information dont elles disposent sur ce sujet. <em>\u00abNos \u00e9coutantes expliquent qu\u2019il n\u2019y a pas particuli\u00e8rement plus d\u2019appels qu\u2019avant le confinement.<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\"><em>Cela ne veut pas dire que le nombre de violences ait baiss\u00e9, mais les femmes ont plus de mal \u00e0 prendre le t\u00e9l\u00e9phone car elles sont en permanence en pr\u00e9sence de leurs bourreaux\u00bb<\/em>, souligne Louisa A\u00eft Hamou.<\/p>\n<p class=\"p6\">Les associations ont n\u00e9anmoins maintenu leurs centres d\u2019\u00e9coute en cette p\u00e9riode particuli\u00e8re. <em>\u00abNous avons, au sein du r\u00e9seau Wassila, une juriste et une psychologue qui travaillent de chez elles\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Louisa A\u00eft Hamou. Le r\u00e9seau Wassila enregistre entre 900 et 1000 appels annuellement, dont un tiers de nouveaux cas.<\/p>\n<p class=\"p6\"><em>\u00abPendant la p\u00e9riode de confinement,<\/em> explique la repr\u00e9sentante du r\u00e9seau Wassila, <em>les \u00e9coutantes disent qu\u2019elles ont deux \u00e0 trois appels par jour de nouvelles victimes de violences, mais pour le reste, ce sont les femmes que nous suivons depuis quelques semaines, quelques mois ou, parfois, depuis des ann\u00e9es. Au total, il y a pr\u00e8s de dix nouveaux appels par semaine, et \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame nombre d\u2019appels des victimes que nous suivons depuis quelque temps.\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\">A peu pr\u00e8s la m\u00eame tendance est enregistr\u00e9e par l\u2019association Fard bas\u00e9e \u00e0 Oran. <em>\u00abApr\u00e8s avoir diffus\u00e9 les num\u00e9ros sur les r\u00e9seaux sociaux,<\/em> souligne Fatma Boufenik, <em>nous avons deux \u00e0 trois nouveaux appels par jour. La question qui se pose est de savoir si ces appels sont li\u00e9s \u00e0 la crise sanitaire ou si c\u2019est parce que le num\u00e9ro est devenu public.<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\"><em>Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que les femmes qui appellent \u00e9voquent la nouvelle situation li\u00e9e \u00e0 l\u2019instauration du couvre-feu. Je consid\u00e8re que le plus important ne r\u00e9side pas dans les statistiques. Les donn\u00e9es sont n\u00e9cessaires pour mettre en place des solutions et des strat\u00e9gies. Le confinement aggrave la situation d\u00e9j\u00e0 existante\u00bb<\/em>, d\u00e9taille-t-elle.<\/p>\n<p class=\"p6\"><strong>\u00abCocotte-minute\u00bb<\/strong><\/p>\n<p class=\"p6\">Selon les association, c\u2019est une situation complexe \u00e0 laquelle les femmes violent\u00e9es sont confront\u00e9es. Les femmes victimes de violences sont contraintes de rester, plus que d\u2019ordinaire, en pr\u00e9sence de leurs bourreaux. Elles ne peuvent, de ce fait, pas prendre le t\u00e9l\u00e9phone pour alerter les associations pour avoir un conseil ou une oreille attentive.<\/p>\n<p class=\"p6\"><em>\u00abIl est plus difficile pour les femmes de prendre le t\u00e9l\u00e9phone et d\u2019appeler le centre d\u2019\u00e9coute car elles sont pratiquement 24h\/24 avec leurs bourreaux (qui peut \u00eatre le mari, le fr\u00e8re, le p\u00e8re\u2026)<\/em>, dit Louisa A\u00eft Hamou. <em>\u00abLorsqu\u2019elles les rappellent, nos \u00e9coutantes sentent \u00e0 quel moment elles ne peuvent pas parler.\u00bb<\/em> En temps de crise, et c\u2019est un fait d\u00e9montr\u00e9 partout dans le monde, disent-elles, il est av\u00e9r\u00e9 que les violences contre les femmes augmentent presque syst\u00e9matiquement.<\/p>\n<p class=\"p6\"><em>\u00abNous ne voulons pas attendre que des d\u00e9sastres arrivent pour alerter\u00bb<\/em>, dit Louisa A\u00eft Hamou. Et d\u2019ajouter, inqui\u00e8te : <em>\u00abNous craignons ce que va r\u00e9v\u00e9ler l\u2019apr\u00e8s-confinement : la cocotte-minute va alors \u00e9clater et nous allons voir tout ce qui s\u2019est pass\u00e9.\u00bb<\/em> La situation est d\u2019autant plus complexe que les victimes de violences peinent \u00e0 d\u00e9poser plainte. Quand bien m\u00eame elles r\u00e9ussiraient \u00e0 le faire, la proc\u00e9dure serait ralentie du fait que le secteur judiciaire travaille \u00e0 minima.<\/p>\n<p class=\"p6\">Souvent, les femmes violent\u00e9es n\u2019ont d\u2019autre choix que d\u2019accepter leur sort car elles n\u2019ont pas o\u00f9 aller. Aussi est-il n\u00e9cessaire, insiste Fatma Boufenik, en cette p\u00e9riode de confinement, de mettre en place un num\u00e9ro vert fonctionnel que les victimes peuvent joindre \u00e0 partir de tous les op\u00e9rateurs t\u00e9l\u00e9phoniques. <em>\u00abIl y a beaucoup \u00e0 faire en mati\u00e8re de pr\u00e9vention. La mise en place de num\u00e9ros verts fonctionnels avec des personnes comp\u00e9tentes pour orienter et soutenir les femmes, est l\u2019une des priorit\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\"><em>C\u2019est un travail que les associations seules ne peuvent pas faire\u00bb<\/em>, dit Louisa A\u00eft Hamou. Les d\u00e9fenseuses des droits des femmes r\u00e9clament \u00e9galement une r\u00e9vision du protocole d\u2019acc\u00e8s dans les centres d\u2019h\u00e9bergement des femmes victimes de violences. Elles appellent \u00e0 la prise en charge rapide des victimes par les institutions concern\u00e9es (services de police, gendarmerie et justice) ainsi que la mise en place temporaire de centres d\u2019accueil des victimes de violences domestiques. Il y en a six sur le territoire national, dont certains ne sont pas op\u00e9rationnels.<\/p>\n<p class=\"p6\">Louisa A\u00eft Hamou s\u2019\u00e9l\u00e8ve contre les conditions d\u2019accueil des femmes violent\u00e9es. <em>\u00abCertains ressemblent \u00e0 de v\u00e9ritables centres de d\u00e9tention,<\/em> dit-elle. <em>C\u2019est dommage, car ces \u00e9tablissements devraient servir \u00e0 aider ces femmes \u00e0 sortir de la violence, \u00e0 reprendre confiance en elles, devenir autonomes\u00a0: il est important de les laisser sortir pour chercher du travail et d\u2019accepter leurs enfants\u2026<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\"><em>Or, dans la grande majorit\u00e9 des centres d\u00e9pendant du minist\u00e8re de la Solidarit\u00e9, la pr\u00e9sence des enfants est interdite. Que devraient-elles faire ? Laisser leurs enfants \u00e0 la rue ? C\u2019est intol\u00e9rable.\u00bb<\/em> La repr\u00e9sentante du r\u00e9seau Wassila rappelle qu\u2019encore aujourd\u2019hui, il est des familles qui ont du mal \u00e0 accepter leur fille divorc\u00e9e ou s\u00e9par\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"p6\">Fatma Boufenik d\u00e9taille quelques dispositions \u00e0 instaurer imm\u00e9diatement afin d\u2019\u00e9viter les drames : <em>\u00abIl y a des mesures \u00e0 instaurer imm\u00e9diatement et qui devraient \u00eatre inscrites dans une d\u00e9marche d\u2019int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique. Autrement, nous allons \u00eatre condamn\u00e9es \u00e0 faire les pompiers. Nous voulons \u00eatre reconnues en tant qu\u2019acteurs dans la r\u00e9flexion pour les politiques publiques qui permettent la promotion des femmes. Nous n\u2019avons aucun pouvoir que celui d\u2019interpeller les pouvoirs publics sur ces situations.\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\">Au-del\u00e0 des violences physiques, Louisa A\u00eft Hamou met en garde contre les dommages psychologiques que peuvent subir les femmes en cette p\u00e9riode particuli\u00e8re. <em>\u00abLa violence n\u2019est pas seulement physique,<\/em> dit-elle, <em>il y a des violences psychologiques faites d\u2019humiliations diverses. Cela a des cons\u00e9quences terribles sur les femmes. C\u2019est une destruction progressive.\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\">Si elle reconna\u00eet qu\u2019il y a eu quelques acquis l\u00e9gislatifs depuis 2015, gr\u00e2ce aux combats f\u00e9ministes, elle regrette que peu d\u2019avocats et de magistrats se sont saisis de la question. <em>\u00abIl faut des mesures d\u2019application,<\/em> pr\u00e9conise-t-elle. <em>Dans cette loi, il y a la clause du pardon, que nous d\u00e9non\u00e7ons.\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"p6\">Par ailleurs, Louisa A\u00eft Hamou d\u00e9nonce les vid\u00e9os dans lesquelles les hommes se griment avec un tablier, un foulard et un seau, pour faire la parodie des r\u00f4les invers\u00e9s en cette p\u00e9riode de confinement. <em>\u00abC\u2019est l\u00e0 une violence symbolique grave, c\u2019est scandaleux,<\/em> d\u00e9nonce-t-elle. <em>C\u2019est un appel \u00e0 la haine qui est r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une complicit\u00e9 d\u2019une partie de la soci\u00e9t\u00e9.\u00bb<\/em> Et de soupirer, afflig\u00e9e : <em>\u00abOui, il y a beaucoup de travail \u00e0 faire.\u00bb<\/em><\/p>\n<p><span class=\"post-views-label\">Post Views:<\/span> <span class=\"post-views-count\">2\u00a0794<\/span><\/p>\n<p><br class=\"c3\"\/><br class=\"c6\"\/><\/p>\n<p>Auteur: Anis Khecheba<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/edition\/actualite\/des-femmes-victimes-de-violences-durant-le-confinement-23-04-2020\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>14 meurtres de femmes depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, selon les associations de d\u00e9fense des femmes Les associations de d\u00e9fense de la cause f\u00e9minine s\u2019inqui\u00e8tent des cons\u00e9quences du confinement, dont les femmes pourraient payer un lourd tribut. 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