{"id":84084,"date":"2020-05-02T15:28:22","date_gmt":"2020-05-02T19:28:22","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/cameroun-gerontocratie-ces-vieillards-qui-nous-gouvernent\/"},"modified":"2020-05-02T15:28:22","modified_gmt":"2020-05-02T19:28:22","slug":"cameroun-gerontocratie-ces-vieillards-qui-nous-gouvernent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/cameroun-gerontocratie-ces-vieillards-qui-nous-gouvernent\/","title":{"rendered":"Cameroun\/G\u00e9rontocratie\u00a0: ces vieillards qui nous gouvernent"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"c5\">En pariant\u00a0 sur des septuag\u00e9naires et octog\u00e9naires \u00e0 des postes cl\u00e9s, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Paul Biya, qui gouverne le Cameroun sans partage depuis 1982, a choisi l\u2019inertie comme mode de gouvernance. Le prix \u00e0 payer de cette supr\u00e9matie des hommes du troisi\u00e8me \u00e2ge est insoutenable\u00a0: manque de renouvellement de la classe politique, perte de capacit\u00e9 d\u2019innovation et de comp\u00e9titivit\u00e9.<\/h2>\n<h2 class=\"c5\">L\u2019argument d\u2019un n\u00e9cessaire renouvellement des id\u00e9es, qui passerait par le rajeunissement des hommes qui les incarnent, s\u2019est vu opposer la d\u00e9nonciation d\u2019un discours \u00ab\u00a0<em>Des Biyaistes<\/em>\u00a0\u00bb et l\u2019imparable\u00a0\u00ab\u00a0<em>on-est-d\u2019 abord-jeune-dans-sa-t\u00eate<\/em>\u00ab\u00a0, assen\u00e9 par les plus fervents d\u00e9fenseurs du syst\u00e8me Biya. Il est dommage que ce d\u00e9bat soit demeur\u00e9 st\u00e9rile, car il met au jour un dysfonctionnement fondamental de la d\u00e9mocratie camerounaise dont le pr\u00e9sident du parti-Etat Rdpc a toujours su tirer profit. Mais, jusqu\u2019\u00e0 quand\u00a0? Petit panorama de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9quipe type\u00a0\u00bb des personnalit\u00e9s qui sont aux affaires depuis au moins quatre d\u00e9cennies.<\/h2>\n<p class=\"c6\"><strong>Paul Biya (87 ans)\u00a0: pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Cameroun<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Absent de la sc\u00e8ne depuis quelques semaines, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est sorti de son confinement jeudi 16 avril 2020 pour recevoir en audience l\u2019ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, avec qui, de source officielle, il s\u2019est entretenu de la pand\u00e9mie du covid-19 et ses cons\u00e9quences.<\/p>\n<p class=\"c6\">A dire vrai, on ne peut dire de Paul Biya, 87 ans, qu\u2019il est sorti de son confinement, puisque c\u2019est comme s\u2019il y avait toujours presque v\u00e9cu. Sur ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, le nombre de conseils des ministre pr\u00e9sid\u00e9s par lui se comptent au bout des doigts et d\u2019une seule main. Les entrevues qu\u2019il offre \u00e0 ses plus proches collaborateurs au salon d\u2019honneur de l\u2019a\u00e9roport de Yaound\u00e9-Nsimalen, semblent \u00eatre des moments privil\u00e9gi\u00e9s. Ses ministres ne l\u2019aper\u00e7oivent que lors de la soir\u00e9e des banquets qu\u2019il offre chaque 20 mai au Palais de l\u2019Unit\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion de la f\u00eate nationale et lors de la c\u00e9r\u00e9monie de pr\u00e9sentation des v\u0153ux, chaque d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"c6\">\u00a0Pr\u00e9sident du Cameroun depuis le 6 novembre 1982, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 sept ans comme premier ministre, il a habitu\u00e9 les Camerounais a fait lire ses \u00ab\u00a0hautes instructions\u00a0\u00bb par ses ministres et ou par son ministre Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.\u00a0 Pour\u00a0asseoir\u00a0sa long\u00e9vit\u00e9 au pouvoir, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qui est un haut fonctionnaire depuis 1962, s\u2019est tr\u00e8s souvent appuy\u00e9 sur des gens de sa g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p class=\"c6\">En effet, on peut l\u00e9gitimement se demander si, au Cameroun, il faut \u00eatre vieux pour \u00ab\u00a0faire de la politique\u00a0\u00bb. Car le pouvoir (pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique,\u00a0 du S\u00e9nat, de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, du Conseil \u00e9conomique et Social, du Conseil Constitutionnel etc.) est tr\u00e8s largement confisqu\u00e9 par les hommes du troisi\u00e8me \u00e2ge. La moyenne d\u2019\u00e2ge des pr\u00e9sidents de ces institutions, dans l\u2019ordre protocolaire, est sur ce point est \u00e9difiante : 82 ans.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Marcel Niat Njifenji (85 ans)\u00a0: pr\u00e9sident du S\u00e9nat<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Marcel Niat Njifenji,\u00a0le tout premier pr\u00e9sident du S\u00e9nat camerounais, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lu le 26 mars 2020. Ce jour-l\u00e0, il a d\u00fb puiser au plus profond de ces ressources pour assister \u00e0 son intronisation au Palais des Congr\u00e8s.\u00a0C\u2019est cet homme affaibli que Paul Biya a, pour des raisons d\u2019\u00e9quilibres g\u00e9opolitiques et surtout de calcul politicien, choisi d\u2019en faire la deuxi\u00e8me personnalit\u00e9 de la R\u00e9publique.\u00a0Vieilli et tr\u00e8s amolli par une maladie qui ne cesse de le ronger depuis des ann\u00e9es, sa d\u00e9marche tr\u00e8s balbutiante ne fait plus rire personne.\u00a0 Le fait de savoir qu\u2019il dirigera le Cameroun en cas de vacance \u00e0 la pr\u00e9sidence, laisse plus d\u2019un observateur dubitatif.\u00a0D\u2019ailleurs, au S\u00e9nat, depuis plus d\u2019un an, c\u2019est le premier vice-pr\u00e9sident Aboubakary Abdoulaye, qui convoque et pr\u00e9side les sessions de la chambre haute.<\/p>\n<p class=\"c6\">Marcel Niat Njifenji, qui aura 86 ans le 26 octobre prochain, est entr\u00e9 au gouvernement le 7 septembre 1990,\u00a0 comme ministre du Plan et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. Il cumulait alors avec les fonctions de directeur g\u00e9n\u00e9ral de la d\u00e9funte Sonel. Le 9 avril 1992, il est nomm\u00e9 vice-premier ministre charg\u00e9 des Mines, de l\u2019eau et de l\u2019\u00e9nergie, en gardant ses fonctions de Dg de la Sonel.\u00a0Membre du comit\u00e9 Central du RDPC, il\u00a0 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9 puis maire de la commune de Bangangt\u00e9\u00a0de 2003 \u00e0 2007. En 1984, apr\u00e8s la tentative de coup d\u2019Etat, alors qu\u2019il \u00e9tait Dg adjoint de la Sonel, il a connu la prison de Kondegui pendant huit mois, avant d\u2019\u00eatre relax\u00e9, aucune charge n\u2019\u00e9tant retenue contre lui.\u00a0\u00a0Au vu de son \u00e9tat actuel, ce grabataire ne m\u00e9rite-t-il pas un repos ?<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Cavay\u00e9 Y\u00e9guie Djibril (80 ans)\u00a0: Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Le retour au Cameroun le samedi 14 mars 2020 de Cavay\u00e9 Y\u00e9gui\u00e9 Djibril, apr\u00e8s plus d\u2019un mois pass\u00e9 en France, pour raison m\u00e9dicale, a fait couler beaucoup d\u2019encre et de salive. Et pour cause, le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, r\u00e9\u00e9lu le 17 mars,\u00a0 a refus\u00e9 de\u00a0se\u00a0mettre en quarantaine conform\u00e9ment aux recommandations du\u00a0 ministre en charge de la Sant\u00e9 publique, visant \u00e0 limiter la propagation du COVID-19.<\/p>\n<p class=\"c6\">En ouvrant les travaux de cette premi\u00e8re session parlementaire, le 17 mars dernier, sa voix tremblotante laissait voir qu\u2019il est rong\u00e9 par la maladie et ext\u00e9nu\u00e9 par le poids de l\u2019\u00e2ge. \u00c2g\u00e9 aujourd\u2019hui de 80 ans, Cavaye Yeguie Djibril si\u00e8ge \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale depuis 47 ans, except\u00e9 pendant la p\u00e9riode 1988-1992. Et depuis 28 ans, cet originaire \u00a0de Mada, dans l\u2019arrondissement de Tokomb\u00e9r\u00e9, d\u00e9partement de Mayo-Sava, r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, membre du politique du RDPC, occupe le poste de pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale du Cameroun. \u00c0 voir comment Cavaye Y\u00e9gui\u00e9 Djibril,\u00a0 ma\u00eetre d\u2019\u00e9ducation physique de formation, combine moyens loyaux et d\u00e9loyaux pour ne pas perdre son poste de d\u00e9put\u00e9 dans sa r\u00e9gion natale \u00e0 l\u2019Extr\u00eame-Nord, l\u2019on comprend que cet octog\u00e9naire ne voit pas encore son avenir politique dans un r\u00e9troviseur.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ayang Luc\u00a0(73 ans)\u00a0: pr\u00e9sident du Conseil \u00e9conomique et social<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">De lui et de l\u2019institution qu\u2019il dirige, on sait peu de chose, puisque Ayang Luc n\u2019en parle presque jamais, m\u00eame pas aux m\u00e9dias de services publics. Dans une enqu\u00eate r\u00e9cemment men\u00e9e par journalduCameroun Tv, deux analystes de la sc\u00e8ne politique camerounaise, Mathias Eric Owona Nguini et Claude Ab\u00e9, s\u2019interrogeaient sur l\u2019opacit\u00e9 qui entoure la gestion\u00a0 du Conseil \u00e9conomique et social\u00a0: \u00ab\u00a0on est en droit de se demander \u00e0 quoi elle sert \u00bb. Paul Biya et dans une certaine mesure Ayang Luc seuls le savent\u00a0!<\/p>\n<p class=\"c6\">Entr\u00e9 au secr\u00e9tariat de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique en 1975, apr\u00e8s une licence en droit obtenue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 en 1972, Ayang Luc\u00a0 a tr\u00e8s vite appris, aupr\u00e8s de Paul Biya, qu\u2019en toute circonstance, il vaut mieux cultiver le silence. En septembre 1976,\u00a0 alors qu\u2019il n\u2019est \u00e2g\u00e9 que de 29 ans,\u00a0 il entre au gouvernement en tant que ministre de l\u2019\u00c9levage, des p\u00eaches et des industries animales. Le 22 ao\u00fbt 1983, il devient Premier ministre par int\u00e9rim, en remplacement de Bello Bouba Maigari. C\u2019est cet homme totalement effac\u00e9, n\u00e9 \u00e0 Doukoula, d\u00e9partement du Mayo-Danay, que Paul Biya a choisi depuis 1984 pour en faire la quatri\u00e8me personnalit\u00e9 du pays, sur le plan protocolaire.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Cl\u00e9ment Atangana (78 ans)\u00a0: pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Le pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel a d\u00e9fray\u00e9 la chronique derni\u00e8rement. Le 14 avril 2020 \u00e0 Yaound\u00e9, un\u00a0cabinet panafricain d\u2019expertise peu connu jusque-l\u00e0, International Committee of Excellence,\u00a0a fait de Cl\u00e9ment Atangana, le pr\u00e9sident du Conseil Constitutionnel, le laur\u00e9at sous r\u00e9gional du prix panafricain des \u00ab\u00a0meilleures pratiques judiciaires innovantes\u00a0\u00bb.\u00a0Cet organisme reconna\u00eet en Cl\u00e9ment Atangana \u00abdes valeurs professionnelles et personnelles dignes de sa stature de haut commis de l\u2019Etat et de magistrat de haut calibre\u00a0\u00bb.\u00a0\u00a0Une curieuse r\u00e9compense quand on sait la mani\u00e8re avec laquelle le Conseil constitutionnel, compos\u00e9 majoritairement d\u2019anciens membres du RDPC, a g\u00e9r\u00e9 les derni\u00e8res \u00e9lections pr\u00e9sidentielles au Cameroun.<\/p>\n<p class=\"c6\">Cl\u00e9ment Atangana est n\u00e9 les 20 septembre 1941 dans le village Ekoumeyeck, arrondissement de Ngomedzap, d\u00e9partement du Nyong-et-So\u2019o dans la r\u00e9gion du Centre. Depuis un d\u00e9cret sign\u00e9 du pr\u00e9sident Paul Biya le 7 f\u00e9vrier 2018, il est le pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel, qui vient dans l\u2019ordre protocolaire au sixi\u00e8me rang, apr\u00e8s la Cour supr\u00eame. Cl\u00e9ment Atangana, aujourd\u2019hui affaibli par la maladie, on ne compte plus ses multiples s\u00e9jours en Suisse, pour se faire soigner.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Bello Bouba Maigari (73 ans)\u00a0: ministre d\u2019Etat en charge du Tourisme et des loisirs<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Une analyse comparative permet de savoir que le Maroc a connu en 2019, 12 millions de touristes, la Tunisie\u00a0 neuf millions, le Kenya, sept millions, alors qu\u2019au Cameroun \u00e7a fait des lustres qu\u2019on ambitionne avoir un million de visiteurs par an. Bello Bouba Maigari, ministre d\u2019Etat en charge du Tourisme et des loisirs depuis 2011, est-il conscient\u00a0 du foss\u00e9 qui nous s\u00e9pare des autre pays africains dans ce domaine ?<\/p>\n<p class=\"c6\">Sans qu\u2019on ne lui connaisse les qualit\u00e9s exceptionnelles de travailleur acharn\u00e9 ou comp\u00e9tent,\u00a0\u00a0Bello Bouba\u00a0Maigairi \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 25 ans, en 1972, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re des Forces arm\u00e9es. Il va alors, au gr\u00e9 des nominations du pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo, conna\u00eetre une ascension fulgurante. Il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la pr\u00e9sidence le 30 juin 1975, jusqu\u2019en janvier 1982 (avec le grade de ministre d\u00e8s le 11 novembre 1980). Dans le gouvernement nomm\u00e9 le 7 janvier 1982, il devint ministre d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00c9conomie et au plan. Plus tard, lorsque le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo d\u00e9missionna en novembre 1982, Bello Bouba fut nomm\u00e9 Premier ministre du nouveau pr\u00e9sident, Paul Biya.<\/p>\n<p class=\"c6\">Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la tentative de coup d\u2019\u00c9tat contre Biya en avril 1984, Bello Bouba s\u2019est exil\u00e9 volontairement au Nig\u00e9ria, pendant sept ans. Rentr\u00e9 au Cameroun le 17 ao\u00fbt 1991, Bello Bouba est devenu pr\u00e9sident du Pnud, \u00e9vin\u00e7ant ainsi l\u2019ancien dirigeant du parti, Samuel Eboua, au terme d\u2019un congr\u00e8s tr\u00e8s contest\u00e9. Apr\u00e8s, le natif de\u00a0 Basch\u00e9o, dans le d\u00e9partement de la Benou\u00e9,\u00a0va transformer son parti en Undp. Il va s\u2019allier au Rdpc. Sa long\u00e9vit\u00e9 comme ministre reposerait essentiellement sur l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019axe-Nord-Sud, tant souhait\u00e9 par le pr\u00e9sident Biya. Durant l\u2019ann\u00e9e 2019, il a plusieurs fois s\u00e9journ\u00e9 en France \u00ab\u00a0pour raison m\u00e9dicale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Laurent Esso (77 ans)\u00a0: ministre d\u2019\u00c9tat en charge de la justice, Garde des Sceaux<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Laurent Esso est le plus ancien des ministres au sein des gouvernements sous le Renouveau. L\u2019actuel ministre d\u2019Etat, ministre de la justice garde des Sceaux, est entr\u00e9 au gouvernement pour la premi\u00e8re fois le 13 avril 1989 comme ministre, directeur du Cabinet civil de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p class=\"c6\">R\u00e9put\u00e9 proche du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, ce magistrat de formation a\u00a0 connu une ascension gouvernementale tr\u00e8s fulgurante puisqu\u2019il a encha\u00een\u00e9 6 minist\u00e8res en 20 ans.\u00a0 Il a occup\u00e9 presque tous les postes politiques d\u2019importance, au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de la pr\u00e9sidence, au cabinet civil, \u00e0 la D\u00e9fense ou aux Relations ext\u00e9rieures. Aujourd\u2019hui, ce natif de Deido (Douala), a la lourde mission de conduire l\u2019op\u00e9ration Epervier, qui pour certains n\u2019aura servi qu\u2019attraper ou dissuader tous ceux qui aspirent au fauteuil pr\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p class=\"c6\">Laurent Esso, v\u00e9ritable patron du RDPC dans sa r\u00e9gion du Littoral, est un homme d\u2019influence. Beaucoup de hauts fonctionnaires, notamment de l\u2019\u00e9lite Sawa, lui doivent leurs nominations. Discret, souvent annonc\u00e9 comme potentiel successeur de Paul Biya, il dispose dans les m\u00e9dias d\u2019importants relais d\u2019influence. La cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision Vision 4, le journal\u00a0L\u2019Anecdote\u00a0et la radio Satellite FM lui sont consid\u00e9r\u00e9s comme acquis,<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Hamadou Moustapha (74 ans)\u00a0: ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Malgr\u00e9 sa long\u00e9vit\u00e9 comme ministre, cet administrateur civil principal est peu connu du grand public. Dans un pays comme le Cameroun, o\u00f9 les ministres ont la chance de ne pas rendre compte au peuple,\u00a0 Hamadou Moustapha n\u2019accorde presque jamais d\u2019interview.<\/p>\n<p class=\"c6\">A travers lui, Paul Biya a su fragiliser l\u2019opposition, en 1992. Militant de la premi\u00e8re heure de l\u2019Undp, il assume les fonctions de vice-pr\u00e9sident du parti \u00e0 sa cr\u00e9ation en 1991.\u00a0Ce natif de Maroua devient d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Assembl\u00e9e nationale lors des\u00a0\u00e9lections l\u00e9gislatives du\u00a01er\u00a0mars 1992. Son entr\u00e9e au gouvernement en date du\u00a027 novembre 1992\u00a0lui vaut une exclusion d\u00e9finitive de l\u2019Undp. Il fonde dans la foul\u00e9e de son exclusion un nouveau parti politique\u00a0: Alliance nationale pour la d\u00e9mocratie et le progr\u00e8s (Andp) et s\u2019allie au Rdpc qui le lui rend bien jusqu\u2019\u00e0 ce jour.<\/p>\n<p class=\"c6\">Sa carri\u00e8re a v\u00e9ritablement pris son envol quand le\u00a05 avril 1972, quand il devient charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Trois ann\u00e9es plus tard, le\u00a030 juin 1975, il devient\u00a0 (\u00e0 30 ans) vice-ministre des Finances. Durant la p\u00e9riode allant du\u00a08 novembre 1979\u00a0au\u00a018 juin 1983, il exerce la fonction de ministre de l\u2019Urbanisme et de l\u2019Habitat.\u00a0 Il quitte ce minist\u00e8re le\u00a018 juin 1983 lors du remaniement minist\u00e9riel par lequel Paul Biya se d\u00e9barrassa des hommes de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Du 27 novembre 1992 au\u00a07 d\u00e9cembre 1997, il est vice-Premier ministre charg\u00e9 de l\u2019Urbanisme et de l\u2019habitat. Lors du remaniement minist\u00e9riel du\u00a08 d\u00e9cembre 2004, il rebondit comme ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ren\u00e9 Emmanuel Sadi (71 ans)\u00a0: ministre de la Communication<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Avec\u00a0 \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb 71 ans, Ren\u00e9 Emmanuel Sadi, le ministre de la Communication, aurait pu ne pas figurer dans cette \u00e9quipe. Il tient sa place de \u00ab\u00a0titulaire\u00a0\u00bb du fait de sa long\u00e9vit\u00e9 dans les arcanes du pouvoir.\u00a0 S\u2019il est n\u00e9 \u00e0 Maroua le 21 d\u00e9cembre 1948, il est originaire de Yoko, dans le Mbam-et-Kim.<\/p>\n<p class=\"c6\">Dipl\u00f4m\u00e9 de\u00a0l\u2019Institut des relations internationales du Cameroun, il entre comme diplomate dans l\u2019administration camerounaise au minist\u00e8re des relations ext\u00e9rieures en 1975. Alors qu\u2019il est conseiller diplomatique \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique,\u00a0il devient directeur adjoint du Cabinet civil de la pr\u00e9sidence, en 1985.<\/p>\n<p class=\"c6\">R\u00e9put\u00e9 discret et proche du pr\u00e9sident Biya, il est en 2004 nomm\u00e9 comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint \u00e0 la pr\u00e9sidence. En avril\u00a0 2007, il devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Rdpc. En 2009, il devient ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Pr\u00e9sent\u00e9 par certains, comme un potentiel dauphin au pr\u00e9sident Biya, il sera nomm\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2011,\u00a0 ministre de l\u2019Administration territoriale et de la d\u00e9centralisation.\u00a0 Redevenu ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique en 2018, il est depuis le 4 janvier 2019, le ministre de la Communication. Dans un contexte de lutte de succession, guerre de clans, son nom est r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9 dans certain m\u00e9dia, notamment Jeune Afrique, comme potentiel successeur de Paul Biya.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Martin Mbarga Nguel\u00e9 (87 ans)\u00a0: D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la suret\u00e9 nationale<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">En 2010, pour mettre fin \u00e0 un climat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re au sein de la police nationale, le chef de l\u2019Etat camerounais avait de nouveau fait confiance \u00e0\u00a0 Martin Mbarga Nguell\u00e9, comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la suret\u00e9 nationale. Un poste qu\u2019il a jadis occup\u00e9 entre 1983 et 1984. Sa nomination \u00e0 un poste aussi strat\u00e9gique \u00e9tait venue conforter les observateurs avertis dans l\u2019id\u00e9e selon laquelle Paul Biya semble ne pas faire confiance aux jeunes.<\/p>\n<p class=\"c6\">Aujourd\u2019hui \u00e0 87 ans (il est N\u00e9 le 1er juillet 1932), l\u2019ancien ambassadeur du Cameroun en Espagne est certainement le plus ancien policier camerounais en fonction.\u00a0\u00a0Le jeune Martin Mbarga Ngu\u00e9l\u00e9 a eu la chance d\u2019\u00eatre inspecteur de police dans son pays alors qu\u2019il n\u2019avait que 19 ans, comme le confirment les archives de la police. Cela fait donc 68 ans, except\u00e9 les \u00e9pisodes d\u2019ambassadeur,\u00a0 que\u00a0 \u00ab\u00a0le vieux flic\u00a0\u00bb, comme l\u2019appellent certains, est dans la police.<\/p>\n<p class=\"c6\">En guise de grandes ambitions, Martin Mbarga Nguel\u00e9 confiait, le 20 septembre 2011, au reporter du quotidien Le Jour, qu\u2019il entend \u00ab\u00a0ne rien laisser au hasard pour que la police devienne ce qu\u2019elle doit \u00eatre, quel que ce soit le temps que cela prendra\u00a0\u00bb. En clair, ce fid\u00e8le de Paul Biya, originaire du Nyong-et-So\u2019o, veut continuer \u00e0 servir Paul Biya, comme il le fait le fait depuis pr\u00e8s de 40 ans.<\/p>\n<p class=\"c6\">Adoub\u00e9 par une partie de la presse, gr\u00e2ce \u00e0 sa suppos\u00e9 rigueur, boud\u00e9s par les policiers v\u00e9reux et corrompus, l\u2019homme reste flegmatique. Malgr\u00e9 la lassitude, le \u00ab vieux flic \u00bb ne semble pas avoir l\u2019intention de l\u00e2cher prise, encore moins de quitter cette tunique bleue qu\u2019il s\u2019est toujours fix\u00e9 pour objectif de redorer.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ren\u00e9 Claude Meka (81 ans)\u00a0: chef d\u2019Etat-major des forces arm\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Chef d\u2019\u00c9tat-major des\u00a0Forces arm\u00e9es camerounaises\u00a0depuis septembre 2001, Ren\u00e9 Claude Meka est certainement l\u2019un \u00a0des hommes \u00e0 qui Paul Biya fait le plus confiance. Dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Ecole sp\u00e9ciale militaire de Saint-Cyr, en 1962, puis de l\u2019Ecole de l\u2019infanterie de Saint-Maixent, il est l\u2019un des officiers camerounais les mieux form\u00e9s, ce qui lui a permis\u00a0\u00a0de commander la brigade strat\u00e9gique du Quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9. Ce natif d\u2019Enongal\u00a0pr\u00e8s d\u2019Ebolowa\u00a0fait r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0\u00a0partie des \u00ab 50 personnalit\u00e9s qui font le Cameroun \u00bb, selon le classement de nos confr\u00e8res de \u00ab Jeune Afrique \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\">Lors de la c\u00e9r\u00e9monie de pr\u00e9sentation des v\u0153ux 2019 au ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence charg\u00e9 de la D\u00e9fense, Ren\u00e9 Claude Meka est sorti de sa r\u00e9serve habituelle pour r\u00e9v\u00e9ler la situation s\u00e9curitaire au Cameroun avant de mettre en garde \u00ab tous les gens qui sont int\u00e9ress\u00e9s pour faire le coup de feu en brousse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\">Pour ce qui de la crise anglophone, le patron de \u00a0l\u2019arm\u00e9e estime que la solution est politique et a toujours appel\u00e9 \u00e0 un v\u00e9ritable dialogue, en incluant l\u2019arm\u00e9e dans les d\u00e9bats. Comme pour r\u00e9pondre aux exactions de notre arm\u00e9e dans NOSO, il pr\u00e9cise que : \u00ab l\u2019arm\u00e9e camerounaise est une arm\u00e9e r\u00e9publicaine. Elle re\u00e7oit ses ordres de son chef. C\u2019est \u00e0 dire le chef de l\u2019Etat, chef supr\u00eame des arm\u00e9es. C\u2019est de lui que nous recevons des ordres et c\u2019est de lui que nous faisons un point d\u2019honneur \u00e0 ex\u00e9cuter sans h\u00e9sitation, ni rancune, mais avec professionnalisme\u2026 \u00bb. De la n\u00e9buleuse Boko Haram, il pense qu\u2019elle s\u2019est illustr\u00e9e ces derniers temps par quelques incursions sans gravit\u00e9. \u00ab Notre dispositif est bien en place, et nous contr\u00f4lons la situation \u00bb, rassure-t-il.<\/p>\n<h2 class=\"c5\">En pariant\u00a0 sur des septuag\u00e9naires et octog\u00e9naires \u00e0 des postes cl\u00e9s, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Paul Biya, qui gouverne le Cameroun sans partage depuis 1982, a choisi l\u2019inertie comme mode de gouvernance. Le prix \u00e0 payer de cette supr\u00e9matie des hommes du troisi\u00e8me \u00e2ge est insoutenable\u00a0: manque de renouvellement de la classe politique, perte de capacit\u00e9 d\u2019innovation et de comp\u00e9titivit\u00e9.<\/h2>\n<h2 class=\"c5\">L\u2019argument d\u2019un n\u00e9cessaire renouvellement des id\u00e9es, qui passerait par le rajeunissement des hommes qui les incarnent, s\u2019est vu opposer la d\u00e9nonciation d\u2019un discours \u00ab\u00a0<em>Des Biyaistes<\/em>\u00a0\u00bb et l\u2019imparable\u00a0\u00ab\u00a0<em>on-est-d\u2019 abord-jeune-dans-sa-t\u00eate<\/em>\u00ab\u00a0, assen\u00e9 par les plus fervents d\u00e9fenseurs du syst\u00e8me Biya. Il est dommage que ce d\u00e9bat soit demeur\u00e9 st\u00e9rile, car il met au jour un dysfonctionnement fondamental de la d\u00e9mocratie camerounaise dont le pr\u00e9sident du parti-Etat Rdpc a toujours su tirer profit. Mais, jusqu\u2019\u00e0 quand\u00a0? Petit panorama de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9quipe type\u00a0\u00bb des personnalit\u00e9s qui sont aux affaires depuis au moins quatre d\u00e9cennies.<\/h2>\n<p class=\"c6\"><strong>Paul Biya (87 ans)\u00a0: pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Cameroun<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Absent de la sc\u00e8ne depuis quelques semaines, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est sorti de son confinement jeudi 16 avril 2020 pour recevoir en audience l\u2019ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou, avec qui, de source officielle, il s\u2019est entretenu de la pand\u00e9mie du covid-19 et ses cons\u00e9quences.<\/p>\n<p class=\"c6\">A dire vrai, on ne peut dire de Paul Biya, 87 ans, qu\u2019il est sorti de son confinement, puisque c\u2019est comme s\u2019il y avait toujours presque v\u00e9cu. Sur ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, le nombre de conseils des ministre pr\u00e9sid\u00e9s par lui se comptent au bout des doigts et d\u2019une seule main. Les entrevues qu\u2019il offre \u00e0 ses plus proches collaborateurs au salon d\u2019honneur de l\u2019a\u00e9roport de Yaound\u00e9-Nsimalen, semblent \u00eatre des moments privil\u00e9gi\u00e9s. Ses ministres ne l\u2019aper\u00e7oivent que lors de la soir\u00e9e des banquets qu\u2019il offre chaque 20 mai au Palais de l\u2019Unit\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion de la f\u00eate nationale et lors de la c\u00e9r\u00e9monie de pr\u00e9sentation des v\u0153ux, chaque d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"c6\">\u00a0Pr\u00e9sident du Cameroun depuis le 6 novembre 1982, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 sept ans comme premier ministre, il a habitu\u00e9 les Camerounais a fait lire ses \u00ab\u00a0hautes instructions\u00a0\u00bb par ses ministres et ou par son ministre Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.\u00a0 Pour\u00a0asseoir\u00a0sa long\u00e9vit\u00e9 au pouvoir, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique qui est un haut fonctionnaire depuis 1962, s\u2019est tr\u00e8s souvent appuy\u00e9 sur des gens de sa g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p class=\"c6\">En effet, on peut l\u00e9gitimement se demander si, au Cameroun, il faut \u00eatre vieux pour \u00ab\u00a0faire de la politique\u00a0\u00bb. Car le pouvoir (pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique,\u00a0 du S\u00e9nat, de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, du Conseil \u00e9conomique et Social, du Conseil Constitutionnel etc.) est tr\u00e8s largement confisqu\u00e9 par les hommes du troisi\u00e8me \u00e2ge. La moyenne d\u2019\u00e2ge des pr\u00e9sidents de ces institutions, dans l\u2019ordre protocolaire, est sur ce point est \u00e9difiante : 82 ans.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Marcel Niat Njifenji (85 ans)\u00a0: pr\u00e9sident du S\u00e9nat<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Marcel Niat Njifenji,\u00a0le tout premier pr\u00e9sident du S\u00e9nat camerounais, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lu le 26 mars 2020. Ce jour-l\u00e0, il a d\u00fb puiser au plus profond de ces ressources pour assister \u00e0 son intronisation au Palais des Congr\u00e8s.\u00a0C\u2019est cet homme affaibli que Paul Biya a, pour des raisons d\u2019\u00e9quilibres g\u00e9opolitiques et surtout de calcul politicien, choisi d\u2019en faire la deuxi\u00e8me personnalit\u00e9 de la R\u00e9publique.\u00a0Vieilli et tr\u00e8s amolli par une maladie qui ne cesse de le ronger depuis des ann\u00e9es, sa d\u00e9marche tr\u00e8s balbutiante ne fait plus rire personne.\u00a0 Le fait de savoir qu\u2019il dirigera le Cameroun en cas de vacance \u00e0 la pr\u00e9sidence, laisse plus d\u2019un observateur dubitatif.\u00a0D\u2019ailleurs, au S\u00e9nat, depuis plus d\u2019un an, c\u2019est le premier vice-pr\u00e9sident Aboubakary Abdoulaye, qui convoque et pr\u00e9side les sessions de la chambre haute.<\/p>\n<p class=\"c6\">Marcel Niat Njifenji, qui aura 86 ans le 26 octobre prochain, est entr\u00e9 au gouvernement le 7 septembre 1990,\u00a0 comme ministre du Plan et de l\u2019am\u00e9nagement du territoire. Il cumulait alors avec les fonctions de directeur g\u00e9n\u00e9ral de la d\u00e9funte Sonel. Le 9 avril 1992, il est nomm\u00e9 vice-premier ministre charg\u00e9 des Mines, de l\u2019eau et de l\u2019\u00e9nergie, en gardant ses fonctions de Dg de la Sonel.\u00a0Membre du comit\u00e9 Central du RDPC, il\u00a0 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9 puis maire de la commune de Bangangt\u00e9\u00a0de 2003 \u00e0 2007. En 1984, apr\u00e8s la tentative de coup d\u2019Etat, alors qu\u2019il \u00e9tait Dg adjoint de la Sonel, il a connu la prison de Kondegui pendant huit mois, avant d\u2019\u00eatre relax\u00e9, aucune charge n\u2019\u00e9tant retenue contre lui.\u00a0\u00a0Au vu de son \u00e9tat actuel, ce grabataire ne m\u00e9rite-t-il pas un repos ?<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Cavay\u00e9 Y\u00e9guie Djibril (80 ans)\u00a0: Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Le retour au Cameroun le samedi 14 mars 2020 de Cavay\u00e9 Y\u00e9gui\u00e9 Djibril, apr\u00e8s plus d\u2019un mois pass\u00e9 en France, pour raison m\u00e9dicale, a fait couler beaucoup d\u2019encre et de salive. Et pour cause, le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, r\u00e9\u00e9lu le 17 mars,\u00a0 a refus\u00e9 de\u00a0se\u00a0mettre en quarantaine conform\u00e9ment aux recommandations du\u00a0 ministre en charge de la Sant\u00e9 publique, visant \u00e0 limiter la propagation du COVID-19.<\/p>\n<p class=\"c6\">En ouvrant les travaux de cette premi\u00e8re session parlementaire, le 17 mars dernier, sa voix tremblotante laissait voir qu\u2019il est rong\u00e9 par la maladie et ext\u00e9nu\u00e9 par le poids de l\u2019\u00e2ge. \u00c2g\u00e9 aujourd\u2019hui de 80 ans, Cavaye Yeguie Djibril si\u00e8ge \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale depuis 47 ans, except\u00e9 pendant la p\u00e9riode 1988-1992. Et depuis 28 ans, cet originaire \u00a0de Mada, dans l\u2019arrondissement de Tokomb\u00e9r\u00e9, d\u00e9partement de Mayo-Sava, r\u00e9gion de l\u2019Extr\u00eame-Nord, membre du politique du RDPC, occupe le poste de pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale du Cameroun. \u00c0 voir comment Cavaye Y\u00e9gui\u00e9 Djibril,\u00a0 ma\u00eetre d\u2019\u00e9ducation physique de formation, combine moyens loyaux et d\u00e9loyaux pour ne pas perdre son poste de d\u00e9put\u00e9 dans sa r\u00e9gion natale \u00e0 l\u2019Extr\u00eame-Nord, l\u2019on comprend que cet octog\u00e9naire ne voit pas encore son avenir politique dans un r\u00e9troviseur.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ayang Luc\u00a0(73 ans)\u00a0: pr\u00e9sident du Conseil \u00e9conomique et social<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">De lui et de l\u2019institution qu\u2019il dirige, on sait peu de chose, puisque Ayang Luc n\u2019en parle presque jamais, m\u00eame pas aux m\u00e9dias de services publics. Dans une enqu\u00eate r\u00e9cemment men\u00e9e par journalduCameroun Tv, deux analystes de la sc\u00e8ne politique camerounaise, Mathias Eric Owona Nguini et Claude Ab\u00e9, s\u2019interrogeaient sur l\u2019opacit\u00e9 qui entoure la gestion\u00a0 du Conseil \u00e9conomique et social\u00a0: \u00ab\u00a0on est en droit de se demander \u00e0 quoi elle sert \u00bb. Paul Biya et dans une certaine mesure Ayang Luc seuls le savent\u00a0!<\/p>\n<p class=\"c6\">Entr\u00e9 au secr\u00e9tariat de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique en 1975, apr\u00e8s une licence en droit obtenue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 en 1972, Ayang Luc\u00a0 a tr\u00e8s vite appris, aupr\u00e8s de Paul Biya, qu\u2019en toute circonstance, il vaut mieux cultiver le silence. En septembre 1976,\u00a0 alors qu\u2019il n\u2019est \u00e2g\u00e9 que de 29 ans,\u00a0 il entre au gouvernement en tant que ministre de l\u2019\u00c9levage, des p\u00eaches et des industries animales. Le 22 ao\u00fbt 1983, il devient Premier ministre par int\u00e9rim, en remplacement de Bello Bouba Maigari. C\u2019est cet homme totalement effac\u00e9, n\u00e9 \u00e0 Doukoula, d\u00e9partement du Mayo-Danay, que Paul Biya a choisi depuis 1984 pour en faire la quatri\u00e8me personnalit\u00e9 du pays, sur le plan protocolaire.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Cl\u00e9ment Atangana (78 ans)\u00a0: pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Le pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel a d\u00e9fray\u00e9 la chronique derni\u00e8rement. Le 14 avril 2020 \u00e0 Yaound\u00e9, un\u00a0cabinet panafricain d\u2019expertise peu connu jusque-l\u00e0, International Committee of Excellence,\u00a0a fait de Cl\u00e9ment Atangana, le pr\u00e9sident du Conseil Constitutionnel, le laur\u00e9at sous r\u00e9gional du prix panafricain des \u00ab\u00a0meilleures pratiques judiciaires innovantes\u00a0\u00bb.\u00a0Cet organisme reconna\u00eet en Cl\u00e9ment Atangana \u00abdes valeurs professionnelles et personnelles dignes de sa stature de haut commis de l\u2019Etat et de magistrat de haut calibre\u00a0\u00bb.\u00a0\u00a0Une curieuse r\u00e9compense quand on sait la mani\u00e8re avec laquelle le Conseil constitutionnel, compos\u00e9 majoritairement d\u2019anciens membres du RDPC, a g\u00e9r\u00e9 les derni\u00e8res \u00e9lections pr\u00e9sidentielles au Cameroun.<\/p>\n<p class=\"c6\">Cl\u00e9ment Atangana est n\u00e9 les 20 septembre 1941 dans le village Ekoumeyeck, arrondissement de Ngomedzap, d\u00e9partement du Nyong-et-So\u2019o dans la r\u00e9gion du Centre. Depuis un d\u00e9cret sign\u00e9 du pr\u00e9sident Paul Biya le 7 f\u00e9vrier 2018, il est le pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel, qui vient dans l\u2019ordre protocolaire au sixi\u00e8me rang, apr\u00e8s la Cour supr\u00eame. Cl\u00e9ment Atangana, aujourd\u2019hui affaibli par la maladie, on ne compte plus ses multiples s\u00e9jours en Suisse, pour se faire soigner.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Bello Bouba Maigari (73 ans)\u00a0: ministre d\u2019Etat en charge du Tourisme et des loisirs<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Une analyse comparative permet de savoir que le Maroc a connu en 2019, 12 millions de touristes, la Tunisie\u00a0 neuf millions, le Kenya, sept millions, alors qu\u2019au Cameroun \u00e7a fait des lustres qu\u2019on ambitionne avoir un million de visiteurs par an. Bello Bouba Maigari, ministre d\u2019Etat en charge du Tourisme et des loisirs depuis 2011, est-il conscient\u00a0 du foss\u00e9 qui nous s\u00e9pare des autre pays africains dans ce domaine ?<\/p>\n<p class=\"c6\">Sans qu\u2019on ne lui connaisse les qualit\u00e9s exceptionnelles de travailleur acharn\u00e9 ou comp\u00e9tent,\u00a0\u00a0Bello Bouba\u00a0Maigairi \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 25 ans, en 1972, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re des Forces arm\u00e9es. Il va alors, au gr\u00e9 des nominations du pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo, conna\u00eetre une ascension fulgurante. Il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la pr\u00e9sidence le 30 juin 1975, jusqu\u2019en janvier 1982 (avec le grade de ministre d\u00e8s le 11 novembre 1980). Dans le gouvernement nomm\u00e9 le 7 janvier 1982, il devint ministre d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019\u00c9conomie et au plan. Plus tard, lorsque le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo d\u00e9missionna en novembre 1982, Bello Bouba fut nomm\u00e9 Premier ministre du nouveau pr\u00e9sident, Paul Biya.<\/p>\n<p class=\"c6\">Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la tentative de coup d\u2019\u00c9tat contre Biya en avril 1984, Bello Bouba s\u2019est exil\u00e9 volontairement au Nig\u00e9ria, pendant sept ans. Rentr\u00e9 au Cameroun le 17 ao\u00fbt 1991, Bello Bouba est devenu pr\u00e9sident du Pnud, \u00e9vin\u00e7ant ainsi l\u2019ancien dirigeant du parti, Samuel Eboua, au terme d\u2019un congr\u00e8s tr\u00e8s contest\u00e9. Apr\u00e8s, le natif de\u00a0 Basch\u00e9o, dans le d\u00e9partement de la Benou\u00e9,\u00a0va transformer son parti en Undp. Il va s\u2019allier au Rdpc. Sa long\u00e9vit\u00e9 comme ministre reposerait essentiellement sur l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019axe-Nord-Sud, tant souhait\u00e9 par le pr\u00e9sident Biya. Durant l\u2019ann\u00e9e 2019, il a plusieurs fois s\u00e9journ\u00e9 en France \u00ab\u00a0pour raison m\u00e9dicale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Laurent Esso (77 ans)\u00a0: ministre d\u2019\u00c9tat en charge de la justice, Garde des Sceaux<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Laurent Esso est le plus ancien des ministres au sein des gouvernements sous le Renouveau. L\u2019actuel ministre d\u2019Etat, ministre de la justice garde des Sceaux, est entr\u00e9 au gouvernement pour la premi\u00e8re fois le 13 avril 1989 comme ministre, directeur du Cabinet civil de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p class=\"c6\">R\u00e9put\u00e9 proche du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, ce magistrat de formation a\u00a0 connu une ascension gouvernementale tr\u00e8s fulgurante puisqu\u2019il a encha\u00een\u00e9 6 minist\u00e8res en 20 ans.\u00a0 Il a occup\u00e9 presque tous les postes politiques d\u2019importance, au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de la pr\u00e9sidence, au cabinet civil, \u00e0 la D\u00e9fense ou aux Relations ext\u00e9rieures. Aujourd\u2019hui, ce natif de Deido (Douala), a la lourde mission de conduire l\u2019op\u00e9ration Epervier, qui pour certains n\u2019aura servi qu\u2019attraper ou dissuader tous ceux qui aspirent au fauteuil pr\u00e9sidentiel.<\/p>\n<p class=\"c6\">Laurent Esso, v\u00e9ritable patron du RDPC dans sa r\u00e9gion du Littoral, est un homme d\u2019influence. Beaucoup de hauts fonctionnaires, notamment de l\u2019\u00e9lite Sawa, lui doivent leurs nominations. Discret, souvent annonc\u00e9 comme potentiel successeur de Paul Biya, il dispose dans les m\u00e9dias d\u2019importants relais d\u2019influence. La cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision Vision 4, le journal\u00a0L\u2019Anecdote\u00a0et la radio Satellite FM lui sont consid\u00e9r\u00e9s comme acquis,<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Hamadou Moustapha (74 ans)\u00a0: ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Malgr\u00e9 sa long\u00e9vit\u00e9 comme ministre, cet administrateur civil principal est peu connu du grand public. Dans un pays comme le Cameroun, o\u00f9 les ministres ont la chance de ne pas rendre compte au peuple,\u00a0 Hamadou Moustapha n\u2019accorde presque jamais d\u2019interview.<\/p>\n<p class=\"c6\">A travers lui, Paul Biya a su fragiliser l\u2019opposition, en 1992. Militant de la premi\u00e8re heure de l\u2019Undp, il assume les fonctions de vice-pr\u00e9sident du parti \u00e0 sa cr\u00e9ation en 1991.\u00a0Ce natif de Maroua devient d\u00e9put\u00e9 de l\u2019Assembl\u00e9e nationale lors des\u00a0\u00e9lections l\u00e9gislatives du\u00a01er\u00a0mars 1992. Son entr\u00e9e au gouvernement en date du\u00a027 novembre 1992\u00a0lui vaut une exclusion d\u00e9finitive de l\u2019Undp. Il fonde dans la foul\u00e9e de son exclusion un nouveau parti politique\u00a0: Alliance nationale pour la d\u00e9mocratie et le progr\u00e8s (Andp) et s\u2019allie au Rdpc qui le lui rend bien jusqu\u2019\u00e0 ce jour.<\/p>\n<p class=\"c6\">Sa carri\u00e8re a v\u00e9ritablement pris son envol quand le\u00a05 avril 1972, quand il devient charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Trois ann\u00e9es plus tard, le\u00a030 juin 1975, il devient\u00a0 (\u00e0 30 ans) vice-ministre des Finances. Durant la p\u00e9riode allant du\u00a08 novembre 1979\u00a0au\u00a018 juin 1983, il exerce la fonction de ministre de l\u2019Urbanisme et de l\u2019Habitat.\u00a0 Il quitte ce minist\u00e8re le\u00a018 juin 1983 lors du remaniement minist\u00e9riel par lequel Paul Biya se d\u00e9barrassa des hommes de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Du 27 novembre 1992 au\u00a07 d\u00e9cembre 1997, il est vice-Premier ministre charg\u00e9 de l\u2019Urbanisme et de l\u2019habitat. Lors du remaniement minist\u00e9riel du\u00a08 d\u00e9cembre 2004, il rebondit comme ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ren\u00e9 Emmanuel Sadi (71 ans)\u00a0: ministre de la Communication<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Avec\u00a0 \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb 71 ans, Ren\u00e9 Emmanuel Sadi, le ministre de la Communication, aurait pu ne pas figurer dans cette \u00e9quipe. Il tient sa place de \u00ab\u00a0titulaire\u00a0\u00bb du fait de sa long\u00e9vit\u00e9 dans les arcanes du pouvoir.\u00a0 S\u2019il est n\u00e9 \u00e0 Maroua le 21 d\u00e9cembre 1948, il est originaire de Yoko, dans le Mbam-et-Kim.<\/p>\n<p class=\"c6\">Dipl\u00f4m\u00e9 de\u00a0l\u2019Institut des relations internationales du Cameroun, il entre comme diplomate dans l\u2019administration camerounaise au minist\u00e8re des relations ext\u00e9rieures en 1975. Alors qu\u2019il est conseiller diplomatique \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique,\u00a0il devient directeur adjoint du Cabinet civil de la pr\u00e9sidence, en 1985.<\/p>\n<p class=\"c6\">R\u00e9put\u00e9 discret et proche du pr\u00e9sident Biya, il est en 2004 nomm\u00e9 comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint \u00e0 la pr\u00e9sidence. En avril\u00a0 2007, il devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Rdpc. En 2009, il devient ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Pr\u00e9sent\u00e9 par certains, comme un potentiel dauphin au pr\u00e9sident Biya, il sera nomm\u00e9 apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2011,\u00a0 ministre de l\u2019Administration territoriale et de la d\u00e9centralisation.\u00a0 Redevenu ministre charg\u00e9 de mission \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique en 2018, il est depuis le 4 janvier 2019, le ministre de la Communication. Dans un contexte de lutte de succession, guerre de clans, son nom est r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9 dans certain m\u00e9dia, notamment Jeune Afrique, comme potentiel successeur de Paul Biya.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Martin Mbarga Nguel\u00e9 (87 ans)\u00a0: D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la suret\u00e9 nationale<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">En 2010, pour mettre fin \u00e0 un climat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re au sein de la police nationale, le chef de l\u2019Etat camerounais avait de nouveau fait confiance \u00e0\u00a0 Martin Mbarga Nguell\u00e9, comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la suret\u00e9 nationale. Un poste qu\u2019il a jadis occup\u00e9 entre 1983 et 1984. Sa nomination \u00e0 un poste aussi strat\u00e9gique \u00e9tait venue conforter les observateurs avertis dans l\u2019id\u00e9e selon laquelle Paul Biya semble ne pas faire confiance aux jeunes.<\/p>\n<p class=\"c6\">Aujourd\u2019hui \u00e0 87 ans (il est N\u00e9 le 1er juillet 1932), l\u2019ancien ambassadeur du Cameroun en Espagne est certainement le plus ancien policier camerounais en fonction.\u00a0\u00a0Le jeune Martin Mbarga Ngu\u00e9l\u00e9 a eu la chance d\u2019\u00eatre inspecteur de police dans son pays alors qu\u2019il n\u2019avait que 19 ans, comme le confirment les archives de la police. Cela fait donc 68 ans, except\u00e9 les \u00e9pisodes d\u2019ambassadeur,\u00a0 que\u00a0 \u00ab\u00a0le vieux flic\u00a0\u00bb, comme l\u2019appellent certains, est dans la police.<\/p>\n<p class=\"c6\">En guise de grandes ambitions, Martin Mbarga Nguel\u00e9 confiait, le 20 septembre 2011, au reporter du quotidien Le Jour, qu\u2019il entend \u00ab\u00a0ne rien laisser au hasard pour que la police devienne ce qu\u2019elle doit \u00eatre, quel que ce soit le temps que cela prendra\u00a0\u00bb. En clair, ce fid\u00e8le de Paul Biya, originaire du Nyong-et-So\u2019o, veut continuer \u00e0 servir Paul Biya, comme il le fait le fait depuis pr\u00e8s de 40 ans.<\/p>\n<p class=\"c6\">Adoub\u00e9 par une partie de la presse, gr\u00e2ce \u00e0 sa suppos\u00e9 rigueur, boud\u00e9s par les policiers v\u00e9reux et corrompus, l\u2019homme reste flegmatique. Malgr\u00e9 la lassitude, le \u00ab vieux flic \u00bb ne semble pas avoir l\u2019intention de l\u00e2cher prise, encore moins de quitter cette tunique bleue qu\u2019il s\u2019est toujours fix\u00e9 pour objectif de redorer.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Ren\u00e9 Claude Meka (81 ans)\u00a0: chef d\u2019Etat-major des forces arm\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\">Chef d\u2019\u00c9tat-major des\u00a0Forces arm\u00e9es camerounaises\u00a0depuis septembre 2001, Ren\u00e9 Claude Meka est certainement l\u2019un \u00a0des hommes \u00e0 qui Paul Biya fait le plus confiance. Dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Ecole sp\u00e9ciale militaire de Saint-Cyr, en 1962, puis de l\u2019Ecole de l\u2019infanterie de Saint-Maixent, il est l\u2019un des officiers camerounais les mieux form\u00e9s, ce qui lui a permis\u00a0\u00a0de commander la brigade strat\u00e9gique du Quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Arm\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9. Ce natif d\u2019Enongal\u00a0pr\u00e8s d\u2019Ebolowa\u00a0fait r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0\u00a0partie des \u00ab 50 personnalit\u00e9s qui font le Cameroun \u00bb, selon le classement de nos confr\u00e8res de \u00ab Jeune Afrique \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\">Lors de la c\u00e9r\u00e9monie de pr\u00e9sentation des v\u0153ux 2019 au ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence charg\u00e9 de la D\u00e9fense, Ren\u00e9 Claude Meka est sorti de sa r\u00e9serve habituelle pour r\u00e9v\u00e9ler la situation s\u00e9curitaire au Cameroun avant de mettre en garde \u00ab tous les gens qui sont int\u00e9ress\u00e9s pour faire le coup de feu en brousse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c6\">Pour ce qui de la crise anglophone, le patron de \u00a0l\u2019arm\u00e9e estime que la solution est politique et a toujours appel\u00e9 \u00e0 un v\u00e9ritable dialogue, en incluant l\u2019arm\u00e9e dans les d\u00e9bats. Comme pour r\u00e9pondre aux exactions de notre arm\u00e9e dans NOSO, il pr\u00e9cise que : \u00ab l\u2019arm\u00e9e camerounaise est une arm\u00e9e r\u00e9publicaine. Elle re\u00e7oit ses ordres de son chef. C\u2019est \u00e0 dire le chef de l\u2019Etat, chef supr\u00eame des arm\u00e9es. C\u2019est de lui que nous recevons des ordres et c\u2019est de lui que nous faisons un point d\u2019honneur \u00e0 ex\u00e9cuter sans h\u00e9sitation, ni rancune, mais avec professionnalisme\u2026 \u00bb. De la n\u00e9buleuse Boko Haram, il pense qu\u2019elle s\u2019est illustr\u00e9e ces derniers temps par quelques incursions sans gravit\u00e9. \u00ab Notre dispositif est bien en place, et nous contr\u00f4lons la situation \u00bb, rassure-t-il.<\/p>\n<p>Auteur: Christian DJIMADEU<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/364889-2-cameroun\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En pariant\u00a0 sur des septuag\u00e9naires et octog\u00e9naires \u00e0 des postes cl\u00e9s, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Paul Biya, qui gouverne le Cameroun sans partage depuis 1982, a choisi l\u2019inertie comme mode de gouvernance. 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