{"id":84324,"date":"2020-05-04T01:00:00","date_gmt":"2020-05-04T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/al-nihaya-reve-ou-cauchemar\/"},"modified":"2020-05-04T01:00:00","modified_gmt":"2020-05-04T05:00:00","slug":"al-nihaya-reve-ou-cauchemar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/al-nihaya-reve-ou-cauchemar\/","title":{"rendered":"Al-Nihaya, r\u00eave ou cauchemar ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\">En 1994, le feuilleton \u00e9gyptien Raafat El-Hagan a d\u00e9fray\u00e9 la chronique, contribuant, du m\u00eame coup, \u00e0 faire des s\u00e9ries du Ramadhan, produites en \u00c9gypte, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel d&rsquo;un je\u00fbne parfait. Le personnage avait r\u00e9ellement exist\u00e9 sous le patronyme de Rafat Ali Suleiman Al-Djamal, n\u00e9 \u00e0 Damiette (\u00c9gypte), le 1er juillet 1927, et mort en exil en Allemagne le 30 janvier 1982.\u00a0<br \/>Le feuilleton raconte les aventures d&rsquo;une taupe implant\u00e9e en Isra\u00ebl par les \u00c9gyptiens, et qui avait jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif dans les premiers succ\u00e8s militaires remport\u00e9s par l&rsquo;\u00c9gypte contre Isra\u00ebl, en 1973. L&rsquo;espion avait r\u00e9ussi \u00e0 se frayer une place dans la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne, sous plusieurs identit\u00e9s, et il avait ainsi donn\u00e9 des informations sur la ligne Bar-Lev, \u00e9difi\u00e9e par les Isra\u00e9liens sur le canal de Suez. Rafat Al-Heggane, r\u00e9alis\u00e9 par le cin\u00e9aste Yahia El-Eulmi, d&rsquo;apr\u00e8s un sc\u00e9nario de l&rsquo;\u00e9crivain Salah Morsi, et port\u00e9 par l&rsquo;immense acteur disparu Mahmoud Abdelaziz, inaugurait la guerre des s\u00e9ries.\u00a0<br \/>Quinze ans auparavant, Isra\u00ebl et l&rsquo;\u00c9gypte avaient sign\u00e9 un trait\u00e9 de paix, annonc\u00e9 par les accords de Camp David, sign\u00e9s le 17 septembre 1978, c\u00f4t\u00e9 \u00e9gyptien par le Pr\u00e9sident Anouar el-Sadate. Le trait\u00e9 de paix \u00e9gypto-isra\u00e9lien, unanimement d\u00e9nonc\u00e9 \u00e0 son \u00e9poque, alors qu&rsquo;il se r\u00e9v\u00e8lera moins co\u00fbteux et moins pr\u00e9judiciable que les accords Isra\u00ebl-Palestine conclus en 1993 \u00e0 Oslo.<br \/>Par le trait\u00e9 de paix avec Isra\u00ebl, l&rsquo;Egypte r\u00e9cup\u00e9ra le Sina\u00ef, occup\u00e9 depuis 1967, alors que les accords d&rsquo;Oslo r\u00e9duisirent le territoire palestinien \u00e0 la portion congrue, mais c&rsquo;est Sadate qui fut tu\u00e9. En 1994, un feuilleton comme Raafat El-Hagan illustrait parfaitement l&rsquo;enlisement dans les relations entre l&rsquo;\u00c9gypte et Isra\u00ebl, diplomatiquement en paix, mais toujours en guerre au cin\u00e9ma. C\u00f4t\u00e9 \u00e9gyptien, il s&rsquo;est agi surtout de renforcer le front int\u00e9rieur et d&rsquo;entretenir un climat d&rsquo;hostilit\u00e9 envers Isra\u00ebl, que les accords de paix et les \u00e9changes d&rsquo;ambassadeurs n&rsquo;ont jamais pu am\u00e9liorer. Cette ann\u00e9e, l&rsquo;\u00c9gypte a frapp\u00e9 fort avec Al-Nihaya, du r\u00e9alisateur Yasser Sammy, une s\u00e9rie de 30 \u00e9pisodes qui fait sans doute plus de bruit que Raafat El-Hagan, parce que son titre renvoie \u00e0 une \u00abfin\u00bb, celle d&rsquo;Isra\u00ebl. Comme les feuilletons du Ramadhan commencent souvent au r\u00e9veil, on y voit un jeune couple endormi dans une chambre \u00e0 coucher, tout ce qu&rsquo;il y a de plus normal, puisque r\u00e9serv\u00e9e au sommeil. Ce qui est d&rsquo;autant plus r\u00e9el, et sans doute moins vraisemblable, c&rsquo;est que l&rsquo;\u00e9poux sort discr\u00e8tement du lit, pour ne pas r\u00e9veiller sa femme, assoupie, et dont on ne voit que les cheveux tress\u00e9s. Les choses se compliquent dans la salle de bains, o\u00f9 le miroir et le robinet d&rsquo;eau restent muets au survol, mais notre homme a de la ressource, et il sort de son cartable une cassette-fusible.<br \/>Gr\u00e2ce aux progr\u00e8s de la domotique, tout s&rsquo;allume, y compris dans la chambre \u00e0 coucher o\u00f9 la dame, qu&rsquo;on d\u00e9couvre enceinte, et pr\u00e8s du terme, est subitement r\u00e9veill\u00e9e par l&rsquo;afflux de lumi\u00e8re. Salle de bains : le miroir s&rsquo;allume\u00a0 et une voix annonce qu&rsquo;on est le mardi 7 ao\u00fbt 2120, brossage \u00e9lectrique des dents, puis la dame fait sa toilette \u00e0 son tour avant de s&rsquo;occuper de la lessive. Tout est automatis\u00e9, puisque nous sommes en 2120, et que le ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole, qu&rsquo;on a aper\u00e7u sur un plan furtif au d\u00e9but, est de retour et raconte \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves comment l&rsquo;\u00c9tat isra\u00e9lien a disparu. La \u00e9ni\u00e8me guerre isra\u00e9lo-arabe a abouti, puisque la ville d&rsquo;Al-Quds a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e, et que l&rsquo;immense majorit\u00e9 des citoyens juifs a fui la r\u00e9gion pour rejoindre principalement les pays d&rsquo;Europe. Pourquoi? Tout simplement parce que les \u00c9tats-Unis sont inhospitaliers \u00e0 cause d&rsquo;une guerre civile qui fait rage, et qui marque le d\u00e9but du d\u00e9p\u00e9rissement de l&#8217;empire am\u00e9ricain. Donc, nous sommes \u00e0 Al-Quds qu&rsquo;un pays arabe a lib\u00e9r\u00e9e, apr\u00e8s avoir fait usage de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire, on ne nous dit pas qui est ce pays, mais il suffit de regarder, et surtout d&rsquo;\u00e9couter. Tout est parfait donc, puisque l&rsquo;ennemi jur\u00e9, comme dit le commentaire, n&rsquo;est plus et que les Arabes peuvent, enfin, construire le paradis qu&rsquo;ils se promettaient et que contrariait un seul obstacle, Isra\u00ebl. Mais le r\u00eave va vite virer au cauchemar.<br \/>Une milice arm\u00e9e d\u00e9barque dans l&rsquo;\u00e9cole qu&rsquo;on vient de voir et qui est en r\u00e9alit\u00e9 une \u00e9cole clandestine qui fonctionnait \u00e0 l&rsquo;insu des autorit\u00e9s qui ne sont pas celles qu&rsquo;on pouvait croire. La milice, habill\u00e9e d&rsquo;uniformes noirs, abat froidement un enfant qui essayait de s&rsquo;enfuir\u00a0 et lance un avis de recherche relay\u00e9 par drones sur un myst\u00e9rieux enseignant. On commence \u00e0 comprendre que ce n&rsquo;est pas l&rsquo;arri\u00e8re-petit-fils d&rsquo;Abou Mazen qui dirige tout, mais un pouvoir tyrannique qui veut imposer ses r\u00e8gles et ses m\u00e9thodes d&rsquo;enseignement. On d\u00e9couvre aussi, que l&rsquo;intelligence artificielle a aussi fait des progr\u00e8s puisque le bon Dr Frankenstein a fait \u00e9cole, et qu&rsquo;on peut acheter des pi\u00e8ces de rechange en boutique. On apprend, enfin, que face aux uniformes noirs qui sont les m\u00e9chants, et ils en font assez pour nous en persuader, il y a des hommes en blanc, surgis directement de la saga Star Wars. Ce sont les gentils en apparence, mais pas si gentils que \u00e7a, puisqu&rsquo;on d\u00e9couvre dans le troisi\u00e8me \u00e9pisode que le personnage principal qu&rsquo;on a vu au saut du lit d\u00e9couvre qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 drogu\u00e9. Entre-temps, la dame qui cherchait des pi\u00e8ces de rechange pour l&rsquo;homme qu&rsquo;elle aime l&rsquo;a reconstitu\u00e9, et il ressemble comme un clone \u00e0 notre h\u00e9ros, interpr\u00e9t\u00e9 par Mustapha Cherif. Au quatri\u00e8me \u00e9pisode que j&rsquo;ai pu suivre de bout en bout, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 y voir un peu plus clair : deux groupes industriels se disputent l&rsquo;ing\u00e9nieur \u00e9lectronicien, mais ce sont les blancs, qui d\u00e9tiennent le vrai alors que les noirs, c\u00f4t\u00e9 obscur de la force, n&rsquo;ont mis la main que sur le clone.<br \/>Le seul moment o\u00f9 Isra\u00ebl est \u00e9voqu\u00e9, c&rsquo;est au tout d\u00e9but par le r\u00e9cit d&rsquo;un enseignant qui raconte un fait d&rsquo;histoire \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves, \u00e0 savoir la disparition de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Isra\u00ebl et la lib\u00e9ration de J\u00e9rusalem. D&rsquo;o\u00f9 la difficult\u00e9 \u00e0 comprendre la r\u00e9action indign\u00e9e des Isra\u00e9liens qui ne veulent m\u00eame pas admettre qu&rsquo;une s\u00e9rie de science-fiction, ainsi est classifi\u00e9e Al-Nihaya, \u00e9voque la fin de leur \u00c9tat. Le seul r\u00e9sultat qu&rsquo;ils ont obtenu est d&rsquo;attirer plus de t\u00e9l\u00e9spectateurs vers la cha\u00eene satellitaire qui diffuse le feuilleton, alors qu&rsquo;en d\u00e9pit de tous les poncifs, et trouvailles, emprunt\u00e9s ici l\u00e0, il reste tr\u00e8s ordinaire.\u00a0<br \/>Le sc\u00e9nario est tel qu&rsquo;on peut se demander si le r\u00eave arabe, la lib\u00e9ration d&rsquo;Al-Quds, ne s&rsquo;est pas transform\u00e9 en cauchemar. Malgr\u00e9 tout, les gens, comme les \u00c9gyptiens et les Palestiniens, ont le droit de r\u00eaver par eux-m\u00eames puisque personne ne r\u00eave pour eux, comme c&rsquo;est le cas pour Isra\u00ebl, qui veut m\u00eame nous dire de quoi r\u00eaver.\u00a0<br \/><em><strong>A. H.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/kiosque-arabe\/al-nihaya-reve-ou-cauchemar-42030\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1994, le feuilleton \u00e9gyptien Raafat El-Hagan a d\u00e9fray\u00e9 la chronique, contribuant, du m\u00eame coup, \u00e0 faire des s\u00e9ries du Ramadhan, produites en \u00c9gypte, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel d&rsquo;un je\u00fbne parfait. 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