{"id":85121,"date":"2020-05-11T13:35:00","date_gmt":"2020-05-11T17:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ammar-mahjoubi-aux-origines-de-tunis-lantique-tynes\/"},"modified":"2020-05-11T13:35:00","modified_gmt":"2020-05-11T17:35:00","slug":"ammar-mahjoubi-aux-origines-de-tunis-lantique-tynes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ammar-mahjoubi-aux-origines-de-tunis-lantique-tynes\/","title":{"rendered":"Ammar Mahjoubi: Aux origines de Tunis, l\u2019antique Tyn\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c2\">Tr\u00e8s peu de villes du territoire punique sont nomm\u00e9ment cit\u00e9es dans les textes anciens, et on ignore encore o\u00f9 certaines d\u2019entre elles sont situ\u00e9es, malgr\u00e9 les progr\u00e8s des recherches arch\u00e9ologiques. La cit\u00e9 de Tyn\u00e8s, par contre, est \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 maintes reprises, et Polybe la localise au voisinage du lac qui jouxte la m\u00e9tropole punique : \u00abCarthage, \u00e9crit-il, se trouve sur un golfe, dans une presqu\u2019\u00eele saillante, dont le pourtour est en majeure partie bord\u00e9, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, par la mer, de l\u2019autre par un lac. L\u2019isthme qui la rattache \u00e0 la Libye a, environ, vingt-cinq stades (4400 m.) de largeur. Du c\u00f4t\u00e9 de cet isthme, qui regarde la mer, et \u00e0 peu de distance, s\u2019\u00e9l\u00e8ve la ville d\u2019Utique ; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, contre le lac, \u03c4\u03cd\u03bd\u03b7\u03c2. \u00bb (Polybe, I, 73, 4-5).<\/span><\/p>\n<p>La cit\u00e9 est mentionn\u00e9e, pour la premi\u00e8re fois, lorsque le tyran de Syracuse, Agathocl\u00e8s, entreprit entre 310 et 307 av. J.-C. son exp\u00e9dition sur le sol africain; Tyn\u00e8s existait donc avant cette date. Agathocle ravagea le Cap Bon, et mena\u00e7a dangereusement Carthage qui fut m\u00eame, quelque temps, \u00e0 deux doigts de sa perte. A l\u2019\u00e9t\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e 310 av.J.-C., peu apr\u00e8s son d\u00e9barquement au lieu-dit les \u00abCarri\u00e8res\u00bb, qu\u2019on situe au Sud-Ouest de la p\u00e9ninsule, il br\u00fbla les vaisseaux qui avaient transport\u00e9 son arm\u00e9e, pour l\u2019obliger \u00e0 vaincre ou p\u00e9rir en lui interdisant tout espoir de rembarquement. Diodore, l\u2019auteur grec qui est notre source principale, d\u00e9crit ensuite la r\u00e9gion travers\u00e9e par la troupe des envahisseurs. Fertile, sillonn\u00e9e par des ruisseaux, elle \u00e9tait le lieu de pr\u00e9dilection choisi par de vastes et luxueuses maisons de campagne, au milieu des prairies et des vergers verdoyants, plant\u00e9s d\u2019oliviers et d\u2019arbres fruitiers. L\u00e0, en effet, au Cap Bon, s\u2019\u00e9tendaient les domaines de la riche et prosp\u00e8re aristocratie carthaginoise.<\/p>\n<p>Le tyran de Syracuse prit d\u2019assaut une ville que Diodore nomme M\u00e9galopolis, traduisant ainsi, en grec, son toponyme ph\u00e9nicien. Quittant ensuite le Sud du Cap Bon, il s\u2019empara de plusieurs bourgs au voisinage de Carthage ; et pour d\u00e9courager ses ennemis, il s\u2019installa \u00e0 proximit\u00e9 de leurs murs, en fortifiant un camp retranch\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Tyn\u00e8s. Il y \u00e9tablit une garnison, afin d\u2019isoler Carthage de ses sujets libyens et de ses alli\u00e9s, tout en rendant difficile son ravitaillement par la voie terrestre (Diodore, XX, 15, 16 et 17). Puis Agathocle, avec le gros de sa troupe, quitta sans tarder Tyn\u00e8s, pour porter la guerre dans la r\u00e9gion du Sahel et abattre les cit\u00e9s ph\u00e9niciennes de la c\u00f4te. Il commen\u00e7a par emporter d\u2019assaut N\u00e9apolis (Nabeul) et une fois cette ville prise et pill\u00e9e, il commen\u00e7a le si\u00e8ge d\u2019Hadrumetum (Sousse). Mais inform\u00e9s de l\u2019\u00e9loignement du chef grec et de son arm\u00e9e, les Carthaginois r\u00e9ussirent un coup de main contre la garnison qu\u2019il avait \u00e9tablie \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Tyn\u00e8s et avanc\u00e8rent des machines de si\u00e8ge contre les remparts de cette cit\u00e9. En apprenant la chute du camp retranch\u00e9, Agathocle aurait, raconte Diodore, occup\u00e9 une montagne situ\u00e9e \u00e0 mi-distance entre Hadrumetum et Tyn\u00e8s et y aurait allum\u00e9, de nuit, des feux innombrables, faisant croire aux deux cit\u00e9s que des forces consid\u00e9rables \u00e9taient en marche. Les Carthaginois auraient alors lev\u00e9 le si\u00e8ge de Tyn\u00e8s, reflu\u00e9 vers leur m\u00e9tropole et abandonn\u00e9 sous les remparts machines et armes lourdes, tandis qu\u2019Hadrumetum aurait capitul\u00e9.<\/p>\n<p>Si cette anecdote, au demeurant peu cr\u00e9dible, s\u2019\u00e9tait av\u00e9r\u00e9e n\u00e9anmoins exacte, les feux auraient \u00e9t\u00e9 allum\u00e9s au flanc du Zaghouan, seule montagne visible \u00e0 la fois de Tunis et de Sousse. Une fois en possession d\u2019Hadrumetum, Agathocle s\u2019empara ensuite de Thapsus (Ras Dimas), ainsi que de plusieurs autres agglom\u00e9rations dans la r\u00e9gion du Sahel, qui \u00e9tait donc suffisamment urbanis\u00e9e d\u00e8s l\u2019\u00e9poque punique. Depuis son d\u00e9barquement, et gr\u00e2ce \u00e0 ses incursions dans les r\u00e9gions du Cap Bon, de Tyn\u00e8s et du Sahel, il se serait rendu ma\u00eetre de plus de deux cents \u00abvilles\u00bb qui n\u2019\u00e9taient, vraisemblablement, dans leur grande majorit\u00e9, que des bourgs agricoles. Inlassable, il se tourna peu apr\u00e8s vers \u00ables lieux sup\u00e9rieurs de la Libye\u00bb, sans doute vers le Nord-Ouest montagneux du pays, mais ne tarda pas \u00e0 apprendre que gr\u00e2ce \u00e0 des renforts envoy\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e punique, qui guerroyait en Sicile, les Carthaginois avaient repris le si\u00e8ge de Tyn\u00e8s. A marche forc\u00e9e, il revint sur ses pas et arriv\u00e9 \u00e0 200 stades de la cit\u00e9 (35 kilom\u00e8tres), il s\u2019avan\u00e7a de nuit et tomba au matin sur les Puniques qui, sortis de leur retranchement, fourrageaient dans les champs. Il en aurait tu\u00e9 plus de 2000, aurait fait de nombreux prisonniers et se serait procur\u00e9 un approvisionnement important.<\/p>\n<p>Toujours \u00e0 propos de cette exp\u00e9dition d\u2019Agathocle, il est de nouveau question de Tyn\u00e8s lorsque l\u2019un des fils du tyran, qui s\u2019appelait Archagathos, fut bloqu\u00e9 dans cette cit\u00e9 par deux arm\u00e9es carthaginoises, alors que la flotte punique lui interdisait la voie maritime. Souffrant avec ce qui restait de son arm\u00e9e du manque de vivres, il envoya des messagers \u00e0 son p\u00e8re retourn\u00e9 en Sicile pour lui demander aide et renforts. Agathocle s\u2019empressa de lui porter assistance : il embarqua et put acc\u00e9der sans encombre \u00e0 Tyn\u00e8s. Mais l\u2019aventure du tyran de Syracuse en terre africaine ne tarda pas \u00e0 tourner au d\u00e9sastre ; vers le 12 octobre 307 av. J.-C., forc\u00e9 et contraint, il rembarqua furtivement et retourna en Sicile, abandonnant ses deux fils, qui furent massacr\u00e9s par leur propre arm\u00e9e ; celle-ci se choisit d\u2019autres chefs, qui engag\u00e8rent des pourparlers avec le gouvernement carthaginois et accept\u00e8rent d\u2019\u00e9vacuer les villes qu\u2019ils d\u00e9tenaient contre 300 talents d\u2019argent (soit 7 800 kilogrammes). Quant aux soldats de cette arm\u00e9e grecque, certains d\u00e9cid\u00e8rent de s\u2019engager dans l\u2019arm\u00e9e punique, en qualit\u00e9 de mercenaires, les autres furent rapatri\u00e9s en Sicile. Quelques garnisons grecques refus\u00e8rent l\u2019accord ; les places qu\u2019elles occupaient furent prises d\u2019assaut, les officiers furent mis en croix et les troupes r\u00e9duites en esclavage.<\/p>\n<p>Une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s l\u2019exp\u00e9dition d\u2019Agathocle, les textes anciens mentionnent de nouveau Tyn\u00e8s, \u00e0 l\u2019occasion de sa prise et de son occupation par les Romains, au printemps de 255 av. J.-C. C\u2019\u00e9tait au d\u00e9but des guerres interminables qui oppos\u00e8rent Carthage \u00e0 Rome, un si\u00e8cle durant, du milieu du IIIe si\u00e8cle avant le Christ au milieu du IIe. Le d\u00e9clenchement du conflit en 264 av. J.-C. \u00e9tait d\u00fb, en grande partie, \u00e0 l\u2019influence grandissante \u00e0 Rome de la famille campanienne des Atilii. De fait, les historiens contemporains n\u2019ont pas manqu\u00e9 de souligner que les membres de cette famille d\u00e9tinrent le consulat sept fois, entre 267 et 245 av. J.-C. L\u2019importance \u00e9conomique poss\u00e9d\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque par la Campanie, avec ses exportations lucratives de vins et de c\u00e9ramiques, conjugu\u00e9e avec l\u2019installation d\u2019une garnison punique \u00e0 Messine, \u00e0 quelques milles des rivages italiens, devaient inqui\u00e9ter le S\u00e9nat romain. Les Atilii successifs \u00e0 la t\u00eate du consulat auraient alors exerc\u00e9 une sorte de lobby commercial, pour que l\u2019annexion de la Sicile, presque enti\u00e8rement occup\u00e9e par les Carthaginois, devienne le premier objectif de la toute nouvelle politique m\u00e9diterran\u00e9enne de Rome.<\/p>\n<p>Comme les op\u00e9rations tra\u00eenaient en longueur et risquaient l\u2019enlisement en Sicile, Rome d\u00e9cida de porter la guerre, comme Agathocle auparavant, en terre africaine. L\u2019exp\u00e9dition fut confi\u00e9e aux deux consuls de l\u2019ann\u00e9e 256 av. J.-C.,<\/p>\n<p>L. Manlius Vulso et le campanien Atilius Regulus ; et on choisit pour le d\u00e9barquement la pointe Sud-Est du Cap Bon, \u00e0 Clypea (K\u00e9libia). Apr\u00e8s les Grecs, les Romains ravag\u00e8rent de nouveau la presqu\u2019\u00eele, d\u00e9vast\u00e8rent les riches campagnes, pill\u00e8rent et d\u00e9truisirent bourgs et petites cit\u00e9s. C\u2019est alors, tr\u00e8s probablement, que la petite ville de Kerkouane, situ\u00e9e entre K\u00e9libia et Ras ed-Drek, fut d\u00e9truite. Sur ordre du S\u00e9nat, Vulso ramena le gros de la flotte en Italie et Regulus, avec les fantassins, les cavaliers et quarante vaisseaux resta en Afrique. Au printemps de 255, il se mit en campagne et remporta un premier succ\u00e8s \u00e0 Adyn (qui ne serait autre, peut-\u00eatre, qu\u2019Uthina (Oudhna)). Puis il s\u2019empara de Tyn\u00e8s, et comme Agathocle, il y \u00e9tablit son camp. Mais il accepta ensuite de livrer une bataille d\u00e9cisive sur un terrain choisi judicieusement par les Carthaginois. Son arm\u00e9e fut d\u00e9faite, il fut fait prisonnier et mourut tr\u00e8s probablement dans une ge\u00f4le \u00e0 Carthage.<\/p>\n<p>Une l\u00e9gende post\u00e9rieure, accr\u00e9dit\u00e9e par nombre d\u2019\u00e9crivains latins, de Cic\u00e9ron \u00e0 Tite-Live et de Florus \u00e0 Aulu-Gelle, pr\u00e9tendit qu\u2019apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de d\u00e9tention, les Carthaginois lib\u00e9r\u00e8rent Regulus et l\u2019envoy\u00e8rent \u00e0 Rome, en le chargeant d\u2019obtenir un \u00e9change de prisonniers, et de plaider pour l\u2019arr\u00eat de la guerre ; et il se serait engag\u00e9, par serment, \u00e0 revenir \u00e0 Carthage, si sa n\u00e9gociation n\u2019\u00e9tait pas couronn\u00e9e de succ\u00e8s. Mais une fois \u00e0 Rome, il aurait conseill\u00e9 au S\u00e9nat de continuer les hostilit\u00e9s ; et puisque sa mission avait \u00e9chou\u00e9, il serait rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 son serment et serait retourn\u00e9 en Afrique, pour mourir \u00e0 Carthage sous la torture. Cic\u00e9ron, en particulier, fit valoir fi\u00e8rement cet \u00abexemplum\u00bb, dans son trait\u00e9 sur les Devoirs, mobilisant toutes les ressources de son \u00e9loquence pour montrer cette belle illustration de la fides romana, face \u00e0 la fides punica, de la loyaut\u00e9 face \u00e0 la fourberie. A leur habitude, les historiens droitiers, en France, offrirent une long\u00e9vit\u00e9 singuli\u00e8re \u00e0 cette l\u00e9gende fabul\u00e9e, et en d\u00e9pit de toute \u00e9vidence historique, on continua \u00e0 honorer en France la pr\u00e9tendue exemplarit\u00e9 de Regulus et \u00e0 r\u00e9v\u00e9rer \u00abdans notre conscience collective, et dans le \u00abPetit Larousse\u00bb, qui en est en France l\u2019un des gardiens, la statue de Regulus h\u00e9ros de l\u2019honneur sauf.\u00bb (S. Lancel, Carthage, Fayard, p. 387).<\/p>\n<p>Tyn\u00e8s est encore mentionn\u00e9e dans les textes anciens, lorsqu\u2019ils relatent les p\u00e9rip\u00e9ties de la \u00abguerre des mercenaires\u00bb, et aussi, une derni\u00e8re fois \u00e0 notre connaissance, dans les \u00e9crits sur la deuxi\u00e8me guerre punique. On sait qu\u2019en 239 av.J.-C., \u00e0 la fin des hostilit\u00e9s en Sicile entre Carthage et Rome, au terme de la premi\u00e8re guerre, les mercenaires de l\u2019arm\u00e9e carthaginoise furent ramen\u00e9s par petits groupes sur le sol africain. Une fois r\u00e9unis \u00e0 Sicca Veneria (Le Kef), Hannon, un g\u00e9n\u00e9ral carthaginois, leur annon\u00e7a que l\u2019\u00e9tat des finances puniques, en raison de l\u2019indemnit\u00e9 exorbitante exig\u00e9e par Rome, imposait une diminution du montant de leur solde. Furieux, ils se r\u00e9volt\u00e8rent, appel\u00e8rent les cit\u00e9s du territoire africain \u00e0 secouer le joug de Carthage, et adress\u00e8rent des \u00e9missaires pour inciter les populations libyennes, sujets des Puniques, \u00e0 reprendre leur libert\u00e9. Presque tous les Libyens dans l\u2019hinterland carthaginois, \u00e9crit Polybe (I, 70, 9), prirent parti pour les insurg\u00e9s et leur envoy\u00e8rent approvisionnements et renforts ; 70 000 Libyens arm\u00e9s se joignirent aux mercenaires. La troupe des insurg\u00e9s se divisa en trois groupes, qui assi\u00e9g\u00e8rent, l\u2019un Utique, l\u2019autre Hippo Dhiarrytus (Bizerte), et le troisi\u00e8me, constitu\u00e9 surtout de Libyens, s\u2019installa \u00e0 proximit\u00e9 de Tyn\u00e8s, afin de couper l\u2019isthme et d\u2019isoler Carthage du continent. Mais Amilcar Barca \u2013 le p\u00e8re d\u2019Hannibal et le g\u00e9n\u00e9ral carthaginois qui s\u2019\u00e9tait illustr\u00e9 en Sicile \u2013 marcha sur Tyn\u00e8s et avec une deuxi\u00e8me arm\u00e9e punique, command\u00e9e par un autre Hannibal, ils assi\u00e9g\u00e8rent la cit\u00e9. Matho, le plus redoutable des insurg\u00e9s, s\u2019y \u00e9tait retranch\u00e9, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une arm\u00e9e de mercenaires et de Libyens rebelles. Il r\u00e9ussit, gr\u00e2ce \u00e0 une sortie victorieuse, \u00e0 surprendre l\u2019arm\u00e9e d\u2019Hannibal, et Amilcar fut alors forc\u00e9 de lever le si\u00e8ge. Mais lorsque le chef libyen Matho r\u00e9solut de livrer une bataille d\u00e9cisive, son arm\u00e9e fut d\u00e9faite et il fut captur\u00e9 vivant.<\/p>\n<p>Les auteurs grecs et latins mentionnent encore et enfin Tyn\u00e8s lorsque Scipion, pendant la deuxi\u00e8me guerre punique, s\u2019en empara et, comme autrefois Agathocle et Regulus, y \u00e9tablit un camp. C\u2019est l\u00e0, \u00e0 ce camp, que se rendirent les n\u00e9gociateurs envoy\u00e9s par le s\u00e9nat de Carthage. Une premi\u00e8re d\u00e9l\u00e9gation punique vint une premi\u00e8re fois, en 203 av. J.-C., \u00e0 Tyn\u00e8s pour engager des n\u00e9gociations pr\u00e9liminaires, sans m\u00eame attendre le retour d\u2019Hannibal, qui guerroyait encore en Italie ; et une deuxi\u00e8me d\u00e9l\u00e9gation y revint une derni\u00e8re fois apr\u00e8s Zama, \u00e0 deux reprises, pour n\u00e9gocier en 202 le trait\u00e9 de paix, puis pour signifier \u00e0 Scipion son acceptation.<\/p>\n<p>A la fin de la troisi\u00e8me guerre punique, en 146 av. J.-C. le grec Strabon (XVII, 3, 10) cite quatre villes qui \u00abfurent d\u00e9truites par les Romains en m\u00eame temps que Carthage\u00bb : N\u00e9ph\u00e9ris, Tyn\u00e8s, N\u00e9apolis et Aspis (devenue Clypea en latin \u2013 K\u00e9libia). Ce qui expliquerait, peut-\u00eatre, l\u2019absence du nom de Tyn\u00e8s dans la liste des cit\u00e9s de la province africaine, \u00e0 l\u2019encontre des trois autres villes qui devinrent des colonies romaines, fond\u00e9es par des v\u00e9t\u00e9rans d\u00e8s les d\u00e9buts \u00e0 Rome du r\u00e9gime imp\u00e9rial.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Ammar Mahjoubi<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/29905-ammar-mahjoubi-aux-origines-de-tunis-l-antique-tynes\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tr\u00e8s peu de villes du territoire punique sont nomm\u00e9ment cit\u00e9es dans les textes anciens, et on ignore encore o\u00f9 certaines d\u2019entre elles sont situ\u00e9es, malgr\u00e9 les progr\u00e8s des recherches arch\u00e9ologiques. 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