{"id":85500,"date":"2020-05-14T01:00:00","date_gmt":"2020-05-14T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/balade-historique-et-touristique-trig-reghaia-hayat-slimane-azem-4e-partie\/"},"modified":"2020-05-14T01:00:00","modified_gmt":"2020-05-14T05:00:00","slug":"balade-historique-et-touristique-trig-reghaia-hayat-slimane-azem-4e-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/balade-historique-et-touristique-trig-reghaia-hayat-slimane-azem-4e-partie\/","title":{"rendered":"Balade historique et touristique \u00abTrig R\u00e9gha\u00efa hayat\u00bb (Slimane Azem) (4e Partie)"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><em><strong>Par Mohamed Arezki Himeur<\/strong><\/em><br \/>Fatigu\u00e9 de voyage par route ? Prenez un avion pour faire le trajet Alger-Centre- Hamiz, sugg\u00e8re un site internet. Ce n\u2019est pas une gal\u00e9jade. Il invite les lecteurs-internautes \u00e0 v\u00e9rifier le \u00abtemps de vol\u00bb entre les deux lieux \u00abavant de voyager\u00bb. Tout en pr\u00e9cisant que la distance s\u00e9parant les deux endroits n\u2019est que de 18 km qu\u2019on relie en 24 minutes environ.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Hamiz<\/strong> : Un gros village qui se pr\u00e9sente, de prime abord, comme un immense march\u00e9 de l\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager, de produits Hi-Fi et autres gadgets \u00e9lectroniques, qui d\u00e9bordent sur les trottoirs des b\u00e2tisses \u00e9difi\u00e9es dans un d\u00e9sordre total des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019art\u00e8re principale. Il est d\u2019ailleurs r\u00e9put\u00e9 pour cette activit\u00e9 qui semble constituer sa principale source de revenus. Car, ses fertiles terres agricoles sont en partie enfouies sous le b\u00e9ton des b\u00e2timents et villas, qui ont pouss\u00e9 comme des champignons ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Les centaines de magasins de gros et de d\u00e9tail attirent beaucoup de monde. Les acqu\u00e9reurs viennent d\u2019Alger mais aussi des villes et villages des r\u00e9gions environnantes, en raison des prix l\u00e9g\u00e8rement bas par rapport \u00e0 ceux pratiqu\u00e9s ailleurs.<br \/>Hamiz tire son nom du cours d\u2019eau et d\u2019un barrage du m\u00eame nom construit du c\u00f4t\u00e9 de Khemis El-Khechna, dont le plan d\u00e9finitif a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en 1857. La premi\u00e8re pierre de l\u2019\u00e9difice d\u2019une capacit\u00e9 de plus 14 millions de m3 a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e en 1869 et sa mise en eau effectu\u00e9e en 1884. Entretemps, il avait fallu colmater quelques br\u00e8ches, des fissures apparues \u00e0 gauche et \u00e0 droite de la muraille, et renforcer les contreforts du mur de sout\u00e8nement. Il a subi au moins deux dragages : au milieu des ann\u00e9es 1930 et de 1968 \u00e0 1972. Les bidonvilles construits sur les berges du cours d\u2019eau ont \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9s et leurs occupants log\u00e9s dans des cit\u00e9s \u00e9difi\u00e9es un peu partout dans les wilayas d\u2019Alger, de Blida et Boumerd\u00e8s.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Rouiba<\/strong> : C\u2019est le poumon industriel du centre-nord du pays. Il abrite l\u2019une des plus importantes zones industrielles, comptant des dizaines de grandes usines et entreprises, dont l\u2019ancienne Sonacome, devenue Soci\u00e9t\u00e9 nationale de v\u00e9hicules industriels (SNVI). Cette entreprise constituait, dans les ann\u00e9es 70 et durant la premi\u00e8re moiti\u00e9 de la d\u00e9cennie 1980, le fleuron de ce qu\u2019on appelait pompeusement \u00e0 l\u2019\u00e9poque l\u2019\u00abindustrie industrialisante\u00bb. On la faisait visiter aux invit\u00e9s de marque : pr\u00e9sidents, chefs de gouvernement, ministres et autres d\u00e9l\u00e9gations \u00e9trang\u00e8res.\u00a0<br \/>La politique de d\u00e9veloppement et d\u2019industrialisation, au centre d\u2019une pol\u00e9mique apr\u00e8s la restructuration des entreprises men\u00e9e tambour battant sous le r\u00e8gne du pr\u00e9sident Chadli Bendjedid (1979-1992), a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e et mise en \u0153uvre par le ministre de l\u2019Industrie d\u2019alors, Bela\u00efd Abdesselam. Le village colonial de Rouira a vu le jour en septembre 1853, puis devenu commune de plein exercice en ao\u00fbt 1861 avec, comme annexes, les hameaux de A\u00efn Be\u00efda et de Cap-Matifou. Aujourd\u2019hui, Rouira a pris l\u2019\u00e9toffe une grande et coquette ville.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>R\u00e9gha\u00efa<\/strong> : Cinq ans apr\u00e8s le d\u00e9barquement des troupes coloniales sur les plages de Sidi Fredj, le prince de Mir, d\u2019origine polonaise (nous y reviendrons plus loin dans ce reportage), a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, en 1835, d\u2019une concession de 5 000 hectares de terres fertiles \u00e0 Rassauta, pr\u00e8s de Bordj El-Kiffan.\u00a0<br \/>L\u2019ann\u00e9e suivante, la g\u00e9n\u00e9reuse France coloniale lui en a rajout\u00e9 2 000 autres du c\u00f4t\u00e9 du littoral de R\u00e9gha\u00efa. Une p\u00e9pini\u00e8re cr\u00e9\u00e9e sur les berges de la rivi\u00e8re de cette localit\u00e9 comptait, \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, des \u00abmilliers de boutures de peupliers, de pommiers, de canne \u00e0 sucre, etc., et d\u00e9j\u00e0 on y a greff\u00e9 4 000 oliviers\u00bb.(3)<br \/>Comme dit l\u2019adage, \u00abma yebqa fe l\u2019oued ghir hdjarou\u00bb (ne restent dans l\u2019oued que ses galets). Les terres sont revenues entre les mains des autochtones. Parmi elles, la zone humide de R\u00e9gha\u00efa, qui s\u2019\u00e9tend sur une surface globale de 1 100 hectares. \u00abLa superficie totale du lac est de 150 ha tandis que la surface du plan d\u2019eau est d\u2019environ 75 ha. La zone c\u00f4ti\u00e8re et humide de R\u00e9gha\u00efa est l\u2019un des derniers sites patrimoniaux du littoral centre du pays. En effet, le littoral de la wilaya d\u2019Alger, qui est urbanis\u00e9 \u00e0 plus de 80% de son lin\u00e9aire c\u00f4tier, est le plus urbanis\u00e9 de la c\u00f4te alg\u00e9rienne.\u00a0<br \/>Cette urbanisation s\u2019est faite progressivement et au d\u00e9triment des zones naturelles c\u00f4ti\u00e8res. Elle s\u2019est accompagn\u00e9e donc d\u2019une d\u00e9gradation quasi syst\u00e9matique de tous les cordons dunaires c\u00f4tiers, des for\u00eats et maquis littoraux. C\u2019est dans ce contexte que la pr\u00e9servation de la zone de R\u00e9gha\u00efa devient imp\u00e9rative pour maintenir l\u2019un des derniers cordons dunaires de la wilaya et pr\u00e9server une zone qui renferme un complexe d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes interd\u00e9pendants et patrimoniaux (mer, \u00eelots, plage, lac et mar\u00e9cages)\u00bb.(4)<br \/>R\u00e9gha\u00efa tire son nom d\u2019un ancien grand domaine agricole appartenant au beylick turc. Le village colonial a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par d\u00e9cret en octobre 1854 et \u00e9rig\u00e9 en commune en 1856. En d\u00e9pit de l\u2019urbanisation galopante, il dispose encore de terres fertiles propres aux c\u00e9r\u00e9ales et aux produits mara\u00eechers. Il partage la zone industrielle avec la ville voisine de Rouira. Ces deux localit\u00e9s, apr\u00e8s leur expansion et l\u2019extension de la zone industrielle, ont presque fusionn\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es. Le long tron\u00e7on de la route traversant la zone en ligne droite, sur plusieurs kilom\u00e8tres, bord\u00e9e d\u2019arbres g\u00e9ants \u00e9lanc\u00e9s dans le ciel, avait inspir\u00e9 le chanteur Slimane Azem : \u00abTrig Regha\u00efa hayat\u00bb (la route de R\u00e9gha\u00efa est superbe).\u00a0<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Boudouaou (ex-l\u2019Alma)<\/strong> : Le village, construit sur l\u2019emplacement d\u2019un hameau autochtone, tire son nom alg\u00e9rien d\u2019un cours d\u2019eau, el-oued Boudouaou. L\u2019appellation de l\u2019Alma que les Fran\u00e7ais lui ont donn\u00e9e est le nom d\u2019une rivi\u00e8re de Crim\u00e9e qui se jette dans la mer Noire, entre Euparoria et S\u00e9bastopol. Elle a \u00e9t\u00e9 franchie par l\u2019arm\u00e9e anglo-fran\u00e7aise le 20 septembre 1854, en battant l\u2019arm\u00e9e russe. Ce qu\u2019un g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais qualifia de \u00abglorieuse journ\u00e9e\u00bb (sic) avait fait 536 morts et 2 703 bless\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 des troupes franco-anglaises, et 5 000 \u00e0 6 000 morts et bless\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 russe.(5)<br \/>Boudouaou a v\u00e9cu des combats intenses et violents en 1839 et 1871, entre les troupes coloniales et des r\u00e9sistants autochtones. Ces derniers ont, auparavant, attaqu\u00e9 et d\u00e9truit plusieurs villages (coloniaux) environnants, dont Bordj Mena\u00efel, Legata, Khemis El-Khechna (Fondouk) et d\u2019autres. Ces attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es avaient amen\u00e9 les autorit\u00e9s militaires fran\u00e7aises \u00e0 ordonner aux colons des villages de la r\u00e9gion de se replier sur Alger lors de l\u2019insurrection de 1871.\u00a0<br \/>Le village colonial de Boudouaou a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en juillet 1856 sur les terres de la tribu des Khechna, puis \u00e9rig\u00e9 en commune en 1861. Comme dans la plupart des villages fond\u00e9s presque \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque entre Alger et Tizi-Ouzou, la population de Boudouaou comptait un grand nombre d\u2019Alsaciens-Lorrains. Elle est devenue, aujourd\u2019hui, une grande ville qui est sur le point de faire jonction avec R\u00e9gha\u00efa. Celui-ci a fait annexion avec Rouiba, gr\u00e2ce \u00e0 la zone industrielle qui chevauche les territoires des deux cit\u00e9s industrielles.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Tidjelabine (ex-Bellefontaine)<\/strong> : Dans quelques d\u00e9cennies, ce village sera absorb\u00e9 par la ville de Boumerd\u00e8s, chef-lieu de la wilaya du m\u00eame nom, qui s\u2019\u00e9tend dans tous les sens. Il abrite l\u2019un des plus importants march\u00e9s hebdomadaires de v\u00e9hicules d\u2019occasion.\u00a0<br \/>Tidjelabine a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 sur un mamelon en 1871, sur l\u2019emplacement d\u2019un hameau autochtone, pour accueillir les premiers colons venus de l\u2019Alsace et de la Lorraine. Sur les quarante-et-un lots de terrains agricoles d\u00e9limit\u00e9s par les autorit\u00e9s coloniales, 28 avaient \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9s \u00e0 des familles d\u2019Alsaciens-Lorrains. En plus des terres fertiles, chaque famille avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une maison b\u00e2tie, d\u2019une paire de b\u0153ufs, d\u2019une charrue et de 800 kg de semences.\u00a0<br \/>Le nom de Bellefontaine que les Fran\u00e7ais lui ont donn\u00e9 viendrait d\u2019une abondante source jaillissant pr\u00e8s du village. Tidjelabine, qui surplombe la route nationale Alger-Tizi Ouzou, a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 au rang de commune le 12 mars 1958, pendant la lutte de Lib\u00e9ration nationale. Proche des plages de Boumerd\u00e8s, il offre une superbe vue dans toutes les directions. Il a \u00e9t\u00e9 durement endommag\u00e9 par un s\u00e9isme en 1862, puis par celui de 2003.<br \/><em><strong>M. A. H.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Sources :<br \/>(3) L\u2019Echo du monde savant, journal analytique des nouvelles et des cours scientifiques, n\u00b0137, 3e ann\u00e9e, du 9 juin 1836.<br \/>(4) CAR\/ASP-PNUE\/PAM, 2015. Plan de gestion de la future r\u00e9serve naturelle de R\u00e9gha\u00ef en Alg\u00e9rie. Par Mouloud Benabdi. Ed. CAR\/ASP-Projet MedMPAnet, Tunis : 120 p.<br \/>(5) Fran\u00e7ais et Russes en Crim\u00e9e : lettre d\u2019un officier fran\u00e7ais \u00e0 sa famille pendant la campagne d\u2019Orient, Calmann L\u00e9vy, \u00e9diteur, Paris, 1892.<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/reportage\/balade-historique-et-touristique-trig-reghaia-hayat-slimane-azem-4e-partie-42354\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed Arezki HimeurFatigu\u00e9 de voyage par route ? Prenez un avion pour faire le trajet Alger-Centre- Hamiz, sugg\u00e8re un site internet. Ce n\u2019est pas une gal\u00e9jade. Il invite les lecteurs-internautes \u00e0 v\u00e9rifier le \u00abtemps de vol\u00bb entre les deux lieux \u00abavant de voyager\u00bb. 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