{"id":85709,"date":"2020-05-16T01:00:00","date_gmt":"2020-05-16T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-retour-insidieux-et-pernicieux-du-qui-tue-qui\/"},"modified":"2020-05-16T01:00:00","modified_gmt":"2020-05-16T05:00:00","slug":"le-retour-insidieux-et-pernicieux-du-qui-tue-qui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-retour-insidieux-et-pernicieux-du-qui-tue-qui\/","title":{"rendered":"Le retour insidieux et pernicieux du \u00abqui-tue-qui ?\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><em><strong>Par Pr Farouk\u00a0Mohammed-Brahim(*)<\/strong><\/em><br \/>(PR\u00c9CISION : Un certain nombre de lectrices et de lecteurs pourraient penser inopportun d\u2019aborder un sujet aussi sensible au sein de la soci\u00e9t\u00e9, au moment o\u00f9 avec une union nationale et une solidarit\u00e9, les Alg\u00e9riennes et les Alg\u00e9riens affrontent l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19, et o\u00f9 les activit\u00e9s partisanes et associatives et tout d\u00e9bat politique sont mis entre parenth\u00e8ses. Mais devant l\u2019offensive des adeptes du \u00abqui-tue- qui ?\u00bb des ann\u00e9es 1990, visant la soci\u00e9t\u00e9 et particuli\u00e8rement le Hirak, pour les amener \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 leur th\u00e9orie, ma conscience de d\u00e9mocrate et ma fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 toutes celles et tous ceux qui sont tomb\u00e9s sous les balles assassines de l\u2019islamisme m\u2019ont dict\u00e9 de r\u00e9agir. Il ne faut pas que les d\u00e9mocrates r\u00e9pondent aux chants des sir\u00e8nes (l\u2019exemple de la r\u00e9volution iranienne est encore vivace).\u00a0<\/p>\n<p class=\"c3\">\u00abLa religion est \u00e0 Dieu, la patrie est \u00e0 tous.\u00bb\u00a0<br \/>Par Boutros Boustani\u00a0et Saad Zaghloul.<\/p>\n<p class=\"c3\">Le Hirak observe une tr\u00eave pendant la crise sanitaire que traverse le pays et le monde due au Covid-19, d\u00e9montrant, s\u2019il en est besoin, sa grande maturit\u00e9 politique et son patriotisme. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise, faudrait-il le rappeler, d\u00e9mocratiquement apr\u00e8s un d\u00e9bat passionn\u00e9 via les r\u00e9seaux sociaux. Pendant cette tr\u00eave, les Hirakistes se sont investis massivement dans les actions de solidarit\u00e9, actions allant dans le prolongement de leur revendication centrale, \u00abune Alg\u00e9rie d\u00e9mocratique et sociale\u00bb. Le Hirak est rest\u00e9 ainsi ferme sur ses revendications et n\u2019a pas c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la tentation de confrontation avec les forces de l\u2019ordre, pouss\u00e9 en cela par certaines officines comme la cha\u00eene Al Magharibia, dont les tendances islamistes sont connues, laquelle a appel\u00e9 \u00ab\u00e0 continuer les marches avec des masques\u00bb. Comme ils ont ignor\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but la demande de Mohammed El Arbi Zitout, qui, dans un appel t\u00e9l\u00e9phonique le 8 mars 2019, s\u2019est adress\u00e9 \u00e0 ses partisans en Alg\u00e9rie leur demandant de cr\u00e9er \u00abdes forces de contraintes\u00bb avec une organisation de cellules en pyramide calqu\u00e9es sur l\u2019organigramme du FLN pendant la R\u00e9volution. Ce m\u00eame Zitout avait d\u00e9clar\u00e9 auparavant, \u00abpenser \u00e0 organiser une sorte d\u2019intifadha, des manifestations nationales\u2026 Il y a toujours un prix \u00e0 payer\u2026 On ne peut r\u00e9ussir une r\u00e9volution avec des fleurs.\u00bb (libert\u00e9-algerie.com), faisant sans doute allusion aux fleurs offertes aux policiers par des marcheuses en d\u00e9but du Hirak. Ainsi voulait-il certainement r\u00e9\u00e9diter la tragique journ\u00e9e du 10 octobre 1988 lors de laquelle Ali Belhadj a appel\u00e9 \u00e0 une marche, alors que la tension baissait notablement en attendant le discours du pr\u00e9sident Chadli dans la soir\u00e9e, qui s\u2019\u00e9tait sold\u00e9e par 70 morts. Zitout souhaitait certainement une rupture entre le Hirak et l\u2019ANP.<br \/>L\u2019islamisme a tent\u00e9, d\u00e8s le d\u00e9but du Hirak, de l\u2019infiltrer en essayant tout d\u2019abord d\u2019imposer ses propres slogans, \u00abAllahou Akbar\u00bb et \u00abNovembaria-badissia\u00bb. Puis ils ont hiss\u00e9 lors des marches le portrait d\u2019Abdelkader Hachani, responsable du FIS, assassin\u00e9 par ses fr\u00e8res islamistes le 22 novembre 1999 \u00e0 Alger. Ils ont tent\u00e9 d\u2019entra\u00eener le Hirak dans une \u00abpri\u00e8re de l\u2019absent\u00bb \u00e0 l\u2019occasion des d\u00e9c\u00e8s de Abassi Madani et de Morsli, Fr\u00e8re musulman, pr\u00e9sident \u00e9gyptien d\u00e9chu. Le Hirak, dans son \u00e9crasante majorit\u00e9, s\u2019est d\u00e9marqu\u00e9 tant de leurs slogans que de leurs actions.<br \/>Mis \u00e0 part les slogans et actions, lesquels ont \u00e9chou\u00e9, le plus grand danger qui guette le Hirak et en g\u00e9n\u00e9ral toute la soci\u00e9t\u00e9 est l\u2019instillation de la th\u00e9orie du \u00abqui-tue-qui ?\u00bb des ann\u00e9es 1990, ann\u00e9es de feu.\u00a0<br \/>Le r\u00e9sultat de cette instillation devient de plus en plus palpable. L\u2019exemple le plus concret est la vid\u00e9o qui a circul\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux montrant une jeune fille juch\u00e9e sur les \u00e9paules d\u2019un marcheur et qui clame avec v\u00e9h\u00e9mence que \u00able g\u00e9n\u00e9ral Khaled Nezzar a assassin\u00e9 250 000 Alg\u00e9riens\u00bb pendant la d\u00e9cennie sanglante. Si le slogan \u00ab\u00c9tat civil et non militaire\u00bb, scand\u00e9 \u00e0 longueur de marches par les Hirakistes, est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019accomplissement d\u2019une recommandation du Congr\u00e8s de la Soummam, un certain nombre par contre le relie directement \u00e0 la position de l\u2019ANP en janvier 1992. Puis ce qui devrait nous interpeller c\u2019est cette disparition du slogan \u00abDjeich cha\u00e2b khawa khawa\u00bb (arm\u00e9e et peuple sont fr\u00e8res). Le retour par petites touches du \u00abqui-tue-qui ?\u00bb est flagrant et devient pour tout observateur une action concert\u00e9e entre les islamistes en Alg\u00e9rie et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, la cha\u00eene Al Magharibia, l\u2019association islamiste Rachad, dont le porte-parole est Mourad Dhina, membre connu du FIS dans les ann\u00e9es 1990 et son porte-parole \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, certains universitaires et d\u2019autres qui jouent sur leur pass\u00e9 et se proclament du Hirak.\u00a0<br \/>D\u2019abord Al Magharibia organise un pr\u00e9tendu d\u00e9bat contradictoire mais au fait orient\u00e9 dans un seul sens, \u00e0 l\u2019occasion du 20e anniversaire de l\u2019assassinat de Hachani. L\u2019un des participants affirme sans vergogne que \u00able terrorisme est une cr\u00e9ation des services\u00bb tandis qu\u2019un autre appelant du Canada affirme que \u00abl\u2019arm\u00e9e a commis un g\u00e9nocide contre le peuple\u00bb. Tous les commentaires lors de ce d\u00e9bat laissaient entendre que \u00ab toute remise en cause ou contestation de cette vision s\u2019exprime, au mieux, par ignorance ; au pire, par la complaisance\u00bb. La ligne \u00e9ditoriale de cette cha\u00eene islamiste est de plus en plus tourn\u00e9e vers des contenus haineux envers l\u2019institution militaire. Le sociologue Houari Addi a \u00e9crit le 25 f\u00e9vrier 2020 : \u00abIl est vrai qu\u2019au lendemain de l\u2019annulation des \u00e9lections remport\u00e9es par le FIS, des islamistes ont pris les armes et exerc\u00e9 des violences militaires. Ce fut ensuite une p\u00e9riode de confusion o\u00f9 les Alg\u00e9riens se posaient la question : \u2018\u2019qui tue qui ?\u2019\u2019.\u00bb Monsieur Addi, pensez-vous que l\u2019attentat de l\u2019a\u00e9roport d\u2019Alger le 26 ao\u00fbt 1992 (9 morts et 128 bless\u00e9s) et celui du boulevard Amirouche le 30 janvier 1995 (40 morts et 186 bless\u00e9s, tous des civils) sont des actions militaires ? Au m\u00eame moment, le 22 f\u00e9vrier 2020, premier anniversaire du Hirak, trois personnalit\u00e9s respect\u00e9es par ce dernier rendent visite \u00e0 l\u2019id\u00e9ologue de la violence islamiste, Ali Belhadj, au nom des \u00ab droits de l\u2019Homme d\u00e9voy\u00e9s\u00bb. Ce dernier, fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame, leur fait un \u00abpied de nez\u00bb en d\u00e9clarant sur la cha\u00eene BBC en arabe : \u00abNous avons notre projet islamique\u2026 La d\u00e9mocratie est un syst\u00e8me politique con\u00e7u par les humains\u2026 Je continuerai \u00e0 revendiquer mon droit car le FIS n\u2019\u00e9tait plus un parti mais un choix du peuple.\u00bb (in Alg\u00e9rie patriotique). D\u00e9montrant \u00e0 ses visiteurs que le Ali Belhadj de 2020 est encore celui de 1990. D\u2019autres, toujours, soi-disant, au nom des droits de l\u2019Hommes, d\u00e9clarent qu\u2019\u00abil faut savoir pardonner \u00e0 ceux qui ont pay\u00e9 leur dette \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9\u00bb. \u00c0 ceux-l\u00e0, Hakim La\u00e2lam, dans le Soir d\u2019Alg\u00e9rie, leur r\u00e9pond \u00abd\u2019aller plut\u00f4t le dire \u00e0 ceux dont Ali Belhadj a commandit\u00e9 l\u2019assassinat\u00bb, dans une chronique sous le titre \u00abTu es qui toi pour pardonner \u00e0 la place des morts et leurs survivants en agonie quotidienne ?\u00bb (le 02-03-2020), suivie d\u2019une autre chronique sous le titre \u00abAux d\u00e9confineurs du FIS et autres th\u00e9rapeutes par l\u2019oubli\u00bb (le 6-4-2020). L\u2019on sait qu\u2019\u00e0 ce jour aucun islamiste n\u2019a demand\u00e9 pardon \u00e0 toute la soci\u00e9t\u00e9 pour ses crimes ; bien au contraire, ils s\u2019en sont m\u00eame vant\u00e9s sur les plateaux des t\u00e9l\u00e9visions.\u00a0<br \/>En ce m\u00eame premier trimestre 2020 paraissent successivement deux livres : Alg\u00e9rie : proc\u00e8s d\u2019un syst\u00e8me militaire de Kamel Lakhdar Chaouch (janvier 2020 &#8211; Va \u00e9dition), et Hirak en Alg\u00e9rie, l\u2019invention d\u2019un soul\u00e8vement (f\u00e9vrier 2020 &#8211; \u00c9dition La Fabrique).\u00a0<br \/>Le premier est une v\u00e9ritable diatribe contre l\u2019ANP, depuis l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 nos jours, un proc\u00e8s \u00e0 sens unique, o\u00f9 les t\u00e9moins \u00e0 charge, notamment pour la d\u00e9cennie de l\u2019horreur, sont tous des \u00abqui-tue-quistes\u00bb acharn\u00e9s. Dans ce livre suinte \u00e0 chaque ligne une haine visc\u00e9rale de l\u2019ANP et particuli\u00e8rement des officiers sup\u00e9rieurs qui ont pris leur responsabilit\u00e9 historique d\u2019emp\u00eacher l\u2019Alg\u00e9rie de sombrer sous un r\u00e9gime th\u00e9ocratique. L\u2019auteur fait endosser \u00e0 l\u2019ANP tous les crimes de la d\u00e9cennie 1990. Pour \u00e9clairer les lecteurs, je cite trois extraits : \u00ab1-La manipulation des \u00e9v\u00e9nement de Juin 1991 par les services reste plausible. 2- Le pouvoir actionnera tous ses relais islamistes les plus radicaux vers l\u2019action. 3- Les massacres sont attribu\u00e9s au GIA, qui les revendique de toute fa\u00e7on, cependant les t\u00e9moins, des observateurs nationaux et internationaux, \u00e9mettent des doutes quant \u00e0 leurs v\u00e9ritables commanditaires.\u00bb\u00a0<br \/>Le deuxi\u00e8me livre est un ouvrage collectif regroupant le noyau dur des \u00abqui-tue-quistes\u00bb, Salima Melah (algeria-watch), Fran\u00e7ois G\u00e8ze, Jos\u00e9 Gar\u00e7on, Habib Souadia et autres\u2026 Dans ce livre, d\u2019embl\u00e9e, le d\u00e9cor est plant\u00e9 : \u00abS\u2019il est ind\u00e9niable qu\u2019une partie de ces violences ont \u00e9t\u00e9 le fait de groupes arm\u00e9s se r\u00e9clamant de l\u2019Islam, les principaux responsables ont \u00e9t\u00e9 les forces sp\u00e9ciales de l\u2019arm\u00e9e, les services de renseignement, les milices, les escadrons de la mort\u2026\u00bb D\u00e8s l\u2019introduction, un clin d\u2019\u0153il mortel est fait au Hirak : \u00abCette exp\u00e9rience partag\u00e9e (le Hirak) a \u00e9t\u00e9 en soi un pr\u00e9cieux apprentissage de l\u2019expression publique des souffrances subies par les victimes du terrorisme d\u2019\u00c9tat et de la compr\u00e9hension de celle du terrorisme des groupes arm\u00e9s se r\u00e9clamant de l\u2019Islam.\u00bb En ce premier trimestre 2020, un livre paru en 2000 (\u00e9dition La D\u00e9couverte) est mis en ligne. Il s\u2019agit de : el Medjzara (la boucherie), qui a tu\u00e9 \u00e0 Bentelha ? de Nasrallah Yous (un survivant de Bentalha), militant du FFS (il le reconna\u00eet lui-m\u00eame quand il dit :<br \/>\u00abNous au FFS\u2026\u00bb ). Un t\u00e9moignage contredit par celui de centaines de survivants, et qui accr\u00e9dite la th\u00e8se de la responsabilit\u00e9 de l\u2019ANP. Ce livre est postfac\u00e9 par Fran\u00e7ois G\u00e9ze et Salima Melah. C\u2019est tout dire\u2026 D\u2019ailleurs, pour mieux souligner la coordination en ce m\u00eame trimestre des \u00abqui-tue-quistes\u00bb, en date du 25 mars 2020, G\u00e8ze rapporte sur son blog son intervention lors d\u2019une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude le 19 septembre 2019 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise sur le th\u00e8me : \u00abLes disparus de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie du fait des forces de l\u2019ordre fran\u00e7aises.\u00bb Dans son introduction, on peut lire :\u00abDans les ann\u00e9es 1990, nous avons d\u00e9nonc\u00e9 les crimes commis par l\u2019arm\u00e9e alg\u00e9rienne contre sa population \u00e0 partir du coup d\u2019\u00c9tat de janvier 1992.\u00bb On voit bien que si ce n\u2019est sa haine de l\u2019ANP, cette affirmation n\u2019a rien \u00e0 voir avec le th\u00e8me. Il n\u2019y a pas en politique de co\u00efncidences, toutes ces actions coordonn\u00e9es tentent de blanchir les islamistes de leurs crimes et accabler l\u2019ANP, souhaitant peut-\u00eatre aller vers un \u00abSant\u2019 Egidio-bis\u00bb. Ils pensent que le moment est venu pour d\u00e9tourner le Hirak de son objectif principal : \u00abAlg\u00e9rie libre et d\u00e9mocratique\u00bb (au sens universel des termes). D\u2019autant plus que ceux qui ont connu la d\u00e9cennie sanglante l\u2019effacent peu \u00e0 peu de leur m\u00e9moire, tandis que les jeunes ignorent totalement la v\u00e9ritable histoire. Cette amn\u00e9sie pour les uns et l\u2019ignorance pour les autres sont favoris\u00e9es par le voile jet\u00e9 sur cette p\u00e9riode par la loi sur la \u00abr\u00e9conciliation nationale\u00bb. Mais toutes celles et tous ceux qui ont v\u00e9cu cette p\u00e9riode dans leur chair ne l\u2019oublient pas. C\u2019est ainsi qu\u2019un bout de ce voile est lev\u00e9 par l\u2019\u00e9mouvante lettre, parue dans El Watan le 29 f\u00e9vrier 2020, du p\u00e8re de la martyre Katia Bengana, lyc\u00e9enne de 17 ans, assassin\u00e9e devant son Lyc\u00e9e \u00e0 Meftah, pour avoir refus\u00e9 le diktat du voile impos\u00e9 par les islamistes. Ce crime islamiste a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et suivi par d\u2019autres tant odieux les uns que les autres, dont je souhaite rappeler quelques-uns d\u2019entre eux pour rafraichir la m\u00e9moire des anciens et informer les jeunes.\u00a0<br \/>Le premier novembre 1994, attentat \u00e0 la bombe au carr\u00e9 des Martyrs \u00e0 Mostaganem, tuant 5 enfants scouts et blessant 17 autres. Le 27 septembre 1997, 11 enseignantes sont \u00e9gorg\u00e9es \u00e0 A\u00efn Aden, dans la wilaya de Bel-Abb\u00e8s. Le 23 ao\u00fbt 1998, les adolescents : Hichem, Djamyl, Ilyes, Mehdi et Yacine sont massacr\u00e9s dans un tunnel \u00e0 Alger. N\u2019oublions pas les universitaires, m\u00e9decins et journalistes, de renom, des femmes et des hommes de la soci\u00e9t\u00e9 civile, toutes celles et tous ceux que Tahar Djaout a appel\u00e9 \u00abla famille qui avance\u00bb. N\u2019oublions pas aussi les services de s\u00e9curit\u00e9 (policiers, Djounoud et gendarmes), non ceux qui sont morts les armes \u00e0 la main en h\u00e9ros, mais ceux assassin\u00e9s, isol\u00e9s dans les faux barrages, dans les rues ou chez eux. Enfin citant les massacres de masse (Bentalha, Zemmouri, Ramka\u2026).\u00a0<br \/>Devant l\u2019horreur de ces crimes qui ont commenc\u00e9 de plus en plus \u00e0 r\u00e9volter l\u2019opinion internationale, des partis politique nationaux, relay\u00e9s par des partis \u00e9trangers vont mettre en \u0153uvre la th\u00e9orie du \u00abqui tue qui\u00bb pour d\u00e9douaner les islamistes et mettre l\u2019arm\u00e9e sur la d\u00e9fensive afin de diminuer sa combativit\u00e9 contre le terrorisme.\u00a0<br \/>Cette th\u00e9orie participera \u00e0 l\u2019isolement de l\u2019Alg\u00e9rie pendant cette d\u00e9cennie d\u2019horreurs. L\u2019auteur originel de cette th\u00e9orie n\u2019est autre que le FFS (front des forces socialistes) qu\u2019il va r\u00e9pandre au sein de \u00abl\u2019internationale socialiste\u00bb et reprise \u00e0 son compte par le parti socialiste fran\u00e7ais dont son ancien responsable devenant pr\u00e9sident la r\u00e9publique fran\u00e7aise, monsieur Fran\u00e7ois Mitterrand ose tout tact diplomatique exclu, d\u00e9clarer \u00abqu\u2019il faut continuer le processus \u00e9lectoral\u00bb. Cela ne nous \u00e9tonne pas de lui.<br \/>N\u2019a-t-il pas \u00e9t\u00e9 responsable en tant que ministre de la Justice pendant la guerre de lib\u00e9ration de l\u2019ex\u00e9cution de 47 nationalistes, dont Fernand Yveton, \u00e0 qui il a \u00e9t\u00e9 le seul dans la commission de gr\u00e2ce \u00e0 la lui refuser (In Mitterrand et la guerre d\u2019Alg\u00e9rie de Benjamin Stora), et tous ceux qui gravitaient autour, des intellectuels, des avocats, des journalistes avec Reporters sans fronti\u00e8res (RSF) pr\u00e9sid\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque par Robert M\u00e9nard, actuel maire de B\u00e9ziers en France, apparent\u00e9 au Rassemblement national (ex-FN), n\u00e9 \u00e0 Oran, et d\u00e9fenseur acharn\u00e9 \u00e0 ce jour de l\u2019OAS. Aussi une certaine presse fran\u00e7aise et particuli\u00e8rement Le Monde et Lib\u00e9ration ont vulgaris\u00e9 cette th\u00e9orie. Permettez-moi de citer deux exemples : Jos\u00e9 Gar\u00e7on, journaliste au Monde, suite \u00e0 l\u2019attentat de l\u2019a\u00e9roport d\u2019Alger, met clairement en doute dans un article la responsabilit\u00e9 des islamistes (in RSF : Le drame alg\u00e9rien, La D\u00e9couverte 1995, pp181-182) ; quant \u00e0 Florence Aubenas, dans Lib\u00e9ration du 23 novembre 1999, suite \u00e0 l\u2019assassinat de Hachani \u00e0 Alger, la veille, pi\u00e9tinant toute honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle et d\u00e9ontologie journalistique, \u00e9crit : \u00abCette ex\u00e9cution, en pleine ville, rappelle soudain les assassinats du pr\u00e9sident Boudiaf et celui de l\u2019avocat Ali M\u00e9cili, num\u00e9ro 2 du FFS, en 1987.\u00bb Elle continue, en rapportant une d\u00e9claration du FIS : \u00abNous croyons aux milieux \u00e9radicateurs responsables de ce crime.\u00bb (Je rappelle qu\u2019on d\u00e9signait par \u00ab\u00e9radicateurs\u00bb toutes celles et tous ceux qui rejetaient le projet islamiste, alors que ce sont elles et eux qui \u00e9taient \u00e9radiqu\u00e9s par le sabre, le couteau et les armes \u00e0 feux !). Enfin, elle \u00e9crit que \u00able FFS a demand\u00e9 une enqu\u00eate internationale\u00bb. On n\u2019oubliera pas d\u2019inclure, dans cette liste, les journalistes Fran\u00e7ois G\u00e9ze et Jean-Baptiste Rivoire qui ont \u00e9t\u00e9 et le sont toujours les chefs d\u2019orchestre de cette th\u00e9orie.\u00a0<br \/>Il est utile, semble-t-il, de rafra\u00eechir la m\u00e9moire des anciens et faire d\u00e9couvrir, d\u2019une mani\u00e8re succincte, aux jeunes que l\u2019islamisme en Alg\u00e9rie a commenc\u00e9 \u00e0 semer ses graines d\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance et que ses actes de violence ont commenc\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Quelques semaines avant l\u2019ind\u00e9pendance, M. Mohammed Kheireddine, membre de l\u2019Association des Oul\u00e9mas et repr\u00e9sentant du FLN au Maroc, revendiquait en mai 1962 \u00e0 la r\u00e9union du CNRA (Conseil national de la R\u00e9volution alg\u00e9rienne) l\u2019id\u00e9e d\u2019une Alg\u00e9rie arabo-musulmane bas\u00e9e sur l\u2019arabisation \u00e0 tous les niveaux scolaires, l\u2019arabisation progressive des institutions publiques, des cours de religion musulmane et l\u2019interdiction des autres religions (In ouvrage du Crasc : Les Oul\u00e9mas et Ben Bella). D\u00e8s les premiers jours de l\u2019ind\u00e9pendance, les Oul\u00e9mas font pression sur Ben Bella pour abandonner l\u2019id\u00e9ologie socialiste car, selon eux, celle-ci est en contradiction avec l\u2019Islam, et la pr\u00e9servation des lois islamiques. Ils s\u2019attaquent \u00e0 la mixit\u00e9 et au renforcement de la participation dans la vie politique, \u00e9conomique et sociale des femmes, pr\u00e9vus par la Charte d\u2019Alger de 1964. Aux c\u00f4t\u00e9s des Oul\u00e9mas est fond\u00e9e en 1963 une association \u00e0 tendance religieuse, El Quiyam, par Ahmed Sahnoun et Abdelatif Soltani, deux personnalit\u00e9s qu\u2019on retrouvera au FIS en 1990. Ses revendications, entre autres : l\u2019adoption du week-end islamique (le vendredi), affectation des postes administratifs aux seuls Alg\u00e9riens de confession musulmane (Ibidem). Ben Bella fera le premier pas en d\u00e9cr\u00e9tant l\u2019obligation de l\u2019enseignement religieux en 1964. L\u2019historien Mohammed Harbi consid\u00e8re que cette d\u00e9cision marque la premi\u00e8re victoire du mouvement islamiste (L\u2019islamisme dans tous ses \u00e9tats, 1991, p134).<br \/>Le pr\u00e9sident Boum\u00e9diene, pour faire contrepoids aux forces progressistes, adopte le week-end islamique. Son ministre des Affaires religieuses, Mouloud Kacem, lance les s\u00e9minaires de la pens\u00e9e islamique et m\u00e8ne une campagne contre la pr\u00e9tendue d\u00e9gradation des m\u0153urs en 1970.\u00a0<br \/>C\u2019est \u00e0 partir de 1980, sous la pr\u00e9sidence de Chadli, que l\u2019islamisme conna\u00eetra une v\u00e9ritable expansion par la multiplication des constructions de mosqu\u00e9es, le plus souvent sans autorisation, et la cr\u00e9ation d\u2019associations religieuses \u00e0 l\u2019instar d\u2019El Qiyam, revendiquant haut et fort \u00able retour \u00e0 un Islam pur et dur envers tous ceux qui ont pris go\u00fbt au mode de vie occidental\u00bb (In Les fr\u00e8res et la mosqu\u00e9e, par Ahmed Rouadjia). Cette complaisance de Chadli envers les islamistes est confirm\u00e9e par Soltani dans une interview \u00e0 une cha\u00eene arabe le 7 janvier 1993 qui assure \u00abque le pr\u00e9sident Chadli a ouvert la voie aux islamistes et aux pr\u00eaches dans les mosqu\u00e9es\u00bb (Siwel 071418, janvier 2013). Par ailleurs, c\u2019est le pr\u00e9sident Chadli qui \u00abimportera\u00bb le cheikh \u00e9gyptien El Ghazali, membre de la mouvance des Fr\u00e8res musulmans, et lui livrera la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne pour son islamisation, \u00e0 travers des pr\u00eaches \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Quand El Ghazali s\u2019attaquera \u00e0 l\u2019ic\u00f4ne de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne lors de son d\u00e9c\u00e8s, Kateb Yacine, en disant publiquement que son inhumation devrait se faire dans un cimeti\u00e8re fran\u00e7ais, ou encore quand il expulsera l\u2019Alg\u00e9rien Mohammed Arkoun, l\u2019une des sommit\u00e9s mondiales de la pens\u00e9e islamique, lors d\u2019un s\u00e9minaire tenu en Alg\u00e9rie, l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien restera muet devant ces atteintes \u00e0 ces illustres alg\u00e9riens.\u00a0<br \/>L\u2019islamisme, se sentant intouchable sous le r\u00e9gime de Chadli, passera \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure en commettant son premier crime. L\u2019\u00e9tudiant Kamel Amzal (22 ans) sera assassin\u00e9 le 2 novembre 1982 \u00e0 la cit\u00e9 universitaire de Ben Aknoun. L\u2019enqu\u00eate conduira \u00e0 l\u2019interpellation de 23 personnes, dont Abassi Madani. Seul un extra-universitaire, Lassouli Fethallah, compara\u00eetra devant le tribunal o\u00f9 il est condamn\u00e9 \u00e0 8 ann\u00e9es de r\u00e9clusion et graci\u00e9 au bout de 4 ans. Il sera abattu par les services de s\u00e9curit\u00e9 en 1995 suite \u00e0 une tentative d\u2019attentat (Le journal de Kabylie, par Amnay at Quassi 03-11-2016). Le 12 novembre 1982, Abassi, Soltani et Sahnoun organisent un rassemblement devant la salle de pri\u00e8re de la Facult\u00e9 centrale d\u2019Alger pour exiger que \u00ables dirigeants du pays reviennent \u00e0 l\u2019islam, que celui-ci est la solution\u00bb. Et adressent une lettre au pr\u00e9sident Chadli, exigeant l\u2019interdiction de l\u2019alcool et de la mixit\u00e9, et l\u2019application de la loi sur l\u2019arabisation. Aucune r\u00e9action du pouvoir. Cette permissivit\u00e9 aurait d\u00fb interpeller toute la soci\u00e9t\u00e9. D\u00e8s cette ann\u00e9e 1982, le premier groupe islamiste arm\u00e9, appel\u00e9 MIA (Mouvement islamique arm\u00e9), est cr\u00e9\u00e9 par Mustapha Bouyali. Il se fera conna\u00eetre par des actions arm\u00e9es, notamment l\u2019attaque le jour de l\u2019A\u00efd El- Kebir (le 25 ao\u00fbt 1986) de l\u2019\u00e9cole de police de Souma\u00e2. Le pr\u00e9sident Chadli continuera de c\u00e9der de plus en plus d\u2019espace aux islamistes, surtout par l\u2019adoption en 1984 par l\u2019APN du code de la famille. De m\u00eame qu\u2019il fermera les yeux sur le d\u00e9part massif des jeunes Alg\u00e9riens en Afghanistan, o\u00f9 ils serviront de chair \u00e0 canon aux moudjahidine afghans, et les survivants reviendront en Alg\u00e9rie pour constituer l\u2019ossature arm\u00e9e des milices du FIS. Le summum de la complicit\u00e9 du pouvoir de l\u2019\u00e9poque avec les islamistes se concr\u00e9tisera apr\u00e8s la fin du parti unique, par la l\u00e9galisation de leurs partis, et ce, en compl\u00e8te contradiction avec la nouvelle Constitution.<br \/>\u00c0 partir de cette date-l\u00e0, le FIS, devant la faiblesse du pouvoir et son laxisme vis-\u00e0-vis des islamistes, pense que le pouvoir est \u00e0 port\u00e9e de main et qu\u2019il va tenter de conqu\u00e9rir par tous les moyens, y compris la violence contre la soci\u00e9t\u00e9 : imposition du hidjab aux femmes, agression au vitriol des femmes habill\u00e9es \u00e0 l\u2019occidentale, interdiction des spectacles (Linda de Suza, Maskoud, A\u00eft Menguellet\u2026), d\u00e9mant\u00e8lement des paraboles, attaque des bars et matraquage des esprits dans les mosqu\u00e9es dont l\u2019\u00c9tat s\u2019\u00e9tait dessaisi au profit des islamistes. Le FIS, se sentant le vent en poupe, acc\u00e9l\u00e9rera la cadence en appelant \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance civile par une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019occupation des places publiques dans les grandes villes et des marches avec en t\u00eate des cort\u00e8ges les \u00abAfghans\u00bb marchant aux pas de commandos. Du 20 au 29 Juin 1991, c\u2019est \u00e0 une v\u00e9ritable insurrection qu\u2019il appelle. C\u2019est au cours de cette semaine insurrectionnelle que Ali Belhadj demande aux militants du FIS de stocker les armes. (In Eclaircie de Ali Haroun). C\u2019est dans ce climat insurrectionnel o\u00f9 le pouvoir vacille et o\u00f9 l\u2019\u00c9tat est sur le point de s\u2019effondrer que le pr\u00e9sident Chadli fixe les l\u00e9gislatives au 26 d\u00e9cembre 1991, alors qu\u2019il \u00e9tait clair que cette d\u00e9cision \u00e9tait un plongeon dans l\u2019inconnu qui risquerait d\u2019emporter l\u2019Etat-Nation. C\u2019est dans ce climat de trouble avec la majorit\u00e9 des mairies tenues par le FIS, et donc g\u00e9rant les \u00e9lections, que ce dernier remportera le premier tour. Au lendemain de cette \u00abvictoire\u00bb, une peur s\u2019installe dans de larges pans de la soci\u00e9t\u00e9, y compris parmi celles et ceux qui ont vot\u00e9 pour le FIS, soit par d\u00e9pit (vote sanction contre le FLN), soit par inconscience et suivisme. Bien avant les \u00e9lections, El Mounqid (organe officiel du FIS) par ses \u00e9crits ne laissait aucun doute sur le mode de gestion \u00e0 venir de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, par un pouvoir islamiste. En premier lieu le rejet de la notion de d\u00e9mocratie que Ali Belhadj consid\u00e8re comme impie. Il \u00e9crit dans El Mounqid num\u00e9ro 23 : \u00abLes d\u00e9fenseurs de la d\u00e9mocratie mettent sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 des doctrines profanes et les lois divines\u2026 La majorit\u00e9 ne justifie pas le pouvoir de la d\u00e9mocratie.\u00bb Pour le r\u00f4le de la femme, la position du FIS est sans appel. On peut lire dans El Mounqid num\u00e9ro 1 : \u00abL\u2019id\u00e9e premi\u00e8re qui obnubile la femme est l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9galit\u00e9 homme-femme.\u00bb Dans El Mouqind num\u00e9ro 3 est \u00e9crit : \u00abCette id\u00e9e est une cr\u00e9ation de l\u2019Occident qui veut pousser la femme \u00e0 sortir de sa noble fonction et se d\u00e9faire de la nature que Dieu a cr\u00e9\u00e9e en elle\u00bb (comprendre par-l\u00e0, la fonction de procr\u00e9ation). Loin d\u2019apaiser cette peur d\u2019une future \u00abdawla islamiya\u00bb, Mohammedi Sa\u00efd, l\u2019un des responsables du FIS, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, demande au peuple \u00abde se pr\u00e9parer \u00e0 changer leurs habitudes alimentaires et vestimentaires\u00bb. L\u2019on voit bien que l\u2019id\u00e9ologie islamiste base ses fondements sur l\u2019application stricte de la charia et c\u2019est ce que r\u00e9percutent les militants du FIS dans les<br \/>rues : \u00abLa mithaq, la doustour, qala Allah qala Al Rassoul\u00bb (ni charte ni Constitution, ainsi ont dit Dieu et son Proph\u00e8te QSSSL).<br \/>Faut-il rester les bras crois\u00e9s, acceptant passivement l\u2019instauration d\u2019un \u00c9tat th\u00e9ocratique et le naufrage de la nation ? De plus en plus de voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent de toutes les cat\u00e9gories sociales, et des personnalit\u00e9s politiques, disant non \u00e0 un Etat islamique. Le jeudi suivant les \u00e9lections, pr\u00e8s d\u2019un million de personnes d\u00e9filent dans les rues d\u2019Alger appelant \u00e0 la sauvegarde de la R\u00e9publique et de la d\u00e9mocratie. Mais la majorit\u00e9 des manifestants demandent l\u2019arr\u00eat du processus \u00e9lectoral. Un Comit\u00e9 national pour la sauvegarde de l\u2019Alg\u00e9rie (CNSA) est cr\u00e9\u00e9 avec \u00e0 sa t\u00eate Abdelhak Ben Hamouda, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UGTA, qui sera assassin\u00e9 par les islamistes le 26 janvier 1997.\u00a0<br \/>L\u2019ANP, colonne vert\u00e9brale de la nation, charg\u00e9e par la Constitution de garantir la s\u00e9curit\u00e9 de la nation, de son unit\u00e9 et de la protection de sa population ne pouvait rester en marge de l\u2019\u00e9v\u00e8nement, d\u2019autant plus qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9. Deux ann\u00e9es avant les l\u00e9gislatives, soit en d\u00e9cembre 1990, dans un rapport intitul\u00e9 \u00abM\u00e9moire sur la situation dans le pays et point de vue de l\u2019ANP\u00bb, il est \u00e9crit : \u00abDepuis 1954, l\u2019institution militaire s\u2019est trouv\u00e9e intimement engag\u00e9e lors de circonstances graves mettant en cause le destin de la Nation. La situation qui pr\u00e9vaut actuellement pr\u00e9sente incontestablement les germes de troubles, voire m\u00eame d\u2019insurrection pouvant justifier encore l\u2019intervention de l\u2019ANP pour garantir la stabilit\u00e9 et l\u2019unit\u00e9 du pays et sauvegarder ses institutions\u2026 Le pouvoir politique par exc\u00e8s de scrupules d\u00e9mocratiques a agr\u00e9\u00e9 l\u2019existence de formations politiques se r\u00e9clamant d\u2019un programme religieux\u2026Cette victoire du FIS (APC) a pour effet de le conforter dans l\u2019id\u00e9e que le pouvoir \u00e9tait \u00e0 port\u00e9e de main, ayant recours \u00e0 des actions de types subversives\u2026 \u00c0 l\u2019appui de ceci, citons les atteintes aux libert\u00e9s individuelles\u2026 Les cons\u00e9quences pour le pays suite \u00e0 l\u2019instauration d\u2019un r\u00e9gime th\u00e9ocratique sont vraisemblables\u2026 L\u2019av\u00e8nement d\u2019un tel r\u00e9gime est MANIFESTEMENT INNADMISSIBLE, car historiquement contraire \u00e0 l\u2019id\u00e9al de Novembre, JURIDIQUEMENT ANTICONSTITUTIONNEL ET MORALEMENT ANTINATIONAL. (Les majuscules sont dans le texte original. In L\u2019\u00e9claircie de Ali Haroun). Ainsi tout avait \u00e9t\u00e9 dit dans ce rapport de l\u2019ANP. \u00c0 la demande, comme il a \u00e9t\u00e9 dit plus haut, de larges franges de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, de hauts responsables de l\u2019arm\u00e9e que les \u00abqui-tue-quistes\u00bb appellent les \u00abjanvi\u00e9ristes\u00bb ont pris la responsabilit\u00e9 historique d\u2019arr\u00eater le processus \u00e9lectoral et d\u2019arr\u00eater la descente de l\u2019Alg\u00e9rie vers une r\u00e9gression pour plusieurs d\u00e9cennies qui est loin d\u2019\u00eatre \u00abf\u00e9conde\u00bb (voir l\u2019Iran depuis 1979). La d\u00e9cennie sanglante qui a suivi est le fait des islamistes qui n\u2019ont jamais, en Alg\u00e9rie ou ailleurs, accept\u00e9 de renoncer \u00e0 leur r\u00eave de r\u00e9gime th\u00e9ocratique, m\u00eame en passant sur le corps de tout un peuple. Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une guerre civile, mais une guerre men\u00e9e par des groupes arm\u00e9s contre les civils.\u00a0<br \/>Le professeur El Houari Addi \u00e9crivait le 25 f\u00e9vrier 2020 : \u00abDeux perspectives se pr\u00e9sentent : demander aux militaires d\u2019\u00e9loigner les islamistes du champ politique par la violence, ou demander aux militaires de se retirer du champ politique et affronter les islamistes sur le terrain id\u00e9ologique. Personnellement, dit-il, je choisis la deuxi\u00e8me option.\u00bb Mon cher ami El Houari, nous avons tous deux \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Oran \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode, soit la fin des ann\u00e9es 1960 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. A moins d\u2019\u00eatre atteint \u00e0 notre \u00e2ge de la maladie d\u2019Alzheimer, et nous ne le sommes pas par la gr\u00e2ce de Dieu, nous ne pouvons oublier les g\u00e9niteurs des islamistes d\u2019aujourd\u2019hui que l\u2019on appelait durant cette p\u00e9riode \u00ables fantoches ou les fr\u00e9rots\u00bb, venus pour la plupart de la facult\u00e9 des lettres et qui n\u2019ont jamais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 utiliser les violences verbales et physiques. J\u2019aurais personnellement \u00e9t\u00e9 victime \u00e0 la sortie d\u2019une AG \u00e0 la salle des actes de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Oran, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1971, n\u2019\u00e9tait l\u2019intervention \u00e9nergique de notre camarade Mhammed Djelid.\u00a0<br \/>Tout comme toi, j\u2019opterai pour la deuxi\u00e8me option, \u00e0 la condition que les islamistes s\u2019engagent publiquement devant la Nation, en se d\u00e9lestant de leur strat\u00e9gie \u00abel harb khida\u00e2\u00bb (la guerre est ruse et trahison) et de leur politique d\u2019entrisme, sur des fondements r\u00e9publicains reconnus par les normes universelles : \u00abPrimaut\u00e9 du civil sur le militaire et sur le religieux, alternance du pouvoir, ind\u00e9pendance de la justice, s\u00e9paration des pouvoirs, \u00e9galit\u00e9 parfaite entre les hommes et les femmes, respect du droit humain, la libert\u00e9 du culte et de la conscience.\u00bb C\u2019est-\u00e0-dire toutes les valeurs pour lesquelles le Hirak lutte depuis le 22 f\u00e9vrier 2019.\u00a0<br \/><em><strong>F. M.-B.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>(*) Chef de service au CHUO \u00e0 la retraite.\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/contribution\/le-retour-insidieux-et-pernicieux-du-qui-tue-qui-42393\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Pr Farouk\u00a0Mohammed-Brahim(*)(PR\u00c9CISION : Un certain nombre de lectrices et de lecteurs pourraient penser inopportun d\u2019aborder un sujet aussi sensible au sein de la soci\u00e9t\u00e9, au moment o\u00f9 avec une union nationale et une solidarit\u00e9, les Alg\u00e9riennes et les Alg\u00e9riens affrontent l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19, et o\u00f9 les activit\u00e9s partisanes et associatives et tout d\u00e9bat politique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1741,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-85709","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85709","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1741"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=85709"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85709\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=85709"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=85709"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=85709"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}