{"id":85809,"date":"2020-05-17T01:00:00","date_gmt":"2020-05-17T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-prehistoire-largement-representee-6e-partie\/"},"modified":"2020-05-17T01:00:00","modified_gmt":"2020-05-17T05:00:00","slug":"la-prehistoire-largement-representee-6e-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-prehistoire-largement-representee-6e-partie\/","title":{"rendered":"La Pr\u00e9histoire \u00ablargement repr\u00e9sent\u00e9e\u00bb (6e Partie)"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><em><strong>Par Mohamed Arezki Himeur<\/strong><\/em><br \/>L\u2019\u00e9poque pr\u00e9historique est \u00abparticuli\u00e8rement et largement repr\u00e9sent\u00e9e\u00bb dans le canton de Bordj-Mena\u00efel, selon des r\u00e9sultats de fouilles r\u00e9alis\u00e9es au XIXe si\u00e8cle. La zone, qui d\u00e9borde jusqu\u2019au littoral, est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00abriche au point de vue arch\u00e9ologique\u00bb. Elle a fourni divers outils, d\u2019apr\u00e8s des \u00e9tudes publi\u00e9es dans des revues sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"c3\">Bordj-Mena\u00efel \u2013 (ex-Vasana romain) : Cet ancien fort du temps de l\u2019occupation ottomane a \u00e9t\u00e9 construit sur et avec des ruines d\u2019un oppidum romain. Il faisait partie, au d\u00e9but de la colonisation, du canton du m\u00eame nom regroupant plusieurs villages, dont Isser, Naciria, Camp-du-Mar\u00e9chal, Blad-Guitoun devenu F\u00e9lix-Faure, et M\u00e9nerville. Il est r\u00e9put\u00e9, aujourd\u2019hui, pour ses succulentes vari\u00e9t\u00e9s de raisin vendu sur le bord de la route nationale reliant Alger et Tizi Ouzou. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 en commune de plein exercice le 18 novembre 1870. Saccag\u00e9 et incendi\u00e9 enti\u00e8rement lors de l\u2019insurrection de 1871, il a \u00e9t\u00e9 reconstruit en 1872.<br \/>La superficie de la nouvelle commune s\u2019\u00e9tait agrandie en ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e, apr\u00e8s les expropriations des terres des autochtones intervenues au lendemain de l\u2019\u00e9chec de la r\u00e9volte. Un revers qui avait fait passer les meilleures terres de la r\u00e9gion entre les fourches des colons. \u00abLe canton de Bordj-Mena\u00efel est riche au point de vue arch\u00e9ologique. L\u2019\u00e9poque pr\u00e9historique y est particuli\u00e8rement et largement repr\u00e9sent\u00e9e\u00bb, relevait Camille Vir\u00e9, dont les fouilles effectu\u00e9es dans cette cit\u00e9 et ses environs lui ont permis de mettre en \u00e9vidence divers objets antiques, tels que des outils de pierre, des abris et des s\u00e9pultures.(14)<br \/>Dans un autre texte, ce m\u00eame chercheur \u00e9crivait que ce canton, \u00abpar suite de sa situation entre la mer et deux vall\u00e9es largement ouvertes, a \u00e9t\u00e9 habit\u00e9 de bonne heure ; on y trouve des pierres taill\u00e9es sur le sol, soit isol\u00e9es, soit r\u00e9unies en assez grand nombre. Il y existe aussi de nombreux abris sous roches et des cavernes anciennement habit\u00e9es. Une dizaine de ces abris soit naturels, soit en forme de puits, soit mur\u00e9s, dont j\u2019ai commenc\u00e9 l\u2019exploration au lieu-dit la cascade, au-dessus de la gorge de l\u2019oued Mena\u00efel\u2026\u00bb.(15)<br \/>Il avait effectu\u00e9 ses recherches dans sept endroits diff\u00e9rents. Il avait d\u00e9couvert, parfois \u00e0 fleur du sol, \u00e0 15 centim\u00e8tres de profondeur, des fragments d\u2019ossements humains, une grande quantit\u00e9 d\u2019outils grossiers en pierre et d\u2019ossements taill\u00e9s en forme de poin\u00e7ons, de grattoirs, de couteaux, etc., ainsi qu\u2019un petit hame\u00e7on en fer tr\u00e8s oxyd\u00e9 ; un fragment de cr\u00e2ne estamp\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par trois raies : une horizontale et deux verticales \u00abtr\u00e8s nettement et tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement trac\u00e9es.\u00a0<br \/>On trouve sur une grande \u00e9tendue de terrain au sud des d\u00e9bris de constructions romaines, principalement des anciens lieux de s\u00e9pultures, une quinzaine de tombeaux taill\u00e9s dans les rochers ; le plus important est celui de l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 sup\u00e9rieure de la carri\u00e8re qui se trouve sur la nouvelle route de Dra\u00e2 El-Mizan. Plusieurs de ces tombeaux n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 ouverts\u00bb, rapportait, en 1877, Charles-Claude Bernard, m\u00e9decin de colonisation et ancien maire de Bordj-Mena\u00efel (16).<br \/>Pendant la colonisation, Bordj-Mena\u00efel avait servi, \u00e0 partir de 1844, de d\u00e9p\u00f4t central des approvisionnements des troupes du mar\u00e9chal Bugeaud engag\u00e9es dans des combats en Kabylie. D\u00e9barqu\u00e9es au port de Dellys, ces provisions prenaient ensuite le chemin de Bordj-Mena\u00efel.<\/p>\n<p class=\"c3\">Naciria (ex-Haussonviller) : C\u2019est l\u2019ancien hameau de La\u00e2zib n\u2019Zamoum, du nom d\u2019une tribu de la r\u00e9gion. Il a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en juillet 1873 pour accueillir des colons alsaciens et lorrains, dont les premiers migrants ont d\u00e9barqu\u00e9 en Alg\u00e9rie en 1872. Une loi adopt\u00e9e par le gouvernement fran\u00e7ais de la m\u00e9tropole le 15 septembre 1871 avait promis d\u2019offrir 100 000 hectares de terres agricoles aux migrants alsaciens et lorrains qui iraient s\u2019\u00e9tablir en Alg\u00e9rie.\u00a0<br \/>L\u2019ann\u00e9e suivante, 3 200 colons ont d\u00e9barqu\u00e9 dans le pays, suivis par 3 260 au mois de mars 1873. Le nombre augmentait sans cesse chaque ann\u00e9e. Naciria en avait accueilli un premier groupe de 37 familles repr\u00e9sentant 251 personnes. Chaque famille avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une maison b\u00e2tie et \u00e9quip\u00e9e, de 40 \u00e0 45 hectares de terres, d\u2019outils agricoles, de semences et de vivres jusqu\u2019\u00e0 la prochaine r\u00e9colte.\u00a0<br \/>Le territoire du village s\u2019\u00e9tendait sur 2 549 hectares mis par le gouvernement \u00e0 la disposition de la Soci\u00e9t\u00e9 protection des Alsaciens-Lorrains qui les a ensuite c\u00e9d\u00e9s aux colons.<br \/>Les terres conc\u00e9d\u00e9es \u00e0 Naciria et ailleurs provenaient des expropriations effectu\u00e9es contre les insurg\u00e9s de 1871. Elles s\u2019\u00e9levaient, d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019\u00e9chec de la r\u00e9volte, \u00e0 plus de 600 000 hectares.<br \/>\u00a0La Soci\u00e9t\u00e9 de protection des Alsaciens-Lorrains, bas\u00e9e \u00e0 Paris et dirig\u00e9e par le comte Joseph d\u2019Haussonville, homme politique, historien et acad\u00e9micien, avait jou\u00e9 le premier r\u00f4le dans l\u2019\u00e9migration et l\u2019installation des Alsaciens-Lorrains en Alg\u00e9rie, dont le nombre total s\u2019\u00e9levait \u00e0 environ 34 000 personnes. Les statistiques \u00e9tablies par cette soci\u00e9t\u00e9 indiquaient que le nombre de migrants alsaciens \u00e9taient nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui des Lorrains.\u00a0<br \/>Le nombre des premi\u00e8res familles peuplant les trois villages d\u2019Haussonviller, du Camp-du-Mar\u00e9chal (Randon) et de Boukhalfa s\u2019\u00e9l\u00e8vait \u00e0 165, soit 685 personnes.<br \/>Laazib n\u2019Zamoum a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9 Haussonviller le 21 avril 1875 et \u00e9rig\u00e9 en commune de plein exercice par d\u00e9cret du 17 avril 1884. Le village est c\u00e9l\u00e8bre aujourd\u2019hui, entre autres, pour sa production de melon. Le regard du voyageur est goulument attir\u00e9 par les montagnes de vari\u00e9t\u00e9s de ce produit expos\u00e9 et vendu dans des baraques \u00e9difi\u00e9es \u00e0 l\u2019aide de roseau sur les bords de la route Alger-Tizi Ouzou, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres du village.<\/p>\n<p class=\"c3\">Tadma\u00eft (ex-Camp-du-Mar\u00e9chal) : C\u2019est l\u2019emplacement choisi par le mar\u00e9chal Randon pour y installer ses troupes, avant de donner l\u2019assaut contre la Kabylie en g\u00e9n\u00e9ral et Larba\u00e2 Nath Irathen (ex-Fort National) en particulier en 1857. \u00abLa clef de l\u2019Alg\u00e9rie est l\u00e0\u00bb, lan\u00e7ait un jour le mar\u00e9chal Bugeaud, en pointant de son index les \u00abMonts Ferratus\u00bb, nom donn\u00e9 par les Romains au massif du Djurdjura.\u00a0<br \/>Larba\u00e2 Nath Irathen avait \u00e9t\u00e9 le dernier bastion de la r\u00e9sistance avant de tomber, 27 ans apr\u00e8s le d\u00e9barquement du corps exp\u00e9ditionnaire fran\u00e7ais sur les berges de Sidi Fredj, le 14 juin 1830. Le mar\u00e9chal Randon, alors gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie, avait mobilis\u00e9 plus de 35 000 hommes afin de faire plier la Kabylie, dont l\u2019ind\u00e9pendance lui donnait des migraines.\u00a0<br \/>Larba\u00e2 Nath Irathen \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme le point strat\u00e9gique. Vous venez de planter une \u00e9pine dans l\u2019\u0153il du Kabyle, dira en substance un r\u00e9sistant fait prisonnier \u00e0 un haut grad\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise ayant particip\u00e9 \u00e0 la bataille d\u2019Icheridene, pr\u00e8s de Larba\u00e2 Nath Irathen, sur le route de A\u00efn El-Hammam (ex-Michelet).<br \/>La Soci\u00e9t\u00e9 de protection des Alsaciens-Lorrains, qui s\u2019occupait de collecter des fonds et de fonder des villages pour ces deux communaut\u00e9s en Alg\u00e9rie, \u00abh\u00e9rita\u00bb en 1873 du site de Camp-du-Mar\u00e9chal occup\u00e9 auparavant par l\u2019arm\u00e9e. Mais \u00abla pleine propri\u00e9t\u00e9 ne lui en fut d\u00e9finitivement conc\u00e9d\u00e9e\u00bb que cinq ans plus tard, par d\u00e9cret du 7 mars 1878.<br \/>Le premier groupe de colons alsaciens-lorrains, compos\u00e9 de 38 familles, soit 161 personnes, a d\u00e9barqu\u00e9 en octobre 1880. Le village a \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9 en 1885 \u00e0 la commune de Naciria (ex-Haussonviller). Son territoire initial s\u2019\u00e9tendait sur 1 478 hectares. R\u00e9partis en lots, ils ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s aux colons qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 dans le m\u00eame temps, pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, de maisons b\u00e2ties en dur et \u00e9quip\u00e9es, d\u2019outils agricoles, de semences, etc.<br \/>Il a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 dans la zone o\u00f9 se trouvait Bordj Sebaou. Cette forteresse, fond\u00e9e en 1720 par Ali Khodja, fut l\u2019un des bordjs d\u2019o\u00f9 partaient les exp\u00e9ditions punitives sanglantes et destructrices contre des tribus et villages kabyles r\u00e9calcitrants, qui refusaient de payer l\u2019imp\u00f4t \u00e0 la R\u00e9gence d\u2019Alger. Des t\u00eates des r\u00e9sistants kabyles d\u00e9capit\u00e9s \u00e9taient envoy\u00e9es \u00e0 Alger pour \u00eatre accroch\u00e9es aux portes de Bab-Azzoun et de Bab-Djedid. Les Fran\u00e7ais avaient agi de la m\u00eame fa\u00e7on, avec, pour ne citer que cet exemple, le massacre, en avril 1832, de la tribu des Ouffia, qui vivait entre El-Harrach et Oued Smar. Comme les autres villages situ\u00e9s sur le trajet Alger-Tizi Ouzou, Tadma\u00eft \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour ses produits agricoles (c\u00e9r\u00e9ales, oliviers, tabac, vignoble) et l\u2019\u00e9levage de bovins. Elle conserve encore cette notori\u00e9t\u00e9 de r\u00e9gion agricole et d\u2019\u00e9levage.<br \/><em><strong>M. A. H.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Sources :<br \/>(14) Note sur l\u2019arch\u00e9ologie du canton de Bordj-Mena\u00efel, Revue africaine, n\u00b0216, 1er trimestre 1895, Alphonse Jourdan libraire-\u00e9diteur, Alger, 1895.<br \/>(15) Association fran\u00e7aise pour l\u2019avancement des sciences, comptes rendus de la 24e session, 1re partie, documents officiels, proc\u00e8s-verbaux, 1895.<br \/>(16) Notice topographique et m\u00e9dicale de la plaine d\u2019Isser, Charles-Claude Bernard, Imprimerie typographique A. Mauguin, Blida, 1877).<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/reportage\/la-prehistoire-largement-representee-6e-partie-42436\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed Arezki HimeurL\u2019\u00e9poque pr\u00e9historique est \u00abparticuli\u00e8rement et largement repr\u00e9sent\u00e9e\u00bb dans le canton de Bordj-Mena\u00efel, selon des r\u00e9sultats de fouilles r\u00e9alis\u00e9es au XIXe si\u00e8cle. La zone, qui d\u00e9borde jusqu\u2019au littoral, est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00abriche au point de vue arch\u00e9ologique\u00bb. Elle a fourni divers outils, d\u2019apr\u00e8s des \u00e9tudes publi\u00e9es dans des revues sp\u00e9cialis\u00e9es. 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