{"id":85870,"date":"2020-05-18T11:57:38","date_gmt":"2020-05-18T15:57:38","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/oran-quand-les-commandos-de-loas-semaient-la-mort\/"},"modified":"2020-05-18T11:57:38","modified_gmt":"2020-05-18T15:57:38","slug":"oran-quand-les-commandos-de-loas-semaient-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/oran-quand-les-commandos-de-loas-semaient-la-mort\/","title":{"rendered":"Oran: quand les commandos de l&rsquo;OAS semaient la mort"},"content":{"rendered":"<div readability=\"38\">\n<p><strong>ORAN &#8211; L\u2019historien et chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d\u2019Oran, Saddek Benkada, est cat\u00e9gorique: \u00ab\u00a0janvier et f\u00e9vrier 1962 ont \u00e9t\u00e9 les mois o\u00f9 l\u2019OAS avait atteint \u00e0 Oran le plus haut degr\u00e9 dans sa folie meurtri\u00e8re. Les commandos de l&rsquo;OAS multipliaient attentats \u00e0 la bombe et assassinats, visant aussi bien des Europ\u00e9ens que des Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div readability=\"174\">\n<p>L\u2019historien a relev\u00e9, au cours d&rsquo;un colloque sur la guerre de lib\u00e9ration nationale, que la sinistre organisation terroriste, OAS, rejetant l\u2019id\u00e9e d\u2019une ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, avait redoubl\u00e9 de f\u00e9rocit\u00e9 \u00e0 l\u2019approche de l\u2019aboutissement des n\u00e9gociations de paix et la signature du cessez-le-feu le 19 mars 1962, et proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une escalade dans l\u2019horreur.<\/p>\n<p>L\u2019OAS a multipli\u00e9 les actes criminels aveugles, faisant un millier de victimes \u00e0 Oran, o\u00f9 elle \u00e9tait bien implant\u00e9e et recrutait un grand nombre de ses membres parmi les militaires et la population europ\u00e9enne.<\/p>\n<p class=\"c29\"><strong>La terreur s\u2019installe<\/strong><\/p>\n<p>Le chercheur du CRASC souligne que \u00ab\u00a0depuis l\u2019installation \u00e0 Oran, en ao\u00fbt 1961, du chef l\u2019OAS de l\u2019Oranie, Edmond Jouhaud, ce dernier et son organisation n\u2019avaient cess\u00e9 de plonger, de jour en jour, la ville dans la plus effroyable des horreurs. Les commandos OAS multipliaient attentats \u00e0 la bombe et assassinats, visant aussi bien des Europ\u00e9ens que des Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette organisation jouissait de la complicit\u00e9 et du soutien quasi complet de la population europ\u00e9enne et des corps constitu\u00e9s et surtout des services de s\u00e9curit\u00e9, compos\u00e9s en majorit\u00e9 de pieds noirs totalement acquis \u00e0 l\u2019OAS\u00a0\u00bb, indique S. Benkada, ajoutant que \u00ab\u00a0cette situation a amen\u00e9 l\u2019organisation terroriste \u00e0 imposer sa loi et \u00e0 entreprendre des actions ponctuelles de plus en plus sanglantes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est la p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019OAS frappait en toute impunit\u00e9. Le oranais gardent toujours en m\u00e9moire le triste souvenir de ce 13 janvier 1962, lorsqu\u2019un commando de six hommes, d\u00e9guis\u00e9s en gendarmes, avec la complicit\u00e9 des gardiens, se pr\u00e9sente \u00e0 la prison civile d\u2019Oran, avec de faux papiers pour se faire remettre quatre militants du FLN condamn\u00e9s \u00e0 mort : Guerrab Lahouari, Freh Mohamed, Sabri et Si Othmane. Ils seront trouv\u00e9s quelques heures plus tard assassin\u00e9s dans la for\u00eat de Canastel.<\/p>\n<p>Pour souligner encore plus l\u2019horreur marquant cette p\u00e9riode charni\u00e8re de l\u2019histoire nationale, Saddek Benkada, souligne que \u00ab\u00a0d\u00e9sormais, plus que jamais, plastiquages et assassinats se succ\u00e9deront \u00e0 un rythme d\u2019enfer. L\u2019OAS avait employ\u00e9 contre la population alg\u00e9rienne toutes les formes d\u2019extermination individuelle et collective: lynchages, lynchage des malades \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame des h\u00f4pitaux, enl\u00e8vements et ex\u00e9cutions des condamn\u00e9s \u00e0 mort d\u00e9tenus \u00e0 la prison d\u2019Oran, tirs au mortier et aux grenades, tirs de snipers \u00e0 partir des immeubles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Oran plongera dans l\u2019horreur, un mercredi 28 f\u00e9vrier 1962, au 23e jour du Ramadhan, \u00e0 quelques heures de la rupture du je\u00fbne, deux voitures pi\u00e9g\u00e9es, explos\u00e8rent en plein milieu du quartier musulman de Medina Jdida.<\/p>\n<p class=\"c29\"><strong>L&rsquo;horreur a atteint son paroxysme<\/strong><\/p>\n<p>Les mains criminelles avaient choisi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la \u00ab\u00a0Tahtaha\u00a0\u00bb, cet endroit tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 par la foule qui s\u2019agglutinait, en fin de journ\u00e9e du Ramadhan, devant les \u00e9tals des marchands de g\u00e2teaux orientaux. Sur place, la sc\u00e8ne est hallucinante : des corps d\u00e9chiquet\u00e9s, des lambeaux de chair \u00e9parpill\u00e9s ici et l\u00e0. La plupart des visages \u00e9taient m\u00e9connaissables, les corps \u00e9taient r\u00e9duits en charpie. Les murs d\u00e9goulinaient de sang et de morceaux de chair.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les femmes ne supportant pas que les corps des victimes soient couverts de feuilles de journaux et de carton, ont enlev\u00e9 spontan\u00e9ment leur voile, d\u2019autres ont ramen\u00e9 de leur maison des draps blancs, pour les couvrir\u00a0\u00bb, raconte Saddek Benkada, ajoutant que les passants se trouvant tout pr\u00e8s du lieu de l\u2019explosion n\u2019ont jamais pu \u00eatre identifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Les premiers secours sont organis\u00e9s. Les plus touch\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s vers l\u2019\u00a0\u00bbh\u00f4pital du FLN\u00a0\u00bb o\u00f9 les quelques rares m\u00e9decins alg\u00e9riens ont op\u00e9r\u00e9 dans des conditions tr\u00e8s difficiles. Les autres bless\u00e9s sont \u00e9vacu\u00e9s vers l\u2019h\u00f4pital civil.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ceux qui ont eu la chance d\u2019\u00eatre soign\u00e9s, ont fini par \u00eatre achev\u00e9s par un commando OAS dans leur lit\u00a0\u00bb, indique le professeur.<\/p>\n<p>Par cet attentat, l\u2019OAS venait d\u2019atteindre le seuil de l\u2019intol\u00e9rable et de franchir un nouveau pas dans le crime g\u00e9nocidaire organis\u00e9 qui a \u00ab\u00a0d\u00e9pass\u00e9 les limites jusque l\u00e0 connues de l\u2019horreur\u00a0\u00bb, se souvient-on.<\/p>\n<p>L\u2019OAS venait d\u2019inventer l\u2019attentat \u00e0 la voiture pi\u00e9g\u00e9e. Le nombre r\u00e9el des victimes de ce carnage ne sera jamais connu. Le bilan officiel fait \u00e9tat de 78 morts et de 150 bless\u00e9s, indique le chercheur.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le lundi 5 mars 1962, \u00e0 deux jours de la fin du Ramadhan, un commando de l\u2019OAS d\u2019une trentaine d\u2019hommes, rev\u00eatus d\u2019uniformes militaires s\u2019est introduit, avec la complicit\u00e9 des gardiens, dans la cour int\u00e9rieure de la prison civile. Deux voitures bourr\u00e9es de plastic, de bidons d\u2019essence de bonbonnes de gaz butane explosent provoquant la mort de nombreux d\u00e9tenus alg\u00e9riens, asphyxi\u00e9s ou br\u00fbl\u00e9s vifs dans leurs cellules. Des dizaines d\u2019autres furent gri\u00e8vement bless\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019attentat de Medina Jdida, l\u2019un des plus meurtriers de la p\u00e9riode de la guerre de lib\u00e9ration, ne sera d\u00e9pass\u00e9 dans l\u2019horreur que par l\u2019explosion de la bombe du port d\u2019Alger le 2 mai 1962\u00a0\u00bb, rappelle le Pr. Benkada.<\/p>\n<p>Les attentats de l\u2019OAS se multipli\u00e8rent au-del\u00e0 du cessez-le-feu. La politique de la terre brul\u00e9e s\u2019est intensifi\u00e9e \u00e0 l\u2019approche de la date du r\u00e9f\u00e9rendum sur l\u2019autod\u00e9termination.<\/p>\n<p>Ces carnages de l\u2019OAS n\u2019ont cess\u00e9 que le 5 juillet \u00e0 Oran, au cours duquel les oranais, comme tous les alg\u00e9riens, f\u00eat\u00e8rent avec faste l\u2019ind\u00e9pendance du pays. Le peuple alg\u00e9rien a pay\u00e9 un lourd tribut en vies humaines.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.aps.dz\/regions\/105199-oran-quand-les-commandos-de-l-oas-semaient-la-mort\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ORAN &#8211; L\u2019historien et chercheur au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d\u2019Oran, Saddek Benkada, est cat\u00e9gorique: \u00ab\u00a0janvier et f\u00e9vrier 1962 ont \u00e9t\u00e9 les mois o\u00f9 l\u2019OAS avait atteint \u00e0 Oran le plus haut degr\u00e9 dans sa folie meurtri\u00e8re. 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