{"id":86283,"date":"2020-05-20T16:00:00","date_gmt":"2020-05-20T20:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/violence-conjugale-pendant-le-confinement-barbarie-au-temps-du-coronavirus\/"},"modified":"2020-05-20T16:00:00","modified_gmt":"2020-05-20T20:00:00","slug":"violence-conjugale-pendant-le-confinement-barbarie-au-temps-du-coronavirus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/violence-conjugale-pendant-le-confinement-barbarie-au-temps-du-coronavirus\/","title":{"rendered":"Violence conjugale pendant le confinement : Barbarie au temps du coronavirus"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le confinement et les dommages de la crise sanitaire que vit la soci\u00e9t\u00e9 constituent un v\u00e9ritable choc psychologique. Cela est d\u2019autant plus vrai lorsqu\u2019il s\u2019agit des couples fragiles ou fragilis\u00e9es, ou des m\u00e9nages qui vivent une situation difficile sur le plan social ou \u00e9conomique.<\/strong><\/p>\n<p>Sur ces m\u00eames colonnes, de nombreux psychologues ont averti sur les risques d\u2019un confinement prolong\u00e9 dans un m\u00e9nage. Le stress, l\u2019atmosph\u00e8re remplie d\u2019angoisse, la psychose et les n\u00e9vroses d\u2019un des membres du couple ont cr\u00e9\u00e9 une situation in\u00e9dite qui d\u00e9bouche in\u00e9luctablement sur des comportements violents.<\/p>\n<p>En quelques semaines, le fl\u00e9au de la violence conjugale a fait une irruption inattendue dans les chroniques m\u00e9diatiques, prenant des proportions incroyables et dangereuses. L\u2019affaire est devenue encore plus grave durant ce mois de ramadan, avec ce bilan macabre de cinq femmes assassin\u00e9es par leurs conjoints.<\/p>\n<p>Elles sont \u00e9pouses, s\u0153urs ou m\u00eame m\u00e8res, leurs statuts ne les \u00e9pargnent pas les d\u00e9bordements de la gent masculine. Toutes sont victimes de cette violence incontr\u00f4l\u00e9e, dont les rares t\u00e9moignages demeurent encore parcellaires, taboues et soumis aux pesanteurs des traditions. Mais la \u00ab\u00a0barbarie\u00a0\u00bb au temps du coronavirus est l\u00e0, pr\u00e9sente, pesante et lourde. Surtout quand elle surgit en vase clos, ou \u00e0 huit-clos. Loin des regards, loin des bruissements de quartier ou du voisinage. En d\u00e9pit d\u2019une floraison de textes de lois et des mesures de dissuasion, ainsi que la multiplication des campagnes de pr\u00e9vention, rien ne semble arr\u00eater la violence conjugale, faisant souffrir en silence de nombreuses familles. Mais les blessures sont l\u00e0, toujours vivaces et elles racontent. Karima, m\u00e8re de cinq enfants dont un jeune gar\u00e7on handicap\u00e9 mental, \u00e9voque dans son t\u00e9moignage comment le m\u00e9canisme de la violence conjugale se met en place, et comment peut-on passer de la brutalit\u00e9 verbale \u00e0 la violence corporel.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Depuis le confinement, mon mari est devenu tr\u00e8s nerveux, il se dispute avec les gar\u00e7ons, m\u00eame celui qui est malade n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9. Mais surtout en ce mois de Ramadhan, il adopte un comportement violent avec nous tous\u00a0\u00bb, a confi\u00e9 Karima, avant d\u2019ajouter\u00a0: \u00ab\u00a0nous vivons un cauchemar au moment du ftour, souvent il renverse la table pour que personne ne mange\u00a0! Il est devenu grincheux, il supervise tout, m\u00eame la fa\u00e7on d\u2019\u00e9tendre le linge n\u2019est pas correcte \u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour cette femme battue, avoir son mari \u00e0 la maison, est une torture psychologique et physique. \u00ab\u00a0S\u2019il continue, je n\u2019attendrai pas le d\u00e9confinement pour divorcer\u00a0\u00bb, conclut-elle. Malika, une autre victime, t\u00e9moigne avoir \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 la violence de son mari pendant toute la p\u00e9riode du confinement.<\/p>\n<p>Elle raconte que son conjoint a perdu son travail d\u00e8s le d\u00e9but de confinement, et qu\u2019elle \u00e9tait seule \u00e0 pouvoir travailler comme p\u00e2tissi\u00e8re dans une boulangerie\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e et humili\u00e9e devant nos quatre enfants, parce que j\u2019ai oubli\u00e9 de lui acheter ses cigarettes. Je d\u00e9couvre un homme violent derri\u00e8re le visage de mon mari,\u00a0\u00bb dit-elle tristement. Avant la pand\u00e9mie du Covid-19, l\u2019homme \u00e9tait prisonnier du \u00ab\u00a0train-train\u00a0\u00bb quotidien avec des vies bien remplies, actives et dont le temps \u00e9tait compt\u00e9. Cependant, l\u2019exp\u00e9rience du confinement en cette p\u00e9riode de crise sanitaire a oblig\u00e9 les familles \u00e0 changer compl\u00e8tement leur mode de vie, \u00e0 savoir r\u00e9apprendre \u00e0 cohabiter, afin d\u2019affronter les<\/p>\n<p>probl\u00e8mes du stress psychologique. En revanche, des femmes qui subissent en silence ce diktat, indiquent avoir \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 des violences physiques et sexuelles de la part de leurs conjoints violents. Et les t\u00e9moignages foisonnent. Un ph\u00e9nom\u00e8ne que la juriste de la cellule d\u2019\u00e9coute du r\u00e9seau Wassila, Feriel Khelil, a essay\u00e9 de l\u2019expliquer.<\/p>\n<p><strong>S\u00e9questration et violences<\/strong><\/p>\n<p>Contact\u00e9 par le Jeune Ind\u00e9pendant, la juriste a indiqu\u00e9 que pendant la p\u00e9riode de confinement, l\u2019homme violent est constamment pr\u00e9sent \u00e0 la maison, et cela emp\u00eache les femmes d\u2019appeler, ou de s\u2019exprimer. R\u00e9sultat\u00a0: \u00ab\u00a0le nombre d\u2019appel a consid\u00e9rablement baiss\u00e9 depuis le confinement\u00a0\u00bb, affirme-t-elle. Le r\u00e9seau Wassila a constat\u00e9, ces derni\u00e8res semaines du mois de de Ramadan, une augmentation du nombre d\u2019appels, qui \u00e9voquent la s\u00e9questration et la violence physique et psychologique, m\u00eame envers les enfants.<\/p>\n<p>Mme\u00a0Feriel Khelil a soulign\u00e9 que depuis le confinement les \u00e9coutantes travaillent en coordination \u00e0 partir de leur maison. Cependant, le r\u00e9seau Wassila, suivait d\u00e9j\u00e0, avant le confinement, des cas de femmes qui se plaignaient de la violence du mari, et d\u2019autres qui t\u00e9moignaient sur la violence verbale et psychologique, Toutefois, les formes de violence se sont aggrav\u00e9es, c\u2019est \u00e0 dire que le mari est all\u00e9 de la menace jusqu\u2019\u00e0 la violence physique. Elle signale \u00e9galement que \u00ab\u00a0le nombre d\u2019assassinat est effrayant, cinq femmes assassin\u00e9es depuis le d\u00e9but de mars, c\u2019est \u00e9norme\u00a0\u00bb. La juriste affirme que pendant la crise sanitaire et le Covid-19, qui pr\u00e9sente une menace r\u00e9elle \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, la femme se trouve face \u00e0 un dilemme.\u00a0<\/p>\n<blockquote readability=\"14\">\n<p><em><strong><span class=\"c5\">\u00ab\u00a0Sortir de la maison conjugale avec ses enfants pour fuir l\u2019homme violent, mais pour aller o\u00f9 en cette p\u00e9riode de confinement\u00a0? Qui va les h\u00e9berg\u00e9s\u00a0? Personne\u00a0!\u00a0\u00bb, s\u2019est-t-elle interrog\u00e9. A ce sujet, la juriste rappelle que\u00a0: \u00ab\u00a0beaucoup de femmes refusent de rester dans des centres d\u2019h\u00e9bergement d\u00e9j\u00e0 compl\u00e9tement charg\u00e9s, avec des conditions qu\u2019elles trouvent invivables, ajoutant \u00e0 cela la menace de la contamination, donc les femmes pr\u00e9f\u00e8rent subir que d\u2019aller vers l\u2019inconnu\u00a0\u00bb.<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Par ailleurs, Mme\u00a0Ouarek Amedjout Nadia, psychologue orthophoniste, membre fondatrice du r\u00e9seau Wassila et coordinatrice du centre d\u2019\u00e9coute, estime que\u00ab\u00a0pendant la p\u00e9riode de confinement, la meilleure solution pour pouvoir aider ces femmes en d\u00e9tresse, reste l\u2019\u00e9coute et le soutien, afin d\u2019orienter ces femmes \u00e0 connaitre leurs droits. Nous faisons un travail de relais, avec la psychologue et m\u00eame apr\u00e8s, la juriste vient en appui. On lui demande de patienter en la rassurant d\u2019\u00eatre pr\u00e9sente pour elles et qu\u2019elles ne sont pas seules\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Concernant la crise sanitaire et la peur de la contamination, Me Amedjout signale que\u00a0: \u00ab\u00a0le confinement n\u2019arrange pas du tout les choses, en plus de la violence conjugale, on re\u00e7oit des appels de la part des mamans divorc\u00e9es, souvent en d\u00e9tresse, nous demandant de les aider, parce qu\u2019elles n\u2019ont plus d\u2019autorit\u00e9 sur leurs enfants, qui refusent de respecter le confinement, et d\u2019autre part la peur d\u2019\u00eatre contamin\u00e9e, c\u2019est ce qui engendre des violences \u00e0 longueur de journ\u00e9e. Cela les affecte psychologiquement\u00a0\u00bb. La psychologue \u00e9voque \u00e9galement le manque de communication, qui est flagrant dans les familles alg\u00e9riennes. Cette absence de communication verbale favorise l\u2019agressivit\u00e9 et engendre des d\u00e9rapages irresponsables qui finissent souvent de mani\u00e8re dramatique.<\/p>\n<p>Auteur: Boudjedri<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.jeune-independant.net\/Violence-conjugale-pendant-le.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le confinement et les dommages de la crise sanitaire que vit la soci\u00e9t\u00e9 constituent un v\u00e9ritable choc psychologique. Cela est d\u2019autant plus vrai lorsqu\u2019il s\u2019agit des couples fragiles ou fragilis\u00e9es, ou des m\u00e9nages qui vivent une situation difficile sur le plan social ou \u00e9conomique. 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