{"id":87105,"date":"2020-05-29T10:47:14","date_gmt":"2020-05-29T14:47:14","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-temps-du-corona-a-son-propre-amour-selon-hicham-aboumerrouane\/"},"modified":"2020-05-29T10:47:14","modified_gmt":"2020-05-29T14:47:14","slug":"le-temps-du-corona-a-son-propre-amour-selon-hicham-aboumerrouane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-temps-du-corona-a-son-propre-amour-selon-hicham-aboumerrouane\/","title":{"rendered":"Le temps du corona a son propre  amour selon Hicham Aboumerrouane"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"post_layout_5_img\" src=\"http:\/\/aujourdhui.ma\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Hicham-Aboumerrouane.jpg\" alt=\"Le temps du corona a son propre amour selon Hicham Aboumerrouane\"\/><\/p>\n<p><span class=\"c7\"><strong>Dans un nouveau roman que l\u2019auteur publie au fur et \u00e0 mesure<span id=\"more-346149\"\/><\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00abL\u2019amour au temps du corona\u00bb. Bien que ce titre rappelle celui d\u2019un chef-d\u2019\u0153uvre mondial, l\u2019auteur marocain Hicham Aboumerrouane y a judicieusement recours pour intituler son nouveau roman qu\u2019il publie au fur et \u00e0 mesure de son \u00e9criture. \u00abUne fa\u00e7on nouvelle de faire de la litt\u00e9rature dans un monde qui va si vite\u2026\u00bb, exalte l\u2019\u00e9crivain qui justifie abondamment son option. Pour lui, le choix du titre est \u00abdes plus intuitifs\u00bb. Comme il l\u2019explicite, les deux vocables, que sont le corona et le chol\u00e9ra, sonnent de m\u00eame pour l\u2019oreille d\u2019un auteur. Le tout en ayant sa propre d\u00e9marche.<\/p>\n<p><span class=\"c8\"><strong>M\u00e9lange \u00e0 l\u2019imaginaire<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Selon Hicham Aboumerrouane, l\u2019\u00e9crivain sait quand le tintement du mot lui est favorable, il sait le prendre de court, faire fi de sa signification ordinaire, et le \u00abm\u00ealer \u00e0 son imaginaire pour en faire un mot meilleur\u00bb. A propos de son roman, il indique que ce travail fut un \u00abaccomplissement\u00bb du dessein litt\u00e9raire. Quant \u00e0 la passion, il estime que \u00abl\u2019amour que nous connaissions, que nous \u00e9garions, que nous amochions dans les temps ridicules et pass\u00e9s, se trouve chang\u00e9 aujourd\u2019hui\u00bb. Ce sentiment retrouve, pour lui, une vigueur litt\u00e9raire, une aura presque intacte, une hauteur qui perce dans les c\u0153urs esseul\u00e9s. \u00abL\u2019amour est de retour au foyer. Ce qui veut dire son id\u00e9al. L\u2019amour reprend ses forces et revient en trompeur. Mais les humains que nous sommes ne survivent pas \u00e0 la d\u00e9sillusion\u00bb, s\u2019exprime le romancier. Que ce soit \u00abL\u2019amour au temps du chol\u00e9ra\u00bb de Gabriel Garcia Marquez ou \u00abL\u2019amour au temps du corona\u00bb de Hicham Aboumerrouane, l\u2019essence est, pour celui-ci, la m\u00eame.<\/p>\n<p><span class=\"c8\"><strong>Hommage \u00e0 l\u2019\u00e9crivain d\u00e9funt<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00abCe titre rival est aussi un hommage \u00e0 l\u2019\u00e9crivain d\u00e9funt. Je me permets de lui faire cet hommage car il est \u00e0 pr\u00e9sent mort. Et je ne lis que les morts. Nous \u00e9crivains, nous entretenons toujours une correspondance de c\u0153urs vis-\u00e0-vis des uns et des autres\u00bb, d\u00e9taille l\u2019auteur marocain qui qualifie sa litt\u00e9rature de \u00abcorrompue\u00bb. \u00abJe n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 un \u00e9crivain \u00e0 th\u00e8me. J\u2019ai d\u00fb recaler une litt\u00e9rature \u00e9go\u00efste qui ne se donne qu\u2019au bon verbe. Une litt\u00e9rature plut\u00f4t ancr\u00e9e dans son quotidien, pour une fois responsable, du moins, eu \u00e9gard au th\u00e8me. Peut-\u00eatre par vanit\u00e9, mais il me fallut bien concilier ce virus avec ma litt\u00e9rature\u00bb, avoue-t-il. Sa litt\u00e9rature est aussi celle de l\u2019absurde telle qu\u2019il la d\u00e9crit. Une litt\u00e9rature \u00abquantique en faisant allusion \u00e0 cette physique quantique o\u00f9 cette nappe spatio-temporelle est en \u00e9bullition\u00bb. C\u2019est pourquoi l\u2019interpr\u00e9tation est du ressort du lecteur. \u00abJe suis un ouvrier qui se soucie du seul verbe, qui le pousse jusqu\u2019\u00e0 l\u2019implosion. Cela, pour r\u00e9cup\u00e9rer son essence, la refourguer \u00e0 un quelconque entrem\u00ealement esth\u00e9tique. Un agencement singulier, pourvoyeur d\u2019une id\u00e9e nouvelle\u00bb, d\u00e9taille-t-il. Cela \u00e9tant, la lecture d\u2019un passage de l\u2019\u0153uvre, disponible gratuitement en ligne, donne une id\u00e9e sur son personnage principal, un snob.<\/p>\n<p><span class=\"c8\"><strong>Un protagoniste misanthrope et mieux \u00e9clair\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00abMon personnage est un misanthrope mieux \u00e9clair\u00e9 que le commun des mortels. Il ne con\u00e7oit la haine de l\u2019autre que dans sa propre haine. Il sait comme nul autre que sa substance est identique \u00e0 celle de son prochain. Aussi un misanthrope qui baigne dans le snobisme, frapp\u00e9 de masochisme\u00bb, d\u00e9cortique l\u2019auteur. Aussi, son personnage \u00abne peut \u00eatre qu\u2019un philosophe\u00bb. Selon le romancier, ce protagoniste croit dur comme fer que toute chose participe de son contraire, ou n\u2019est qu\u2019une forme diff\u00e9rente de son contraire. Ainsi l\u2019amour tient de la haine, comme la haine de l\u2019amour.<br \/>S\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de l\u2019auteur<br \/>Interrog\u00e9 sur son regard existentialiste, l\u2019\u00e9crivain dit \u00eatre \u00abserein\u00bb tout en \u00e9tablissant des rapports avec son \u0153uvre. \u00abUn litt\u00e9raire vit beaucoup dans sa t\u00eate. Nous n\u2019accordons de cr\u00e9dit au r\u00e9el que par l\u2019emprise permanente \u00e0 laquelle il nous soumet. Il faut en \u00eatre conscient. Disons que le confinement est un retour \u00e0 soi pour un \u00eatre ordinaire. Une sur-r\u00e9alisation de l\u2019\u00eatre int\u00e9rieur pour un \u00eatre litt\u00e9raire\u00bb, reconna\u00eet-il. De plus, un \u00e9crivain voit, comme il le souligne, d\u2019une autre sensibilit\u00e9 les \u00e9tats de son \u00e2me. \u00abL\u2019\u0153uvre d\u2019un mortel. Toute chose, aussi vivante, soit-elle, doit lui servir de moyens. Y compris l\u2019auteur. Raison pour laquelle nous payons cher nos \u0153uvres. Surtout si nous nous adonnons \u00e0 la litt\u00e9rature de l\u2019absurde. Ainsi, toute \u0153uvre est une boucherie irr\u00e9versible. Cela ne m\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de mettre en ligne un roman pour le lecteur. Un roman que je publie au fur et \u00e0 mesure de son \u00e9criture. Un roman gratuit\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p><span class=\"c8\"><strong>Regard sur l\u2019actualit\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Dans \u00abL\u2019amour au temps du corona\u00bb, il est \u00e9galement question d\u2019enseignement. L\u2019auteur y livre un regard sur les apprenants. \u00abAussi, faut-il bien que ces t\u00eates farcies de la chose \u00e9l\u00e9mentaire et scolaire puissent souffler en paix\u00bb, encha\u00eene-t-il. Si l\u2019on puisse tenter un rapprochement avec le cadre du roman, l\u2019arr\u00eat des cours \u00e9quivaut, d\u2019apr\u00e8s l\u2019auteur, \u00e0 \u00abune d\u00e9viation vers le r\u00e9el\u00bb.<\/p>\n<p>Le scolaire est, pour lui, une sublimation de la vie, une d\u00e9monstration vendeuse voire une mauvaise th\u00e9rapie \u00e0 la fois. \u00abCar suffit-il que l\u2019on embrasse la r\u00e9alit\u00e9 pour que l\u2019illusion entretenue par nos instituteurs, habill\u00e9s en blanc, gardiens d\u2019une repr\u00e9sentation carr\u00e9e, parte en fum\u00e9e\u00bb, avance l\u2019\u00e9crivain. Pour son roman, la d\u00e9viation fut celle o\u00f9 les camarades du personnage, Sara, eurent vent de la mort tragique du p\u00e8re de cette derni\u00e8re. Une mort qu\u2019ils lui mirent sur le dos. \u00abComme quoi le scolaire, dans sa simplicit\u00e9, entretient une m\u00e9chancet\u00e9 insidieuse. Un ennui qui engendre la malice et la gratuit\u00e9 des actes. Un \u00e9l\u00e8ve n\u2019est jamais responsable. Il ne l\u2019est que dans un \u00e9chantillon fauss\u00e9, trafiqu\u00e9 pour le besoin de s\u00e9duire\u00bb, lance-t-il. Aussi, la surprise du lecteur est grande lorsqu\u2019il d\u00e9couvre que les amis de ce personnage f\u00e9minin la qualifient de Satan. \u00abD\u2019un c\u00f4t\u00e9 le choix du pr\u00e9nom est parfaitement arbitraire. D\u2019un autre pas du tout\u00bb, nuance Hicham Aboumerrouane qui, en tant qu\u2019\u00e9crivain marocain francophone, tient \u00e0 ce que ses personnages aient des pr\u00e9noms marocains.<\/p>\n<p>Auteur: Salima Guisser<br \/>\n<a href=\"https:\/\/aujourdhui.ma\/culture\/livre\/le-temps-du-corona-a-son-propre-amour-selon-hicham-aboumerrouane\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un nouveau roman que l\u2019auteur publie au fur et \u00e0 mesure \u00abL\u2019amour au temps du corona\u00bb. 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