{"id":88292,"date":"2020-06-08T12:52:55","date_gmt":"2020-06-08T16:52:55","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/chute-des-prix-du-petrole-quel-impact-pour-le-marche-des-hydrocarbures\/"},"modified":"2020-06-08T12:52:55","modified_gmt":"2020-06-08T16:52:55","slug":"chute-des-prix-du-petrole-quel-impact-pour-le-marche-des-hydrocarbures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/chute-des-prix-du-petrole-quel-impact-pour-le-marche-des-hydrocarbures\/","title":{"rendered":"Chute des prix du p\u00e9trole: Quel impact pour le march\u00e9 des hydrocarbures"},"content":{"rendered":"<p class=\"rtejustify\">Le monde fait face \u00e0 une crise sanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent qui est \u00e0 l\u2019origine d\u2019un choc \u00e9conomique dont les cons\u00e9quences se sont alourdies \u00e0 mesure que le confinement se prolongeait. L\u2019arr\u00eat brutal de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique dans plusieurs pays majeurs suite au confinement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 mis en place pour contrer l\u2019expansion de la Covid-19 a fortement r\u00e9duit la demande globale de p\u00e9trole. Ni le grand krach de 1929, ni les deux chocs p\u00e9troliers des ann\u00e9es 1970, ni m\u00eame la crise financi\u00e8re de 2009 n\u2019ont entra\u00een\u00e9 une baisse aussi importante et aussi rapide de la demande globale de p\u00e9trole, baisse que l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE) estime \u00e0 pr\u00e8s de 30 millions de barils par jour (Mb\/j) en avril 2020, sur un total d\u2019environ 100 Mb\/j, soit une fois et demie la consommation des Etats-Unis!<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Cette chute brutale de la demande arrive \u00e0 un moment marqu\u00e9 par une forte comp\u00e9tition entre les principaux pays producteurs de p\u00e9trole qui a contribu\u00e9 \u00e0 injecter des barils additionnels sur le march\u00e9 au moment o\u00f9 ce dernier n\u2019\u00e9tait plus en capacit\u00e9 de les absorber. Faute de d\u00e9bouch\u00e9s, les barils exc\u00e9dentaires se sont accumul\u00e9s dans des bacs de stockage \u00e0 terre ou dans des navires en mer, faisant courir un risque de saturation des capacit\u00e9s de stockage mondial et poussant les prix \u00e0 des niveaux bas qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s depuis la fin des ann\u00e9es 90.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Cette \u00e9volution crois\u00e9e de la demande et de l\u2019offre p\u00e9troli\u00e8re mondiale a fait plonger les cours du p\u00e9trole \u00e0 des niveaux jamais observ\u00e9s au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, engendrant des effets marqu\u00e9s pour l\u2019industrie des hydrocarbures et pour les pays producteurs.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\"><strong>1. Cons\u00e9quences de la baisse des prix pour l\u2019industrie des hydrocarbures<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/crise-1929.jpg\" width=\"331\" height=\"425\" alt=\"crise-1929.jpg\" title=\"crise-1929.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Les compagnies internationales ont \u00e9t\u00e9 les plus promptes \u00e0 annoncer des strat\u00e9gies pour contrecarrer les effets de la chute des prix du p\u00e9trole, r\u00e9visant \u00e0 la baisse les programmes d\u2019investissement, relan\u00e7ant la r\u00e9duction des d\u00e9penses d\u2019exploitation, gelant les recrutements ou encore stoppant les programmes de rachat d\u2019actions par les compagnies qui les avaient mis en \u0153uvre. Douze des plus grandes compagnies p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res mondiales ont annonc\u00e9 des r\u00e9ductions sp\u00e9cifiques de leurs programmes de d\u00e9penses d\u2019investissement pour 2020(1), pour un total d\u2019environ 43,6 milliards de dollars soit une baisse d\u2019environ 23% des d\u00e9penses d\u2019investissement par rapport \u00e0 leurs plans initiaux.<br \/>Si les prix du p\u00e9trole brut devaient se maintenir autour de 30 dollars par baril ($\/bbl), cela ne serait pas sans cons\u00e9quences sur l\u2019emploi dans le secteur des hydrocarbures, notamment aux Etats-Unis o\u00f9 la production des p\u00e9troles de schiste est tr\u00e8s sensible \u00e0 la variation du prix du baril, compte tenu des co\u00fbts op\u00e9ratoires \u00e9lev\u00e9s induits par le besoin de stimuler les puits de production par fracturation hydraulique. Les activit\u00e9s de forage aux Etats-Unis ont d\u00e9j\u00e0 baiss\u00e9 de moiti\u00e9, et la fracturation hydraulique des deux tiers, par rapport \u00e0 leur niveau de d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, les producteurs am\u00e9ricains de p\u00e9trole de schiste r\u00e9duisant leurs d\u00e9penses d\u2019exploitation de 25 \u00e0 50%. A noter toutefois que certains de ces producteurs pourront limiter les pertes de cash-flow gr\u00e2ce \u00e0 la couverture (\u00abhedging\u00bb) du prix de vente du p\u00e9trole extrait. Ainsi, quelque 30 producteurs repr\u00e9sentant 38% de la production am\u00e9ricaine totale avaient couvert leur production \u00e0 un prix plancher moyen de 56 $\/bbl(2).<br \/>Compte tenu de ces d\u00e9veloppements, on peut s\u2019attendre \u2013 sauf redressement significatif des cours \u2013\u00a0 \u00e0 une vague de faillites parmi les producteurs des hydrocarbures de schiste, notamment les plus endett\u00e9s d\u2019entre eux. La survie de plusieurs acteurs du secteur se trouve d\u00e8s lors pos\u00e9e en fonction de leur situation; niveau d\u2019endettement et de co\u00fbts op\u00e9rationnels et acc\u00e8s au refinancement. Fragilis\u00e9s, certains de ces producteurs pourraient \u00eatre acquis par des fonds d\u2019investissements priv\u00e9s, des fonds souverains ou encore par des compagnies p\u00e9troli\u00e8res qu\u2019elles soient internationales ou des compagnies de pays producteurs. Pour des investisseurs qui disposent de l\u2019assise financi\u00e8re suffisante, ces acquisitions contre-cycliques peuvent s\u2019av\u00e9rer avantageuses.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\"><strong>2. Les pays producteurs s\u00e9v\u00e8rement impact\u00e9s<\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/crise-essence-078.jpg\" width=\"454\" height=\"282\" alt=\"crise-essence-078.jpg\" title=\"crise-essence-078.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">La combinaison d\u2019une r\u00e9duction importante de leurs exportations d\u2019hydrocarbures du fait du ralentissement \u00e9conomique global, et de la vente des cargaisons r\u00e9siduelles \u00e0 des prix tr\u00e8s bas suite \u00e0 la baisse des cours, a fortement r\u00e9duit les revenus \u00e0 l\u2019exportation des pays producteurs. Ces revenus pourraient enregistrer un recul de 50 \u00e0 85% en 2020, par rapport \u00e0 2019, en fonction du niveau de la demande et des prix qui sera constat\u00e9 \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Dans la majorit\u00e9 des pays producteurs de p\u00e9trole, le prix requis pour faire face aux d\u00e9penses adopt\u00e9es dans les budgets 2020 se situent entre 42 $\/bbl (Russie) et 195 $\/bbl (Iran), une fourchette bien sup\u00e9rieure au cours actuel du p\u00e9trole brut. Au Nig\u00e9ria, le budget 2020 \u00e9tait bas\u00e9 sur un prix moyen du baril de 57 $\/bbl et une production de 2,3 Mb\/j, mais l\u2019\u00e9volution du march\u00e9 p\u00e9trolier a rendu caduques ces composantes essentielles du revenu f\u00e9d\u00e9ral, qui ont ensuite d\u00fb \u00eatre ajust\u00e9es \u00e0 30 $\/bbl et 1,42 Mb\/j respectivement. En Alg\u00e9rie, la loi de finances 2020 vot\u00e9e en 2019 est bas\u00e9e sur un prix de r\u00e9f\u00e9rence de 60 $\/bbl et pr\u00e9voyait une croissance \u00e9conomique d\u2019environ 1,8% sur l\u2019ann\u00e9e en cours. On en est loin avec un baril du p\u00e9trole r\u00e9duit de moiti\u00e9 par rapport \u00e0 ce niveau, obligeant le pays \u00e0 adopter un plan drastique de r\u00e9duction de la facture des importations de 28 \u00e0 38 milliards d\u2019euros et une r\u00e9duction de 30% du budget de fonctionnement de l\u2019Etat pour 2020.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation atom-align-right\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/demande-petrole-078.jpg\" width=\"454\" height=\"355\" alt=\"demande-petrole-078.jpg\" title=\"demande-petrole-078.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Aujourd\u2019hui, de nombreux Etats producteurs se trouvent confront\u00e9s \u00e0 un choix difficile entre le besoin de faire face \u00e0 des d\u00e9penses budg\u00e9taires plus \u00e9lev\u00e9es \u00e0 court terme, notamment pour contenir la pand\u00e9mie Covid-19, et la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server l\u2019effort d\u2019investissement dans leur secteur d\u2019hydrocarbures pour \u00eatre en mesure de g\u00e9n\u00e9rer les revenus futurs dont leurs \u00e9conomies continuent \u00e0 d\u00e9pendre fortement.\u00a0 Pour des pays qui connaissaient une tension sociale bien avant la crise, tels que l\u2019Irak ou l\u2019Alg\u00e9rie, et\/ou qui devaient g\u00e9rer les cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices de sanctions ext\u00e9rieures, tels que l\u2019Iran ou le Venezuela, la situation est plus que critique. A plus long terme, les politiques de diversification de ces \u00e9conomies, fortement d\u00e9pendantes du p\u00e9trole, risquent de prendre encore plus de retard faute de ressources financi\u00e8res, orient\u00e9es pour l\u2019essentiel vers la r\u00e9paration des dommages caus\u00e9s par la pand\u00e9mie du Covid-19 et la baisse des prix.<\/p>\n<blockquote readability=\"20\">\n<p class=\"rtecenter\"><strong><span>Poids dans les exportations<\/span><\/strong><\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/electricite-078.jpg\" width=\"660\" height=\"330\" alt=\"electricite-078.jpg\" title=\"electricite-078.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">L\u2019impact global de la crise actuelle sur les pays producteurs varie en fonction du poids du p\u00e9trole dans leurs exportations en valeur, dans le budget de l\u2019Etat, des r\u00e9serves en devises disponibles, de la structure du produit int\u00e9rieur brut, de la part des d\u00e9penses difficilement compressibles dans le budget national, etc. Si le prix d\u2019\u00e9quilibre budg\u00e9taire pour l\u2019Arabie saoudite est sup\u00e9rieur \u00e0 90 $\/bbl, les r\u00e9serves financi\u00e8res du Royaume lui permettraient de faire face \u00e0 des prix bas du p\u00e9trole pendant deux ou trois ans. A l\u2019inverse, l\u2019Irak, deuxi\u00e8me producteur de l\u2019Opep, faisant face \u00e0 une situation \u00e9conomique pr\u00e9caire bien avant la baisse des cours et de la pand\u00e9mie du Covid-19, pourrait voir ses revenus p\u00e9troliers reculer de 70% en 2020.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"rtejustify\"><em>(1) En date du 7 avril 2020.<br \/>(2) Rystad Energy.<\/em><\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p>Auteur: hlafriqi<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1063023-chute-des-prix-du-petrole-quel-impact-pour-le-marche-des-hydrocarbures\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le monde fait face \u00e0 une crise sanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent qui est \u00e0 l\u2019origine d\u2019un choc \u00e9conomique dont les cons\u00e9quences se sont alourdies \u00e0 mesure que le confinement se prolongeait. 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