{"id":88443,"date":"2020-06-09T07:30:00","date_gmt":"2020-06-09T11:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/taoufik-bourgou-covid-19-et-securite-nationale-quelles-menaces-pour-la-tunisie\/"},"modified":"2020-06-09T07:30:00","modified_gmt":"2020-06-09T11:30:00","slug":"taoufik-bourgou-covid-19-et-securite-nationale-quelles-menaces-pour-la-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/taoufik-bourgou-covid-19-et-securite-nationale-quelles-menaces-pour-la-tunisie\/","title":{"rendered":"Taoufik Bourgou &#8211; Covid-19 et s\u00e9curit\u00e9 nationale: Quelles menaces pour la Tunisie ?"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong>Par Taoufik Bourgou- Chercheur en science politique<\/strong><\/em><\/span><span class=\"c2\"><em><strong>. CERDAP2 Sciences Po Grenoble<\/strong><\/em><\/span>.<\/span> Les pand\u00e9mies ont de tout temps fragilis\u00e9 les pays. Le Covid-19\u00a0 ne d\u00e9rogera pas \u00e0 cette constante. On ne peut se prononcer sur le bilan humain mondial et local. Il faudra laisser passer la s\u00e9quence et sans doute revenir pour faire l\u2019inventaire d\u2019apr\u00e8s catastrophe. Pour le Tunisie, le bilan \u00e9pid\u00e9mique semblerait moins lourd que pr\u00e9vu. On ne peut que s\u2019en r\u00e9jouir, m\u00eame s\u2019il est trop t\u00f4t pour tirer quelques enseignements. On attendra l\u2019automne.<\/p>\n<p>Le bilan \u00e9conomique et s\u00e9curitaire est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 lourd pour le monde entier. Il le sera pour la Tunisie. Bien plus, dangereusement, le Covid-19 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 nos affaiblissements, nos faiblesses, nos d\u00e9pendances et nos ins\u00e9curit\u00e9s futures. Strat\u00e9giquement et s\u00e9curitairement il faudra y rem\u00e9dier en urgence, car il\u00a0 y va tout simplement de la p\u00e9rennit\u00e9 du pays et de la paix civile.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Un r\u00e9v\u00e9lateur de nos affaiblissements<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En 2010\/2011, la Tunisie a subi un choc d\u2019affaiblissement (nous utilisons ce terme et cette expression \u00e0 dessein). La remise en question de certains m\u00e9canismes administratifs et institutionnels protecteurs des populations s\u2019est faite dans le sillage du solde de l\u2019ancien r\u00e9gime. Le suivi de la situation sociale, \u00e9conomique, le suivi de la chaotique urbanisation des dix derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 insuffisants pour ne pas dire inexistants. Or, en phase de pand\u00e9mie, les protections se trouvent d\u2019abord dans l\u2019espace de vie du domicile, dans le cercle professionnel, dans l\u2019espace de la vie \u00e9conomique au quotidien, dans la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique, on osera dire dans la s\u00e9curit\u00e9 des existences des populations. Or, ce que le confinement a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 c\u2019est tout simplement l\u2019affaissement, sinon l\u2019absence de certaines de ces protections.\u00a0 C\u2019est ainsi que le poids de l\u2019informel dans l\u2019\u00e9conomie a \u00e9t\u00e9 rendu plus visible par la contention. Si la part de l\u2019informel et de l\u2019ill\u00e9gal augmentent dangereusement dans une \u00e9conomie, en situation de crise majeur sanitaire ou s\u00e9curitaire, l\u2019\u00e9vaporation des revenus d\u2019une majeure partie de la population la poussera \u00e0 l\u2019\u00e9meute. C\u2019est le cas dans certaines villes italiennes et dans les quartiers nord de Marseille. Cela pourrait \u00eatre le cas en Tunisie.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019Etat s\u2019est affaibli et a \u00e9t\u00e9 affaibli au cours de la p\u00e9riode 2010-2020 par l\u2019absence d\u2019une vraie politique de lutte contre r\u00e9elle \u00abmafiaisation\u00bb d\u2019une partie de l\u2019\u00e9conomie qui a sombr\u00e9 dans l\u2019informel. Nous en voyons certaines des manifestations ces derniers jours. L\u2019affaiblissement se remarque aussi dans l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019imaginer une vraie politique de sociale, une vraie politique de s\u00e9curit\u00e9 des existences dont les vecteurs devaient \u00eatre une r\u00e9forme en profondeur du syst\u00e8me de sant\u00e9, non pas dans le sens de sa privatisation et sa r\u00e9trocession aux associations caritatives, mais dans le sens de sa reconstruction autour d\u2019un triptyque : pr\u00e9vention, g\u00e9n\u00e9ralisation, distribution territorialement \u00e9quitable des infrastructures de sant\u00e9. Car la sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des populations constitue le socle de la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>Le Covid-19 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aussi notre affaiblissement en mati\u00e8re de tra\u00e7abilit\u00e9 des populations en temps d\u2019\u00e9pid\u00e9mie, mais aussi en situation de crise s\u00e9curitaire majeure. La Tunisie qui a jugul\u00e9 admirablement la crise des r\u00e9fugi\u00e9s venant de Libye entre 2010 et 2011, a perdu son savoir- faire quand il a fallu rapatrier en bon ordre ses ressortissants et mettre en place un syst\u00e8me de gestion de l\u2019urgence avec l\u2019ensemble de ses volets. En 2014, nous l\u2019avions soulev\u00e9 dans le cadre d\u2019une publication<span class=\"c2\"><strong><sup>(2)<\/sup><\/strong><\/span>. Dans une doctrine de s\u00e9curit\u00e9 nationale, ne pas envisager un rapatriement massif des 10% de sa population qui de fait vit \u00e0 l\u2019\u00e9tranger est une faute de prospective. Or, en la mati\u00e8re, le Covid-19\u00a0 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une absence b\u00e9ante. C\u2019est un chantier majeur auquel il faudra s\u2019atteler, car rien n\u2019indique qu\u2019on soit \u00e0 l\u2019abri d\u2019une forme d\u2019urgence majeure avec un afflux de citoyens depuis l\u2019\u00e9tranger.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Mais l\u2019affaiblissement majeur de l\u2019Etat est \u00e9conomique. La Tunisie de 2020 s\u2019est r\u00e9ellement appauvrie. L\u2019Etat est devenu plus lourd, mais plus pauvre, comparativement \u00e0 la p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019Etat \u00e9tait mieux structur\u00e9 entre 1972 et 1982.\u00a0 Nous en voyons les signes, les stigmates et les preuves. Le Covid-19\u00a0 a montr\u00e9 sinon l\u2019absence, du moins les limites des fonds d\u2019urgence de l\u2019Etat, tant en capital qu\u2019en mat\u00e9riel. Nous n\u2019avons plus de strat\u00e9gie de gestion des crises majeures. Nous n\u2019en disposons pas, car le cadre politique actuel a impos\u00e9 une gestion du court terme, au jour le jour. La continuit\u00e9 de la strat\u00e9gie de l\u2019Etat n\u2019est plus assur\u00e9e en raison de l\u2019absence d\u2019une haute fonction publique strat\u00e9gique. Rien n\u2019est fait pour pr\u00e9parer l\u2019avenir, qui avouons-le, risquerait d\u2019\u00eatre dramatique.<\/p>\n<p>Prenons juste un exemple. Un ancien ministre de l\u2019agriculture a annonc\u00e9 en janvier 2019 que nous risquons de perdre 50% de nos terres agricoles en moins d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, c\u2019est-\u00e0-dire environ 30 ans. Une telle annonce nous a amen\u00e9 \u00e0 v\u00e9rifier la pr\u00e9vision, elle est vraie, m\u00eame en dessous de la r\u00e9alit\u00e9. Une telle pr\u00e9vision devait devenir l\u2019axe majeur pour toutes les politiques publiques du pays. Du foncier agricole, \u00e0 l\u2019\u00e9cologique, en passant par l\u2019urbanistique, les circuits de distribution, le stockage, les revenus des agriculteurs, le mod\u00e8le de consommation, etc. Or, ce th\u00e8me semble avoir disparu des analyses. Aucune trace dans la campagne \u00e9lectorale que nous avons v\u00e9cue en 2019. Le Covid-19\u00a0 nous l\u2019a rappel\u00e9 douloureusement et au d\u00e9triment des plus n\u00e9cessiteux de nos concitoyens.\u00a0 Non seulement nous n\u2019avons pas de prospective (aucune institution n\u2019en fait et les rares analyses sont trop faibles pour \u00eatre cit\u00e9es), mais surtout nous n\u2019avons m\u00eame pas la culture des stocks strat\u00e9giques. Rappelons nous la perte de la r\u00e9cole de bl\u00e9. L\u2019absence de stocks strat\u00e9giques en denr\u00e9es et en outils d\u2019urgence a crois\u00e9 dangereusement l\u2019absence de fonds strat\u00e9giques, qui existaient pourtant du temps de Feu Si H\u00e9di Nouira.\u00a0<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>Un r\u00e9v\u00e9lateur de nos faiblesses<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le Covid-19\u00a0 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 notre d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9tranger, y compris dans des secteurs o\u00f9 nous \u00e9tions leaders en Afrique du Nord, voire en Afrique. La Tunisie s\u2019est d\u00e9sindustrialis\u00e9e, n\u2019ayons pas peur de le dire. Nous avons perdu aussi en attractivit\u00e9.\u00a0 Nous aurions \u00e9t\u00e9 le partenaire majeur si on avait eu la \u00ab strat\u00e9gie de la courte distance\u00bb qui m\u2019est tr\u00e8s ch\u00e8re. En lieu et place d\u2019une r\u00e9flexion sur une vraie strat\u00e9gie industrielle, une vraie politique d\u2019infrastructures d\u2019attractivit\u00e9, nous avons privil\u00e9gi\u00e9 une politique d\u2019importations consum\u00e9riste. Cette strat\u00e9gie de court terme s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dramatique dans le moment de crise que nous vivons. Elle sera encore plus dangereuse dans les mois qui viennent. Non seulement il y a une perte d\u2019employabilit\u00e9, mais surtout une perte capacitaire. A titre d\u2019illustration, la Tunisie aurait d\u00fb \u00eatre exportatrice de petit mat\u00e9riel et de textile m\u00e9dical. Nous avons recul\u00e9, d\u2019autres ont pris la place. Notre recul est visible dans tous les domaines qui auraient\u00a0 pu jouer un r\u00f4le majeur comme amortisseurs de la crise post-Covid-19 qui s\u2019annonce. On est en droit de nous interroger sur la strat\u00e9gie industrielle, sur celle de l\u2019innovation, de la formation universitaire, sur celle des infrastructures majeures. Nos faiblesses se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es criantes. Il est temps d\u2019y rem\u00e9dier. Car la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique et industrielle constitue un volet majeur de la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>Un r\u00e9v\u00e9lateur de nos d\u00e9pendances<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Elles sont criantes aussi. Nous sommes d\u00e9sormais un pays qui d\u00e9pend de l\u2019\u00e9tranger pour sa survie, le mot est faible. Certes, nous ne faisons pas exception. M\u00eame les Etats-Unis, la France, l\u2019Italie et l\u2019Espagne, pour ne citer que cela d\u00e9pendent de l\u2019ext\u00e9rieur pour nombre de produits strat\u00e9gique. Mais notre d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur d\u00e9passe le stricte cadre de la gestion d\u2019une pand\u00e9mie. Nos d\u00e9penses courantes, nos investissements publics, nos moyens d\u2019action et d\u2019infrastructures de l\u2019Etat d\u00e9pendent de l\u2019aide ext\u00e9rieure plus fortement aujourd\u2019hui qu\u2019avant 2010, ce n\u2019est pas un d\u00e9lit d\u2019opinion que de le clamer. Cela se remarque moins lorsque le monde et nos partenaires connaissent une croissance \u00e9conomique. Mais en situation de crise majeure, \u00e9conomique comme celle qui s\u2019annonce, les \u00e9quilibres majeurs du pays sont en danger. Sans un r\u00e9\u00e9quilibrage, sans une recherche de ressources internes pour diminuer la d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des aides et des dons pour les d\u00e9penses courantes de l\u2019Etat, nous serons dans une ali\u00e9nation de la s\u00e9curit\u00e9 nationale du pays. L\u00e0 aussi, un bilan et un plan national de mobilisation de ressources permettrait de diminuer les d\u00e9pendances, de les rendre plus conjoncturelles et moins structurelles. Augmenter les fonds propres, c\u2019est augmenter la r\u00e9silience du pays face \u00e0 un choc \u00e9conomique qui menace une majeure partie de la composition du PIB.<\/p>\n<p><span class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>Le Covid &#8211; 19\u00a0 r\u00e9v\u00e9lateur de nos ins\u00e9curit\u00e9s futures<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Notre histoire nous l\u2019a enseign\u00e9 depuis la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle. La stabilit\u00e9 de notre pays passe par la s\u00e9curisation de la vie de nos concitoyens. Une s\u00e9curit\u00e9 des existences. Nos r\u00e9voltes sont des r\u00e9voltes \u00e9conomiques et sociales, les changements de r\u00e9gimes que nous avons connus, aussi loin que nous remontons dans l\u2019histoire, sont issus de la r\u00e9volte sociale.\u00a0 Le Covid-19\u00a0 est un choc ext\u00e9rieur que le monde n\u2019a pas anticip\u00e9, ses incidences seront tr\u00e8s profondes sur l\u2019\u00e9conomie mondiale et sur la notre tout particuli\u00e8rement.\u00a0 Il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 nos affaiblissements (dans affaiblissement il y a l\u2019action volontaire), nos faiblesses structurelles. Il r\u00e9v\u00e8le nos ins\u00e9curit\u00e9s. Au premier chef, les ins\u00e9curit\u00e9s \u00e9conomiques pour une frange non n\u00e9gligeable de la population avec un choc de pauvret\u00e9 qui a surpris plus d\u2019un, mais qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit et document\u00e9 depuis trois ans par diff\u00e9rents Think Tanks \u00e9trangers. Ces ins\u00e9curit\u00e9s \u00e9conomiques peuvent se muer en d\u00e9fiances sociales et politiques annonciatrices d\u2019instabilit\u00e9s futures si on n\u2019y prend pas garde. Nos ins\u00e9curit\u00e9s sont aussi frontali\u00e8res et import\u00e9es.\u00a0 Nous d\u00e9pendons trop de nos voisins, m\u00eame si par ailleurs ils nous sont chers.\u00a0 Si une partie du territoire d\u00e9pend du transfrontalier et de surcroit informel, qui s\u2019est b\u00e2ti sur l\u2019affaiblissement et la faiblesse de l\u2019Etat, alors la faiblesse devient strat\u00e9gique et \u00e0 terme pourrait mettre en p\u00e9ril la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019Etat et de la R\u00e9publique. Nos ins\u00e9curit\u00e9s futures sont \u00e0 lire aussi dans la part de nos d\u00e9pendances alimentaires, sanitaires en termes de m\u00e9dicaments et dispositifs de sant\u00e9. Mais la liste est longue.<\/p>\n<p><span class=\"c4\"><span class=\"c5\"><strong>Le Covid &#8211; 19, une opportunit\u00e9 pour tout revoir<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La pand\u00e9mie nous impose la modestie de tracer quelques lignes d\u2019horizon tant le pronostic est difficile \u00e0 faire \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance. N\u00e9anmoins, il faudra reconstruire le politique \u00e0 l\u2019aune de trois imp\u00e9ratifs imm\u00e9diats.<\/p>\n<p>Le premier imp\u00e9ratif, celui de l\u2019internalisation des s\u00e9curit\u00e9s alimentaires et sanitaires dans la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Nous l\u2019avions soulign\u00e9 en 2014. Le dire comme un slogan ne servirait \u00e0 rien. Internalisation, signifie la reconstruction d\u2019une strat\u00e9gie nationale, une r\u00e9\u00e9criture de la doctrine de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Une r\u00e9\u00e9criture qui doit se d\u00e9cliner techniquement en cr\u00e9ation de stocks strat\u00e9giques, en s\u00e9curisation de certains secteurs, en sanctuarisation du patrimoine industriel.<\/p>\n<p>Le second imp\u00e9ratif est celui de la strat\u00e9gie de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire nationale avec tout simplement une reconstruction de la sant\u00e9 pr\u00e9ventive, un plan hospitalier national et surtout un plan de s\u00e9curisation des parcours de soin et enfin, une s\u00e9curit\u00e9 capacitaire de l\u2019h\u00f4pital public.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me et dernier imp\u00e9ratif, celui d\u2019une r\u00e9flexion sur notre insertion r\u00e9gionale et sur la strat\u00e9gie d\u2019attractivit\u00e9 du pays. Sans trop alourdir le propos, la strat\u00e9gie actuelle a produit de la d\u00e9pendance et a alourdit les contraintes ext\u00e9rieures. Celle \u00e0 venir et qui reste \u00e0 \u00e9crire devrait \u00eatre centr\u00e9e sur la flexibilit\u00e9 et la r\u00e9silience d\u2019un outil de production.<\/p>\n<p>Plus fondamentalement, disons-le sans ambages, les politiques mises en \u0153uvre depuis 2011 ont fragilis\u00e9 l\u2019Etat, ont fragilis\u00e9 la position du pays dans son contexte g\u00e9opolitique imm\u00e9diat. Le Covid-19\u00a0 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ces fragilit\u00e9s structurelles. Le choc \u00e9conomique \u00e0 venir pourrait approfondir les fissures. Avant m\u00eame la sortie du confinement, il faudra aux responsables politiques revoir l\u2019ensemble de leur strat\u00e9gie pour le pays. Formul\u00e9e avec la pand\u00e9mie, celle-ci est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 caduque. Nous entrons dans un temps nouveau, il faut l\u2019aborder avec une autre strat\u00e9gie, celle des ann\u00e9es 2010 \u00e0 2020 est obsol\u00e8te.<\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>Taoufik. Ch. Bourgou<\/strong><br \/><em><span class=\"c3\">Chercheur en science politique. CERDAP2 Sciences Po Grenoble. Executive Director of Global Geo-Strategy and National Security Intelligence.<\/span><\/em><a href=\"http:\/\/www.ipa3s.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em><span class=\"c3\">www.ipa3s.org<\/span><\/em><\/a><em><span class=\"c3\">. Prochain ouvrage \u00e0 paraitre Risques et guerres. Syst\u00e8mes de risques, syst\u00e8mes de conflits.<\/span><\/em><\/p>\n<p class=\"c7\"><strong>Lire aussi<\/strong><\/p>\n<p class=\"c7\"><span class=\"c3\"><em>(2) Bourgou. T Quelle s\u00e9curit\u00e9 pour la Tunisie ? 2015-2020.<\/em><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30078-taoufik-bourgou-covid-19-et-securite-nationale-quelles-menaces-pour-la-tunisie\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Taoufik Bourgou- Chercheur en science politique. 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