{"id":89429,"date":"2020-06-18T16:18:04","date_gmt":"2020-06-18T20:18:04","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/senegal-samalife-la-start-up-qui-profite-du-coronavirus\/"},"modified":"2020-06-18T16:18:04","modified_gmt":"2020-06-18T20:18:04","slug":"senegal-samalife-la-start-up-qui-profite-du-coronavirus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/senegal-samalife-la-start-up-qui-profite-du-coronavirus\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e9gal : Samalife, la start-up qui profite du coronavirus"},"content":{"rendered":"<p>Une plateforme de commandes et de livraison de tout type de produits et services tire avantage, sans l\u2019avoir pr\u00e9vu, de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19. D\u00e9j\u00e0 active au S\u00e9n\u00e9gal, la start-up veut conqu\u00e9rir d\u2019autres pays africains.Malika Moumouni-Di\u00e8ne (39 ans) est une femme au foyer pas comme les autres. Quand vous la trouvez chez elle \u00e0 Ngor, commune de Dakar, la Nig\u00e9rienne est \u00e0 cheval entre sa fonction d\u2019\u00e9pouse et celle de charg\u00e9e des op\u00e9rations de Samalife : jeune et ambitieuse plateforme s\u00e9n\u00e9galaise de commandes et de livraison de produits et services de la vie quotidienne qui vise d\u00e9j\u00e0 \u00e0 s\u2019implanter dans plusieurs pays d\u2019Afrique.\u00a0<\/p>\n<p>Le vaste appartement de la famille Di\u00e8ne sert en m\u00eame temps de bureaux pour la start-up que cette dipl\u00f4m\u00e9e en Marketing, \u00ab avec une dizaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019activit\u00e9s en gestion \u00bb, a co-fond\u00e9e avec deux autres partenaires, dont son mari s\u00e9n\u00e9galais, Tomoss Di\u00e8ne (42 ans), haut cadre de la multinationale PCCI, un des plus grands groupes de centres d\u2019appels implant\u00e9s sur le continent.<\/p>\n<p>En cette journ\u00e9e chaude et moite de juin o\u00f9 le jeune couple d\u2019entrepreneurs re\u00e7oit APA, cette m\u00e8re de deux petits enfants (2 et 3 ans) manifeste une impressionnante capacit\u00e9 \u00e0 allier son r\u00f4le de maman et de femme d\u2019affaires.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est tr\u00e8s prenant en termes de temps et d\u2019\u00e9nergie parce qu\u2019il faut savoir combiner plusieurs services \u00bb, glisse t-elle, tout juste avant de faire un tour rapide dans la chambre des enfants pour leur demander de faire moins de bruits.<\/p>\n<p>\u00ab Mais quand on croit en ce qu\u2019on fait, on oublie certaines difficult\u00e9s auxquelles on est confront\u00e9. Samalife est en quelque sorte notre troisi\u00e8me b\u00e9b\u00e9. Une maman ne pense pas aux probl\u00e8mes d\u00e8s qu\u2019il y a un petit sourire de son enfant \u00bb, insiste t-elle, cette fois, assise calmement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son \u00e9poux, derri\u00e8re lequel un collaborateur s\u2019affaire, imperturbable, devant son \u00e9cran d\u2019ordinateur.<\/p>\n<p>Le couple a travaill\u00e9 ensemble par le pass\u00e9 au sein de la filiale s\u00e9n\u00e9galaise de PCCI. L\u2019id\u00e9e de Samalife est n\u00e9e \u00ab au d\u00e9tour d\u2019une expatriation \u00bb \u00e0 Duba\u00ef o\u00f9 Malika avait suivi Tomoss dans une mission de plusieurs mois. Dans la ville \u00e9miratie, l\u2019acc\u00e8s aux moyens de d\u00e9placement \u00e9tait \u00ab difficile surtout quand on doit le faire avec des bagages et un b\u00e9b\u00e9 \u00bb, se souvient-elle.<\/p>\n<p>Trait d\u2019union<\/p>\n<p>Le couple s\u2019inspire de cette exp\u00e9rience pour concr\u00e9tiser, cinq ans plus tard, le projet Samalife qui emploie aujourd\u2019hui une dizaine de personnes, principalement des livreurs.<\/p>\n<p>Leur particularit\u00e9 est qu\u2019ils sont \u00ab les premiers \u00e0 avoir lanc\u00e9 une plateforme de commandes et de livraison \u00bb de \u00ab tout type \u00bb de produits et services gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me \u00ab totalement g\u00e9olocalis\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Mise en service en novembre 2019, huit mois apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, la start-up a \u00ab r\u00e9concili\u00e9 \u00bb trois acteurs : commer\u00e7ants, clients et livreurs, explique Tomoss, qui s\u2019occupe aussi du d\u00e9veloppement de la marque.<\/p>\n<p>Dans leur \u00e9tude de march\u00e9, Malika et son mari ont d\u00e9couvert que \u00ab 35% des t\u00e9l\u00e9phones au S\u00e9n\u00e9gal sont des smartphones \u00bb. Ensuite, ils ont constat\u00e9 que de nombreux besoins de la population ont trait aux produits alimentaires (repas, eau, fruits, l\u00e9gumes\u2026), pharmaceutiques, de quincaillerie ou de librairie.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que Samalife \u00ab g\u00e8re de bout en bout \u00bb le processus de livraison, ses promoteurs ayant compris que \u00ab nous sommes dans un monde de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 \u00bb, insiste Tomoss, persuad\u00e9 que \u00ab l\u2019avenir est dans la livraison \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 le croire, les gens \u00ab aiment plus passer leur temps sur des activit\u00e9s qui cr\u00e9ent de la valeur pour eux. Notre objectif est de simplifier le quotidien des S\u00e9n\u00e9galais. C\u2019est pourquoi vous voyez partout +Life Simplifed+ ou +Yombal sa life+ \u00bb (traduction en langue wolof du slogan de la marque), ajoute-t-il<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, la tendance dans la strat\u00e9gie de p\u00e9rennisation du produit est \u00ab tr\u00e8s bonne \u00bb, selon ses propres mots.<\/p>\n<p>Une campagne publicitaire est m\u00eame pr\u00e9vue sur plusieurs radios de la place. En revanche, la rentabilisation de l\u2019entreprise n\u2019est pas pr\u00e9vue dans \u00ab deux ou trois ans \u00bb. Les investissements s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 \u00ab plus de 20 millions F CFA (v\u00e9hicules, scooters, logistique, \u2026) sur fonds propres \u00bb.<\/p>\n<p>Covid-19, la bonne affaire<\/p>\n<p>La start-up travaille avec des fournisseurs et minore parfois les prix de certains articles. Cette formule est adopt\u00e9e pour acc\u00e9l\u00e9rer la relance de restaurants dont l\u2019activit\u00e9 \u00e9tait au point mort durant plus de deux mois \u00e0 cause des restrictions dans le cadre de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire impos\u00e9 par les autorit\u00e9s pour faire face \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n<p>Le nouveau virus n\u2019a pas eu d\u2019impact \u00e9conomique n\u00e9gatif sur le business de Samalife, se r\u00e9jouit Tomoss. Mieux, c\u2019est un moment propice pour la jeune soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s sollicit\u00e9e.<\/p>\n<p>La seule contrainte est li\u00e9e aux horaires du couvre-feu d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par le chef de l\u2019\u00c9tat et qui dure de 23h \u00e0 5h au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Samalife livre de 9 heures \u00e0 21 heures. \u00ab On a vu notre facteur de transaction multipli\u00e9 par 4,5. Cela veut dire 300% de progression de notre chiffre d\u2019affaires \u00bb, confie Tomoss, soulignant que les d\u00e9lais de livraison sont de quinze minutes \u00e0 une heure trente au maximum.<\/p>\n<p>Samalife, qui veut grandir \u00ab par \u00e9tape \u00bb, est circonscrite pour le moment dans la r\u00e9gion de Dakar \u00ab sur un rayon d\u2019un peu plus de 40 km \u00bb. Les cibles de l\u2019entreprise sont localis\u00e9es dans les \u00ab grandes agglom\u00e9rations \u00bb.<\/p>\n<p>Son prochain objectif est de p\u00e9n\u00e9trer les autres villes du S\u00e9n\u00e9gal. Plus tard, ce sera la sous-r\u00e9gion, dans un pays comme la C\u00f4te d\u2019Ivoire que Tomoss Di\u00e8ne conna\u00eet bien. Au pays de la lagune Ebri\u00e9, le S\u00e9n\u00e9galais dirigeait la filiale locale du groupe PCCI. Il y est rest\u00e9 jusqu\u2019en 2009 avant de sauter dans le premier avion \u00ab le jour o\u00f9 la guerre a commenc\u00e9 \u00bb suite aux tensions post-\u00e9lectorales entre le camp de l\u2019ancien pr\u00e9sident Laurent Gbagbo et son rival \u00e0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019actuel chef de l\u2019Etat Alassane Dramane Ouattara.<\/p>\n<p>Form\u00e9 dans les universit\u00e9s fran\u00e7aises, Tomoss Di\u00e8ne fait partie de la deuxi\u00e8me promotion en France \u00e0 avoir re\u00e7u un DESS (Dipl\u00f4me d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures sp\u00e9cialis\u00e9es) en Commerce \u00e9lectronique. C\u2019\u00e9tait en 2003. Quand il rentre un an plus tard au S\u00e9n\u00e9gal, il noue avec le groupe PCCI une relation devenue \u00ab une tr\u00e8s longue histoire \u00bb.<\/p>\n<p>Depuis 2016, il est le directeur des Exp\u00e9riences clients pour l\u2019Afrique, en charge des onze filiales du groupe. Mais le cumul avec Samalife est \u00ab p\u00e9nible \u00bb, admet t-il.<\/p>\n<p>Avant la fermeture des fronti\u00e8res constat\u00e9e partout dans monde \u00e0 cause de la Covid-19, Tomoss ne restait que deux semaines par mois avec sa famille \u00e0 Dakar, puisqu\u2019il devait sillonner le continent pour remplir ses premi\u00e8res obligations professionnelles. \u00ab Heureusement que mon \u00e9pouse est l\u00e0. Elle est capable de piloter toute seule \u00bb, se r\u00e9jouit Tomoss \u00ab le beau \u00bb, dont la traduction du pr\u00e9nom en fran\u00e7ais provoque un grand rire chez son \u00e9pouse nig\u00e9rienne qui, apr\u00e8s six ans de mariage, donne l\u2019impression de venir tout juste de tomber sous le charme de son homme.<\/p>\n<p>Ce fils d\u2019enseignant, cadet d\u2019une fratrie qui compte plusieurs cadres sup\u00e9rieurs dans divers secteurs, y compris le tr\u00e8s haut commandement de l\u2019Arm\u00e9e, est originaire du village de Mont-Rolland, dans la r\u00e9gion de Thi\u00e8s (70 kilom\u00e8tres de Dakar).<\/p>\n<p>Le jeune entrepreneur au teint noir \u00e9b\u00e8ne digne de son ethnie, les S\u00e9r\u00e8res, n\u2019a pourtant pas connu que le succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Avant de cr\u00e9er Samalife, Tomoss Di\u00e8ne a tent\u00e9 une premi\u00e8re exp\u00e9rience d\u2019entreprise qui s\u2019est termin\u00e9e par \u00ab un go\u00fbt d\u2019inachev\u00e9 \u00bb. C\u2019\u00e9tait \u00ab il y a trois ans \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 avec un ami d\u2019enfance, son projet de l\u2019\u00e9poque, appel\u00e9 \u00ab Kit Connect \u00bb, proposait des services de r\u00e9paration dans des lieux comme Sea Plazza, le centre commercial le plus hupp\u00e9 de Dakar. L\u2019exp\u00e9rience fit long feu en raison de sa mission douba\u00efote. Mais \u00ab on apprend de nos erreurs \u00bb, relativise t-il aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Avec Samalife, l\u2019avenir est aujourd\u2019hui prometteur, semble-t-il dire apr\u00e8s que l\u2019application a \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9charg\u00e9e \u00ab plus de 5000 \u00bb fois. De plus, la start-up est r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e par le minist\u00e8re s\u00e9n\u00e9galais du Commerce et des Petites et Moyennes Entreprises. Samalife postule \u00e9galement \u00e0 un appel \u00e0 candidatures d\u2019un organisme sp\u00e9cialis\u00e9 de l\u2019Organisation des Nations Unies (Onu).<\/p>\n<p>Samalife a aussi nou\u00e9 \u00ab quelques contacts \u00bb avec la D\u00e9l\u00e9gation \u00e0 l\u2019entreprenariat rapide (Der), un important organisme gouvernemental au S\u00e9n\u00e9gal, pour conna\u00eetre les modalit\u00e9s d\u2019un probable accompagnement.<\/p>\n<p>Auteur: APA News<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/senegal-samalife-la-start-up-qui-profite-du-coronavirus\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une plateforme de commandes et de livraison de tout type de produits et services tire avantage, sans l\u2019avoir pr\u00e9vu, de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19. 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