{"id":89666,"date":"2020-06-21T12:08:54","date_gmt":"2020-06-21T16:08:54","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/a-la-decouverte-des-parasites-des-merous\/"},"modified":"2020-06-21T12:08:54","modified_gmt":"2020-06-21T16:08:54","slug":"a-la-decouverte-des-parasites-des-merous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/a-la-decouverte-des-parasites-des-merous\/","title":{"rendered":"\u00c0 la d\u00e9couverte des parasites des m\u00e9rous"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c2\">La chercheuse Amira Chaabane a fait parvenir cette \u00e9tude scientifique sur les parasites des m\u00e9rous. Nous vous laissons suivre cette \u00e9tude scientifique bien \u00e9difiante.<br \/>Parasite est un mot \u00e0 connotation n\u00e9gative, associ\u00e9 \u00e0 la paresse et l\u2019inutilit\u00e9. Et le r\u00e9cent film oscaris\u00e9 Parasite n\u2019am\u00e9liora certainement pas l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale sur eux.<br \/>Un animal parasite, par d\u00e9finition, tire profit d\u2019un organisme h\u00f4te pour se nourrir ou s\u2019abriter. Pour le biologiste, les parasites sont fascinants et repr\u00e9sentent souvent les cas d\u2019\u00e9volution biologique les plus int\u00e9ressants. De plus, ils pourraient bien constituer la majorit\u00e9 de la vie sur terre, \u00e0 la fois en nombre d\u2019esp\u00e8ces et en nombre d\u2019individus. Presque tous les animaux ont des parasites.<br \/>Nous avons choisi d\u2019\u00e9tudier les parasites de poissons embl\u00e9matiques, les m\u00e9rous de la M\u00e9diterran\u00e9e. Pas tous \u2013 seulement les minuscules parasites vivant sur les branchies de ces beaux poissons ; ce sont les monog\u00e8nes.<br \/>Monog\u00e8nes sur les branchies<br \/>Les monog\u00e8nes sont de minuscules animaux de moins de 1 millim\u00e8tre de longueur \u2013 vous les verrez \u00e0 peine sans loupe binoculaire. Ils sont attach\u00e9s aux branchies par leur extr\u00e9mit\u00e9 arri\u00e8re avec leur partie avant libre dans l\u2019eau. Pour s\u2019attacher fermement aux tissus d\u2019une branchie de poisson, il faut un organe tr\u00e8s sp\u00e9cial : il s\u2019appelle le hapteur et contient des crochets pointus qui p\u00e9n\u00e8trent la partie molle de la branchie.<br \/>Le nom \u00ab monog\u00e8ne \u00bb a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par le parasitologiste belge Pierre-Joseph Van Beneden il y a plus d\u2019un si\u00e8cle et signifie que leur cycle de vie n\u2019implique qu\u2019un seul h\u00f4te : le poisson. Pour passer d\u2019un poisson \u00e0 un autre, les monog\u00e8nes ont une larve sp\u00e9cialis\u00e9e qui nage librement dans l\u2019eau de mer et trouve son prochain h\u00f4te, et le monog\u00e8ne adulte ne quittera ensuite plus jamais son h\u00f4te.<br \/>Un genre tr\u00e8s diversifi\u00e9<br \/>Des \u00e9tudes men\u00e9es au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la plupart des monog\u00e8nes sur les branchies des m\u00e9rous appartenaient \u00e0 un seul genre. Ces monog\u00e8nes sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00ab sp\u00e9cifiques de leur h\u00f4te \u00bb, ce qui signifie qu\u2019une esp\u00e8ce ne se trouve que sur une seule esp\u00e8ce de m\u00e9rou. De plus, chaque esp\u00e8ce de m\u00e9rou abrite plusieurs esp\u00e8ces \u2013 jusqu\u2019\u00e0 une douzaine.<br \/>De nombreuses esp\u00e8ces de m\u00e9rous, de nombreuses esp\u00e8ces de parasites sur chaque m\u00e9rou, ceci permet \u00e0 ces monog\u00e8nes d\u2019\u00eatre hyper-diversifi\u00e9s : plus de 80 esp\u00e8ces sont connues, et il y en a probablement beaucoup plus. La plupart de ces monog\u00e8nes appartiennent \u00e0 un seul genre nomm\u00e9 Pseudo-rhabdosynochus.<br \/>Un organe m\u00e2le tr\u00e8s sp\u00e9cial et des vagins incroyablement diversifi\u00e9s<br \/>La plupart des zoologistes passent une partie importante de leur temps \u00e0 regarder les parties sexuelles des animaux qu\u2019ils \u00e9tudient. Pourquoi ? Parce que de nombreuses esp\u00e8ces sont superficiellement tr\u00e8s similaires, mais tr\u00e8s diff\u00e9rentes dans la forme de leurs organes g\u00e9nitaux. C\u2019est ainsi que fonctionne l\u2019\u00e9volution, et avoir une morphologie sexuelle diff\u00e9rente emp\u00eache une esp\u00e8ce de copuler avec d\u2019autres esp\u00e8ces, gaspillant ainsi de l\u2019\u00e9nergie dans un accouplement qui ne produirait pas de descendance.<br \/>Et, pour cet aspect, Pseudo-rhabdosynochus ne nous d\u00e9\u00e7oit certainement pas. Tout d\u2019abord, ses esp\u00e8ces sont toutes hermaphrodites, et donc dans chaque individu, il y a les deux appareils g\u00e9nitaux complets, le m\u00e2le et le femelle ; deuxi\u00e8mement, les organes sexuels sont scl\u00e9rifi\u00e9s : bien que le corps du ver soit mou, ces organes sont constitu\u00e9s de prot\u00e9ines durcies ; troisi\u00e8mement, la vari\u00e9t\u00e9 des structures sexuelles est remarquable.<br \/>Toutes les esp\u00e8ces de Pseudo-rhabdosynochus ont un \u00e9trange organe copulateur m\u00e2le, qui est une pompe hautement sp\u00e9cialis\u00e9e qui ins\u00e8re le sperme dans les organes g\u00e9nitaux femelles. Comment cela fonctionne exactement, on ne le sait pas : apr\u00e8s tout, cet organe m\u00e2le, qui est impressionnant lorsqu\u2019on le regarde au microscope, a une taille de l\u2019ordre de 100 microm\u00e8tres \u2013 un dixi\u00e8me de millim\u00e8tre.<br \/>De plus, les esp\u00e8ces de Pseudo-rhabdosynochus sont incroyablement diverses dans la structure de leur vagin. Encore une fois une structure scl\u00e9rifi\u00e9e, qui est complexe, avec une \u00ab trompette \u00bb suivie de plusieurs \u00ab canaux \u00bb et \u00ab chambres \u00bb ; chaque esp\u00e8ce a une morphologie unique. Comment les spermatozo\u00efdes traversent ce vagin, encore une fois, on ne le sait pas \u2013 il s\u2019agit d\u2019une tr\u00e8s petite structure, g\u00e9n\u00e9ralement trente fois plus petite qu\u2019un millim\u00e8tre. Cependant, il est probable que ces structures complexes jouent un r\u00f4le majeur dans la diff\u00e9renciation des esp\u00e8ces.<br \/>Parasites sur les branchies<br \/>des m\u00e9rous en mer M\u00e9diterran\u00e9e<br \/>Les r\u00e9sultats ant\u00e9rieurs avaient montr\u00e9 que les m\u00e9rous en mer chaude, y compris les r\u00e9cifs coralliens, abritaient une faune tr\u00e8s riche de parasites, en particulier de monog\u00e8nes sur les branchies. Lorsque nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9tudier les monog\u00e8nes des branchies des m\u00e9rous de la M\u00e9diterran\u00e9e, il n\u2019y avait que sept esp\u00e8ces de Pseudo-rhabdosynochus connues parmi les cinq esp\u00e8ces de m\u00e9rous end\u00e9miques.<br \/>Nous avons \u00e9chantillonn\u00e9 les poissons des march\u00e9s de Tunisie et parfois de la Libye voisine. Les m\u00e9rous sont parmi les poissons les plus recherch\u00e9s dans cette partie du monde, et donc tr\u00e8s chers. Cependant, un seul gros m\u00e9rou peut h\u00e9berger des centaines de monog\u00e8nes, et quelques poissons fournissent donc un travail suffisant au parasitologue passionn\u00e9 (et, occasionnellement, un excellent repas).<br \/>Nous avons enfin constat\u00e9 que les m\u00e9rous de la mer M\u00e9diterran\u00e9e ont une douzaine d\u2019esp\u00e8ces de Pseudo-rhabdosynochus. Nous avons m\u00eame pu d\u00e9crire trois nouvelles esp\u00e8ces, c\u2019est-\u00e0-dire des esp\u00e8ces qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 vues par des chercheurs pr\u00e9c\u00e9dents. Pour ces nouvelles esp\u00e8ces, nous avons attribu\u00e9 de nouveaux noms. L\u2019un est Pseudorhabdosynochus hayet, du m\u00e9rou royal. Bien que les noms d\u2019esp\u00e8ces soient techniquement latins, celui-ci est d\u2019origine arabe \u2013 \u00ab hayet \u00bb, signifiant \u00ab la vie \u00bb.<br \/>Une esp\u00e8ce de parasite avec une distribution d\u00e9routante<br \/>L\u2019esp\u00e8ce que nous avons trouv\u00e9e sur le m\u00e9rou de Ha\u00effa avait quelques surprises dans sa manche. Il s\u2019agit d\u2019une esp\u00e8ce rare de m\u00e9rou que l\u2019on ne trouve qu\u2019occasionnellement sur les march\u00e9s aux poissons. Son nom latin est Hyporthodus haifensis ; le genre Hyporthodus rassemble quelques esp\u00e8ces de m\u00e9rous rares des grands fonds. Aucun monog\u00e8ne n\u2019avait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 chez ce poisson, et donc, lorsque nous avons trouv\u00e9 un monog\u00e8ne, nous avons d\u2019abord pens\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une nouvelle esp\u00e8ce. Nous l\u2019avons compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres esp\u00e8ces pr\u00e9sentes dans le monde.<br \/>\u00a0\u00c0 notre grande surprise, l\u2019esp\u00e8ce \u00e9tait identique \u00e0 Pseudorhabdosynochus sulamericanus, une esp\u00e8ce de l\u2019Atlantique Ouest. Cette esp\u00e8ce avait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e chez des esp\u00e8ces de m\u00e9rous du genre Hyporthodus au Br\u00e9sil et en Floride. Il \u00e9tait d\u00e9cevant qu\u2019une esp\u00e8ce de monog\u00e8ne de la M\u00e9diterran\u00e9e ait un nom \u00e9voquant l\u2019Am\u00e9rique du Sud (c\u2019est ce que signifie \u00ab sulamericanus \u00bb). De plus, il \u00e9tait difficile de comprendre comment des esp\u00e8ces de poissons s\u00e9par\u00e9es par 6 000 kilom\u00e8tres de haute mer pouvaient partager la m\u00eame esp\u00e8ce de parasite. Nous avons propos\u00e9 plusieurs explications. L\u2019une est simplement que les ichtyologistes connaissent tr\u00e8s peu la biologie des m\u00e9rous des grands fonds : il se pourrait que les trois esp\u00e8ces de m\u00e9rous des c\u00f4t\u00e9s am\u00e9ricain et africain de l\u2019Atlantique aient la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9changer des parasites, quelque part dans l\u2019Atlantique.<br \/>Les parasites sont-ils responsables de la disparition des m\u00e9rous m\u00e9diterran\u00e9ens ?<br \/>Dans les ann\u00e9es 1950, Jacques-Yves Cousteau a signal\u00e9 d\u2019\u00e9normes m\u00e9rous vivant tranquillement \u00e0 proximit\u00e9 des plages et des ports sur les c\u00f4tes fran\u00e7aises. H\u00e9las ! Les m\u00e9rous sont d\u00e9sormais rares le long des rives europ\u00e9ennes de la M\u00e9diterran\u00e9e, d\u00e9cim\u00e9s par la surp\u00eache et la pollution.<br \/>En revanche, l\u2019influence de ces minuscules parasites sur ces gros m\u00e9rous est probablement infinit\u00e9simale \u2013 m\u00eame si des centaines de monog\u00e8nes sont sur les branchies, ils n\u2019ont probablement presque aucune cons\u00e9quence sur la sant\u00e9 du poisson.<\/span><\/p>\n<p>Auteur: letemps1<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.letemps.com.tn\/article\/115035\/%C3%A0-la-d%C3%A9couverte-des-parasites-des-m%C3%A9rous\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La chercheuse Amira Chaabane a fait parvenir cette \u00e9tude scientifique sur les parasites des m\u00e9rous. 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