{"id":89753,"date":"2020-06-22T07:04:00","date_gmt":"2020-06-22T11:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/technologies-de-la-sante-le-maroc-leader-et-futur-hub-en-afrique\/"},"modified":"2020-06-22T07:04:00","modified_gmt":"2020-06-22T11:04:00","slug":"technologies-de-la-sante-le-maroc-leader-et-futur-hub-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/technologies-de-la-sante-le-maroc-leader-et-futur-hub-en-afrique\/","title":{"rendered":"Technologies de la sant\u00e9: Le Maroc leader et futur hub en Afrique"},"content":{"rendered":"<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/kaouthar_lbiati_tariq_daouda.jpg\" width=\"660\" height=\"502\" alt=\"kaouthar_lbiati_tariq_daouda.jpg\" title=\"kaouthar_lbiati_tariq_daouda.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">DEUX milliards de dollars ont \u00e9t\u00e9 lev\u00e9s par les 234 startups africaines en 2019. On a donc assist\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable acc\u00e9l\u00e9ration verticale de la Tech africaine, dans toutes les \u00e9tapes, de l\u2019amor\u00e7age \u00e0 la croissance. Mais l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration est aussi horizontale, et s\u2019\u00e9tend au-del\u00e0 des trois champions traditionnels (le Nigeria, le Kenya, l\u2019Afrique du Sud) avec la mont\u00e9e sur le podium de l\u2019Egypte en 2019. En effet, 85% des fonds sont all\u00e9s vers ces trois destinations (1,72 milliard de dollars) plus l\u2019Egypte (211 millions de dollars).<br \/>Le tableau pour le Maroc est moins flamboyant. Car la dynamique de cr\u00e9ation de startup au Maroc reste encore faible compar\u00e9e \u00e0 d\u2019autres g\u00e9ographies. Le financement total des entreprises marocaines actives dans la technologie digitale (tous secteurs confondus) sur toute l\u2019ann\u00e9e 2019 est de l\u2019ordre de (7 millions vs 3,9 millions de dollars en 2017). Ce contraste s\u2019explique par le manque de dispositifs d\u2019accompagnement et de financement des startups, en particulier dans leur phase d\u2019amor\u00e7age. Nous pensons qu\u2019une des strat\u00e9gies gagnantes serait de se concentrer sur les nouvelles technologies \u00e0 forte croissance qui concernent des march\u00e9s moyennement exploit\u00e9s en Afrique et d\u2019exp\u00e9rimenter avec de nouvelles m\u00e9thodes pour r\u00e9pondre aux besoins\u00a0sociaux non satisfaits comme ceux dans le domaine de la sant\u00e9 par exemple. Enfin, il faudrait particuli\u00e8rement d\u00e9velopper les secteurs o\u00f9 la croissance contribue directement \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019emplois.<br \/>Selon le rapport Partech 2020 (voir figure), le secteur des technologies de la sant\u00e9 a attir\u00e9 en Afrique pendant l\u2019ann\u00e9e 2019 la coquette somme de 189 millions de dollars (ce qui repr\u00e9sente une croissance de +969% par rapport \u00e0 2018) et \u00e9quivaut \u00e0 9,3% de la somme totale allou\u00e9e, tous secteurs confondus, aux startups op\u00e9rant en Afrique. Par cons\u00e9quent, on constate que le secteur des technologies de la sant\u00e9 est non seulement en pleine croissance mais il mobilise \u00e9galement des capitaux financiers importants. Pour que le Maroc soit le leader africain en technologie de la sant\u00e9 en 2025, il faudrait qu\u2019il structure et consolide ses trois \u00e9cosyst\u00e8mes: technologique (recherche et d\u00e9veloppement), entrepreneurial et financier (march\u00e9 du capital risque en particulier). Il est primordial de f\u00e9d\u00e9rer les trois \u00e9cosyst\u00e8mes d\u2019innovation, renforcer leurs actions respectives et entretenir une forte synergie entre le monde universitaire (et celui des centres de recherche) et le monde entrepreneurial et d\u2019user de diff\u00e9rents m\u00e9canismes pour potentialiser l\u2019acc\u00e8s de ces \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e0 celui de la finance.<\/p>\n<div class=\"dnd-atom-wrapper type-image context-sdl_editor_representation\" contenteditable=\"false\">\n<div class=\"dnd-drop-wrapper\">\n<div class=\"image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" typeof=\"foaf:Image\" class=\"img-responsive\" src=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/sites\/default\/files\/eco7\/public\/thumbnails\/image\/les_principaux_fonds_verticaux_en_2019.jpg\" width=\"660\" height=\"373\" alt=\"les_principaux_fonds_verticaux_en_2019.jpg\" title=\"les_principaux_fonds_verticaux_en_2019.jpg\"\/><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p class=\"rtejustify\">Le Maroc alloue moins de 1% de son Produit int\u00e9rieur brut \u00e0 la recherche et d\u00e9veloppement. A titre comparatif, en 2017, l\u2019Afrique du Sud et le Kenya viennent en t\u00eate de liste dans le continent avec un budget \u00e0 0,8% (donn\u00e9es de la\u00a0Banque mondiale). L\u2019\u00e9quivalent dans les pays de l\u2019OCDE est en moyenne 2,4%. Dans le domaine biom\u00e9dical en particulier, la recherche en traitement de donn\u00e9es et intelligence artificielle est relativement peu co\u00fbteuse. De plus, la mise sur le march\u00e9 de produits technologiques issus de ces recherches est relativement rapide. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de multiplier au sein des universit\u00e9s du Royaume les acad\u00e9mies de technologies de l\u2019information, de la communication et des sciences afin d\u2019augmenter le pool de talents sp\u00e9cialis\u00e9s dans ces technologies de pointe.<br \/>Les centres de recherche universitaires, particuli\u00e8rement en innovation biom\u00e9dicale, sont des environnements qui sont compatibles avec l\u2019insertion d\u2019incubateurs et acc\u00e9l\u00e9rateurs. Ces derniers peuvent par ailleurs \u00eatre priv\u00e9s ou publics. La principale mission des incubateurs est d\u2019examiner les id\u00e9es nouvelles des chercheurs-entrepreneurs afin d\u2019en s\u00e9lectionner les meilleures et d\u2019aider \u00e0 transformer celles-ci en projets porteurs de valeur pour la communaut\u00e9. Les acc\u00e9l\u00e9rateurs interviennent un peu plus tard dans le processus de d\u00e9veloppement et sont charg\u00e9s d\u2019aider des entreprises \u00e9mergentes \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer leur croissance et \u00e0 lever des fonds en vue d\u2019une sortie \u00abexit\u00bb. Cette strat\u00e9gie de partenariat public-priv\u00e9 requiert un accroissement du budget allou\u00e9 \u00e0 la recherche, et un changement de paradigme, au sein des universit\u00e9s et centres de recherche, avec la greffe de l\u2019innovation et de l\u2019entrepreneuriat dans le coeur de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me.<br \/>L\u2019entrepreneuriat est reconnu comme vecteur efficient de l\u2019innovation et du d\u00e9veloppement \u00e9conomique. En revanche, la p\u00e9rennisation de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me entrepreneurial reste un d\u00e9fi majeur dans la plupart des pays en voie de d\u00e9veloppement. En effet, la vitalit\u00e9 de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me entrepreneurial repose sur des bases fondamentales; la simplification du parcours de l\u2019entrepreneur, la mitigation des risques encourus par celui-ci et l\u2019optimisation de la croissance des entreprises \u00e9mergentes. Ces fondations reposent sur quatre piliers: Fiscalit\u00e9, l\u00e9gislation, finance, \u00e9mulsion et mentorat. Concernant la fiscalit\u00e9, il est primordial que les jeunes entreprises b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un syst\u00e8me de taxation simple, transparent et avantageux. Les entreprises \u00e9mergentes devraient \u00eatre soumises \u00e0 un r\u00e9gime fiscal sp\u00e9cial \u00e0 faibles charges salariales mais aussi \u00e0 un taux de taxation sur les revenus qui soit \u00e0 la fois r\u00e9duit et fixe. En effet, un faible taux de taxation permettrait aux jeunes entreprises d\u2019avoir une plus grande libert\u00e9 dans la gestion de leurs capitaux. Un taux fixe augmenterait leur visibilit\u00e9 sur les d\u00e9penses et permettrait une\u00a0meilleure planification budg\u00e9taire. Sur le plan l\u00e9gal, il est primordial de faciliter le processus de cr\u00e9ation des entreprises, et de minimiser les \u00e9tapes et frais li\u00e9s encourus. Bien qu\u2019un syst\u00e8me de taxation optimis\u00e9 et transparent permette de limiter initialement le besoin en capital, il est n\u00e9anmoins vital pour les entrepreneurs de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier de programmes\u00a0d\u2019investissement d\u2019amor\u00e7age \u00e9manant du secteur public ou priv\u00e9 (banques ou soci\u00e9t\u00e9s de capital-risque). Enfin, il est important que les entrepreneurs b\u00e9n\u00e9ficient de syst\u00e8mes d\u2019accompagnement ainsi que de ressources partag\u00e9es \u00e0 moindres co\u00fbts (espaces de travail, serveurs de calculs, formations, acc\u00e8s aux services juridiques et de comptabilit\u00e9 financi\u00e8re&#8230;)\u00a0<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">Le succ\u00e8s de ces strat\u00e9gies est intimement li\u00e9 aux trois conditions suivantes: Le budget allou\u00e9 \u00e0 la recherche et d\u00e9veloppement, l\u2019investissement en capital humain ainsi qu\u2019\u00e0 la performance de l\u2019infrastructure num\u00e9rique et du march\u00e9 du capital-risque. Le Maroc devrait profiter de la dynamique du march\u00e9 technologique africain et du pl\u00e9biscite des capitaux-risqueurs du monde entier pour les solutions africaines afin de d\u00e9velopper des solutions technologiques marocaines innovantes pour le march\u00e9 national et international. Le Royaume devrait \u00e9galement capitaliser sur les traits linguistiques communes qu\u2019il partage avec les pays du Moyen-Orient pour s\u2019offrir de nouveaux march\u00e9s \u00e9mergents pour ses futurs produits technologiques et pour attirer vers lui les investisseurs r\u00e9gionaux.<\/p>\n<hr\/>\n<p class=\"rtejustify\">AU Maroc, les entrepreneurs \u00e9voluent dans un march\u00e9 de capital risque qui est moins d\u00e9velopp\u00e9 que celui en Afrique du Sud, en Afrique subsaharienne ou en Egypte. L\u2019impact se manifeste par un allongement des d\u00e9lais pour obtenir le financement de leurs projets. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e8ne directement \u00e0 \u00abla vall\u00e9e de la mort\u00bb. La question est comment pallier ce ph\u00e9nom\u00e8ne morbide et r\u00e9duire les d\u00e9lais d\u2019acc\u00e8s au capital financier? Comment alimenter le vivier d\u2019entreprises au stade d\u2019amor\u00e7age? Le secret ne serait-il pas dans une strat\u00e9gie de rentabilit\u00e9 forte pour ceux qui souhaitent accompagner et investir tr\u00e8s t\u00f4t dans ces soci\u00e9t\u00e9s? Il faudrait tout d\u2019abord cr\u00e9er un environnement propice \u00e0 attirer du capital par le biais de la r\u00e9glementation ou par des incitations fiscales \u00e0 l\u2019investissement en capital-risque. Les sources\u00a0de financements priv\u00e9s pourraient \u00eatre multiples, internationales mais aussi nationales. En effet, l\u2019Etat devrait r\u00e9orienter les capitaux nationaux disponibles (institutionnels et priv\u00e9s) vers les secteurs des biotechnologies et des technologies de la sant\u00e9 particuli\u00e8rement celles bas\u00e9es sur l\u2019apprentissage automatique et l\u2019intelligence artificielle. Parall\u00e8lement, les autorit\u00e9s de tutelle devraient d\u00e9finir des seuils d\u2019exon\u00e9rations ou minimisations afin d\u2019\u00e9viter aux investisseurs internationaux la double taxation dans une strat\u00e9gie qui vise \u00e0 attirer les capitaux \u00e9trangers vers le Maroc. L\u2019int\u00e9r\u00eat de d\u00e9velopper le march\u00e9 du capital-risque r\u00e9side dans le fait que celui-ci alimente la croissance \u00e9conomique et favorise la cr\u00e9ation d\u2019emplois. On estime \u00e0 un peu moins de 40% la part des nouveaux emplois cr\u00e9\u00e9s ces quarante derni\u00e8res ann\u00e9es aux Etats-Unis\u00a0par des entreprises adoss\u00e9es au capital-risque (Stanford, 2015). En Chine, o\u00f9 un march\u00e9 du capital-risque se d\u00e9veloppe depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, on estime que les entreprises financ\u00e9es par les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es sp\u00e9cialis\u00e9es dans ce type d\u2019investissements ont cr\u00e9\u00e9 dix millions de nouveaux emplois. Le capital-risque investi aux Etats-Unis, en 2018, est de 72 milliards de dollars pour plus de 5.000 op\u00e9rations. En Chine, ce montant est de 71 milliards de dollars pour plus de 2.800 op\u00e9rations et en Europe, 18 milliards de dollars ont \u00e9t\u00e9 investis dans 2.500 op\u00e9rations . Au-del\u00e0 du nombre absolu de transactions conclues par ann\u00e9e, les param\u00e8tres de succ\u00e8s se mesurent en pourcentage de transactions d\u2019amor\u00e7age ou de s\u00e9ries \u00ab A \u00bb car c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 se trouve la plus grosse lacune \u00e0 combler sur le march\u00e9 en Afrique et au Maroc.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">En 2019, l\u2019investissement en Afrique au stade d\u2019amor\u00e7age et s\u00e9ries A s\u2019est n\u00e9anmoins bien installe avec 206 transactions (+57% en ann\u00e9e glissante) et un total de de dollars 620 millions (+116% en ann\u00e9e glissante) selon le rapport Partech 2020. Le Maroc r\u00e9ussira-t-il \u00e0 capturer une part de cette croissance?<br \/>Il existe plusieurs raisons qui permettent de laisser penser que l\u2019impact du capital-risque y sera significatif y compris la croissance en financement technologique affich\u00e9e par les entreprises marocaines entre 2017 et 2019 (7 millions vs 3.9 millions de dollars en 2017). En somme, Hubs technologiques, fonds d\u2019amor\u00e7age, Business Angels et acc\u00e9l\u00e9rateurs resteront les vecteurs incontournables d\u2019une telle transformation du mod\u00e8le \u00e9conomique \u00e0 l\u2019horizon 2025.<\/p>\n<p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p>\n<p>Auteur: leco_web_admin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leconomiste.com\/article\/1063657-technologies-de-la-sante-le-maroc-leader-et-futur-hub-en-afrique\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DEUX milliards de dollars ont \u00e9t\u00e9 lev\u00e9s par les 234 startups africaines en 2019. On a donc assist\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable acc\u00e9l\u00e9ration verticale de la Tech africaine, dans toutes les \u00e9tapes, de l\u2019amor\u00e7age \u00e0 la croissance. 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