{"id":90050,"date":"2020-06-24T16:01:20","date_gmt":"2020-06-24T20:01:20","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/village-artisanal-de-ouagadougou-quand-la-covid-19-plombe-les-affaires\/"},"modified":"2020-06-24T16:01:20","modified_gmt":"2020-06-24T20:01:20","slug":"village-artisanal-de-ouagadougou-quand-la-covid-19-plombe-les-affaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/village-artisanal-de-ouagadougou-quand-la-covid-19-plombe-les-affaires\/","title":{"rendered":"Village artisanal de Ouagadougou  : quand la COVID-19 plombe les affaires"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/1-58.jpg\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"595\" height=\"474\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/1-58.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/1-58.jpg 595w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/1-58-300x239.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/1-58-527x420.jpg 527w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" alt=\"\" title=\"1\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>La pand\u00e9mie du coronavirus a impact\u00e9 presque tous les secteurs d\u2019activit\u00e9s au Burkina Faso. D\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s au manque de touristes du fait de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, les artisans du Village artisanal de Ouagadougou (VAO), au nombre de 500, broient du noir avec la fermeture des fronti\u00e8res \u00e0 cause de la COVID-19.<\/strong><\/p>\n<p>Lundi 15 juin 2020. Il est 10h30 au Village artisanal de Ouagadougou (VAO). Les rayons des ateliers attendent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment des clients. Assis devant son atelier, Mathieu Nombr\u00e9 est artiste-r\u00e9cup\u00e9rateur. Le regard perdu, il scrute vainement l\u2019horizon, esp\u00e9rant apercevoir des clients. Mais cette attente est vaine, car les visiteurs ont d\u00e9sert\u00e9 le village artisanal.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur la fr\u00e9quentation des lieux, dans ce contexte de pand\u00e9mie du coronavirus, M. Nombr\u00e9 explique que les clients se font rares. D\u2019ailleurs, la raret\u00e9 de la client\u00e8le est ant\u00e9rieure \u00e0 la crise sanitaire, ajoute-t-il. \u00ab Avec d\u2019abord Ebola, ensuite la crise s\u00e9curitaire et maintenant la COVID-19, nous avons perdu tous nos clients. Depuis que la maladie a commenc\u00e9 et entra\u00een\u00e9 la fermeture des fronti\u00e8res, rien ne va ici parce que nos clients sont g\u00e9n\u00e9ralement des Europ\u00e9ens, des touristes \u2026 \u00bb, raconte-t-il avec amertume. M. Nombr\u00e9 se rappelle du bon vieux temps o\u00f9, par mois, il pouvait enregistrer une \u00e0 deux commandes de 2 \u00e0 3 millions F CFA en Europe.<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_inline tdi_30_004 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-21314\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Bandeau-Covid-19-Sidwaya-1.jpg\" alt=\"\" width=\"790\" height=\"98\"\/><\/div>\n<p>\u00ab J\u2019arrivais aussi \u00e0 vendre sur place avec les touristes qui venaient au pays et je participais \u00e0 plusieurs foires dans la sous-r\u00e9gion, en plus des march\u00e9s que certaines ambassades organisaient \u00e0 Ouagadougou \u00bb, pr\u00e9cise-t-il avec un brin de nostalgie. Il ajoute que depuis le 20 avril 2020, date de r\u00e9ouverture du village, ferm\u00e9 en mars, du fait de la maladie, il ne fait que<br \/>produire sans pouvoir vendre le moindre objet. La m\u00e9vente est aussi le lot du sculpteur, Mamadou Diakit\u00e9. Entre les coups de pinceaux sur un masque qu\u2019il peint, il est sans \u00e9quivoque. \u00ab Honn\u00eatement \u00bb, dit-il, la COVID-19 a port\u00e9 un coup de massue aux activit\u00e9s des artisans du VAO. \u00ab Avant la crise, je pouvais vendre entre 400 mille et 500 mille F CFA par mois, mais depuis la r\u00e9ouverture, je n\u2019ai m\u00eame pas encore vendu 50 000 F CFA \u00bb,<br \/>confie-t-il.<\/p>\n<p><strong>Des impay\u00e9s de loyers et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Contrairement aux autres artisans du site, Sabine Marie Alice Yaogo, couturi\u00e8re est quelque peu chanceuse. En effet, le VAO a obtenu une partie du march\u00e9 de fourniture de cache-nez du minist\u00e8re de l\u2019Education nationale, de l\u2019Alphab\u00e9tisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN) qu\u2019il a donn\u00e9e \u00e0 ses couturi\u00e8res. La t\u00eate dans sa machine \u00e0 coudre, Sabine dit confectionner 200 \u00e0 300 cache-nez par jour. \u00ab Avec ce que je gagne maintenant, j\u2019arrive \u00e0 me d\u00e9brouiller, m\u00eame si c\u2019est insuffisant parce que depuis la r\u00e9ouverture du Village, je n\u2019ai pratiquement rien vendu \u00bb, reconna\u00eet-elle.<br \/>Dans leur majorit\u00e9, les artisans disent tirer le diable par la queue. Bronzier, Zacharie Balma, tra\u00eene trois mois d\u2019arri\u00e9r\u00e9s de loyer de son atelier. \u00ab Nous \u00e9tions douze dans l\u2019atelier, mais actuellement, nous ne sommes plus que trois \u00e0 pouvoir venir, parce que les autres n\u2019ont m\u00eame plus du carburant\u00bb, fait-il savoir.<\/p>\n<p>En plus des trois personnes qui travaillent dans son atelier, Mamadou Diakit\u00e9 a aussi embauch\u00e9 une secr\u00e9taire qui s\u2019occupe de la vente. \u00abEntre mon personnel, la location de l\u2019atelier et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, toute ma petite \u00e9conomie s\u2019est effondr\u00e9e. Maintenant on vit au jour le jour sans salaire pour qui que ce soit \u00bb, rumine-t-il. L\u2019administration du VAO n\u2019est pas non plus \u00e9pargn\u00e9e par la crise, parce qu\u2019elle fonctionne principalement sur la base des recettes de loyers. \u00ab Du fait de la crise, nous avons fait deux mois sans salaire, \u00e9tant donn\u00e9 que les artisans n\u2019arrivent pas \u00e0 s\u2019acquitter des redevances d\u2019exploitation. Nous sommes \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 40 millions F CFA d\u2019impay\u00e9s alors que c\u2019est cet argent que nous utilisons pour le fonctionnement de l\u2019administration \u00bb, explique le gestionnaire du Village, Maurice Sama.<br \/>Les artisans se consid\u00e8rent donc comme les oubli\u00e9s de la nation, parce qu\u2019aucun don, aucun accompagnement ne leur est parvenu jusque-l\u00e0.<\/p>\n<p>Pour les accompagner, l\u2019administration a envoy\u00e9 des requ\u00eates dans plusieurs structures, comme le Conseil r\u00e9gional du Centre, la mairie centrale et celle de l\u2019arrondissement n\u00b05 de Ouagadougou (Bogodogo), le minist\u00e8re du Commerce, de l\u2019Industrie et de l\u2019Artisanat et l\u2019ambassade du Grand-duch\u00e9 de Luxembourg. \u00ab Finalement, c\u2019est le Grand-duch\u00e9 de Luxembourg qui leur est venu en aide avec 80 sacs de 50 kg de riz, 80 bidons de 5 litres d\u2019huile et 1000 cache-nez. De plus, il a d\u00e9cid\u00e9 de prendre en charge trois mois de loyers des 80 ateliers. L\u2019administration du VAO va assurer trois mois d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, en plus. Tout cela, c\u2019est pour leur permettre de se relancer \u00bb,<br \/>note-t-il.<\/p>\n<p>Des mesures gouvernementales attendues<\/p>\n<p>L\u2019administration et les artisans esp\u00e8rent alors des mesures gouvernementales pour all\u00e9ger les effets de la COVID-19. Ainsi, Mamadou Diakit\u00e9 nourrit l\u2019espoir que les artisans b\u00e9n\u00e9ficieront de pr\u00eats bancaires par le biais du VAO qui est une structure formelle, pour relancer leurs activit\u00e9s. Si les acheteurs ne viennent pas, Zacharie Balma propose, pour sa part, que les artisans aillent vers eux. \u00ab Mon souhait est que d\u00e8s que les fronti\u00e8res seront rouvertes, que l\u2019Etat nous facilite l\u2019obtention des documents de sortie du territoire notamment les visas \u00bb, laisse-t-il entendre.<\/p>\n<p>La directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019artisanat, M\u00e9da Sylvie, rassure qu\u2019au niveau du minist\u00e8re en charge de l\u2019artisanat, des commissions planchent sur l\u2019op\u00e9rationnalisation des mesures du chef de l\u2019Etat pour formuler des propositions \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 en vue de relancer l\u2019\u00e9conomie. \u00ab Le secteur de l\u2019artisanat pourrait \u00eatre pris en compte dans cette dynamique \u00bb, note-t-elle. Pour sa part, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Chambre des m\u00e9tiers de l\u2019artisanat du Burkina, Seydou Tou, a indiqu\u00e9 qu\u2019une enqu\u00eate d\u2019opinion diligent\u00e9e a permis de recenser les difficult\u00e9s des acteurs. Ces difficult\u00e9s, conclut-il, ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9es en vue d\u2019\u00eatre r\u00e9sorb\u00e9es par les mesures annonc\u00e9es par le pr\u00e9sident du Faso. M. Tou demande donc un peu de patience aux artisans, le temps d\u2019op\u00e9rationnaliser ces mesures.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Jean-Marie TOE<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_31_c48 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-22415\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Bandeau-paiement-mobile-site.png\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: DD. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/06\/24\/village-artisanal-de-ouagadougou-quand-la-covid-19-plombe-les-affaires\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie du coronavirus a impact\u00e9 presque tous les secteurs d\u2019activit\u00e9s au Burkina Faso. D\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s au manque de touristes du fait de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, les artisans du Village artisanal de Ouagadougou (VAO), au nombre de 500, broient du noir avec la fermeture des fronti\u00e8res \u00e0 cause de la COVID-19. Lundi 15 juin 2020. 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