{"id":90694,"date":"2020-06-30T06:00:00","date_gmt":"2020-06-30T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lagriculture-saharienne-pourrait-elle-combler-le-deficit-en-produits-alimentaires-strategiques-des-algeriens\/"},"modified":"2020-06-30T06:00:00","modified_gmt":"2020-06-30T10:00:00","slug":"lagriculture-saharienne-pourrait-elle-combler-le-deficit-en-produits-alimentaires-strategiques-des-algeriens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lagriculture-saharienne-pourrait-elle-combler-le-deficit-en-produits-alimentaires-strategiques-des-algeriens\/","title":{"rendered":"L\u2019agriculture saharienne pourrait-elle combler le d\u00e9ficit en produits alimentaires strat\u00e9giques des Alg\u00e9riens ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"c4\"><em><strong>Par Dr Bachir Chara(*)<\/strong><\/em><br \/>De pays exportateur de produits agricoles, l\u2019Alg\u00e9rie est devenue, au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, un grand importateur de produits alimentaires. Les d\u00e9penses effectu\u00e9es par le pays au cours des ann\u00e9es 2017 et 2018, communiqu\u00e9es par les services des douanes et reprises par l\u2019APS, sont r\u00e9v\u00e9latrices de cette inqui\u00e9tante situation.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c4\">On constate que l\u2019Alg\u00e9rie a mobilis\u00e9 respectivement 8,438 et 8,573 milliards de dollars pour les ann\u00e9es 2017 et 2018 pour l\u2019importation de produits alimentaires. Les produits c\u00e9r\u00e9aliers occupent une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans ces importations avec 3,1 milliards de dollars en 2018, soit 36,16% de l\u2019enveloppe globale. Les besoins en produits c\u00e9r\u00e9aliers sont en continuelle augmentation, ils ont repr\u00e9sent\u00e9 une progression de 10,65% en 2018 par rapport \u00e0 2017, soit 330 millions de dollars. M\u00eame si durant le premier trimestre 2019 un l\u00e9ger recul a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 sur les importations de produits alimentaires par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode de 2018, \u00e0 la suite des restrictions impos\u00e9es par les pouvoirs publics qui ont interdit l\u2019importation de huit cents produits alimentaires. Ces chiffres montrent combien il est urgent pour le pays de trouver des solutions \u00e0 m\u00eame de r\u00e9duire cette d\u00e9pendance alimentaire vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9tranger.<br \/>L\u2019\u00e9pisode du coronavirus, qui a vu toutes les nations, de peur de voir la pand\u00e9mie durer dans le temps, garder leurs stocks de produits alimentaires pour leurs populations respectives ; les difficult\u00e9s de trouver des produits alimentaires sur le march\u00e9 international et les probl\u00e8mes qu\u2019on trouve pour les acheminer, en raison de la fermeture des fronti\u00e8res terrestres, a\u00e9riennes et maritimes dans la majorit\u00e9 des pays, nous imposent, en tant qu\u2019Alg\u00e9riens et en perspective d\u2019autres situations similaires, de retrousser nos manches pour produire localement ce dont notre peuple aura besoin en pareilles circonstances.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Comment y parvenir\u00a0<\/strong><br \/>La premi\u00e8re action consiste \u00e0 arr\u00eater l\u2019empi\u00e9tement sur les terres agricoles, surtout celles \u00e0 haut potentiel. Pratique qui a produit un v\u00e9ritable massacre sur les terres agricoles au cours des trente-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1980 s\u2019est produite une v\u00e9ritable saign\u00e9e sur les terres agricoles se trouvant au voisinage des grandes villes du pays qui ont chang\u00e9 de statut au moment o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans le Plan directeur d\u2019am\u00e9nagement urbain (PDAU). Des milliers d\u2019hectares du littoral, ant\u00e9rieurement utilis\u00e9s pour les cultures mara\u00eech\u00e8res de primeur, dont leurs produits remplissaient, dans le pass\u00e9, les \u00e9tals des plus grands march\u00e9s de gros d\u2019Europe, notamment fran\u00e7ais, ont ainsi \u00e9t\u00e9 engloutis par le b\u00e9ton et l\u2019asphalte. La d\u00e9cennie noire qui a suivi a \u00e9galement sa part de responsabilit\u00e9 dans le r\u00e9tr\u00e9cissement de la SAU \u00e0 la suite d\u2019un exode rural sans pr\u00e9c\u00e9dent qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de l\u2019installation de bidonvilles dans le voisinage des grandes agglom\u00e9rations et encore une fois sur des terres agricoles.\u00a0<br \/>La population des villes est pass\u00e9e de 3,8% en 1962 \u00e0 70% de nos jours (d\u00e9claration de Malika Maameri, directrice de la politique de la ville au minist\u00e8re de l\u2019Habitat, de l\u2019Urbanisme et de la Ville, le 21 f\u00e9vrier 2018, dans l\u2019\u00e9mission \u00abL\u2019invit\u00e9 de la r\u00e9daction\u00bb de la radio Cha\u00eene 3) d\u2019o\u00f9 un besoin \u00e9norme en logements.\u00a0<br \/>Il faut \u00e9galement noter que le d\u00e9mant\u00e8lement des domaines autog\u00e9r\u00e9s, introduit par l\u2019application de la loi 87-19 du 8 d\u00e9cembre 1987, qui a d\u00e9membr\u00e9 les grandes exploitations (domaines autog\u00e9r\u00e9s) en EAC (Exploitations agricoles collectives) et des EAI (Exploitations agricoles individuelles), install\u00e9es sur de moyennes \u00e0 petites surfaces, a\u00a0 contribu\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9duction de la SAU.\u00a0<br \/>En effet, ne pouvant supporter les charges \u00e9lev\u00e9es de la m\u00e9canisation et l&rsquo;intensification des cultures, surtout en l&rsquo;absence de cr\u00e9dits bancaires, du fait que les agriculteurs ne disposaient pas d&rsquo;actes de propri\u00e9t\u00e9, pr\u00e9alable pour les banques pour d\u00e9bloquer les cr\u00e9dits, certains \u00abagriculteurs\u00bb se sont d\u00e9sist\u00e9s au profit des municipalit\u00e9s pour la cr\u00e9ation de nouveaux lotissements, provoquant la disparition compl\u00e8te d\u2019anciens domaines autog\u00e9r\u00e9s. Ce d\u00e9cha\u00eenement sur l\u2019extraction des terres agricoles s\u2019est poursuivi avec une cadence extraordinaire et sans aucune retenue au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies avec la mise en place d\u2019infrastructures routi\u00e8res, dont le trac\u00e9 aurait pu \u00e9viter certaines surfaces si on n\u2019avait pas choisi les solutions de facilit\u00e9.<br \/>Le clou a \u00e9t\u00e9 enfonc\u00e9 avec la r\u00e9alisation du programme de trois millions de logements du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, dont les autorit\u00e9s charg\u00e9es de trouver les assiettes fonci\u00e8res ont jet\u00e9 leur d\u00e9volu et sans retenue \u00e9galement sur les terres agricoles.\u00a0 \u00a0<br \/>Il faut absolument mettre fin \u00e0 cette dynamique d\u00e9vastatrice des terres agricoles que rien ne pourrait remplacer, m\u00eame celles du Grand Sud alg\u00e9rien, qui offrent quelques possibilit\u00e9s mais ne pourraient avoir le potentiel des terres du nord du pays. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 prendre exemple sur les autres pays qui n\u2019affectent les terres de leurs plaines qu\u2019aux travaux agricoles. Leurs infrastructures industrielles et urbaines sont, la plupart du temps, r\u00e9alis\u00e9es sur des terres marginales, situ\u00e9es, le plus souvent, au niveau des reliefs.\u00a0<br \/>Par contre, en Alg\u00e9rie, surtout durant les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, les activit\u00e9s industrielles ont impact\u00e9 les terres agricoles, au grand dam des v\u00e9ritables agriculteurs, ce qui a \u00e9t\u00e9 permis gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9 de certains d\u00e9cideurs locaux et nationaux. Une tourn\u00e9e rapide dans la Mitidja et sur le littoral alg\u00e9rois permettra, \u00e0 celui qui veut, de se rendre compte de ces actes qu\u2019on peut qualifier de criminels.<br \/>\u00c0 ce propos, il faut souligner que la surface agricole totale de l\u2019Alg\u00e9rie est estim\u00e9e \u00e0 48 673 240 d\u2019hectares, soit 20,44% de la surface totale du pays ; par contre, la surface agricole utile n\u2019\u00e9tait que de 8,458 millions d\u2019hectares, statistiques du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture de 2008 (Abdelmalek Ahmed Ali, \u00abLa l\u00e9gislation fonci\u00e8re agricole en Alg\u00e9rie et les formes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la terre\u00bb, Montpellier Ciheam options m\u00e9diterran\u00e9ennes : s\u00e9rie B, \u00e9tudes et recherches ; N\u00b066, 2011). La question que l\u2019on peut se poser : ces chiffres refl\u00e8tent-ils la r\u00e9alit\u00e9 du moment sachant que le dernier Recensement g\u00e9n\u00e9ral agricole (RGA) remonte \u00e0 2001 ? Les empi\u00e9tements qui n\u2019ont cess\u00e9 depuis ont tr\u00e8s certainement r\u00e9duit la SAU de plusieurs centaines de milliers d\u2019hectares de terres \u00e0 tr\u00e8s haut potentiel agricole, comme celles de la Mitidja, du littoral alg\u00e9rois, des plaines du Haut-Cheliff, de la Mina (Relizane), des hautes plaines s\u00e9tifiennes et constantinoises, de la plaine du Seybouse et autres, que seul un recensement rigoureux des terres agricoles, report\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, pourrait \u00e9valuer.\u00a0<br \/>La deuxi\u00e8me action qui semble n\u00e9cessaire \u00e0 entreprendre consisterait en une refonte de la politique agricole du pays. Comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les terres agricoles du domaine priv\u00e9 de l\u2019\u00c9tat ont \u00e9t\u00e9 morcel\u00e9es et mises \u00e0 la disposition, dans le cadre de la loi 87-19 du 8 d\u00e9cembre 1987, des travailleurs permanents des domaines autog\u00e9r\u00e9s et de beaucoup d\u2019autres personnes qui n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec le travail de la terre.\u00a0<br \/>Cette r\u00e9partition ob\u00e9issait \u00e0 des r\u00e8gles d\u00e9finies dans la loi pr\u00e9cit\u00e9e qui n\u2019ont pas tenu compte des capacit\u00e9s et de l\u2019engagement de chacun de travailler la terre. Du jour au lendemain, les terres, qui \u00e9taient cultiv\u00e9es dans un cadre collectif, tenant compte des progr\u00e8s techniques et scientifiques, se sont retrouv\u00e9es entre les mains de personnes qui, parfois, n\u2019avaient ni les moyens mat\u00e9riels et financiers, ni l\u2019engouement pour les travailler, ni les qualifications techniques requises pour r\u00e9pondre aux objectifs assign\u00e9s par l\u2019article 1 de la loi 87-19 du 8 d\u00e9cembre 1987, \u00e0 savoir :\u00a0<br \/>&#8211; assurer l\u2019exploitation optimale des terres agricoles ;\u00a0<br \/>&#8211; augmenter la production et la productivit\u00e9 dans le but de satisfaire les besoins alimentaires de la population et les besoins de l\u2019\u00e9conomie nationale.\u00a0<br \/>Commence alors une descente aux enfers de l\u2019agriculture alg\u00e9rienne, m\u00eame si certains responsables du secteur clament haut et fort que l\u2019activit\u00e9 agricole se porte bien dans le pays. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 voir les terres qui sont laiss\u00e9es en jach\u00e8re, les plantations arboricoles qui ont disparu de la carte, le manque d\u2019entretien des vergers arboricoles et leur d\u00e9p\u00e9rissement, les vignobles arrach\u00e9s exposant les terres \u00e0 l\u2019\u00e9rosion \u00e9olienne, l\u2019augmentation de la salinit\u00e9 des sols \u00e0 la suite de la destruction des canaux de drainage (exemple : plaine de la Mina et de Mohammadia dans l\u2019Ouest alg\u00e9rien) pour ne citer que celles-l\u00e0. Cette situation est la r\u00e9sultante du laisser-aller de certains ouvriers permanents des domaines autog\u00e9r\u00e9s d\u2019hier, devenus milliardaires aujourd\u2019hui, qui se sont mis \u00e0 louer la terre au lieu de la travailler et \u00e0 vendre sur pied ses produits \u00e0 des maquignons peu regardants sur les pratiques culturales et l\u2019entretien des vergers.\u00a0<br \/>Le seul souci de ces derniers est d\u2019en tirer le plus grand profit, m\u00eame si cela conduit \u00e0 l\u2019\u00e9puisement des sols et la d\u00e9t\u00e9rioration du patrimoine arboricole. La r\u00e9colte avant maturit\u00e9 des fruits, devenue une habitude ces derni\u00e8res ann\u00e9es, pour la mettre sur le march\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re pr\u00e9coce afin d\u2019obtenir de meilleurs prix, est l\u2019une de ces pratiques qui affaiblissent l\u2019arbre et conduisent \u00e0 son d\u00e9p\u00e9rissement, sans pour autant fournir au consommateur un produit de qualit\u00e9.\u00a0<br \/>Le peu d\u2019investissements pour moderniser et intensifier la production agricole, le manque d\u2019eau, qui a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 pour les projets industriels, additionn\u00e9 au manque de main-d\u2019\u0153uvre et au vieillissement des agriculteurs b\u00e9n\u00e9ficiaires de la r\u00e9forme introduite par la loi 87-19 du 8 d\u00e9cembre 1987 ainsi que le non-respect des itin\u00e9raires techniques des diff\u00e9rentes cultures (travaux des sols, engraissement et amendement de ces derniers, taille des arbres, traitements phytosanitaires, utilisation de semences hybrides \u00e0 haut potentiel, r\u00e9colte des produits dans les d\u00e9lais requis) ont fait que les rendements restent relativement faibles (exemple un hectare de tomate sous serre utilisant des vari\u00e9t\u00e9s hybrides peut fournir jusqu\u2019\u00e0 2 500 quintaux par hectare alors que dans les m\u00eames conditions, avec des semences ordinaires, il ne produira que 400 \u00e0 500 quintaux\/hectare).\u00a0<br \/>La loi num\u00e9ro 08-16 du 3 ao\u00fbt 2008 portant orientation agricole et la loi 10-03 du 15 ao\u00fbt 2010 fixant les conditions et les modalit\u00e9s d&rsquo;exploitation des terres agricoles du domaine priv\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat ont essay\u00e9 d&rsquo;apporter des solutions au probl\u00e8me de d\u00e9pendance alimentaire auquel le pays est confront\u00e9 mais n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivies de r\u00e9sultats notables en raison des lourdeurs administratives et des blocages des institutions financi\u00e8res. \u00c0 ces contraintes s\u2019ajoute le fait que depuis la nouvelle r\u00e9forme qui a d\u00e9membr\u00e9 les domaines autog\u00e9r\u00e9s, l\u2019\u00c9tat n\u2019avait plus aucune emprise sur la politique de production agricole du pays. Les cultures d\u2019importance strat\u00e9gique ont souvent laiss\u00e9 place aux sp\u00e9culations, plus lucratives.\u00a0<br \/>La culture des c\u00e9r\u00e9ales, moins r\u00e9mun\u00e9ratrice, a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e, dans certaines r\u00e9gions, par d\u2019autres sp\u00e9culations d\u00e9gageant plus de profits, telles que le melon, la past\u00e8que, le\u00a0 raisin de table et la pomme de terre pour lesquels l\u2019Alg\u00e9rie d\u00e9gage aujourd\u2019hui un exc\u00e9dent.\u00a0<br \/>Notant toutefois que les semences de pomme de terre, de melon et de past\u00e8que sont toujours import\u00e9es de l\u2019\u00e9tranger et \u00e0 des prix forts.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c4\">C\u2019est cette libert\u00e9 dont disposent, de nos jours, les agriculteurs, install\u00e9s sur des terres publiques, qui fait que les plans de cultures ne favorisent nullement la production de denr\u00e9es strat\u00e9giques telles que les bl\u00e9s (dur\u00a0 et tendre) et l\u2019orge. Comment inverser cette tendance ? Plusieurs solutions peuvent \u00eatre envisag\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>1- L\u2019\u00c9tat doit faire valoir ses droits de pr\u00e9emption\u00a0<\/strong><br \/>La loi n\u00b010-03 du 15 ao\u00fbt 2010 fixant les conditions et les modalit\u00e9s d\u2019exploitation des terres agricoles du domaine priv\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00e9tablit dans son article 13 que le droit de concession est cessible, transmissible et saisissable. Elle \u00e9nonce \u00e9galement dans son article 22 que les exploitants concessionnaires sont tenus de conduire directement et personnellement leur exploitation agricole.\u00a0<br \/>L\u2019article 23 de la m\u00eame loi pr\u00e9cise que la gestion de l\u2019exploitation et la pr\u00e9servation des terres agricoles et des biens superficiaires y rattach\u00e9s conc\u00e9d\u00e9s doivent \u00eatre assur\u00e9es de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re, permanente et conforme aux dispositions de la l\u00e9gislation en vigueur, \u00e0 celles de la pr\u00e9sente loi, ainsi qu\u2019aux clauses, prescriptions et obligations fix\u00e9es par le cahier des charges cit\u00e9 \u00e0 l\u2019article 4 de la loi et aux obligations conventionnelles pr\u00e9vues dans son article 22.\u00a0<br \/>En outre, l\u2019article 26 de la loi 10-03 du 15 ao\u00fbt 2010 d\u00e9termine les raisons qui peuvent mettre fin \u00e0 la concession, notamment son alin\u00e9a 3, qui stipule que la dur\u00e9e du droit de concession prend fin par suite d\u2019un manquement aux obligations du concessionnaire. Dans un tel cas, les terres conc\u00e9d\u00e9es ainsi que les biens superficiaires sont repris par l\u2019\u00c9tat, dans la situation o\u00f9 ils se trouvent. Les manquements aux obligations de l\u2019exploitant concessionnaire sont pr\u00e9cis\u00e9s dans l\u2019article 29. Il s\u2019agit de : &#8211; d\u00e9tournement de la vocation agricole des terres et\/ou des biens superficiaires ;\u00a0<br \/>&#8211; non-exploitation des terres et\/ou des biens superficiaires durant une p\u00e9riode d\u2019une ann\u00e9e ;<br \/>&#8211; sous-location des terres et\/ou des biens superficiaires ;<br \/>&#8211; non-paiement de la redevance \u00e0 l\u2019issue de deux ann\u00e9es cons\u00e9cutives. Ces manquements doivent \u00eatre d\u00fbment constat\u00e9s par un huissier de justice comme mentionn\u00e9 dans l\u2019article 28 de la loi.\u00a0<br \/>Un recensement des terres priv\u00e9es de l\u2019Etat permettra de mettre en \u00e9vidence tous les manquements cit\u00e9s plus haut, location des terres, vente sur pied, utilisation des terres agricoles \u00e0 des fins industrielles, commerciales (salles des f\u00eates, locaux commerciaux), habitations, complexes sportifs, activit\u00e9s de loisir et autres.<br \/>L\u2019immobilisme du secteur face \u00e0 cette situation de plus en plus catastrophique a encourag\u00e9 de telles pratiques. On est en droit de se poser la question de ce que font les structures d\u00e9concentr\u00e9es et d\u00e9centralis\u00e9es du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, du d\u00e9veloppement rural et de l\u2019agronomie saharienne.\u00a0 Quel est leur plan de charge si ce n\u2019est veiller \u00e0 la pr\u00e9servation du patrimoine agricole du pays et son d\u00e9veloppement ?<br \/>Si les surfaces agricoles utiles du secteur priv\u00e9 se maintiennent et accueillent d\u2019importants investissements productifs, alors que celles du secteur public s\u2019effilochent de jour en jour, bien qu\u2019elles constituent les meilleures terres que l\u2019Alg\u00e9rie poss\u00e8de. Pour arr\u00eater une telle catastrophe, l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien doit r\u00e9agir pour\u00a0 \u00a0 pr\u00e9server le patrimoine et garantir une certaine s\u00e9curit\u00e9 alimentaire pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. Deux possibilit\u00e9s peuvent \u00eatre envisag\u00e9es. La premi\u00e8re consisterait \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 un remembrement des exploitations pour les rendre plus fiables, pouvant accueillir des investissements \u00e0 m\u00eame de valoriser leur potentiel, tout en pr\u00e9servant le patrimoine et l\u2019utiliser pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des Alg\u00e9riens. Dans ce sens, une nouvelle r\u00e9forme est n\u00e9cessaire, voire indispensable.\u00a0<br \/>La deuxi\u00e8me solution, plus radicale, et demandant une grande volont\u00e9 politique, consisterait tout simplement \u00e0 privatiser la terre, avec un cahier des charges contraignant allant dans le sens de la sacralisation de la terre et que tout manquement pourrait conduire son auteur \u00e0 de graves sanctions p\u00e9cuniaires et p\u00e9nales.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>2- Mettre fin au laxisme de l\u2019\u00c9tat\u00a0<\/strong><br \/>Le silence de l\u2019\u00c9tat doit laisser place au purisme recherch\u00e9 pour b\u00e2tir une agriculture nourrici\u00e8re pouvant r\u00e9pondre aux besoins alimentaires des citoyens en p\u00e9riodes de crise financi\u00e8re et de pand\u00e9mie. Pour ce faire, l\u2019agriculteur alg\u00e9rien ne doit compter que sur ses capacit\u00e9s, ne pas se confiner dans ses habitudes traditionnelles du travail de la terre, moderniser ses outils de production dans le cadre d\u2019une agriculture int\u00e9gr\u00e9e, pr\u00e9server les terres pour les g\u00e9n\u00e9rations futures et surtout d\u00e9velopper les cultures strat\u00e9giques dont le pays a besoin. Le financement de l\u2019agriculture et les aides octroy\u00e9es par l\u2019\u00c9tat doivent s\u2019inscrire dans cette dynamique et non permettre la sp\u00e9culation comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas avec l\u2019aide fournie par l\u2019\u00c9tat pour augmenter la capacit\u00e9 de stockage et de conservation des denr\u00e9es alimentaires et des semences, qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9es de leurs objectifs et sont maintenant utilis\u00e9es pour cr\u00e9er la p\u00e9nurie et booster les prix qui sont devenus inaccessibles, m\u00eame pour les bourses moyennes.\u00a0<br \/>L\u2019\u00c9tat doit \u00e9galement avoir une attitude ferme vis-\u00e0-vis de certains maquignons qui se permettent de jeter dans les d\u00e9charges publiques les produits alimentaires pour diminuer l\u2019offre sur le march\u00e9 et maintenir les prix \u00e0 des niveaux \u00e9lev\u00e9s, ce qui est anti- \u00e9conomique et anti-social. Cela a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement le cas pour certaines ressources halieutiques, comme la sardine, poisson des classes pauvres, dont d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s p\u00each\u00e9es sont remises \u00e0 la mer pour ne pas faire jouer la loi de l\u2019offre et de la demande.<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>3- Remettre en place les fermes- pilotes \u00e0 des fins de vulgarisation, de recherche et de production de semences<\/strong><br \/>Comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, l\u2019importation de semences potag\u00e8res est devenue une pratique incontournable, qui engage de fortes sommes en devises que le pays mobilise pour leur acquisition. Cela est encore aggrav\u00e9 par l\u2019inertie du secteur de la recherche malgr\u00e9 la pl\u00e9thore d\u2019instituts de recherche et de d\u00e9veloppement agronomique. L\u2019exemple de la pomme de terre dont l\u2019Alg\u00e9rie importe 120 000 \u00e0 150 000 tonnes de classe E n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019emblavement des superficies affect\u00e9es annuellement \u00e0 cette sp\u00e9culation et qui co\u00fbtent entre 95 \u00e0 100 millions de dollars au pays (d\u00e9claration de Abdelkader Bouazghi, ex-ministre de l\u2019Agriculture, du D\u00e9veloppement rural et de la P\u00eache, le 18 d\u00e9cembre 2018 \u00e0 Guelma, lors d\u2019une visite \u00e0 la ferme-pilote Richi-Abdelmadjid) est assez significatif. Les r\u00e9sultats souhait\u00e9s avec la cr\u00e9ation de la soci\u00e9t\u00e9 Sagrodev de S\u00e9tif-Guellal, filiale du groupe Gvapro, qui est cens\u00e9e fournir les mini-tubercules de classe G Z\u00e9ro (G0) et leur multiplication pour obtenir des tubercules de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration G1 afin de les utiliser dans cinq exploitations r\u00e9parties \u00e0 travers le territoire national, qui semblaient r\u00e9unir les conditions de production free virus, de tubercules de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, repr\u00e9sentant la semence de type E que l\u2019Alg\u00e9rie importe, restent hypoth\u00e9tiques. M\u00eame les objectifs assign\u00e9s \u00e0 cette op\u00e9ration, \u00e0 savoir la production de 60 000 tonnes de pomme de terre de classe E pour 2021 (d\u00e9claration du directeur de la ferme-pilote Richi-Abdelmadjid, Brahim Boucetha), objectif qui reste d\u2019ailleurs \u00e0 concr\u00e9tiser, est loin de combler les besoins annuels des agriculteurs pour cette sp\u00e9culation.\u00a0<br \/>Il faut souligner que ces initiatives de production de la semence de pomme terre remontent au milieu des ann\u00e9es 1990 et qu\u2019\u00e0 ce jour nous n&rsquo;en sommes qu&rsquo;aux premiers balbutiements. Que dire des autres semences potag\u00e8res pour lesquelles aucune initiative n\u2019est prise par les instituts de recherche et de d\u00e9veloppement. Quelle recherche doivent-ils faire si ce n\u2019est d\u00e9velopper des vari\u00e9t\u00e9s hybrides \u00e0 haut rendement, r\u00e9sistantes aux maladies et adapt\u00e9es aux conditions \u00e9cologiques locales. Ont-ils les capacit\u00e9s mat\u00e9rielles et intellectuelles pour ce faire ? Cela n\u2019est probablement pas le cas, mais il faudrait que l\u2019\u00c9tat mobilise des moyens financiers pour mettre \u00e0 niveau les comp\u00e9tences et introduire les \u00e9quipements n\u00e9cessaires \u00e0 la production de semences ;\u00a0 \u00a0mieux vaut tard que jamais. Les th\u00e8mes de recherche que l\u2019\u00c9tat finance doivent r\u00e9pondre \u00e0 des objectifs strat\u00e9giques du pays et les chercheurs qui les prennent en charge doivent \u00eatre tenus de fournir des r\u00e9sultats.\u00a0<br \/>La vulgarisation doit constituer la cheville ouvri\u00e8re pour la production agricole et cela d\u2019autant plus que la grande majorit\u00e9 de ce qui\u00a0 reste des exploitants des terres priv\u00e9es de l\u2019\u00c9tat sont peu regardants sur les techniques et les avanc\u00e9es technologiques en mati\u00e8re de production et se contentent de continuer \u00e0 travailler la terre de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019ils le faisaient il y a trente ou quarante ans. M\u00eame les enfants de ceux qui ont quitt\u00e9 ce monde et qui ont repris les exploitations de leurs parents ne sont pas suffisamment outill\u00e9s pratiquement et intellectuellement pour embrasser une carri\u00e8re d\u2019agriculteur s\u2019ils ne sont pas encadr\u00e9s par des institutions sp\u00e9cialis\u00e9es.\u00a0<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>4- Am\u00e9liorer le rendement des cultures<\/strong><br \/>Le rendement des cultures en sec, notamment celui des c\u00e9r\u00e9ales cultiv\u00e9es dans le Tell, les Hauts-Plateaux et les hautes plaines steppiques du pays, est d\u00e9termin\u00e9 par le volume des pr\u00e9cipitations et leur r\u00e9partition spatio-temporelle.\u00a0<br \/>La variabilit\u00e9 des pluies intra et inter-annuelle qui caract\u00e9rise les zones de production pr\u00e9cit\u00e9es constitue un handicap majeur pour les esp\u00e8ces c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res d\u2019exprimer leur enti\u00e8re potentialit\u00e9, cela d\u2019autant plus que g\u00e9n\u00e9ralement le d\u00e9ficit hydrique intervient en deux p\u00e9riodes, la premi\u00e8re se situant en octobre-novembre, au moment des semis et entra\u00eene souvent des \u00e9checs en mati\u00e8re de germination des graines, et la seconde en mars-avril, p\u00e9riode correspondant aux phases tallage, montaison et \u00e9piaison des bl\u00e9s et de l\u2019orge, ce qui se r\u00e9percute sur le nombre de talles en le r\u00e9duisant, les difficult\u00e9s de formation des \u00e9pis et des \u00e9pillets et le grossissement des grains.\u00a0<br \/>Cette contrainte climatique d\u00e9termine donc le niveau des rendements de ses sp\u00e9culations. Une bonne ann\u00e9e c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re correspond donc \u00e0 une pluviom\u00e9trie r\u00e9guli\u00e8re et bien r\u00e9partie dans l\u2019espace et dans le temps. Mais eu \u00e9gard aux caprices du climat m\u00e9diterran\u00e9en, qui n\u2019assure pas cette r\u00e9gularit\u00e9 spatio-temporelle, il est souhaitable d\u2019avoir des alternatives de rechange qui permettent de proc\u00e9der aux irrigations d\u2019appoint pendant les p\u00e9riodes de stress hydrique. Comment y parvenir ? Deux possibilit\u00e9s :\u00a0<br \/>1- mobiliser une partie des eaux des barrages pour l\u2019irrigation des cultures, faudrait-il que les agriculteurs suivent, en se dotant des \u00e9quipements n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019irrigation dans les grandes \u00e9tendues c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et que les barrages soient suffisamment aliment\u00e9s par les eaux de pluie pour couvrir les besoins en eau des populations et de l\u2019agriculture. Toujours est-il que d\u2019importants investissements sont n\u00e9cessaires pour l\u2019adduction de l\u2019eau jusqu\u2019aux surfaces c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res ;\u00a02- la cr\u00e9ation de\u00a0 retenues collinaires dans les endroits qui s\u2019y pr\u00eatent et qui soient proches des exploitations c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. Cette possibilit\u00e9 offre plusieurs avantages, notamment la proximit\u00e9 des exploitations, la faiblesse des investissements, l\u2019augmentation des capacit\u00e9s de stockage des eaux pluviales, qui d\u2019habitude se d\u00e9versent dans la mer, et l\u2019augmentation substantielle de la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re avec une r\u00e9duction non n\u00e9gligeable des co\u00fbts de production.<br \/>Dans la situation actuelle, avec les 3 \u00e0 3,5 millions d\u2019hectares de SAU r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la c\u00e9r\u00e9aliculture et un rendement moyen de 13,5 quintaux \u00e0 l\u2019hectare en conditions favorables, la production annuelle atteindrait 40,5 \u00e0 47,25 millions de quintaux et ne pourrait, par cons\u00e9quent, satisfaire que 40 \u00e0 60% des besoins alimentaires de la population alg\u00e9rienne qui se chiffrent \u00e0 plus de 80 millions de quintaux par an. Il faut donc arriver \u00e0 avoir une moyenne de 23 \u00e0 25 quintaux par hectare pour atteindre l\u2019objectif de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en produits c\u00e9r\u00e9aliers. Les zones sud du pays peuvent offrir l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019augmenter la surface agricole utile de quelques centaines de milliers d\u2019hectares, faudrait-il qu\u2019ils soient utilis\u00e9s pour la production de c\u00e9r\u00e9ales, car pour le moment les cultures mara\u00eech\u00e8res occupent une place de choix, ce qui n\u2019est pas une mauvaise chose, vu que cela a permis d\u2019atteindre une autosuffisance en certains produits mara\u00eechers, notamment la pomme de terre de consommation, bien que les rendements doivent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9s et les prix \u00e0 la consommation r\u00e9duits. Toutefois, l\u2019exp\u00e9rience tent\u00e9e durant la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1980 dans une ferme-pilote \u00e0 Gassi Touil, sud de Hassi Messaoud (wilaya de Ouargla) sur 2 000 hectares (Daniel Dubost, \u00abLe bl\u00e9 du Sahara peut-il contribuer \u00e0 l\u2019autosuffisance de l\u2019Alg\u00e9rie\u00bb, bulletin de l\u2019Association des g\u00e9ographes fran\u00e7ais, 1991), si elle \u00e9tait prometteuse en mati\u00e8re de rendement (90 \u00e0 100 quintaux par hectare durant les premi\u00e8res ann\u00e9es), elle a vite \u00e9chou\u00e9. Apr\u00e8s le d\u00e9part des Am\u00e9ricains associ\u00e9s au projet, le rendement a vite chut\u00e9 pour se situer autour de 30 quintaux par hectare, ce qui n\u2019\u00e9tait plus rentable du fait des moyens consid\u00e9rables que cela mobilisait.\u00a0<br \/>Cette baisse du rendement \u00e9tait d\u00fb principalement \u00e0 :<br \/>&#8211; l\u2019utilisation de semences sales, fournies par l\u2019OAIC et provenant des exploitations du nord du pays, donc souvent associ\u00e9es \u00e0 une multitude de graines de mauvaises herbes, telles le ray gras, le phallaris, la moutarde des champs, la folle avoine et d\u2019autres esp\u00e8ces. Se retrouvant dans des milieux aussi vierges que ceux des zones sahariennes, ces mauvaises herbes ont rapidement colonis\u00e9 les surfaces d\u2019emblavures et concurrenc\u00e9 les c\u00e9r\u00e9ales cultiv\u00e9s ;\u00a0<br \/>&#8211; l\u2019absence d\u2019amendements : les sols des zones sahariennes \u00e9tant squelettiques, \u00e0 texture sablonneuse et structure l\u00e9g\u00e8re donc \u00e0 faible capacit\u00e9 de r\u00e9tention et facilement lessivable, pour lesquels il fallait apporter des engrais chimiques lors de chaque mise en culture et durant le d\u00e9veloppement v\u00e9g\u00e9tatif des plantes, n\u00e9cessitant par cons\u00e9quent un itin\u00e9raire technique strict, qui n\u2019\u00e9tait pas respect\u00e9.<br \/>Les exp\u00e9riences r\u00e9centes dans les wilaya de Ouargla (Ngoussa, Gassi Touil, Sidi Khouiled, Ouargla, El Hedjira et Touggourt) sur 2 600 ha en 2020 et des pr\u00e9visions de r\u00e9coltes de 38,5 quintaux en moyenne par hectare, soit un total de 100 000 quintaux et dans le sud de la wilaya de Gharda\u00efa sur une surface emblav\u00e9e de\u00a0 8 098 hectares en 2019-2020 avec une \u00e9volution de 17,12% d\u2019emblavement par rapport \u00e0 2018 et un rendement moyen attendu de 50 quintaux par hectare pour le bl\u00e9 dur (6 957 ha), 70 quintaux\/hectare pour le bl\u00e9 tendre (188 ha) et 40 q\/ha pour l\u2019orge (953 ha) (source : Mustapha Djakboub, DSA de Gharda\u00efa, Alg\u00e9rie Eco, 18 avril 2020).<br \/>Au vu de ces r\u00e9sultats et compte tenu des perspectives qu\u2019offre le Sud alg\u00e9rien en mati\u00e8re de superficies pouvant \u00eatre cultiv\u00e9es en c\u00e9r\u00e9ales, qui sont \u00e9valu\u00e9es entre 220 000 et 250 000 hectares, on peut consid\u00e9rer que les capacit\u00e9s de production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re du Sud peuvent atteindre, avec l\u2019emblavement de la totalit\u00e9 des surfaces mentionn\u00e9es ci-dessus, une production de l\u2019ordre de 11 \u00e0 12,5 millions de quintaux, qui repr\u00e9sentent 14 \u00e0 15,6% des besoins ; proportion non n\u00e9gligeable, mais\u00a0 tr\u00e8s loin de couvrir le d\u00e9ficit du pays en ces denr\u00e9es alimentaires qui fournissent 60% de l\u2019apport calorique et 75 \u00e0 80% de l\u2019apport prot\u00e9ique de la ration alimentaire de l\u2019Alg\u00e9rien (Institut technique des grandes cultures, ITGC, 1996). Toutefois, pour rendre cet apport r\u00e9el et le p\u00e9renniser, il faudrait que l\u2019\u00c9tat ram\u00e8ne l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 des surfaces exploitables, que des forages atteignant la nappe albienne soient r\u00e9alis\u00e9s, que les agriculteurs proc\u00e8dent \u00e0 l\u2019amendement des sols, utilisent des semences propres et suivent un itin\u00e9raire technique adapt\u00e9 aux conditions locales. Il serait souhaitable d\u2019associer aux c\u00e9r\u00e9ales, dans l\u2019assolement, des cultures fourrag\u00e8res tout en d\u00e9veloppant des \u00e9levages bovins, en stabulation entrav\u00e9e, pour la production de lait. Les fientes provenant de ces \u00e9levages seront utilis\u00e9es pour amender les sols. C\u2019est cette combinaison entre production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re et \u00e9levage qui assurera la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 agricole dans ces zones sahariennes.\u00a0\u00a0<br \/>Cessons par cons\u00e9quent de croire au mirage du Sud et valorisons les terres du nord du pays pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des Alg\u00e9riens. Cela ne veut nullement dire qu\u2019il faut arr\u00eater d\u2019entreprendre dans le Sud, mais plut\u00f4t pr\u00e9server le potentiel agricole du Nord et assurer sa valorisation. En conclusion, nous pouvant dire que c\u2019est en prenant de telles mesures qu\u2019on pourra mettre \u00e0 la disposition du consommateur alg\u00e9rien des produits agricoles en quantit\u00e9 suffisante et de qualit\u00e9, et \u00e9viter la propagation de pratiques condamnables, telles que la r\u00e9colte avant maturit\u00e9 des fruits et des l\u00e9gumes dont la consommation n\u2019offre pas beaucoup d\u2019avantages sur les plans di\u00e9t\u00e9tique et nutritionnel.\u00a0<br \/>En outre, l\u2019encadrement des agriculteurs permettra d\u2019\u00e9viter \u00e0 ces derniers de s\u2019adonner \u00e0 des pratiques plus dangereuses pour la sant\u00e9 humaine en \u00e9tant tr\u00e8s peu regardant sur la nature et les quantit\u00e9s de pesticides qu\u2019ils emploient pour prot\u00e9ger leurs cultures, encore moins sur les d\u00e9lais de r\u00e9coltes apr\u00e8s des traitements phytosanitaires. La biod\u00e9gradation des produits chimiques utilis\u00e9s peut varier d\u2019une mol\u00e9cule \u00e0 une autre, entre dix \u00e0 quinze jours apr\u00e8s leur application. D\u00e9lais que les agriculteurs, volontairement ou par m\u00e9connaissance, n\u2019observent pas et mettent sur le march\u00e9 leurs produits contenant des r\u00e9sidus de pesticides, qui ne sont pas sans innocuit\u00e9 sur la sant\u00e9 humaine (probl\u00e8mes de maladies, incidence sur la procr\u00e9ation\u2026). Pour \u00e9viter que cette situation ne s\u2019aggrave, l\u2019\u00c9tat, \u00e0 travers ses structures de contr\u00f4le de la qualit\u00e9 et de la r\u00e9pression des fraudes, doit veiller \u00e0 ce que les produits agricoles mis \u00e0 la disposition des consommateurs alg\u00e9riens soient conformes \u00e0 la r\u00e9glementation. Dans ce cadre, il faut souligner, m\u00eame si ce n\u2019est pas l\u2019objet ici, qu\u2019il existe \u00e0 travers le territoire national d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s de pesticides p\u00e9rim\u00e9s, stock\u00e9es dans des conditions lamentables entra\u00eenant des probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique et d\u2019environnement. Pour ne citer que les quantit\u00e9s de produits acquis, de fa\u00e7on d\u00e9mesur\u00e9e, dans le cadre de la lutte antiacridienne (dix millions de litres), re\u00e7us \u00e0 la fin de l\u2019op\u00e9ration en 2004 ; pour faire quoi ? Ces quantit\u00e9s sont actuellement stock\u00e9es \u00e0 travers tout le territoire et particuli\u00e8rement dans les r\u00e9gions sud du pays, \u00e0 \u00e9cosyst\u00e8mes fragiles. Produits p\u00e9rim\u00e9s, donc ne pouvant \u00eatre utilis\u00e9s pour des op\u00e9rations \u00e0 venir de lutte contre le criquet p\u00e8lerin. Le fardeau est maintenant entre les mains de l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien qui doit trouver les solutions pour r\u00e9duire les nuisances de ces stocks de pesticides. Une premi\u00e8re op\u00e9ration urgente consistant \u00e0 \u00e9viter les d\u00e9versements \u00e0 m\u00eame le sol de ces produits, qui cr\u00e9erait des probl\u00e8mes \u00e9cologiques graves, est \u00e0 mener. Elle consiste \u00e0 transvaser ces produits dans des contenants adapt\u00e9s pour \u00e9viter les fuites de ces produits tr\u00e8s corrosifs qui endommagent tr\u00e8s rapidement les contenants m\u00e9talliques. La deuxi\u00e8me op\u00e9ration interviendra plus tard pour leur destruction dans des incin\u00e9rateurs sp\u00e9ciaux qui pr\u00e9servent la sant\u00e9 humaine et l\u2019environnement. Cela \u00e9tant, on g\u00e8re aujourd\u2019hui les erreurs et les \u00e9garements du pass\u00e9.\u00a0<br \/><em><strong>B. C.<\/strong><br \/>(*) Ex-vice-pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e populaire nationale. Ex-pr\u00e9sident de la Commission permanente, charg\u00e9e de l\u2019agriculture, de l\u2019environnement et des ressources naturelles du Parlement panafricain.<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/contribution\/lagriculture-saharienne-pourrait-elle-combler-le-deficit-en-produits-alimentaires-strategiques-des-algeriens-44288\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Dr Bachir Chara(*)De pays exportateur de produits agricoles, l\u2019Alg\u00e9rie est devenue, au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, un grand importateur de produits alimentaires. Les d\u00e9penses effectu\u00e9es par le pays au cours des ann\u00e9es 2017 et 2018, communiqu\u00e9es par les services des douanes et reprises par l\u2019APS, sont r\u00e9v\u00e9latrices de cette inqui\u00e9tante situation.\u00a0 On constate [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1741,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-90694","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90694","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1741"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=90694"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90694\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=90694"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=90694"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=90694"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}