{"id":92249,"date":"2020-07-13T10:46:21","date_gmt":"2020-07-13T14:46:21","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/islam-foulanite-et-terrorisme-au-burkina-faso-les-identites-piegees\/"},"modified":"2020-07-13T10:46:21","modified_gmt":"2020-07-13T14:46:21","slug":"islam-foulanite-et-terrorisme-au-burkina-faso-les-identites-piegees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/islam-foulanite-et-terrorisme-au-burkina-faso-les-identites-piegees\/","title":{"rendered":"Islam, foulanit\u00e9 et terrorisme au Burkina Faso: Les identit\u00e9s pi\u00e9g\u00e9es"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/terr.jpg\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"468\" height=\"281\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/terr.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/terr.jpg 468w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/terr-300x180.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" alt=\"\" title=\"terr\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Dans cet article, Dr Koudbi Kabor\u00e9<\/strong><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><em><strong>[1]<\/strong><\/em><\/a><strong>, enseignant-chercheur en histoire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Pr Joseph Ki-Zerbo, et par ailleurs sp\u00e9cialiste du dialogue inter-religieux, dans une approche holistique, fait appel \u00e0 l\u2019histoire, \u00e0 la culture, au concept d\u2019<em>\u00abidentit\u00e9s pi\u00e9g\u00e9es\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e0 l\u2019absence d\u2019Etat, etc.\u00a0 pour d\u00e9crypter la\u00a0 crise s\u00e9curitaire dans laquelle est plong\u00e9 aujourd\u2019hui le Sahel Burkinab\u00e8.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019entends par \u00ab\u00a0identit\u00e9 pi\u00e9g\u00e9e\u00a0\u00bb, la situation de populations dont l\u2019environnement (\u00e9cologique), le mode de vie, l\u2019\u00e9loignement des centres de d\u00e9cision, ou encore le pass\u00e9 historique exposent aux crises, aux influences ext\u00e9rieures, et transforment leur identit\u00e9 et leur rapport aux autres. Les populations en situation d\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 pi\u00e9g\u00e9e\u00a0\u00bb sont des gens qui sont pris en otage dans une situation contre laquelle leur capacit\u00e9 de r\u00e9sistance se trouve limit\u00e9e. Jusqu\u2019\u00e0 un certain seuil, subir la situation, c\u00e9der \u00e0 la pression devient pour certains une lib\u00e9ration, sinon une strat\u00e9gie de survie. Comme toutes les identit\u00e9s, les identit\u00e9s pi\u00e9g\u00e9es sont des identit\u00e9s socialement construites, le plus souvent \u00e9cartel\u00e9es entre la sublimation et la stigmatisation. Elles peuvent, de ce fait,\u00a0 autant \u00eatre \u00e9rig\u00e9es en instrument de domination que d\u2019exclusion, capables de g\u00e9n\u00e9rer les pires d\u00e9rives.<\/p>\n<p>Convoquer ce concept dans l\u2019analyse de la situation s\u00e9curitaire au Burkina Faso permet de comprendre pourquoi le Sahel, \u00e0 l\u2019instar des p\u00e9riph\u00e9ries r\u00e9gionales \u00e0 l\u2019est et \u00e0 l\u2019ouest, sont pris dans l\u2019\u00e9tau du terrorisme et en paient le plus lourd tribut. Le concept privil\u00e9gie la compr\u00e9hension des crises par les causes profondes plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 travers l\u2019option des raccourcis, comme le fait de d\u00e9signer des boucs \u00e9missaires ou des ennemis de l\u2019int\u00e9rieur. En mettant en valeur ce concept, je veux souligner l\u2019importance d\u2019\u00e9viter \u00a0le \u00ab\u00a0pi\u00e8ge identitaire\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> qui, proc\u00e9dant\u00a0 par soustraction, stigmatisation, culpabilisation et exclusion de cat\u00e9gories ou de groupes sp\u00e9cifiques, est pr\u00e9judiciable \u00e0 la coh\u00e9sion d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 (nationale).<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_inline tdi_30_fcf td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-21314\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Bandeau-Covid-19-Sidwaya-1.jpg\" alt=\"\" width=\"790\" height=\"98\"\/><\/div>\n<p>Historiquement, le Sahel (g\u00e9ographique) est la r\u00e9gion ouest africaine des grandes crises qui fa\u00e7onnent les conduites des hommes et (re-)construisent\u00a0 leurs identit\u00e9s. Dans le Sahel contemporain, la grande s\u00e9cheresse de 1969-1973 fut un des moments o\u00f9 les peurs ont \u00e9t\u00e9 projet\u00e9es sur les nomades, notamment les Touaregs, leur faisant prendre conscience d\u2019une diff\u00e9rence f\u00e2cheuse et d\u2019un d\u00e9sir d\u2019exister. Les Touaregs \u00e9taient arriv\u00e9s au bout de leur r\u00e9silience en 1973 et, pour survivre, fuyaient les campements, se livraient au pillage et \u00e0 la vente d\u2019enfants. Les experts du Comit\u00e9 inter-Etat de lutte contre la s\u00e9cheresse au Sahel (Cilss), pour justifier la r\u00e9action tardive des Etats face \u00e0 leur sort, avaient qualifi\u00e9 leur mode de vie\u00a0d\u2019absurdit\u00e9 \u00e9conomique, les rendant en partie responsables de la crise : <em>\u00ab\u00a0ces populations constituent maintenant une charge sociale, \u00e9conomique et politique pour leurs pays. Ne poss\u00e9dant que ce qu\u2019ils emportent avec eux, ils ne prennent soin de rien, se refusent \u00e0 tout travail manuel, rechignent \u00e0 payer les imp\u00f4ts, se r\u00e9signent difficilement, pour des raisons diverses et parfois valables, \u00e0 vendre leurs b\u00eates, et de ce fait, ils n\u2019apportent pas \u00e0 la vie \u00e9conomique des pays, toute la contribution qu\u2019ils seraient en droit d\u2019attendre d\u2019eux\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Vengeance contre l\u2019Etat et les classes locales dominantes<\/strong><\/p>\n<p>Ce d\u00e9tail quelque peu anecdotique correspond \u00e0 une des fa\u00e7ons d\u2019\u00e9voquer l\u2019identit\u00e9, alors qu\u2019elle ne joue pas un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la survenue d\u2019une crise dans laquelle elle est elle-m\u00eame prise au pi\u00e8ge. Le sort des nomades s\u2019explique moins par leur mode de vie que par la durable et p\u00e9nible crise climatique et \u00e9cologique. On dira tout simplement qu\u2019ils \u00e9taient (et sont toujours) dans le mauvais environnement au mauvais moment. La construction d\u2019une identit\u00e9 sah\u00e9lienne, notamment peule, revient aujourd\u2019hui dans le contexte du terrorisme. Mais comme en 1973, les Peuls sont pi\u00e9g\u00e9s. Ils le sont par leur pass\u00e9, leur culture et par la faiblesse de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les groupes terroristes, pour s\u2019implanter, cherchent toujours un environnement social propice.\u00a0Les anciens foyers d\u2019activisme islamique et les Etats en crise se pr\u00eatent bien \u00e0 leur installation. Le Sahel est la r\u00e9gion qui a le plus connu un activisme islamique intense dans l\u2019ensemble des pays qui ont constitu\u00e9 \u00e0 partir de 1919 la Haute-Volta. Des r\u00e9volutions islamiques au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle y ont abouti \u00e0 la mise en place de pouvoirs musulmans, notamment les \u00e9mirats du\u00a0 Liptako (1810) et du Yagha (1812)\u00a0; des mouvements d\u2019influence mahdiste ont aussi, de fa\u00e7on sporadique et souvent violente, marqu\u00e9 toute la p\u00e9riode de l\u2019occupation coloniale. Cet h\u00e9ritage islamique de la r\u00e9gion inspire les groupes qui projettent de construire de nouvelles utopies \u00e0 partir de l\u2019islam. D\u00e8s lors, les tensions internes et les r\u00e9voltes, comme celles que la r\u00e9gion a connues entre 2012 et 2015<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, qui sont l\u2019expression d\u2019un d\u00e9sir d\u2019Etat et d\u2019\u00e9mancipation sociale, sont canalis\u00e9es par ces groupes et transform\u00e9es en vengeance contre l\u2019Etat et les classes locales dominantes.<\/p>\n<p>On fait grief aux Peuls de s\u2019\u00eatre compromis dans le terrorisme par une protection des terroristes et un d\u00e9ficit de collaboration avec les forces militaires. Quelle que soit la valeur de ce reproche, le fait le plus important \u00e0 savoir est qu\u2019il touche \u00e0 un fait culturel qui est la <em>foulanit\u00e9<\/em>. La <em>foulanit\u00e9<\/em> ou la fa\u00e7on d\u2019\u00eatre peul repose sur le <em>pulaaku,<\/em> qu\u2019on peut d\u00e9finir comme un code d\u2019honneur renfermant un ensemble ench\u00e2ss\u00e9 de principes dont la discr\u00e9tion, l\u2019intelligence, la fraternit\u00e9\u00a0 incarn\u00e9 par le lignage (<em>Suudu baba<\/em>). Les conduites et les rapports sociaux de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale sont r\u00e9gis par le <em>pulaaku.<\/em> Selon le <em>pulaaku<\/em>, le \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> peul ne doit pas, par exemple, d\u00e9noncer, exposer, ni livrer son parent \u00e0 un \u00e9tranger. Bien s\u00fbr, le <em>pulaaku<\/em> n\u2019exclut pas les conflits internes, si bien que les soci\u00e9t\u00e9s peules restent encore des soci\u00e9t\u00e9s instables qui se caract\u00e9risent par des dissensions et des conflits. Elles ne parviennent \u00e0 une coh\u00e9sion que face \u00e0 une menace ext\u00e9rieure qui permet d\u2019affirmer et de rendre r\u00e9elle la fraternit\u00e9 culturelle. C\u2019est l\u2019observation relative du <em>pulaaku<\/em> dans le contexte du terrorisme qui est interpr\u00e9t\u00e9e comme un silence coupable.<\/p>\n<p><strong>Attirer des ch\u00f4meurs en r\u00e9voltes contre l\u2019Etat<\/strong><\/p>\n<p>Mais \u00e0 l\u2019instar des p\u00e9riph\u00e9ries r\u00e9gionales \u00e0 l\u2019est et \u00e0 l\u2019ouest, c\u2019est la crise de l\u2019Etat qui donne une certaine facilit\u00e9 \u00e0 l\u2019installation et \u00e0 l\u2019action des groupes terroristes au Sahel. La crise de l\u2019Etat, c\u2019est moins son affaiblissement que le fait des politiques d\u2019Etat qui contribuent \u00e0 (re-) produire des in\u00e9galit\u00e9s et des s\u00e9gr\u00e9gations g\u00e9n\u00e9ratrices de conflits. Sur ce point, l\u2019influence structurante de l\u2019Etat a \u00e9t\u00e9 et reste faible dans les p\u00e9riph\u00e9ries r\u00e9gionales. Or, l\u00e0 o\u00f9 le pouvoir centralisateur de l\u2019Etat est faible, d\u2019autres acteurs \u00e9mergent qui peuvent, soit l\u2019accompagner, soit le contester. Les mouvements contre l\u2019Etat qui se d\u00e9veloppement au nord, \u00e0 l\u2019est et \u00e0 l\u2019ouest depuis le milieu des ann\u00e9es 2010 s\u2019expliquent largement par la faiblesse de l\u2019emprise territoriale de l\u2019Etat, mais aussi par l\u2019\u00e9chec des politiques publiques de d\u00e9centralisation et d\u2019am\u00e9nagement du territoire, suppos\u00e9es r\u00e9duire les disparit\u00e9s de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Les groupes terroristes ont donc int\u00e9gr\u00e9 l\u2019Afrique de l\u2019Ouest sah\u00e9lienne dans leur territoire parce qu\u2019ils y ont trouv\u00e9 des Etats fragiles et distants, des populations qui leur\u00a0 sont hostiles et par cons\u00e9quent, peuvent d\u2019autant \u00eatre r\u00e9ceptives \u00e0 de nouvelles offres de gouvernance qu\u2019elles ont un sens tr\u00e8s pouss\u00e9 de la solidarit\u00e9 interne. Consid\u00e9rons <em>Ansaroul islam<\/em>, le premier groupe terroriste local qui est connu apr\u00e8s l\u2019attaque du d\u00e9tachement militaire de Nassoumbou le 16 mars 2016. Lorsque Malam Dicko fit l\u2019option du jihad et fonda le mouvement, il fit d\u2019abord du Soum sa zone d\u2019action, non pas parce qu\u2019il y est originaire, mais parce que cette r\u00e9gion pr\u00e9sentait parfaitement les caract\u00e9ristiques des zones de pr\u00e9dilection des extr\u00e9mistes. Elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une zone de tensions au contact des r\u00e9gions maliennes sous influence islamiste. Malam Dicko s\u2019est inscrit dans l\u2019\u00e9conomie des rapports sociaux de la soci\u00e9t\u00e9 islamo-peule, et a repris \u00e0 son compte le vieux discours de l\u2019\u00e9mancipation et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale qu\u2019ont ant\u00e9rieurement tenu diff\u00e9rents courants islamiques,\u00a0 pour attirer \u00e0 lui des ch\u00f4meurs en r\u00e9voltes contre l\u2019Etat, mais aussi des marginaux sociaux mus par le d\u00e9sir de changer l\u2019ordre politique et social traditionnel dans l\u2019ancien Jelgoji. M\u00eame s\u2019il en voulait au pouvoir \u00e9miral de Djibo, il n\u2019\u00e9tait pas question pour Ansaroul islam, du moins \u00e0 ses d\u00e9buts, de diriger des attaques contre des \u00ab\u00a0parents\u00a0\u00bb (<em>sudu baba<\/em>). Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de 2018 que le groupe a d\u00e9plac\u00e9 ses op\u00e9rations vers les communaut\u00e9s et les \u00e9lites locales, attaquant mosqu\u00e9es, \u00e9glises chr\u00e9tiennes, march\u00e9s\u00a0; enlevant et ex\u00e9cutant des responsables religieux, des leaders d\u2019opinion, des \u00e9lus locaux, etc. Les attaques contre les communaut\u00e9s sont une strat\u00e9gie qui vise \u00e0 faire \u00e9clater des guerres intercommunautaires et confessionnelles qui favorisent l\u2019expansion du mouvement. En revanche, celles dirig\u00e9es contre les \u00ab\u00a0parents\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8lent un fait qu\u2019on a tendance \u00e0 oublier\u00a0: le mouvement n\u2019a pas eu le soutien local qu\u2019il esp\u00e9rait. D\u2019o\u00f9 son revirement\u00a0 d\u2019option, qui bouleverse toutes les institutions et complexifie les interventions.<\/p>\n<p><strong>Vaincre la culpabilisation et la stigmatisation<\/strong><\/p>\n<p>Ansaroul islam a ouvert la voie \u00e0 divers groupes qui, exploitant les tensions locales et le \u00ab\u00a0vide\u00a0\u00bb s\u00e9curitaire, ont progressivement \u00e9tendu leur influence au-del\u00e0 du Sahel, dictant leurs lois et recrutant essentiellement parmi les populations des zones qu\u2019ils dominent. Ils interdisent aux populations de collaborer avec les agents de l\u2019Etat et les obligent, en \u00e9change de leur survie, \u00e0 fournir subsistance et combattants pour les besoins de la guerre. Si les personnes d\u2019origine peule sont les plus nombreuses parmi les combattants, mais aussi des d\u00e9plac\u00e9s internes, c\u2019est parce que globalement le Nord, l\u2019Est et l\u2019Ouest, r\u00e9gions \u00e0 fort peuplement peul, restent les principaux foyers d\u2019ancrage terroriste.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, vaincre la culpabilisation et la stigmatisation d\u2019o\u00f9 qu\u2019elles viennent, est la dimension civile, aussi importante que l\u2019action militaire dans la lutte antiterroriste au Burkina Faso. Sur ce point, le G\u00e9n\u00e9ral Mo\u00efse Miningou, chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es a, au cours\u00a0 du bilan de l\u2019Op\u00e9ration <em>Otapuanu<\/em> le 12 avril 2019, donn\u00e9 la bonne p\u00e9dagogie devant les journalistes. R\u00e9pondant \u00e0 la question d\u2019un journaliste sur le nombre de terroristes neutralis\u00e9s, le g\u00e9n\u00e9ral a dit ceci\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Permettez-moi de ne pas donner des chiffres parce que pour moi, en tant que chef d\u2019\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es, je ne pense pas que c\u2019est n\u00e9cessaire de donner des chiffres surtout quand nous savons que nous combattons contre nos fr\u00e8res. Ce sont des Burkinab\u00e8. Je trouve que l\u2019essentiel, c\u2019\u00e9tait d\u2019accomplir notre mission\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Je retiens du propos du G\u00e9n\u00e9ral deux choses\u00a0: en premier lieu, c\u2019est la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger les identit\u00e9s des pr\u00e9tendus terroristes afin de prot\u00e9ger les communaut\u00e9s de la stigmatisation qui peut d\u00e9boucher sur le repli identitaire pr\u00e9judiciable \u00e0 l\u2019unit\u00e9 nationale. En second lieu, son message indique que ceux qui ont pris les armes contre la patrie sont des enfants de la R\u00e9publique capables de se repentir. Pr\u00e9server autant que possible leur vie, rassure ceux d\u2019entre eux qui nourrissent l\u2019espoir de se d\u00e9sengager de la lutte arm\u00e9e. Ce texte prolonge cette r\u00e9flexion et voudrait \u00eatre une p\u00e9dagogie de la coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Dr Koudbi Kabor\u00e9<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\"><strong><em>(<a href=\"mailto:koudbikabore@yahoo.fr\">koudbikabore@yahoo.fr<\/a>)<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Enseignant-chercheur en histoire,<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\"><strong>Sp\u00e9cialiste du dialogue inter-religieux<\/strong><\/p>\n<p class=\"c1\">\u00a0<strong>Universit\u00e9 Pr Joseph Ki-Zerbo<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Enseignant-chercheur\u00a0: <em>Email\u00a0: <a href=\"mailto:koudbikabore@yahoo.fr\">koudbikabore@yahoo.fr<\/a>.<\/em> Ce texte est l\u2019\u00e9bauche d\u2019une \u00e9tude intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Identit\u00e9s sublim\u00e9es, identit\u00e9s pi\u00e9g\u00e9es. Peuls et Touaregs dans les grandes crises du Sahel contemporain\u00a0\u00bb (\u00e0 para\u00eetre).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Agier Michel, 2013, <em>La condition cosmopolite. L\u2019anthropologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du pi\u00e8ge identitaire,<\/em> Paris : La D\u00e9couverte.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cf. Marcel Ganzin, Rapport sur la situation alimentaire et nutritionnelle dans les pays du Sahel affect\u00e9s par la s\u00e9cheresse, Rome, 28 ao\u00fbt 1973, ANB, 9V324, pp.11-12.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> La seule ann\u00e9e 2012 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e \u00e0 Dori et \u00e0 Djibo, les deux principaux centres urbains de la r\u00e9gion, par des r\u00e9voltes de l\u2019emploi de grandes ampleurs. Ces \u00e9meutes, sans exemples, avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es par un vent de frondes et ont \u00e9t\u00e9 suivies de maintes autres dans plusieurs localit\u00e9s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Dans le sens o\u00f9 c\u2019est l\u2019observance du <em>pulaaku<\/em> qui conf\u00e8re aux individus\u00a0 la qualit\u00e9 de Peul plus que la langue.<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_31_71d td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-22415\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Bandeau-paiement-mobile-site.png\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/07\/13\/islam-foulanite-et-terrorisme-au-burkina-faso-les-identites-piegees\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cet article, Dr Koudbi Kabor\u00e9[1], enseignant-chercheur en histoire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Pr Joseph Ki-Zerbo, et par ailleurs sp\u00e9cialiste du dialogue inter-religieux, dans une approche holistique, fait appel \u00e0 l\u2019histoire, \u00e0 la culture, au concept d\u2019\u00abidentit\u00e9s pi\u00e9g\u00e9es\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019absence d\u2019Etat, etc.\u00a0 pour d\u00e9crypter la\u00a0 crise s\u00e9curitaire dans laquelle est plong\u00e9 aujourd\u2019hui le Sahel Burkinab\u00e8. 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