{"id":92688,"date":"2020-07-17T05:40:00","date_gmt":"2020-07-17T09:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tunisie-le-ciel-est-noir-une-pluie-noire-va-tomber\/"},"modified":"2020-07-17T05:40:00","modified_gmt":"2020-07-17T09:40:00","slug":"tunisie-le-ciel-est-noir-une-pluie-noire-va-tomber","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tunisie-le-ciel-est-noir-une-pluie-noire-va-tomber\/","title":{"rendered":"Tunisie: Le ciel est noir, une pluie noire va tomber !"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Monji-Ben-Ra\u00efes-min(1).jpg\" alt=\"\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\"\/><span class=\"c2\"><em><strong>Par Monji Ben Raies\u00a0 &#8211;<\/strong><\/em><\/span> Depuis la fin du confinement une sorte de nostalgie voire une anxi\u00e9t\u00e9 d\u00e9cupl\u00e9e est ressentie. Le d\u00e9confinement \u00e9tait tr\u00e8s attendu, mais parfois redout\u00e9. Alors que certains attendaient le 4 mai comme une v\u00e9ritable lib\u00e9ration apr\u00e8s sept semaines d\u2019enfermement forc\u00e9 et encha\u00eenent depuis, les dates, les visites \u00e0 leurs proches et les longues balades, d\u2019autres craignent ce d\u00e9confinement que le pays vit depuis. Le confinement leur avait apport\u00e9 bien des choses. Ils ont v\u00e9cu des moments privil\u00e9gi\u00e9s en famille ou en couple, pu se remettre \u00e0 certaines activit\u00e9s manuelles (couture, coloriage\u2026), cuisiner des repas maison, faire le bilan de leur vie, accorder plus d\u2019\u00e9coute aux membres de la famille\u2026 Bref, ils ont eu le luxe d\u2019avoir du temps, cette denr\u00e9e si rare et d\u2019autant pr\u00e9cieuse, dans la vie moderne. Pour certains, cela a aussi \u00e9t\u00e9 un changement radical et b\u00e9n\u00e9fique. Des joies du grand air, au test du t\u00e9l\u00e9travail, en passant par une remise en question des relations individuelles, certains confin\u00e9s solo se sont recentr\u00e9s sur eux-m\u00eames et cela leur a fait du bien. Ils auraient m\u00eame aim\u00e9 que cela dure un petit peu plus longtemps.<\/p>\n<p>Ceux qui pensaient que le monde allait changer, que la soci\u00e9t\u00e9 de consommation serait derri\u00e8re nous, que le Covid-19 aura \u00e9t\u00e9 le signal d\u2019alarme d\u2019une plan\u00e8te qui va mal, que tous et toutes nous repenserions nos modes de vie pour qu\u2019ils soient plus vertueux ont d\u00e9chant\u00e9 en voyant le comportement g\u00e9n\u00e9ral. Toutes ces personnes n\u2019ont pas mal v\u00e9cu leur quarantaine. En r\u00e9alit\u00e9, elles ont m\u00eame appr\u00e9ci\u00e9 cette parenth\u00e8se dans leur vie. Mais le revers de la m\u00e9daille, c\u2019est qu\u2019elles n\u2019avaient pas du tout envie de sortir de leur bulle. Le d\u00e9confinement leur apparaissait comme une menace, une \u00e9ch\u00e9ance redoutable, une angoisse. Abandonner les nouvelles habitudes prises pendant le confinement, la routine qui s\u2019\u00e9tait malgr\u00e9 tout install\u00e9e et le sentiment de s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019on avait \u00e0 rester chez soi, pour un retour \u00e0 la vie presque normale \u00e9tait alors trop rapide, trop abrupt. Les files d\u2019attente interminables devant des magasins, post-confinement, annonc\u00e9es, il n\u2019y en a pas. Au contraire, les gens font comme si rien ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 ; comme si cet \u00e9pisode de leur vie \u00e9tait loin derri\u00e8re eux. Plus de distanciation sociale, plus de masque obligatoire, plus d\u2019interdiction de s\u2019installer dans les caf\u00e9s et restaurants. M\u00eame les administrations et les lieux publics font de m\u00eame. Les \u00e9v\u00e8nements familiaux se d\u00e9roulent comme auparavant. Mariages, circoncisions, contrats, c\u2019est comme si l\u2019espace de temps situ\u00e9 entre f\u00e9vrier 2020 et mai 2020 n\u2019avait jamais eu lieu, n\u2019\u00e9tait qu\u2019un mauvais r\u00eave collectif. Un cauchemar mesur\u00e9 au rythme du d\u00e9compte des victimes \u00e9gren\u00e9 quotidiennement. Du jour au lendemain on nous a dit \u00ab retour \u00e0 la vie normale \u00bb, \u00ab plus de nouveaux cas \u00bb, \u00ab apprendre \u00e0 vivre avec le virus \u00bb, autant de paroles creuses qui n\u2019ont pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 soci\u00e9tale, \u00e0 la nature humaine et \u00e0 la d\u00e9mission des pouvoirs publics. Ce n\u2019est qu\u2019entassement de masse dans les parcs, les espaces de loisir, les caf\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous vivons aujourd\u2019hui la p\u00e9riode du \u2018\u2019advienne que pourra, le destin en d\u00e9cidera\u2019\u2019, avec une entit\u00e9 de plus \u00e0 consid\u00e9rer dans notre vie, qui s\u2019ajoute au background des \u00e9preuves qui p\u00e8sent sur l\u2019Humanit\u00e9. Apr\u00e8s une gestion relative de la premi\u00e8re vague de Covid-19, les autorit\u00e9s tunisiennes semblent d\u00e9pass\u00e9es par l\u2019ampleur des d\u00e9fis et des pressions, notamment sur le plan \u00e9conomique. Les autorit\u00e9s ont, en effet, rouvert les fronti\u00e8res du pays, dans une tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de sauver ce qui reste de la saison touristique sans grand succ\u00e8s en raison de d\u00e9cisions incertaines et h\u00e9sitantes, assortie d\u2019une communication hasardeuse et non-convaincante. La communication de l\u2019information est manipul\u00e9e, les m\u00eames images sont rediffus\u00e9es encore et encore, de jour en jour. La reprise de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie est minimis\u00e9e de mani\u00e8re dangereuse. Mais avons-nous les moyens de rouvrir nos portes au monde, tout en pr\u00e9servant et en privil\u00e9giant la sant\u00e9 des citoyens et continuer \u00e0 contr\u00f4ler la maladie ? Il est l\u00e9gitime d\u2019en douter fortement. Ce qui laisse \u00e0 penser que les d\u00e9cisions prises pour affronter la suite de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie ne sont ni \u00e9tudi\u00e9es ni r\u00e9fl\u00e9chies, mais improvis\u00e9es, dict\u00e9es par la lassitude et les contraintes s\u00e9culi\u00e8res. De toute \u00e9vidence, la Tunisie ne peut mat\u00e9riellement tester d\u2019un point de vue virologique toutes les personnes arrivant de l\u2019\u00e9tranger et suspect\u00e9es de porter le virus. D\u2019autant que les r\u00e8gles sanitaires sont constamment transgress\u00e9es quand elles ne sont pas refus\u00e9es d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment par r\u00e9calcitrance ; de nombreux voyageurs tunisiens pr\u00e9sentent des attestations de tests falsifi\u00e9es en toute impunit\u00e9, sans suivi de leurs mouvements et d\u00e9placements dans le pays. Plusieurs personnes qui s\u2019\u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es avec des tests n\u00e9gatifs, se sont av\u00e9r\u00e9s, par la suite, infect\u00e9es par le virus ; de nombreux arrivants ont \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9s de la pr\u00e9sentation de bilans virologiques, auxquels s\u2019ajoutent les tests virologiques douteux, le laxisme montr\u00e9 par les autorit\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 face \u00e0 l\u2019ent\u00eatement des tunisiens r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger refusant toutes formes de confinement\u2026 S\u2019ajoute \u00e0 cela, la nonchalance coupable des citoyens qui ont vite fait d\u2019oublier les craintes et vieux d\u00e9mons, les bonnes r\u00e9solutions prises, ainsi que les bons gestes assimil\u00e9s et qu\u2019ils se sont promis d\u2019adopter pour toujours confort\u00e9s par l\u2019inaction complice des autorit\u00e9s. Ils ne sont plus pr\u00eats \u00e0 les croire, \u00e0 force d\u2019avoir cri\u00e9 au loup, apr\u00e8s tous les exc\u00e8s commis au plan de la communication, \u00e0 la persistance du risque r\u00e9el de reprise de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n<p>La Tunisie est en passe de perdre tous ses acquis face \u00e0 la maladie, si l\u2019on en juge par le nombre de cas, de plus en plus nombreux, de malades d\u00e9tect\u00e9s, parmi les tunisiens et Sub-Sahariens venus de l\u2019\u00e9tranger par voies l\u00e9gales ou clandestine. Aussi la situation est-elle appel\u00e9e \u00e0 se compliquer davantage, quand il sera question d\u2019accueillir les milliers de touristes dont les autorit\u00e9s esp\u00e8rent l\u2019arriv\u00e9e. L\u2019Etat n\u2019a plus les moyens d\u2019une deuxi\u00e8me p\u00e9riode de confinement g\u00e9n\u00e9ral, comme cela est en train de se faire dans de nombreux pays du monde, parmi lesquels, ceux auxquels la Tunisie a ouvert, sans retenue, ses fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Dans un autre registre, nous vivons des temps de turbulences politiques, les querelles politiques ont repris le dessus et dominent le devant de la sc\u00e8ne. La criminalit\u00e9 financi\u00e8re a envahi l\u2019espace public et est en passe de devenir un comportement ordinaire. Les personnalit\u00e9s consid\u00e9r\u00e9es int\u00e8gres se r\u00e9v\u00e8lent corrompues, v\u00e9nales et assoiff\u00e9es d\u2019argent, pour l\u2019obtention duquel toutes les occasions sont bonnes, m\u00eame sur fond de crise sanitaire et de d\u00e9nuement social. Des citoyens se sont trouv\u00e9s dans le d\u00e9nuement le plus total, \u00e0 qui on a encore demand\u00e9 de nouveaux sacrifices, la mis\u00e8re gronde, alors que des responsables au sommet de l\u2019\u00e9chelle faisaient leurs petites affaires avec l\u2019argent des contribuables et les deniers publics pour s\u2019enrichir davantage. On parle de conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat, d\u2019abus de position dominante, d\u2019abus de confiance et m\u00eame de d\u00e9lit d\u2019initi\u00e9, mais ce ne sont que des mots et une situation scandaleuse perdure, celle d\u2019un haut responsable, primat de l\u2019Etat, sur lequel p\u00e8se toutes ces accusations et qui reste toujours en fonction et d\u00e9cide toujours au nom et pour le compte de l\u2019Etat. La concomitance entre politique et activit\u00e9s entrepreneuriales, si elle peut para\u00eetre juridiquement l\u00e9gale, est immorale et incongrue sur le plan \u00e9thique et d\u00e9ontologique car l\u2019amalgame est soup\u00e7onneux et la confusion des genres est suspicieuse. Pris de court et accul\u00e9s dans leurs derniers retranchements, les farouches d\u00e9fenseurs de l\u2019exemplarit\u00e9 et chantres de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 sont dans une impasse infranchissable face \u00e0 cette confusion entre politique et argent. Son audace a \u00e9t\u00e9 culminante quand il a os\u00e9 d\u00e9clarer qu\u2019il pourrait r\u00e9duire les salaires des fonctionnaires, d\u2019autorit\u00e9. Il a oubli\u00e9 de parler de son propre salaire qui lui, est intouchable ; ou des dividendes qu\u2019il re\u00e7oit des diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s dont il est actionnaire ou le propri\u00e9taire. Face \u00e0 tous ces griefs, le discours d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, les appels \u00e0 la patience et les discours pompeux d\u2019exemplarit\u00e9 morale et politique de l\u2019actuel gouvernement sont devenus inaudibles. Comment convaincre les tunisiens de sa droiture, si tant est qu\u2019elle exist\u00e2t, alors que le sommet de l\u2019Etat est min\u00e9 ? Comment convaincre tous les ch\u00f4meurs que les caisses de l\u2019Etat sont vides, alors qu\u2019un des plus hauts responsables s\u2019est octroy\u00e9 un contrat mirobolant de 45 Millions de Dinars ? Comment justifier les retenues obligatoires de solidarit\u00e9 pour les retrait\u00e9s alors que l\u2019Etat est le payeur de ces contrats ? Une commission th\u00e9\u00e2trale d\u2019enqu\u00eate (la Commission du r\u00e8glement int\u00e9rieur, de l\u2019immunit\u00e9, des lois parlementaires et des lois \u00e9lectorales) a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e pour conna\u00eetre de l\u2019enqu\u00eate sur ledit conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat qui p\u00e8se sur le chef du gouvernement ; celle-ci a d\u2019ailleurs commenc\u00e9 son travail par une violation de l\u2019article 64 du r\u00e8glement int\u00e9rieur de l\u2019ARP, relatif \u00e0 sa composition et \u00e0 sa repr\u00e9sentativit\u00e9. Encore une mascarade de plus pour d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019ind\u00e9cr\u00e9table et que ce qui a \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9 n\u2019avait pas de fondements ou au contraire \u00e9tait inconvenant, en fonction des circonstances. Le haut responsable en question s\u2019en sortira blanc comme neige et plus riche, avec l\u2019argent extorqu\u00e9 aux citoyens ou clou\u00e9 au pilori. Au-del\u00e0 de ces faits, des soup\u00e7ons de corruption ont entach\u00e9 l\u2019\u00e9quipe gouvernementale en exercice. O\u00f9 est l\u2019Etat de droit ? O\u00f9 est l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la dignit\u00e9 ? O\u00f9 est le respect et la redevabilit\u00e9 envers les citoyens ? La Tunisie se transforme peu \u00e0 peu en r\u00e9publique banani\u00e8re, en une Colombie d\u2019Afrique du Nord. La dignit\u00e9 n\u2019a plus de sens, puisqu\u2019elle est dans la d\u00e9nomination m\u00eame de partis politiques douteux et sans l\u2019ombre d\u2019un doute, mafieux, dont les ramifications avec certains groupes arm\u00e9s extr\u00e9mistes bas\u00e9s en Libye et ailleurs, sont de notori\u00e9t\u00e9 publique. Le peuple tombe des nues, apr\u00e8s la b\u00e9vue \u00e9lectorale commise aux l\u00e9gislatives, et se sent trahi.<\/p>\n<p>Il a du mal \u00e0 avaler le fait d\u2019avoir d\u00fb faire des sacrifices drastiques durant le confinement, alors que le chef du gouvernement \u00e9tait en train de conclure un contrat de 45 millions de dinars. La criminalit\u00e9 s\u2019est institutionnalis\u00e9e et a envahi m\u00eame les enceintes d\u00e9mocratiques. Des bandits ont obtenu des si\u00e8ges au parlement. Des r\u00e8glements de compte s\u2019y d\u00e9roulent en toute impunit\u00e9, des menaces de mort, des mensonges \u00e9hont\u00e9s diffus\u00e9s par les media, un pr\u00e9sident de l\u2019instance d\u00e9lib\u00e9rante qui se m\u00eale de domaines qui ne le concerne pas comme celui de la politique \u00e9trang\u00e8re de l\u2019Etat, fief de la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Une atmosph\u00e8re de complot contre l\u2019Etat et ses institutions, commandit\u00e9e par des forces occultes int\u00e9rieures et ourdies par des puissances pas toujours \u00e9trang\u00e8res qui voient d\u2019un mauvais oeil la persistance de la transition d\u00e9mocratique tunisienne et qui voudraient avec force moyens la voir capoter. Une atmosph\u00e8re sociale dont le seuil de tol\u00e9rance est d\u00e9pass\u00e9 dans de nombreuses r\u00e9gions du sud. Un processus de d\u00e9cision arr\u00eat\u00e9, le temps suspendu. Le dernier \u00e9pisode, la d\u00e9mission par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Chef du gouvernement est le sceau officiel de la faillite du syst\u00e8me politique mis en place en 2014 par l\u2019ANC dans la Constitution qu\u2019elle a \u00e9labor\u00e9e, le Syst\u00e8me parlementaire, devenu par la force des \u00e9v\u00e8nements un \u2018\u2019Syst\u00e8me Parlementariste\u2019\u2019. \u00ab Le ciel est noir, le ciel est noir, c\u2019est une pluie noire qui va tomber ! \u00bb dit la chanson c\u00e9l\u00e8bre de Bob Dylan.<\/p>\n<p>Le 27 juin 2020, nous avons r\u00e9ouvert les fronti\u00e8res de notre pays sur l\u2019\u00e9tranger. L\u00e0 aussi c\u2019est le \u00ab advienne que pourra \u00bb qui domine. La population est livr\u00e9e en p\u00e2ture au virus et ceux qui devront survivre, vivront, et ceux dont le destin est de mourir, mourront. L\u00e0 aussi d\u00e9mission sanitaire. Sauvons la saison touristique est le mot d\u2019ordre, m\u00eame au m\u00e9pris des conditions sanitaires ; sauvons l\u2019ann\u00e9e acad\u00e9mique, m\u00eame aux d\u00e9pens de dipl\u00f4mes qui ne vaudront rien de plus que le papier sur lequel ils sont inscrits. Nous ne savons pratiquement rien sur le comportement saisonnier du virus Covid-19 qui circule toujours, suivant son propre circuit touristique. Nous avons enregistr\u00e9 beaucoup de nouveaux cas dont le nombre est en augmentation continue depuis le d\u00e9but du mois de juillet. Notre environnement soci\u00e9tal et politique est en d\u00e9liquescence et tous y contribuent, comme si plus rien n\u2019\u00e9tait important\u2026 Les acquis de l\u2019Etat, la la\u00efcit\u00e9, le processus d\u00e9mocratique et le mod\u00e8le soci\u00e9tal tunisien sont de plus en plus menac\u00e9s. La fratrie musulmane au parlement (la coalition Al Karama, mais \u00e9galement le mouvement Ennahdha) multiplie leurs attaques contre les organisations nationales dans leurs tentatives de contr\u00f4ler les rouages de l\u2019Etat et d\u2019instaurer la tyrannie dans le pays. Le gouvernement fait comme si de rien n\u2019\u00e9tait et garde un silence suspect sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de violence politique qui a contamin\u00e9 nos institutions. Certains partis politiques d\u2019ob\u00e9dience int\u00e9griste voudraient avoir une mainmise sur les m\u00e9dias afin d\u2019annihiler la libert\u00e9 de la communication audiovisuelle et la libert\u00e9 d\u2019expression et de la presse, et en font leur cheval de bataille pour manipuler l\u2019opinion publique et servir des int\u00e9r\u00eats politiques obscures. Neuf mois apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de la nouvelle l\u00e9gislature, un proc\u00e8s s\u2019est ouvert, pour atteinte \u00e0 l\u2019article 6 de la Constitution tunisienne de 2014, \u00e9dictant que \u00ab\u00a0l\u2019\u00c9tat prot\u00e8ge la religion\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0le sacr\u00e9\u00a0\u00bb, en vertu de l\u2019article 52 du d\u00e9cret de loi relatif \u00e0 la libert\u00e9 de la presse ; une affaire qui avait une valeur de test, (non r\u00e9ussi par le syst\u00e8me), pour \u00e9valuer l\u2019effectivit\u00e9 et la port\u00e9e de la libert\u00e9 d&rsquo;expression en Tunisie.<\/p>\n<p>La confiance, ce ma\u00eetre mot, n\u2019est plus, qu\u2019elle soit envers l\u2019Etat, envers les institutions d\u00e9cadentes de l\u2019Etat, envers le discours politique, envers les hommes et les femmes. Pour autant, le chef de l&rsquo;\u00c9tat a promis de se r\u00e9inventer apr\u00e8s la crise sanitaire ; il doit \u00eatre conscient que les choses vont devoir bouger. Il aura \u00e0 faire de vrais choix pour conduire le nouveau chemin et \u00e0 mettre en oeuvre de nouveaux objectifs d&rsquo;ind\u00e9pendance, de reconstruction, de r\u00e9conciliation et de nouvelles m\u00e9thodes avec une nouvelle \u00e9quipe. De grands chantiers attendent un vrai gouvernement avec de vrais gouvernants, car ils n\u2019accordent que peu de priorit\u00e9s, la relance de l&rsquo;\u00e9conomie, la poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l&rsquo;environnement, le r\u00e9tablissement d&rsquo;un ordre r\u00e9publicain juste, la d\u00e9fense de la souverainet\u00e9 int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, la refondation des valeurs d\u00e9mocratiques justes et \u00e9galitaires. Il nous faut de nouveaux talents, des personnalit\u00e9s venues du territoire national, au fait de nos r\u00e9alit\u00e9s et de nos sp\u00e9cificit\u00e9s et qui soient r\u00e9ellement comp\u00e9tentes et dot\u00e9es de la compr\u00e9hension de nos besoins. Le choix des hommes et des femmes est important, difficile et ingrat, mais les ambitions pour le pays sont plus grandes que nous, les institutions et leur calendrier s&rsquo;imposent \u00e0 nous. La Tunisie n&rsquo;est pas sortie d&rsquo;affaire. Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire, contrairement aux apparences qui nous sont impos\u00e9es par la masse, mais de sa phase la plus aigu\u00eb seulement. Nous devrions normalement \u00eatre dans une phase de vigilance, mais il n\u2019en est rien car la tendance est \u00e0 l\u2019imprudence. Un re-confinement g\u00e9n\u00e9ral est exclus. Quant \u00e0 une r\u00e9-acc\u00e9l\u00e9ration de la circulation du virus, nous ne savons pas, nous ne savons pas tout de cet ennemi, mais nous devrions normalement nous pr\u00e9parer \u00e0 tout.<\/p>\n<p>On ne peut avoir un pays subissant violemment la variation de l&rsquo;environnement sans cons\u00e9quences sur la gestion de l&rsquo;Etat, et ces cons\u00e9quences sont quantitatives (budget de fonctionnement des services) et qualitatives (comp\u00e9tences des gestionnaires affect\u00e9s aux missions). La crise a d\u2019ailleurs mis en \u00e9vidence le besoin de gestion globale en liaison avec le local, et des carences en gestion courante et en pr\u00e9vision et gestion des risques permettant le contr\u00f4le et le pilotage efficient du pays. En mati\u00e8re de gestion, il n&rsquo;y a plus que les autodidactes incultes qui n\u2019ont au plus qu\u2019une id\u00e9e par jour, alors que les probl\u00e8mes sont m\u00e9connus et irr\u00e9solus depuis longtemps. Il n&rsquo;y a pas de palimpseste lorsque la gestion pr\u00e9c\u00e9dente est d\u00e9faillante et qu&rsquo;il faut innover. On d\u00e9plorera sans la moindre r\u00e9serve le d\u00e9faut de cette capacit\u00e9 \u00e0 se projeter dans l&rsquo;avenir et penser le futur de la Tunisie qu\u2019ont pu avoir les grands hommes de son histoire. Nous n\u2019avons d\u00e9cid\u00e9ment pas de chances d&rsquo;\u00eatre dirig\u00e9 par des hommes sans talents et frapp\u00e9s de c\u00e9cit\u00e9, des non-visionnaires qui ne cherchent pas \u00e0 restaurer la grandeur de la Tunisie et \u00e0 prot\u00e9ger son peuple. Engonc\u00e9s dans des costumes, des fonctions et des palais trop grands pour eux, tout \u00e0 leurs laborieux soucis de se servir eux-m\u00eames, les voici tous, ainsi que le disait, sans amabilit\u00e9, Voltaire \u00e0 propos de Beaumarchais, \u00ab\u00a0il p\u00e8se des oeufs de mouche dans des balances en toile d&rsquo;araign\u00e9e\u00a0\u00bb. Certes la rentr\u00e9e sociale sera difficile, mais souhaitons qu\u2019elle soit paisible. Il y a des raisons de s&rsquo;inqui\u00e9ter, puisque l\u2019orage gronde ; le remaniement gouvernemental qui se profile \u00e0 l\u2019horizon, va g\u00e9n\u00e9rer un nouveau gouvernement o\u00f9 le talent, la comp\u00e9tence et l&rsquo;engagement sans faille au service du pays permettent toutes les conjectures et tous les doutes quand ce n\u2019est pas de la d\u00e9sillusion. Notre pays a besoin d&rsquo;esprits ouverts et de mains fermes. Il faudra raisonnablement au moins trois ou quatre ans pour rattraper les pertes et le manque \u00e0 gagner li\u00e9s au confinement. Des pr\u00e9visions maussades qu\u2019aucune \u00e9pargne, aucune fiscalit\u00e9 et aucun emprunt ne pourront r\u00e9chauffer. Quoiqu\u2019il arrive, certains secteurs se retrouveront, malgr\u00e9 tout et plus que d\u2019autres, enlis\u00e9s dans une crise plus profonde encore. Une donn\u00e9e clef, restaurer la confiance, doit \u00eatre le grand enjeu d\u2019un plan de relance.<\/p>\n<p>Sur un autre chapitre, une ann\u00e9e scolaire in\u00e9dite, tourment\u00e9e et fragment\u00e9e s\u2019ach\u00e8ve. 2020, est forc\u00e9ment une ann\u00e9e qui sera grav\u00e9e dans le marbre de l\u2019histoire, comme celle de toutes les exceptions. Pour nos \u00e9l\u00e8ves, le maintien des concours et examens nationaux est une prouesse, si l\u2019on en juge par les p\u00e9rip\u00e9ties qu\u2019ils ont v\u00e9cues. Des cours \u00e0 distance, des profs en visioconf\u00e9rence, quelques soucis parfois \u00e0 suivre la classe&#8230; Des moments de solitude aussi, entre les murs de leur chambre \u00e0 se demander ce qui leur arrivait\u2026 Une impression de n\u2019avoir pas fini l\u2019ann\u00e9e, de n\u2019\u00eatre pas rentr\u00e9s en classe enti\u00e8rement, de n\u2019avoir pas vu leurs professeurs\u2026 Difficult\u00e9s de garder le contact avec les \u00e9l\u00e8ves et leur famille et de les mettre en confiance. Un rituel sauvegard\u00e9, donc, \u00e0 l\u2019issue d\u2019une ann\u00e9e acad\u00e9mique 2019- 2020particuli\u00e8re, dont les responsables de l\u2019Education nationale ont d\u00fb inventer les modalit\u00e9s en quelques semaines. Dans la tourmente de la crise sanitaire, les chefs d&rsquo;\u00e9tablissement se sont adapt\u00e9s \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 biologique qu&rsquo;ils ne ma\u00eetrisaient pas, au fur et \u00e0 mesure des annonces officielles. A l&rsquo;heure du d\u00e9nouement de cette ann\u00e9e, la bienveillance requise dans ces circonstances, pourrait-elle annoncer des dipl\u00f4mes au rabais, alors que les taux de r\u00e9ussite pourraient s&rsquo;envoler ? Mais plus que la valeur du Certificat re\u00e7u, ce qui en jeu, c&rsquo;est l&rsquo;arriv\u00e9e de ces jeunes dans les classes sup\u00e9rieures. Les universit\u00e9s verront cette vague humaine d\u00e9ferler et mettre \u00e0 mal les capacit\u00e9s d\u2019accueil. Quant aux plus jeunes, Ils auront eu six mois de vacances, dont deux de confinement, sans cadre scolaire avec emploi du temps. Aussi vont-ils demander plus d&rsquo;attention, plus d&rsquo;accompagnement. Les enseignants savent que pendant un trimestre ils vont devoir s&rsquo;adapter \u00e0 la nouvelle donne, afin de garantir l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 n\u00e9cessaire. Le confinement a \u00e9t\u00e9 un terreau fertile relativement \u00e0 la mani\u00e8re dont a \u00e9volu\u00e9 l\u2019emploi du temps des enfants. Moins de travail scolaire, davantage de temps pass\u00e9 devant les \u00e9crans et l\u2019importance de l\u2019interaction entre professeurs et \u00e9l\u00e8ves. Le temps consacr\u00e9 au travail scolaire et \u00e0 l\u2019apprentissage a fortement diminu\u00e9 et les supports ont \u00e9volu\u00e9 en fonction des dispositifs p\u00e9dagogiques propos\u00e9s par les enseignants et les \u00e9tablissements. Avec le confinement, le temps pass\u00e9 sur les \u00e9crans a doubl\u00e9 en moyenne, tous \u00e2ges confondus.<\/p>\n<p>Mais certainement, l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus alarmant est la menace obscurantiste de groupes subversifs qui minent nos institutions de l\u2019int\u00e9rieur et qui n\u2019ont pas cess\u00e9 leurs manoeuvres de taraudage, m\u00eame durant la p\u00e9riode de break. La question \u00e0 poser concerne la scandaleuse l\u00e9gitimit\u00e9 emprunt\u00e9e de certains groupes politique, dont les doctrines et cr\u00e9dos se fondent sur la violence, la haine, la terreur et la r\u00e9gression soci\u00e9tale ; ces groupes aux relents terroristes sont notoirement li\u00e9s \u00e0 la fratrie musulmane de certains pays du Golfe (Qatar) qui \u00e0 force d\u2019argent essaient de d\u00e9truire ce que nous avons essay\u00e9 de construire. La \u2018\u2019coalition de l\u2019indignit\u00e9\u2019\u2019 fait tout ce qu\u2019il faut pour parasiter notre avancement, avec force gesticulations clownesques mais pr\u00e9occupantes du fait du silence suspect de nos institutions et de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Cette faction politicienne ne se distingue pas par sa comp\u00e9tence, ni par sa pertinence ; elle ma\u00eetrise simplement l\u2019art des joutes verbales et a un sens douteux de l\u2019\u00e9thique, qui finissent par lasser ; mais elle repr\u00e9sente un danger au niveau institutionnel, se situant entre l\u2019ind\u00e9cent et le burlesque, baign\u00e9e de mauvaise foi politique. Ses sbires montent des combats imaginaires \u00e0 propos d\u2019une motion demandant des excuses \u00e0 la France. Ils voudraient confisquer \u00e0 certaines minorit\u00e9s, leur droit d\u2019exister ou souhaitent imposer des lois visant \u00e0 \u00ab moraliser \u00bb la soci\u00e9t\u00e9. Albert Camus disait : \u00ab Toute forme de m\u00e9pris, si elle intervient en politique, pr\u00e9pare ou instaure le fascisme \u00bb. Ce que le consistoire int\u00e9griste, domin\u00e9 par Ennahdha, pr\u00e9sente comme une d\u00e9marche r\u00e9volutionnaire et in\u00e9dite, n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 que la r\u00e9surgence d\u2019anciennes pratiques faciles, rencontr\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises, sous d\u2019autres cieux, dans l\u2019Histoire. Le faible niveau de comp\u00e9tence et de connaissance de l\u2019histoire de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 politique tunisienne, hormis quelques exceptions, a permis que ce genre de pratiques politiques continue d\u2019exister et perdure. Fondamentalement, ce mouvement sugg\u00e8re la volont\u00e9 de ses dirigeants de saper les institutions s\u00e9cularis\u00e9es et la\u00efques de l\u2019Etat et sur leurs ruines, les remplacer par d&rsquo;autres o\u00f9 religiosit\u00e9, chari\u00e2a et pouvoir islamiste vont de pair. Pour preuve la diffusion des conceptions les plus restrictives de l&rsquo;Islam en Tunisie par le biais des mosqu\u00e9es, \u00e9coles coraniques ou organisations caritatives d\u00e9guis\u00e9es, introduisant des associations \u00e9trang\u00e8res utilisant l&rsquo;aide aux Tunisiens comme motif religieux pour atteindre des objectifs politiques principalement subversifs et m\u00eame terroristes.<\/p>\n<p>La grande absente, celle qui se fait tant d\u00e9sirer depuis 2014, c\u2019est la Cour Constitutionnelle. Le Parlement tunisien, le 6 juillet 2020, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00eatre encore plus d\u00e9cevant en tous points, m\u00eame pour la pr\u00e9sentation de candidatures \u00e0 cette haute instance. Pour Ennahdha et ses alli\u00e9s, la Cour constitutionnelle est une autre issue pour une infiltration islamiste dans le corps de notre d\u00e9mocratie, pour nous imposer des lectures fantasques parfois surfaites de la Constitution de 2014. Des partis du bloc parlementaire (dont l\u2019un des membres les plus bruyants avait dit que Rached Ghannouchi \u00e9tait \u00ab l\u2019a\u00een\u00e9 de la famille \u00bb) se disant progressistes tentent de placer des fondamentalistes aux id\u00e9es r\u00e9trogrades \u00e0 la Cour constitutionnelle. En Tunisie, la mise en place de la haute juridiction ob\u00e9it \u00e0 des all\u00e9geances politiciennes et dogmatiques en violation de la Constitution de 2014. Les \u00e9lus du peuple n\u2019ont pas la noblesse et la grandeur d\u2019esprit n\u00e9cessaire pour mettre leurs querelles de c\u00f4t\u00e9 et privil\u00e9gier l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et l\u2019Etat de droit. Aussi, le dossier de la cour constitutionnelle est-il, encore une fois, remis aux calendes grecques, en attendant des jours meilleurs. Mais comme qui dirait, une r\u00e9publique bananis\u00e9e a-t-elle besoin d&rsquo;une Cour Constitutionnelle, disposant d\u00e9j\u00e0 de la Cour des miracles au Bardo ?<\/p>\n<p>Les choses se d\u00e9graderont de plus en plus durant les mois et les ann\u00e9es qui suivront ; la peur que nous devrions ressentir et qui a trait \u00e0 l\u2019avenir du pays est que rien ne change. Jusqu\u2019au jour o\u00f9, sans que l\u2019on s\u2019en rende compte, un nouveau choc sera au bout et que tout bascule et la population ne pourra plus rien faire, \u00e0 ce moment-l\u00e0 pour se prot\u00e9ger, se battre et s\u2019opposer. Sans l\u2019information permettant d\u2019ouvrir un d\u00e9bat, on interdit au public le droit de remettre en cause les d\u00e9cisions des gouvernements et de demander des comptes. La plus grande libert\u00e9 est le fait de ne plus avoir \u00e0 craindre ce qui arrivera demain. L&rsquo;une des choses qui se sont perdues dans toutes les politiques probl\u00e9matiques du gouvernement est le fait que c&rsquo;est l&rsquo;un des plus beaux pays du monde, un pays o\u00f9 les gens sont amicaux, et capables de voir par-del\u00e0 l\u2019horizon des \u00e9v\u00e8nements.<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Monji Ben Raies<\/strong><br \/><span class=\"c3\"><em>Universitaire, Juriste,<br \/>Enseignant et chercheur en droit public et sciences politiques,<br \/>Universit\u00e9 de Tunis El Manar,<br \/>Facult\u00e9 de Droit et des Sciences politiques de Tunis.<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30284-le-ciel-est-noir-le-ciel-est-noir-c-est-une-pluie-noire-qui-va-tomber\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Monji Ben Raies\u00a0 &#8211; Depuis la fin du confinement une sorte de nostalgie voire une anxi\u00e9t\u00e9 d\u00e9cupl\u00e9e est ressentie. Le d\u00e9confinement \u00e9tait tr\u00e8s attendu, mais parfois redout\u00e9. 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