{"id":93331,"date":"2020-07-23T13:18:00","date_gmt":"2020-07-23T17:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-faucon-despagne-par-rafik-darragi\/"},"modified":"2020-07-23T13:18:00","modified_gmt":"2020-07-23T17:18:00","slug":"le-faucon-despagne-par-rafik-darragi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/le-faucon-despagne-par-rafik-darragi\/","title":{"rendered":"Le Faucon d\u2019Espagne, par Rafik Darragi"},"content":{"rendered":"<p>Par fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 mes amis, les \u00e9crivains, j\u2019ai pris l\u2019habitude depuis belle lurette de lire, avec une attention particuli\u00e8re, ce qu\u2019ils publient comme romans recueils po\u00e9tiques, nouvelles, essais, ou m\u00eame articles de presse. Rafik Darragi \u00e9tant un camarade de promotion, puisqu\u2019on \u00e9tait tous les deux \u00e9tudiants \u00e0 la section d\u2019Anglais \u00e0 la facult\u00e9 des lettres de Tunis, je n\u2019ai pas voulu faillir \u00e0 cette louable attitude. C\u2019est avec grand plaisir que j\u2019ai d\u00e9vor\u00e9 son r roman, Le Faucon d\u2019Espagne, publi\u00e9 par Noir sur Blanc Editons. La lecture m\u2019a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile, tr\u00e8s agr\u00e9able, et tr\u00e8s surprenante d\u2019autant que Rafik est sp\u00e9cialiste de la litt\u00e9rature anglaise et particuli\u00e8rement de Shakespeare qu\u2019il a enseign\u00e9e \u00e0 la facult\u00e9 des lettres de Tunis. Dans cet article, je me propose de pr\u00e9senter un bref r\u00e9sum\u00e9 du roman, suivi par quelques remarques qui me paraissent int\u00e9ressantes et utiles pour les lecteurs.<\/p>\n<p>Disons tout d\u2019abord que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 aussi agr\u00e9ablement surpris par l\u2019\u00e9tendue des connaissances historiques acquises par l\u2019ami Rafik, et son exemple est vraiment rare, non seulement en Tunisie, mais peut \u00eatre aussi de par le monde.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 du roman<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Comptant 329 pages de petit format, le roman retrace l\u2019\u00e9pop\u00e9e du Prince omeyade, Abderrahman, dit le Conqu\u00e9rant et que l\u2019auteur a choisi d\u2019appeler le Faucon d\u2019Espagne au lieu de Faucon de Koreich, qui est par ailleurs le titre d\u2019un roman d\u00e9j\u00e0 existant en langue arabe.<\/p>\n<p>Au moment de la chute de la dynastie omeyade et de l\u2019av\u00e8nement de celle des Abbassides \u00e0 Bagdad au huiti\u00e8me si\u00e8cle, Abderrahman se trouve \u00eatre le seul h\u00e9ritier l\u00e9gitime de la dynastie d\u00e9chue surtout apr\u00e8s l\u2019assassinat en Egypte de son oncle Marwan ibn Abdelmalik Ibn Mohamed , dit Marwan II. Abderrahman est ainsi devenu la premi\u00e8re cible \u00e0 abattre vis\u00e9e par le premier Calife Abbasside, Abdallah Ibn Mohamed d\u00e9nomm\u00e9 Essaffah ou le sanguinaire. Il doit donc co\u00fbte que co\u00fbte quitter sa capitale Damas pour se rendre en Andalousie o\u00f9 les Arabes se sont d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s et o\u00f9 il a des chances de r\u00e9ussir. Ce n\u2019est que par miracle que son serviteur affranchi, Badr, parvient \u00e0 l\u2019\u00e9vacuer dans un tapis enroul\u00e9 du palais royal assailli par les sbires du nouveau calife. Heureusement pour notre Prince, les assaillants sont plut\u00f4t pr\u00e9occup\u00e9s par les butins qu\u2019ils veulent emporter avec eux \u00e0 l\u2019issue de la bataille.<br \/>Dans une premi\u00e8re \u00e9tape, Badr d\u00e9cide d\u2019emmener son maitre \u00e0 Sour o\u00f9 le Cadi Omar, ex ami de Mouawiya est capable de les aider \u00e0 s\u2019embarquer vers Alexandrie, et de l\u00e0, il leur sera possible de prendre la direction du sud ; car c\u2019est par l\u00e0 que Badr pourra assurer le salut de son prestigieux prot\u00e9g\u00e9. Le jeune Prince, a perdu presque tous les membres de sa famille dont il ne garde que l\u2019h\u00e9matite d\u2019argent que sa m\u00e8re lui a pendu au cou le jour de sa concision en lui disant : ne t\u2019en s\u00e9pare jamais, il te prot\u00e8gera pendant toute ta vie. Rafik Darragi nous rappelle que le qualificatif de Sakr-faucon-a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 au fils par son p\u00e8re Mouawiya, lors d\u2019une des parties de chasse aux faucons que ce dernier organisait avec certains de ces amis et dont le Prince se souvient toujours. L\u2019auteur nous d\u00e9crit avec beaucoup de dext\u00e9rit\u00e9 certaines sc\u00e8nes d\u2019horreur commises par les nouveaux gouvernants \u00e0 l\u2019encontre des membres encore en vie de l\u2019ancienne dynastie, notamment Yazid et Walid.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide pr\u00e9cieuse d\u2019un autre serviteur affranchi ami de Badr, qui conna\u00eet parfaitement la r\u00e9gion, le jeune Prince entame son p\u00e9rilleux voyage \u00e0 Sour, et d\u00e9j\u00e0 Badr commence \u00e0 r\u00eaver de voir son Prince investi du pouvoir \u00e0 S\u00e9ville et \u00e0 Cordoue. L\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Sour est bien r\u00e9ussie et le Prince est affectueusement re\u00e7u par le Cadi Omar. Les deux fils du Cadi, Tarek et Ali d\u00e9testent les Abbassides et d\u00e9sirent m\u00eame selon leur p\u00e8re accompagner le Prince en Alexandrie. Le bateau qui doit les y emmener arrive au port de Lattaqui\u00e9. Le Cadi remet au Prince un parchemin cachet\u00e9 qu\u2019il doit remettre \u00e0 son tour au ra\u00efs du bateau, alors que les deux fr\u00e8res se chargent de pr\u00e9parer le voyage et de prendre contact avec les gens susceptibles de les aider \u00e0 l\u2019effectuer dans de bonnes conditions.<\/p>\n<p>A Damiette, le jeune Prince est chaleureusement re\u00e7u par la population. L\u2019Imam de la mosqu\u00e9e lui propose la charge de prononcer la pr\u00eache du vendredi. Le Prince qui a d\u00e9j\u00e0 acquis une formation religieuse \u00e0 Damas accepte la mission et la conduit avec d\u00e9licatesse et dext\u00e9rit\u00e9. Bilel, un autre serviteur affranchi, lui confie un jour : Seigneur, votre sermon a \u00e9t\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e9mouvant, et vos fid\u00e8les sont convaincus de votre cause. Des discussions d\u2019ordre religieux ont lieu entre le Prince et ses fid\u00e8les, et l\u2019imam cheikh Moussa intervient de temps en temps pour apporter certains \u00e9claircissements \u00e0 propos de certains points donn\u00e9s.<\/p>\n<p>Le moment du d\u00e9part vers Selloum arrive. Ce sera la prochaine \u00e9tape vers Kairouan. Cheikh Moussa propose une aide financi\u00e8re au Prince. Celui-ci le remercie et lui demande seulement d\u2019accepter de garder avec lui certains de ses hommes jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il s\u2019installe en Andalousie pour les faire venir. Le voyage \u00e0 bord d\u2019une felouque de p\u00e8che est paisible et le s\u00e9jour \u00e0 Selloum est agr\u00e9able. Le Prince se voit attribuer la noble t\u00e2che d\u2019apprendre le Coran aux enfants dans un Kouttab. Le travail accompli est bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et permet \u00e0 Badr, lib\u00e9r\u00e9 de toute contrainte mat\u00e9rielle, de louer une maison qui se trouve non loin du kouttab. Il est maintenant dispos\u00e9 \u00e0 rester le plus longtemps possible dans la ville. Un seul petit \u00e9v\u00e8nement a lieu Un jour le Prince se croit qu\u2019il est la cible d\u2019une attaque ext\u00e9rieure. Dieu merci, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit tout simplement de simples exercices militaires entrepris par la population indig\u00e8ne. Le Prince et Badr prennent part aux exercices. Entre temps, le Prince fait la connaissance de Sahbi Ibn Mansour, un pieux guerrier originaire de Kairouan. Surpris par l\u2019\u00e9rudition du Prince, l\u2019homme lui propose de l\u2019accompagner \u00e0 Kairouan o\u00f9 il lui sera possible d\u2019approfondir ses connaissances et d\u2019entrer en contact avec d\u2019\u00e9minents professeurs tels que le c\u00e9l\u00e8bre Imam Ibn Tamimi.<\/p>\n<p>A Kairouan le s\u00e9jour s\u2019av\u00e8re fructueux, et le Prince a l\u2019occasion de participer aux discussions qui ont lieu entre les ul\u00e9mas de la ville sainte. Et si ce n\u2019est la crainte d\u2019\u00eatre poursuivi par les sbires d\u2019Essaffah, Abderrahman aurait accept\u00e9 de passer le reste de sa vie dans cette ville. Les craintes de Badr ne sont pas sans fondements puisque les hommes du Calife sont toujours aux trousses du jeune Prince. Craignant le pire, Ibn Mansour propose \u00e0 l\u2019\u00e9mir de se r\u00e9fugier dans sa maison \u00e0 Mornag pr\u00e9s de Tunis. Malgr\u00e9 la beaut\u00e9 du site, le Prince \u00e9prouve quelque tristesse. Et voila qu\u2019une rencontre in\u00e9dite va changer et pour toujours la vie du Prince. Un jour alors qu\u2019il d\u00e9ambule \u00e0 cot\u00e9 de l\u2019oued, il entend des jeunes filles crier ; il regarde et voit une petite fille en train de se noyer. Il accourt vers elle et la sauve de justesse. La fille a une s\u0153ur aim\u00e9e. Celle-ci veut remercier le sauveur de la vie de sa s\u0153ur. En la voyant, le Prince tombe amoureux d\u2019elle, au grand \u00e9tonnement de Badr. La fille, N\u00e9jia est demand\u00e9e en mariage.<\/p>\n<p>En signe de reconnaissance, les parents acceptent l\u2019offre et N\u00e9jia se d\u00e9clare m\u00eame pr\u00eate \u00e0 accompagner le Prince dans son voyage. V\u00e9ritable architecte de l\u2019itin\u00e9raire \u00e0 suivre, Badr explique au Prince et aux membres de la famille de la jeune mari\u00e9e que le cort\u00e8ge doit se rendre \u00e0 Kelibia pour s\u2019embarquer dans un bateau qui devra les emmener \u00e0 Nassirya. Arriv\u00e9 \u00e0 Kelibia Badr commence \u00e0 redouter la traitrise du Rais, un ancien compatriote de Damas. La tentative \u00e9choue effectivement, car ayant connu l\u2019identit\u00e9 des voyageurs, le Rais leur recommande de quitter la felouque de crainte qu\u2019ils ne soient vendus par certains membres de l\u2019\u00e9quipage.<br \/>Quelques jours plus tard, et apr\u00e8s mure r\u00e9flexion, Badr pr\u00e9sente \u00e0 son Prince un nouveau plan. Pour \u00e9chapper aux poursuivants, l\u2019Emir doit partir le plus vite\u00a0 que\u00a0 possible et se diriger vers la ville marocaine de F\u00e8s, o\u00f9 certaines gens de ses connaissances pourraient l\u2019aider \u00e0 poursuivre son voyage vers le sud de l\u2019Espagne. N\u00e9jia et son \u00e9poux font leurs adieux aux membres de la famille, et se joignent \u00e0 une caravane conduite par un chef appel\u00e9 Sellam, v\u00e9ritable connaisseur de la r\u00e9gion. Le voyage s\u2019av\u00e8re p\u00e9nible pour Abderrahman et son \u00e9pouse surtout que celle-ci tombe enceinte en cours de route. Arriv\u00e9e \u00e0 Constantine, la caravane se trouve oblig\u00e9e d\u2019introduire un changement \u00e0 son itin\u00e9raire en raison d\u2019une peste qui s\u2019est abattue sur la r\u00e9gion. Un autre petit incident de parcours vient aussi alt\u00e9rer le climat tranquille r\u00e9gnant au sein de la caravane. Des bandits barrent la route \u00e0 nos voyageurs et leur exigent de leur donner l\u2019or et l\u2019argent qu\u2019ils ont avec eux. Mais l\u2019intelligent chef, Sellam, prend le dessus sur les assaillants et les oblige \u00e0 s\u2019enfuir.<\/p>\n<p>A F\u00e8s, le Prince et sa suite doivent en principe se s\u00e9parer de la caravane, mais suite \u00e0 une requ\u00eate formul\u00e9e par Badr, Sellam accepte d\u2019accompagner le Prince jusqu\u2019\u00e0 Chouan, o\u00f9 Abderrahman pourra compter sur l\u2019appui d\u2019un chef respect\u00e9 d\u2019une tribu y\u00e9m\u00e9nite, Mongi, dans une r\u00e9gion en majorit\u00e9 d\u2019all\u00e9geance abbasside, malgr\u00e9 l\u2019existence de certains \u00e9l\u00e9ments chiites et alides. Le Prince est charg\u00e9 par le pieu Mongi \u00e0 prononcer les pr\u00f4nes du vendredi \u00e0 la mosqu\u00e9e de la ville. Au terme de l\u2019une de ces pr\u00e8rches, le p\u00e8re Mongi monte sur le Minbar et exhorte ses auditeurs \u00e0 soutenir le jeune Prince contre les forces du mal. L\u2019audience s\u2019enflamme et les supporters du Prince deviennent de plus en plus nombreux. Entre temps, Abderrahman apprend, au cours d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie de mariage que son pire ennemi Amr est mort. Ce dernier est le chef d\u2019une tribu berb\u00e8re, alli\u00e9e des Abbassides. Quelques jours plus tard, Badr vient informer le Prince que le Calife Essaffah est mort \u00e0 la suite d\u2019une maladie, et que son demi fr\u00e8re J\u00e0afar a pris la rel\u00e8ve, \u00e0 Kouffa, sous le nom de J\u00e0afar Al Mansour. Subitement, le vieux Mongi vient aussi apprendre au jeune Prince que le Sultan du pays ne voulant pas avoir de d\u00e9m\u00eal\u00e9es avec les Abbassides en raison de l\u2019appui de plus en plus grand dont l\u2019Emir jouit aupr\u00e8s de la population, et lui propose, par cons\u00e9quence, de quitter le pays sans attendre. Badr juge de son cot\u00e9 que le moment est propice pour prendre le chemin de l\u2019Andalousie. La premi\u00e8re \u00e9tape sera S\u00e9ville o\u00f9 Badr dispose d\u2019une connaissance de taille, en l\u2019occurrence Soma\u00efl Ibn Hatem, chef incontest\u00e9 des Qaysis en Andalousie, et qui est lui-m\u00eame d\u2019origine syrienne. Le vieux Mongi fait remarquer que Soma\u00efl n\u2019est pas le v\u00e9ritable gouverneur. Badr estime que la guerre civile qui bat son plein dans certaines r\u00e9gions de l\u2019Andalousie peut jouer en faveur du Prince, et il faudra frapper aux portes des gouverneurs qui sont en guerre.<br \/>En Andalousie la tension est vive et le clivage grand entre les Arabes et les Berb\u00e8res. Badr et ses coll\u00e8gues n\u2019arrivent pas \u00e0 conclure un trait\u00e9 avec Soma\u00efl et Youssef Elfehri. Mais le cousin de l\u2019Emir, Sayed, tranquillise le Prince en lui assurant qu\u2019ils sont parvenus \u00e0 un accord avec Abou Sabah Al Y\u00e0koubi, chef incontest\u00e9 du clan y\u00e9m\u00e9nite tr\u00e8s fort en Andalousie. Apr\u00e8s avoir remerci\u00e9 le p\u00e8re Mongi, Le Prince et ses hommes prennent la route de Ceuta o\u00f9 ils sont re\u00e7us par les \u00e9missaires de Abou Sabah Al Y\u00e0koubi. Il s\u2019embarquent vers l\u2019Andalousie et traversent le D\u00e9troit de Gibraltar, et sont accueillis par Ibn Tofa\u00efl, ami intime de Sellam Le voyage ne sera pas de tout repos surtout pour l\u2019enceinte \u00e9pouse, N\u00e9jia.<\/p>\n<p>A Torrox, les choses s\u00e9rieuses vont commencer. Badr m\u00e8ne avec le Gouverneur des n\u00e9gociations fructueuses. Avec tact, il le tranquillise et lui assure qu\u2019il gardera son pouvoir intact et qu\u2019il s\u2019agit tout simplement d\u2019accueillir le Prince pour quelques semaines afin que son \u00e9pouse puisse accoucher en paix. Le Gouverneur accepte de recevoir son auguste h\u00f4te et les dignitaires de la ville viennent accueillir le Prince \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des remparts. Le s\u00e9jour \u00e0 Torrox durera deux ans et N\u00e9jia met au monde son premier fils Soulayman.<\/p>\n<p>Abou Sabah Al Y\u00e0koubi se d\u00e9clare pr\u00eat \u00e0 pr\u00eater main forte \u00e0 l\u2019Emir. Tofa\u00efl et ses hommes se d\u00e9clarent aussi dispos\u00e9s \u00e0 venir de B\u00e9ja pour le rejoindre.<\/p>\n<p>L\u2019auteur du roman s\u2019\u00e9tend longuement sur la longue guerre que le Prince va entamer pour conqu\u00e9rir les villes andalouses se trouvant sur son chemin, et pour se d\u00e9faire des Gouverneurs connus pour leur all\u00e9geance aux Abbassides. Le parcours sera \u00e9pineux et le Prince devra m\u00eame faire face \u00e0 la trahison de Toufa\u00efl ; une fois, il n\u2019arrive \u00e0 se d\u00e9faire de son ennemi qu\u2019en traversant l\u2019oued, la nuit pour arriver \u00e0 le surprendre. Gr\u00e2ce \u00e0 la lucidit\u00e9 et \u00e0 l\u2019intelligence de ses amis Badr, Ziad, Sayed, Sellam et d\u2019autres, le Prince parvient ainsi \u00e0 vaincre ses adversaires l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, dont Soma\u00efl, Youssef El Fehri, Abdel Ghaffar et d\u2019autres encore. Signalons aussi que le Prince a d\u00fb affronter le si\u00e8ge p\u00e9rilleux de Carmona avec beaucoup de bravoure et de courage Pour venir \u00e0 bout de certains adversaires, le Prince s\u2019est m\u00eame alli\u00e9 au Roi Charles d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es et au terme de plusieurs guerres fratricides, Abderrahman, le Conqu\u00e9rant arrive finalement \u00e0 Cordoue, o\u00f9 il d\u00e9cide de s\u2019installer pour toujours pour y instaurer son r\u00e8gne. Il a maintenant deux enfants Soulayman et Hichem. Mais malheureusement avec l\u2019\u00e2ge et le temps les probl\u00e8mes vont commencer \u00e0 s\u2019abattre sur lui. Constatant que son fils a\u00een\u00e9, Soulayman se comporte d\u2019une fa\u00e7on d\u00e9sinvolte et frivole, le Prince d\u00e9cide de d\u00e9signer son deuxi\u00e8me fils Hichem comme son successeur, au grand d\u00e9sarroi de la m\u00e8re N\u00e9jia qui finit ses jours accabl\u00e9e de tristesse. Le vieux compagnon de toujours, Badr, ext\u00e9nu\u00e9 par les guerres rend son \u00e2me \u00e0 Dieu, suivi peu de temps apr\u00e8s par la Princesse N\u00e9jia. Elle sera enterr\u00e9e au pied du caroubier du jardin du Palais. Les autres vieux amis disparaissent l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, et le Prince est presque seul maintenant.<\/p>\n<p>Les derni\u00e8res pages du livre sont palpitantes. L\u2019auteur y d\u00e9crit les derniers jours du Prince jusqu\u2019au moment o\u00f9 il rend lui-m\u00eame son \u00e0 Dieu \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 60 ans. Il sera enterr\u00e9 pr\u00e8s de sa femme au pied du caroubier.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Remarques<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Apr\u00e8s ce long compte rendu, pourtant raccourci \u00e0 la fin du r\u00e9cit pour des raisons de convenance, vu que les \u00e9v\u00e8nements historiques y aff\u00e9rents sont relat\u00e9s dans les livres d\u2019histoire, je me propose maintenant de pr\u00e9senter quelques remarques.<br \/>La premi\u00e8re remarque concerne la reliure du livre dont la responsabilit\u00e9 n\u2019incombe pas \u00e0 l\u2019auteur mais \u00e0 l\u2019\u00e9diteur. Les feuilles sont attach\u00e9es avec de la colle et ne sont pas cousues. Par cons\u00e9quent elles se d\u00e9tachent tr\u00e8s vite, voire \u00e0 la premi\u00e8re utilisation, et la manipulation du livre devient d\u00e9sagr\u00e9able et \u00e9nervante. Je conseille Rafik Darragi de bien tenir compte de ce d\u00e9faut lors de la publication de ses prochains livres.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me remarque concerne les fautes d\u2019impression qui ne sont pas nombreuses mais qui auraient d\u00fb faire l\u2019objet d\u2019une rectification.<br \/>Pour ce qui est du texte, nous avons pu d\u00e9celer quelques erreurs ; ci apr\u00e8s quelques unes :<\/p>\n<p class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>1)<\/strong><\/span> A la page 75, deuxi\u00e8me paragraphe nous lisons : Badr se rappelait toujours de cette joie immense. Nous savons pourtant que le verbe pronominal se rappeler est transitif et doit se conjuguer sans la pr\u00e9position de. On dit se rappeler quelque chose et se souvenir de quelque chose. La construction se rappeler de quelqu\u2019un ou de quelque chose, famili\u00e8re devant un nom ( je ne me rappelle pas de son visage) est obligatoire avec un pronom personnel repr\u00e9sentant un humain : vous ne vous rappelez pas de moi. C\u2019est ce que nous dit le dictionnaire Larousse.<\/p>\n<p class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>2)<\/strong><\/span> A la page 195, derni\u00e8re ligne, on lit : tu leurs diras de me r\u00e9pondre ; le \u00ab s \u00bb de leurs est de trop.<\/p>\n<p class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>3)<\/strong><\/span> A la page 208 on lit : il d\u00fb \u00e0 la place il a d\u00fb ; l\u2019erreur est peut \u00eatre due \u00e0 une faute d\u2019impression.<\/p>\n<p class=\"c5\"><span class=\"c4\"><strong>4)<\/strong><\/span> Il y\u2019a bien s\u00fbr quelques autres fautes que nous ne signalons pas et que le lecteur averti pourra d\u00e9celer tout seul. Finalement \u00e0 la page 297 nous lisons : Jarir le c\u00e9l\u00e8bre satiriste du Calife omeyade Al Hajjej\u2026Or nous savons que ce dernier n\u2019\u00e9tait pas Calife. Le calife \u00e9tait Abdelmalik Ibn Marwan.<\/p>\n<p>En guise de conclusion, disons simplement que le jeu vaut la chandelle et le livre m\u00e9rite amplement d\u2019\u00eatre lu, parce que on y apprend beaucoup de choses. Et m\u00eame s\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019un roman, on y trouve une somme importante de donn\u00e9es historiques que notre jeunesse gagne \u00e0 savoir et \u00e0 m\u00e9diter.<\/p>\n<p>Abdelkader Maalej<br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30320-le-faucon-d-espagne-par-rafik-darragi\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 mes amis, les \u00e9crivains, j\u2019ai pris l\u2019habitude depuis belle lurette de lire, avec une attention particuli\u00e8re, ce qu\u2019ils publient comme romans recueils po\u00e9tiques, nouvelles, essais, ou m\u00eame articles de presse. Rafik Darragi \u00e9tant un camarade de promotion, puisqu\u2019on \u00e9tait tous les deux \u00e9tudiants \u00e0 la section d\u2019Anglais \u00e0 la facult\u00e9 des lettres [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-93331","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93331","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=93331"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93331\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=93331"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=93331"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=93331"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}