{"id":94163,"date":"2020-07-29T18:55:19","date_gmt":"2020-07-29T22:55:19","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/zephirin-diabre-candidat-a-la-presidentielle-je-peux-gouverner-avec-le-mpp-a-ma-gauche-et-le-cdp-a-ma-droite\/"},"modified":"2020-07-29T18:55:19","modified_gmt":"2020-07-29T22:55:19","slug":"zephirin-diabre-candidat-a-la-presidentielle-je-peux-gouverner-avec-le-mpp-a-ma-gauche-et-le-cdp-a-ma-droite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/zephirin-diabre-candidat-a-la-presidentielle-je-peux-gouverner-avec-le-mpp-a-ma-gauche-et-le-cdp-a-ma-droite\/","title":{"rendered":"Z\u00e9phirin Diabr\u00e9, candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle \u00ab\u00a0Je peux gouverner avec le MPP \u00e0 ma gauche et le CDP \u00e0 ma droite\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130.jpg\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"464\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130-696x464.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0130.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"zeph0130\"\/><\/a><\/div>\n<p><strong>Sidwaya a re\u00e7u, le lundi 27 juillet 2020, en invit\u00e9 de la r\u00e9daction, le Chef de file de l\u2019opposition politique (CFOP), Z\u00e9phirin Diabr\u00e9, par ailleurs pr\u00e9sident de l\u2019Union pour le progr\u00e8s et le changement (UPC). Fra\u00eechement investi candidat du \u00ab\u00a0parti du lion\u00a0\u00bb \u00e0 la pr\u00e9sidentielle du 22 novembre prochain, il s\u2019est montr\u00e9 \u00e9loquent et tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise face \u00e0 la r\u00e9daction qui l\u2019a assailli de nombreuses questions sur l\u2019actualit\u00e9 nationale et internationale. A la conqu\u00eate du palais de Kosyam pour la deuxi\u00e8me fois cons\u00e9cutive apr\u00e8s sa d\u00e9faite en 2015, \u00ab\u00a0Zeph\u00a0\u00bb croit dur comme fer que son heure de gloire est arriv\u00e9e. \u00ab\u00a0Dieu m\u2019a donn\u00e9 un parcours pour la magistrature supr\u00eame\u00a0\u00bb, clame-t-il, l\u2019air confiant. Comme \u00e0 son habitude, il a d\u00e9coch\u00e9 des fl\u00e8ches contre le r\u00e9gime de Roch Marc Christian Kabor\u00e9, dont il n\u2019appr\u00e9cie pas la gouvernance. En somme, l\u2019entretien, qui a dur\u00e9 environ deux heures, a \u00e9t\u00e9 riche en enseignements.<\/strong><\/p>\n<p>idwaya (S.) : L\u2019UPC vous a investi lors d\u2019un congr\u00e8s dont le th\u00e8me \u00e9tait : \u00ab Un nouveau d\u00e9part en toute s\u00e9curit\u00e9 \u00bb. Dites-nous pourquoi on doit vous voter et non pas les autres ?<\/p>\n<p>Z\u00e9phirin Diabr\u00e9 (Z.D.) : Les cinq ans du pouvoir du MPP et ses alli\u00e9s ont ab\u00eem\u00e9 le Faso. Ce pays a donc besoin d\u2019un nouveau d\u00e9part imprim\u00e9 par des gens en qui on peut avoir confiance pour que la trajectoire ne soit pas parsem\u00e9e d\u2019accidents mortels. Aujourd\u2019hui, je suis la personne idoine pour apporter ce nouveau d\u00e9part pour plusieurs raisons.<br \/>Sans me venter, Dieu m\u2019a donn\u00e9 la chance d\u2019avoir un parcours qui m\u2019a pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 assumer les hautes fonctions de la magistrature supr\u00eame de ce pays.<br \/>J\u2019ai le privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre un acteur politique depuis un certain temps, y compris dans les circonstances les plus difficiles pour notre pays en 2014. La fonction pr\u00e9sidentielle est une fonction technico-politique. On ne peut pas l\u2019assumer si on ne conna\u00eet pas le landernau. Sur ce plan, je n\u2019ai aucun probl\u00e8me. J\u2019ai un parcours qui m\u2019a permis de tr\u00e8s bien conna\u00eetre notre sc\u00e8ne politique<br \/>Sur le plan professionnel, j\u2019ai eu la chance d\u2019avoir une carri\u00e8re gouvernementale qui m\u2019a permis de conna\u00eetre le fonctionnement de l\u2019Etat. Je n\u2019ai pas besoin qu\u2019on m\u2019explique comment pr\u00e9sider un conseil des ministres, comment une initiative prise en haut doit \u00eatre d\u00e9clin\u00e9e dans les d\u00e9partements minist\u00e9riels pour la traduire en action concr\u00e8te.<br \/>Dans ma carri\u00e8re gouvernementale, j\u2019ai eu la chance suppl\u00e9mentaire d\u2019occuper deux des minist\u00e8res les plus importants dans notre Etat. Il s\u2019agit du minist\u00e8re de l\u2019Industrie, du Commerce et des Mines, et du minist\u00e8re de l\u2019Economie et des Finances. Mon passage \u00e0 ces deux minist\u00e8res, s\u2019ajoutant \u00e0 mon parcours ant\u00e9rieur dans le secteur priv\u00e9 de notre pays, fait que sur la connaissance de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle de notre pays, je n\u2019ai pas de le\u00e7on \u00e0 apprendre.<br \/>Ensuite, il y a mon parcours international. D\u2019abord aux Nations unies dans les fonctions de directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint du PNUD. Ce qui veut dire que j\u2019\u00e9tais un bailleur de fonds, un partenaire technique et financier. Je connais les questions de d\u00e9veloppement des pays, les questions d\u2019aide public au d\u00e9veloppement et comment mobiliser les ressources externes.<br \/>Enfin, toujours sur le plan professionnel, mon parcours dans le secteur priv\u00e9 international me pr\u00e9pare \u00e0 \u00eatre un interlocuteur d\u2019un certain calibre, si demain je dois signer des contrats miniers dans la d\u00e9fense de nos int\u00e9r\u00eats, ou si je dois convaincre les investisseurs priv\u00e9s internationaux de toutes cat\u00e9gories, de venir investir chez nous.<br \/>Le Burkina d\u2019aujourd\u2019hui a un contexte politique particulier, li\u00e9 \u00e0 l\u2019insurrection dont j\u2019\u00e9tais le chef de file. Je connais les aspirations du peuple insurg\u00e9 et je peux gouverner en prenant en compte ces aspirations. Nous avons un gros probl\u00e8me de r\u00e9conciliation nationale. Dans mon parcours r\u00e9cent, en tant que pr\u00e9sident de l\u2019UPC et Chef de file de l\u2019opposition, j\u2019ai fourni la preuve pratique que je peux travailler avec toutes les tendances. J\u2019ai accueilli le MPP \u00e0 la place de la R\u00e9volution. Ils sont au pouvoir aujourd\u2019hui et je g\u00e8re le CFOP avec l\u2019ancienne majorit\u00e9 que j\u2019ai combattue. Cela veut dire que demain, je peux gouverner ce pays avec le MPP \u00e0 ma gauche et le CDP \u00e0 ma droite et vice versa. Et, bien entendu avec tous les autres.<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_inline tdi_30_c53 td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-21314\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Bandeau-Covid-19-Sidwaya-1.jpg\" alt=\"\" width=\"790\" height=\"98\"\/><\/div>\n<p>S. : Quelles le\u00e7ons tirez-vous de votre \u00e9chec \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 2015 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Nous avons \u00e9chou\u00e9 parce qu\u2019il y a un certain nombre de param\u00e8tres de succ\u00e8s \u00e9lectoral que nous ne ma\u00eetrisions pas.<br \/>Par exemple, un facteur important dans le succ\u00e8s \u00e9lectoral au Burkina, c\u2019est d\u2019avoir une machine \u00e9lectorale implant\u00e9e. Nous avons cr\u00e9\u00e9 l\u2019UPC en 2010. Aux premi\u00e8res \u00e9lections de 2012, nous avons obtenu 19 d\u00e9put\u00e9s. On a voulu continuer \u00e0 nous implanter quand la bourrasque de la contestation de l\u2019article 37 s\u2019est lev\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019insurrection. La chance du MPP en 2015, c\u2019est que, en se cr\u00e9ant, il a d\u00e9tourn\u00e9 de facto une grosse proportion de l\u2019ancien CDP qui, tout le monde le sait, \u00e9tait le parti le plus implant\u00e9. Certains disent que c\u2019est au moins de 60% de l\u2019ancien CDP qui a chang\u00e9 de casquette pour devenir MPP. Du coup, le MPP a instantan\u00e9ment h\u00e9rit\u00e9 d\u2019une infrastructure et d\u2019implantation tr\u00e8s profonde. Vous savez, depuis 1991, le CDP avait toujours gagn\u00e9 les \u00e9lections gr\u00e2ce \u00e0 son implantation. M\u00eame son anc\u00eatre ODP\/MT a pris son envol en transformant les structures de la R\u00e9volution en structures du parti. L\u2019implantation est un travail fastidieux et en 2015, l\u2019UPC n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate. Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, nous continuons de mani\u00e8re laborieuse ce travail.<br \/>Ensuite, il y a un argumentaire que les leaders du MPP ont servi \u00e0 l\u2019opinion et qui a fait mouche. Ils ont dit qu\u2019ils avaient eu l\u2019exp\u00e9rience de la gestion du pouvoir avec Blaise Compaor\u00e9 (ce qui est vrai) et que, arriv\u00e9s au pouvoir, tr\u00e8s rapidement, ils pouvaient r\u00e9soudre les probl\u00e8mes des Burkinab\u00e8. Et l\u2019opinion a cru en eux, contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9quipe nouvelle que constituait l\u2019UPC que les populations ne connaissaient pas.<br \/>Le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment important en politique au Burkina, c\u2019est qu\u2019il y a des piliers dans les milieux administratifs, sociaux, \u00e9conomiques et culturels sur lesquels on s\u2019appuie toujours pour gagner une \u00e9lection. Lorsque l\u2019insurrection a eu lieu, les principaux piliers dans les provinces et communes qui avaient soutenu Blaise Compaor\u00e9 pendant deux \u00e0 trois d\u00e9cennies se sont dit qu\u2019ils ont la chance que le pr\u00e9sident d\u00e9chu leur a laiss\u00e9 des apprentis avec qui ils pouvaient continuer.<br \/>Par exemple, la grande partie de l\u2019administration s\u2019est rang\u00e9e derri\u00e8re le MPP, non pas par conviction, mais tout simplement parce qu\u2019elle s\u2019est dit que les trois leaders du MPP, qu\u2019elle conna\u00eet depuis fort longtemps, ne pouvaient pas rater le pouvoir.<br \/>Des milieux \u00e9conomiques, qui ont trait\u00e9 avec les fondateurs du MPP du temps o\u00f9 ils \u00e9taient les hommes forts du pays, leur ont apport\u00e9 un soutien cons\u00e9quent, en se disant que les affaires allaient se poursuivre.<br \/>D\u2019autres groupes sociaux influents, qui faisaient le succ\u00e8s du r\u00e9gime de Blaise Compaor\u00e9, ont aussi bascul\u00e9 en faveur du MPP.<br \/>Aujourd\u2019hui, tout ce beau monde se sent flou\u00e9. Il y a eu tromperie sur la marchandise parce qu\u2019ils n\u2019ont pas eu ce qu\u2019ils esp\u00e9raient. C\u2019est dire que l\u2019\u00e9lection de 2020 n\u2019aura rien \u00e0 voir avec celle de 2015.<\/p>\n<p>S. : Certains estiment que c\u2019est parce que vous avez trop serr\u00e9 le cordon de la bourse que vous avez perdu. Que r\u00e9pondez-vous ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non ! J\u2019ai mis la bourse que j\u2019avais. Un des aspects que je ne voulais pas souligner ouvertement est que ceux qui sont au pouvoir avaient le soutien de plusieurs forces dont je n\u2019ai pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. En mati\u00e8re de moyens financiers, il est clair que vous ne pouvez pas comp\u00e9tir contre des gens qui ont \u00e9t\u00e9 30 ans dans l\u2019appareil d\u2019Etat et qui connaissent tous les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques d\u2019ici et d\u2019ailleurs. Ils ont exploit\u00e9 le r\u00e9seau d\u2019amiti\u00e9 que leur ancien patron leur avait donn\u00e9. Il y a forc\u00e9ment une diff\u00e9rence en termes de ressources. N\u00e9anmoins, je suis heureux de constater que malgr\u00e9 la modestie de nos moyens, nous sommes sortis comme la deuxi\u00e8me force politique du pays. Depuis que l\u2019UPC a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, nous n\u2019avons jamais g\u00e9r\u00e9 le pays \u00e0 part le fait que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ministre. Or tout le monde sait que pour beaucoup de partis politiques, le succ\u00e8s est li\u00e9 au passage dans l\u2019appareil d\u2019Etat. Ce n\u2019est pas notre cas. En d\u00e9pit des secousses que nous avons eues, rien n\u2019a entam\u00e9 la progression du parti, progression financ\u00e9e par nos propres ressources.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-25128\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0230-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"432\" height=\"288\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0230-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0230-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0230-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0230-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0230.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 432px) 100vw, 432px\"\/>\u00ab Pour calmer la fronde, il faut surtout travailler \u00e0 \u00e9viter les conflits inutiles \u00bb, pr\u00e9conise Z\u00e9phirin Diabr\u00e9.<\/p>\n<p>S. : Croyez-vous \u00e0 un vote ethnique au Burkina Faso ?<\/p>\n<p>Z.D. : En elle-m\u00eame, notre d\u00e9mocratie est par d\u00e9finition quelque peu ethnique. Quand vous voulez \u00eatre d\u00e9put\u00e9, on vous dit d\u2019aller chez vous. A part Ouagadougou et Bobo-Dioulasso qui sont cosmopolites, il faut retourner dans sa province d\u2019origine pour \u00eatre \u00e9lu d\u00e9put\u00e9. Cela veut dire que pour les citoyens d\u2019une localit\u00e9 donn\u00e9e, pour que quelqu\u2019un puisse les repr\u00e9senter, il faut qu\u2019il soit un des leurs. Je suis d\u2019une ethnie qui repr\u00e9sente 4 \u00e0 5% de la population burkinab\u00e8. Mais j\u2019ai fait 30% aux \u00e9lections. A supposer que mon ethnie ait vot\u00e9 \u00e0 100% pour moi, ce qui n\u2019est pas le cas, puisqu\u2019il y a des \u00e9lus MPP et CDP qui sont Bissa, comment se fait-il qu\u2019\u00e9tant d\u2019une communaut\u00e9 qui repr\u00e9sente 5% de la population, j\u2019ai fait 30% ? En revanche, parmi les 14 candidats en 2015, j\u2019ai battu certains qui \u00e9taient d\u2019une certaine ob\u00e9dience ethnique et qui ont obtenu 1 ou 2% y compris dans leur village. Je ne crois donc pas trop au vote ethnique. Quand vous prenez les r\u00e9sultats de 2015 \u00e0 la fois de la pr\u00e9sidentielle et des l\u00e9gislatives, l\u2019UPC n\u2019a obtenu aucun d\u00e9put\u00e9 dans le Sahel. Est-ce que les Peulh sont contre les Bissa ? Non ! Cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019ethnie. Il a fallu attendre les municipales de 2016, lorsque nous avons b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019apport d\u2019un leader de la r\u00e9gion, pour faire une perc\u00e9e dans l\u2019Oudalan. Cela veut dire qu\u2019en politique, c\u2019est le relai que vous avez quelque part qui fait qu\u2019on vote pour vous.<\/p>\n<p>S. : D\u2019aucuns estiment que vous \u00eates rest\u00e9 dans l\u2019opposition parce que vous n\u2019auriez pas eu le poste de Premier ministre de Roch Marc Christian Kabor\u00e9.<\/p>\n<p>Z.D. : Ma vision \u00e9tait que l\u2019\u00e9lection de 2015 devait marquer le d\u00e9but d\u2019une autre transition. Mais les responsables du MPP avaient une autre vision. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019ils ont commis une erreur fondamentale de leur part. Je suis all\u00e9 f\u00e9liciter le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 avant la proclamation officielle des r\u00e9sultats. Est-ce qu\u2019on peut montrer une meilleure disponibilit\u00e9 d\u2019esprit et d\u2019attitude \u00e0 coop\u00e9rer que cela ? Comme on le dit, il faut \u00eatre deux pour danser le tango. Eux, ils ont cru que fort de leur exp\u00e9rience de 30 ans, ils pouvaient g\u00e9rer le pouvoir comme ils le voulaient. Les politiciens sont de grands calculateurs. Parfois, vous avez les d\u00e9fauts de vos qualit\u00e9s. Nous sommes sortis des \u00e9lections avec 33 d\u00e9put\u00e9s. N\u2019importe qui d\u00e9sirant avoir une majorit\u00e9 ne va pas vers un grand parti comme le n\u00f4tre. Il va vers les petits partis dont il est s\u00fbr qu\u2019ils ne p\u00e8sent pas pour le recruter. Il est clair que s\u2019ils \u00e9taient venus vers mon parti et moi, les conditions ne seraient pas les m\u00eames.<\/p>\n<p>S. : Certaines personnes vous font le reproche de n\u2019avoir pas pu prendre les r\u00eanes de la transition en 2014 alors que la situation vous \u00e9tait favorable. Que leur r\u00e9pondez-vous ?<\/p>\n<p>Z.D. : Je leur r\u00e9pondrai que j\u2019ai examin\u00e9 la question dans tous les sens. Mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 par un protocole de la CEDEAO qui dit la chose suivante : \u00ab si tu diriges la transition, tu ne peux pas \u00eatre candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle \u00bb. J\u2019ai tent\u00e9, par personnes interpos\u00e9es, de voir si on pouvait faire une exception pour moi. Jusqu\u2019aux Nations unies, c\u2019\u00e9tait niet. Le dilemme \u00e9tait l\u00e0. Si j\u2019allais \u00e0 la transition comme pr\u00e9sident, j\u2019allais faire 12 mois et revenir m\u2019asseoir pour attendre. Nos militants croyaient dur comme fer que nous allions gagner la pr\u00e9sidentielle. Comment leur expliquer dans un tel contexte que je vais \u00e0 Kossyam sachant que c\u2019est seulement pour 12 mois ? Le parti n\u2019allait pas me suivre. Regardez dans les pays voisins, tous ceux qui ont dirig\u00e9 une transition ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de se mettre \u00e0 l\u2019\u00e9cart pour attendre.<\/p>\n<p>S. : Diriger la transition vous aurait permis d\u2019\u00e9toffer votre carnet d\u2019adresses\u2026<\/p>\n<p>Z.D. : Je n\u2019ai pas besoin de cela. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 mon carnet d\u2019adresses.<\/p>\n<p>S. : Vous avez pourtant dit que les autres vous ont battu du fait de leur exp\u00e9rience.<br \/>Z.D. : Ce n\u2019est pas en douze mois qu\u2019on acquiert cette exp\u00e9rience. Ceux qui ont \u00e9t\u00e9 ministres ou d\u00e9put\u00e9s sous la transition, existent-ils politiquement aujourd\u2019hui ? J\u2019aurais g\u00e2ch\u00e9 mes chances alors que nous \u00e9tions en bonne position. Nos militants n\u2019allaient m\u00eame pas comprendre.<\/p>\n<p>S. : Donc c\u2019est par calcul politique que vous avez refus\u00e9 de diriger la transition alors que vous incarniez l\u2019espoir de tout un peuple insurg\u00e9 ?<\/p>\n<p>Z. D. : L\u2019espoir \u00e9tait que je dirige un pays. La transition \u00e9tait, comme son nom l\u2019indique, quelque chose de transitoire.<br \/>S. : N\u2019est-ce pas ce qui a amen\u00e9 certains de vos d\u00e9put\u00e9s \u00e0 quitter les rangs de l\u2019UPC ?<\/p>\n<p>Z.D. : Tout le monde n\u2019adh\u00e8re pas aux partis politiques pour la m\u00eame cause. C\u2019est valable hier et aujourd\u2019hui. Il y en a qui pensent qu\u2019un parti politique ou un leader, c\u2019est un wagon auquel il faut s\u2019accrocher pour gagner ce qu\u2019on esp\u00e8re.<br \/>Beaucoup de ceux qui nous ont quitt\u00e9s esp\u00e9raient que nous gagnerions le pouvoir et qu\u2019ils seraient ministres. Face \u00e0 la d\u00e9faite, ils ont d\u00e9camp\u00e9 et sont all\u00e9s vers le pouvoir en place, avec le m\u00eame espoir. Malheureusement, on ne les a appel\u00e9s au gouvernement. C\u2019est la qu\u00eate de promotion personnelle qui les a amen\u00e9s vers l\u00e0 o\u00f9 ils sont aujourd\u2019hui. Comme on a perdu les \u00e9lections, ils se sont dit que s\u2019ils doivent attendre cinq ans, ce serait trop long. Ils ont mordu \u00e0 l\u2019hame\u00e7on. Mais je crois qu\u2019ils ont compris qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s.<\/p>\n<p>S. : Certains observateurs trouvent que vous \u00eates tr\u00e8s timor\u00e9 face au pouvoir du MPP. Cela est-il li\u00e9 \u00e0 votre proximit\u00e9 avec le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non, cela est li\u00e9 \u00e0 la diff\u00e9rence du contexte. Il est plus facile de mener un combat virulent contre un pouvoir de 30 ans qui fait l\u2019erreur de se fourrer dans une histoire de non- limitation de mandat, que de secouer continuellement un pouvoir normalement \u00e9tabli, m\u00eame si celui-ci a largement \u00e9chou\u00e9. Vous vous rappelez, quand nous avons fait notre premier m\u00e9morandum sur l\u2019an I du pouvoir MPP, c\u2019est vous (la presse, ndlr) qui nous avez dit qu\u2019ils venaient d\u2019arriver et que nous allions vite en besogne. Aujourd\u2019hui, c\u2019est un registre diff\u00e9rent. Certains nous disent qu\u2019il n\u2019y a plus de marches. On ne marche pas pour marcher. Ce ne sont pas les marches qui font gagner le pouvoir. L\u2019\u00e9nergie que nous utilisions pour les marches, nous les utilisons \u00e0 pr\u00e9sent pour l\u2019implantation de notre parti.<\/p>\n<p>S. : Ne regrettez-vous pas d\u2019avoir d\u00e9blay\u00e9 le terrain pour Roch Marc Christian Kabor\u00e9 en 2015 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non. Je vous ram\u00e8ne \u00e0 la question de la contradiction principale et de la contradiction secondaire. Quand j\u2019ai pris la t\u00eate de l\u2019opposition en tant que chef de file, j\u2019ai regard\u00e9 les forces en pr\u00e9sence. Lorsque vous allez \u00e0 une bataille, il faut que vous regardiez les soldats et les armes dont vous disposez. L\u2019UPC \u00e9tait vraiment le seul parti qui avait une certaine force sur le terrain. Avec ce qu\u2019on avait, on n\u2019allait pas r\u00e9ussir s\u2019il n\u2019y avait pas une certaine cassure au sein du pouvoir. Quand vous sortez, ne regardez pas la foule, faites la sociologie des gens qui vous entourent. Les premi\u00e8res marches, ce sont ceux qu\u2019on appelle le lumpenprol\u00e9tariat qui sortaient. Vous ne tombez un r\u00e9gime que lorsque les classes moyennes commencent \u00e0 vous rejoindre. C\u2019est \u00e0 la marche de janvier 2014 que j\u2019ai vu un changement sociologique. En voyant dans le cort\u00e8ge des cadres, des banquiers, des chefs d\u2019entreprise, des chefs coutumiers, j\u2019ai compris que le r\u00e9gime va tomber. Cela ne veut pas dire que je d\u00e9nigre les partis d\u2019opposition qui \u00e9taient l\u00e0 avant mon arriv\u00e9e. Non ! Bien au contraire, ils ont le m\u00e9rite d\u2019avoir d\u00e9marr\u00e9 la lutte avec nous. Mais si une opposition n\u2019a pas de partis qui ont un poids auquel des pans importants de la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019identifient, \u00e7a ne marchera pas.<br \/>Notre principal objectif \u00e9tait qu\u2019on emp\u00eache la r\u00e9vision de l\u2019article 37 pour que l\u2019alternance s\u2019implante dans l\u2019histoire politique du pays. Et j\u2019ai accept\u00e9 le MPP au CFOP parce que sa venue nous permettait d\u2019atteindre cet objectif important, devant lequel nos contradictions \u00e9taient secondaires.<br \/>S\u2019il n\u2019y avait pas eu la fissure au sein du CDP de l\u2019\u00e9poque, \u00e7a allait \u00eatre plus difficile pour l\u2019opposition de r\u00e9ussir. Pas impossible, mais plus difficile.<\/p>\n<p>S. : Votre compagnon de lutte de l\u2019\u00e9poque, Me B\u00e9n\u00e9wend\u00e9 Sankara s\u2019est mis dans la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle et Ablass\u00e9 Ou\u00e9draogo dans l\u2019opposition non affili\u00e9e. Que s\u2019est-il pass\u00e9 ?<\/p>\n<p>Z.D. : J\u2019ai connu Me Sankara lorsque j\u2019ai pris le CFOP en main. Nous avons travaill\u00e9 ensemble mais nous n\u2019avons jamais eu d\u2019accointance particuli\u00e8re. Me Sankara et son parti sont libres de leur positionnement. Quant \u00e0 Ablass\u00e9 Ou\u00e9draogo, lui et moi avions \u00e9t\u00e9 au gouvernement de Blaise Compaor\u00e9. Mais cela ne fait pas de lui mon ami. M\u00eame si je n\u2019ai rien contre lui.<br \/>Parlant des rapports entre chefs de partis de l\u2019ancienne opposition, nous nous sommes retrouv\u00e9s ensemble pour emp\u00eacher que l\u2019article 37 soit r\u00e9vis\u00e9. J\u2019ai tout fait pour qu\u2019au sein de l\u2019ancien CFOP, il y ait un programme commun de gouvernement minimal. Nous avons mis en place une commission dont la pr\u00e9sidence avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 Jean Hubert Bazi\u00e9 de la Convergence de l\u2019espoir. Cela n\u2019a pas boug\u00e9 d\u2019un iota. Beaucoup disaient que notre objectif n\u2019\u00e9tait que de faire tomber le pouvoir en place. L\u2019esprit n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019on se mette ensemble apr\u00e8s. Ensuite, il y a eu \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, des consid\u00e9rations id\u00e9ologiques, avec des lib\u00e9raux d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des socio-d\u00e9mocrates de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, etc. D\u00e8s le d\u00e9part je savais que chacun ira dans son sens car chacun esp\u00e9rait qu\u2019il allait avoir le pouvoir.<\/p>\n<p>S. : Est-il vrai qu\u2019Ablass\u00e9 Ou\u00e9draogo avait demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre affili\u00e9 au CFOP et n\u2019a jamais re\u00e7u une r\u00e9ponse ?<\/p>\n<p>Z.D. : Il y a une explication qui est fondamentale et qui tire son fondement dans la mani\u00e8re dont le CFOP est d\u00e9sign\u00e9, notamment sur la base de d\u00e9put\u00e9s. Quand nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale en 2015, l\u2019UPC avait 33 d\u00e9put\u00e9s ; le CDP, 18 ; l\u2019ADF-RDA, 3 et la NAFA, 2.<br \/>L\u2019id\u00e9e a germ\u00e9 que pour que l\u2019opposition soit forte au sein de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, il \u00e9tait bon, en plus des groupes parlementaires UPC et CDP, de cr\u00e9er un 3e groupe parlementaire. Pour le cr\u00e9er, il fallait 10 d\u00e9put\u00e9s. On a d\u2019abord pris les trois d\u00e9put\u00e9s de l\u2019ADF-RDA, les 2 de la NAFA et l\u2019unique d\u00e9put\u00e9 de Le Faso Autrement. On y a ajout\u00e9 deux du CDP et 2 de l\u2019UPC. En plein processus, on m\u2019informe que le d\u00e9put\u00e9 de Le Faso Autrement sur lequel on comptait a rejoint le groupe parlementaire Burkindlim qui soutient le parti au pouvoir. L\u2019UPC a d\u00fb donc ajouter un 3e d\u00e9put\u00e9 pour former le groupe PJRN. Quelques mois plus tard, le pr\u00e9sident de Le Faso Autrement m\u2019\u00e9crit pour me dire son souhait de venir au cadre de concertation. Or, nous avons pris un texte, disant que pour \u00eatre membre, il faut que ton d\u00e9put\u00e9 si\u00e8ge dans un groupe parlementaire de l\u2019opposition. Je ne peux pas transgresser les r\u00e8gles pour un individu. Ce n\u2019est pas possible. Est opposant celui qui s\u2019oppose \u00e0 la politique du gouvernement. Pourquoi, un ancien parti du CFOP attend 6 mois apr\u00e8s les \u00e9lections avant de venir demander \u00e0 adh\u00e9rer au cadre ?<\/p>\n<p>S. : Vous craigniez une taupe en votre sein ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non. L\u2019UPC n\u2019est pas une bo\u00eete \u00e0 sardines. C\u2019est un baobab. Ce n\u2019est pas des petits partis comme le Faso Autrement qui peuvent nous \u00e9branler.<\/p>\n<p>S. : Ablass\u00e9 Ou\u00e9draogo a dit que le Burkina a eu le malheur d\u2019avoir Z\u00e9phirin Diabr\u00e9 comme CFOP. Votre commentaire\u2026<\/p>\n<p>Z.D. : Je n\u2019ai pas de probl\u00e8me personnel avec lui, mais des principes \u00e0 respecter. Si le cadre me dit qu\u2019on peut laisser quelqu\u2019un inscrit dans la majorit\u00e9 venir, je n\u2019ai aucun probl\u00e8me.<\/p>\n<p>S. : Est-ce que vous comprenez la formation de l\u2019opposition politique non align\u00e9e ?<\/p>\n<p>Z.D. : Il n\u2019y a plus d\u2019opposition align\u00e9e. Le Chef de file de l\u2019opposition est un individu. Il y en a qui choisissent de travailler avec lui. Il y en a aussi qui choisissent de ne pas travailler avec lui. Cela ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui. En 2009, la loi disait que pour \u00eatre opposant, il faut aller se d\u00e9clarer au CFOP. En 2013, on ne devait plus se d\u00e9clarer devant un individu, mais au minist\u00e8re de l\u2019Administration du territoire. Il n\u2019y a donc plus d\u2019affiliation. Lorsqu\u2019on parle d\u2019ONA, cela n\u2019a pas de sens intellectuellement. Personne n\u2019est affili\u00e9, il y a des partis membres d\u2019un cadre de concertation. Ils ont la libert\u00e9 de venir ou pas. Le statut de porte-parole attitr\u00e9, c\u2019est l\u2019UPC et moi qui l\u2019avons. Une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019ONA est venue me voir et m\u2019a dit que dans leur d\u00e9marche, elle n\u2019est pas hostile au CFOP et que les propos tenus ont \u00e9t\u00e9 mal interpr\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>S. : 13 d\u00e9put\u00e9s ont quitt\u00e9 le navire UPC. Le lion a toujours la force de rugir ?<\/p>\n<p>Z.D. : Nous avons eu cette saign\u00e9e. Mais nous avons eu le temps et l\u2019\u00e9nergie de vite nous r\u00e9tablir, et vous l\u2019avez du reste constat\u00e9 lors de notre congr\u00e8s de 2018, et lors de l\u2019investiture le 25 juillet pass\u00e9. Les frondes sont des comportements que nous avons surtout dans nos contr\u00e9es o\u00f9 il y a un aspect alimentaire dans la politique. Des gens sont d\u00e9put\u00e9s et veulent \u00eatre ministres. Il faut qu\u2019ils changent de camp si leur parti est dans l\u2019opposition. Heureusement, l\u2019opinion publique burkinab\u00e8 rejette de plus en plus ce genre de trahisons.<\/p>\n<p>S. : Il n\u2019y a donc plus d\u2019\u00e9thique en politique ?<\/p>\n<p>Z.D. : Malheureusement, non. Il y a beaucoup moins de convictions que d\u2019opportunisme.<\/p>\n<p>S. : Mais ces treize d\u00e9put\u00e9s avaient une base \u00e9lectorale\u2026<\/p>\n<p>Z.D. : Si vous devenez chef de parti, vous allez voir que ceux qui suivent le parti sont de deux origines. Il y en a qui viennent pour quelqu\u2019un et d\u2019autres pour le parti. Ceux du second lot sont ceux que vous avez rencontr\u00e9s au sein du parti. Eux, ils ne vous suivent pas comme des moutons. Parmi les 13 d\u00e9put\u00e9s, deux \u00e9taient d\u00e9put\u00e9s avant de venir chez nous. S\u2019ils \u00e9taient forts, ils allaient \u00eatre tous d\u00e9put\u00e9s bien avant. Cela veut dire qu\u2019ils ne sont pas propri\u00e9taires des femmes et hommes militants du parti dans leur province. On verra bien, l\u2019heure de la v\u00e9rit\u00e9 arrive.<\/p>\n<p>S. : A l\u2019Assembl\u00e9e nationale, les d\u00e9put\u00e9s ont fait une proposition de prolonger leur mandat. Vos d\u00e9put\u00e9s ont-ils eu l\u2019aval du parti?<\/p>\n<p>Z.D. : Il faut quand m\u00eame qu\u2019on leur fasse justice. Il y a eu une initiative pour aller visiter les zones affect\u00e9es par le terrorisme. Les d\u00e9put\u00e9s sont all\u00e9s, ils ont rencontr\u00e9 les \u00e9lus locaux, nationaux, et ont recueilli les dol\u00e9ances des populations qui ont souhait\u00e9 que les \u00e9lections soient repouss\u00e9es dans certaines zones. Au retour, ils ont fait un rapport pour transmettre au pr\u00e9sident du Faso. Le rapport est adopt\u00e9 puisqu\u2019il refl\u00e8te ce qu\u2019ils ont vu sur le terrain. C\u2019est vous-m\u00eames qui avez dit qu\u2019ils ont demand\u00e9 un \u00ab lenga \u00bb. C\u2019est ce qui nous a oblig\u00e9s \u00e0 r\u00e9agir.<\/p>\n<p>S. : Mais le rapport n\u2019a mis en exergue que la recommandation de prorogation du mandat des d\u00e9put\u00e9s ?<\/p>\n<p>Z.D. : Les parlementaires sont tout \u00e0 fait libres de rapporter ce qu\u2019ils ont entendu et vu sur le terrain. Je n\u2019ai pas envie de rentrer dans un proc\u00e8s d\u2019intention. Ce n\u2019est pas un probl\u00e8me de l\u2019UPC. Nous, opposants, quand il y a un probl\u00e8me suscit\u00e9 par le parti au pouvoir, on tire imm\u00e9diatement sans sommation. C\u2019est ceux qui sont au pouvoir, notamment \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, qui ont eu l\u2019initiative de la d\u00e9marche. Allez leur en demander le sens. Pourquoi, c\u2019est \u00e0 l\u2019UPC que vous demandez ? J\u2019ai \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 dire qu\u2019il faut aller aux \u00e9lections coupl\u00e9es pr\u00e9sidentielle et l\u00e9gislatives \u00e0 bonne date, et nos d\u00e9put\u00e9s, cadres et militants sont dans la m\u00eame logique.<\/p>\n<p>S. : Vous avez dit que tant qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019audit du fichier \u00e9lectoral, il n\u2019y aura pas d\u2019\u00e9lections. Sur quoi vous vous fondez pour tenir de tels propos ?<\/p>\n<p>Z.D. : Vous \u00eates t\u00e9moins des incidents de Ziniar\u00e9 et du Kourw\u00e9ogo o\u00f9 des militants de partis proches du pouvoir ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s pour se faire enr\u00f4ler. Si vous prenez des femmes de Ouagadougou pour les faire enr\u00f4ler \u00e0 Ziniar\u00e9, elles auront combien de cartes ? Nous nous sommes dit qu\u2019il est possible qu\u2019il y ait une op\u00e9ration consistant \u00e0 faire en sorte que des citoyens aient de multiples cartes. Il faut donc que le fichier \u00e9lectoral soit revu. Il est vrai qu\u2019\u00e0 la fin du processus, la CENI est suppos\u00e9e v\u00e9rifier s\u2019il y a des doublons et des triplons. Mais ceux qui sont dans ces man\u0153uvres ne sont pas des enfants de ch\u0153ur, d\u2019autant plus que dans le lot, on a arr\u00eat\u00e9 des membres d\u2019un parti qui si\u00e8ge au gouvernement. Un Etat est la seule entit\u00e9 qui peut faire un vrai faux document. Nous nous sommes dit que si une partie du pouvoir est m\u00eal\u00e9e, il faut qu\u2019on regarde les choses de plus pr\u00e8s. Quand la CENI va finir son travail, il faut qu\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente choisie de commun accord dans le dialogue politique fasse des v\u00e9rifications. En mati\u00e8re de contr\u00f4le, l\u2019exc\u00e8s n\u2019a jamais nui.<\/p>\n<p>S. : N\u2019\u00eates-vous pas en train de pr\u00e9parer les esprits \u00e0 la contestation au cas o\u00f9 vous viendrez \u00e0 perdre les \u00e9lections ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non ! C\u2019est pour \u00e9viter les contestations que j\u2019entreprends cette d\u00e9marche. Si demain des citoyens voient la m\u00eame femme voter \u00e0 Ouagadougou, \u00e0 Kongoussi et \u00e0 Ziniar\u00e9, cela peut \u00eatre source de tension qui va entacher la cr\u00e9dibilit\u00e9 du scrutin. Mais, si on fait une contre-expertise du fichier, on peut avoir une comp\u00e9tition saine.<\/p>\n<p>S. : Si le fichier n\u2019est pas audit\u00e9, allez-vous boycotter le scrutin ?<\/p>\n<p>Z.D. : La majorit\u00e9 et la CENI sont d\u2019accord pour que le fichier soit audit\u00e9. Mais il faut faire attention. Les machines sont des choses que l\u2019on contr\u00f4le \u00e0 distance aujourd\u2019hui. Les hackers peuvent prendre en otage un syst\u00e8me informatique \u00e9lectoral. S\u2019ils le font pour les Am\u00e9ricains, ils peuvent le faire aussi chez nous. Il faut qu\u2019on ait une certaine s\u00e9curit\u00e9 informatique. En outre, nous avons obtenu un syst\u00e8me de prise en compte des r\u00e9sultats qui garantit la fiabilit\u00e9. On a d\u00e9cid\u00e9 que les r\u00e9sultats seront comptabilis\u00e9s par commune et envoy\u00e9s \u00e0 Ouagadougou.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-25129\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0330-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"515\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0330-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0330-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0330-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0330-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph-0330.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 515px) 100vw, 515px\"\/>L\u2019entretien avec la r\u00e9daction a dur\u00e9 deux heures d\u2019horloge.<\/p>\n<p>S. : Etes-vous s\u00fbr de remporter les \u00e9lections ?<\/p>\n<p>Z.D. : En politique, l\u2019on n\u2019est jamais s\u00fbr de gagner ou de perdre une \u00e9lection \u00e0 l\u2019avance. Il y a des tendances favorables et une inconnue. M\u00eame les sondages se trompent. Cette \u00e9lection n\u2019est pas la m\u00eame que celle de 2015, parce que maintenant, face au MPP, il y a plusieurs candidats qui p\u00e8sent d\u2019une certaine mani\u00e8re. Il y a de grands partis parlementaires qui ont d\u00e9j\u00e0 des candidats qui sont l\u2019UPC, ADF-RDA, le CDP. Cette fois, nous avons plusieurs nouveaux param\u00e8tres. Nous avons d\u2019abord, le bilan de ceux qui nous gouvernent. Dans un bilan, il y a toujours des aspects que l\u2019on trouve positifs. Mais dans leur n\u00e9gatif, il y a de l\u2019in\u00e9dit. La situation actuelle du pays, c\u2019est du jamais-vu. M\u00eame si l\u2019\u00e9lecteur prend de l\u2019argent, cela va jouer sur lui. Deuxi\u00e8mement, on a des candidats qui ont des points forts dans des zones donn\u00e9es. Et dans ces zones, les nouveaux venus vont faire la diff\u00e9rence. Troisi\u00e8mement, dans l\u2019\u00e9quipe du MPP, il y a des strat\u00e8ges qui ne sont plus l\u00e0, si bien que l\u2019on sent des flottements.<\/p>\n<p>S. : Cette \u00e9lection peut-elle \u00eatre remport\u00e9e par un coup K.O ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non ! Parce que lorsqu\u2019on regarde la g\u00e9ographie politique dans les 45 provinces et les rapports de forces qui y sont pr\u00e9sents, ce n\u2019est pas possible.<\/p>\n<p>S. : Etes-vous pr\u00eats \u00e0 soutenir l\u2019un des baobabs au second tour ?<\/p>\n<p>Z.D. : Oui. Nous avons un accord d\u00e9j\u00e0 r\u00e9dig\u00e9 dans ce sens. La commission est pr\u00e9sid\u00e9e par un d\u00e9put\u00e9 de l\u2019UPC et comprend des membres du CDP, de l\u2019ADF\/RDA et de la NAFA. Nous allons organiser une convention pour le signer officiellement. La principale disposition qui figure dans cet accord, dit qu\u2019au second tour, tous les candidats signataires soutiennent celui d\u2019entre eux qui est le mieux plac\u00e9.<\/p>\n<p>S. : Peut-on imaginer un gouvernement UPC-CDP en cas de victoire au 2e tour ?<\/p>\n<p>Z.D. : Tout \u00e0 fait. Cela est \u00e9crit dans l\u2019accord. Ce sera un gouvernement de toutes les forces politiques qui auront sign\u00e9 l\u2019accord. On va gouverner ensemble. C\u2019\u00e9tait l\u2019erreur du MPP. Aucun parti ne peut gouverner sans la r\u00e9conciliation nationale. Il faut un gouvernement de r\u00e9conciliation nationale pour donner l\u2019image d\u2019un pays uni.<br \/>S. : Les lib\u00e9raux et les socio-d\u00e9mocrates pourront-ils s\u2019entendre pour gouverner ?<\/p>\n<p>Z.D. : Dans nos pays, cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un obstacle. Sur ce d\u00e9bat id\u00e9ologique, c\u2019est un jeu d\u2019hypocrites. Le monde aujourd\u2019hui est enti\u00e8rement lib\u00e9ral. Un lib\u00e9ral est quelqu\u2019un dont la philosophie politique met au centre de tout, la libert\u00e9 de l\u2019individu, sa libert\u00e9 d\u2019agir et de penser. Il y a une confusion entre lib\u00e9ralisme et capitalisme. Le lib\u00e9ralisme est une philosophie politique. Nous sommes des lib\u00e9raux parce que nous croyons en cette libert\u00e9 de l\u2019individu.<br \/>Du reste, la d\u00e9mocratie que nous vivons est une d\u00e9mocratie lib\u00e9rale. C\u2019est-\u00e0-dire que chaque individu et chaque groupe sont libres de cr\u00e9er leur parti, d\u2019aller librement aux comp\u00e9titions \u00e9lectorales ouvertes. L\u2019on indexe l\u2019aspect \u00e9conomique du lib\u00e9ralisme. En 1917, en Union sovi\u00e9tique, la r\u00e9volution \u00e9conomique avait son sch\u00e9ma socialiste qui dit que la meilleure mani\u00e8re de construire l\u2019\u00e9conomie c\u2019\u00e9tait l\u2019appropriation collective des moyens de production. C\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est l\u2019Etat qui domine tout. Depuis quand un Etat peut se d\u00e9velopper s\u2019il contr\u00f4le tout ? C\u2019est ce qui explique l\u2019\u00e9chec de l\u2019Union sovi\u00e9tique et ses Etats satellites. Dans tous les pays, la libert\u00e9 est la r\u00e8gle du march\u00e9.<\/p>\n<p>S. : Pensez-vous que les lib\u00e9raux peuvent prosp\u00e9rer dans une Afrique qui est socialiste par l\u2019histoire et la culture ?<\/p>\n<p>ZD : C\u2019est faux de dire que l\u2019Afrique est historiquement socialiste. L\u2019Afrique est solidaire ! Mais cela ne veut pas dire qu\u2019elle est socialiste ! Le socialisme, c\u2019est la propri\u00e9t\u00e9 collective des moyens de production. Il n\u2019y a pas cela en Afrique. Le champ est une propri\u00e9t\u00e9 familiale. Il n\u2019appartient pas \u00e0 tout le village. Par exemple chez nous les Bissa, chaque famille a son champ collectif, mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9, chaque femme a son propre champ d\u2019arachide, et chaque jeune assez d\u00e9gourdi a ce qu\u2019on appelle son \u00ab champ du soir \u00bb.<br \/>Dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s africaines, chacun a sa vache. Je n\u2019en connais pas une seule communaut\u00e9 africaine o\u00f9 les vaches d\u2019un village sont la propri\u00e9t\u00e9 collective de tous les habitants du village. Les femmes font chacune leur commerce. Et depuis toujours, il y a eu des \u00e9changes commerciaux entre les communaut\u00e9s. Les colporteurs traversent les for\u00eats pour aller acheter de la cola ou du tabac qu\u2019ils viennent revendre. C\u2019est cela l\u2019essence m\u00eame du lib\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>S. : Si en 2020, vous n\u2019\u00eates pas vainqueur, serez-vous pr\u00eat \u00e0 diriger encore le CFOP ?<\/p>\n<p>Z.D. : C\u2019est par devoir que j\u2019occupe cette fonction de CFOP. Je fais la politique. Je g\u00e8re mon parti et l\u2019opposition. Je suis consultant international. Mais je n\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 faire mon travail. La fonction ne m\u2019attire pas. Une proposition de loi avait \u00e9t\u00e9 introduite pour proposer que ce ne soit pas forc\u00e9ment le pr\u00e9sident du parti qui est le CFOP, \u00e0 l\u2019instar de ce qui est en vigueur au Mali. Mais le projet, que nous approuvions pourtant, n\u2019a pas abouti. J\u2019estime \u00eatre plus utile \u00e0 mon parti en parcourant les communes.<\/p>\n<p>S. : Pensez-vous \u00e0 l\u2019alternance \u00e0 la t\u00eate de votre parti ?<\/p>\n<p>Z.D. : Demandez aux militants de l\u2019UPC si c\u2019est ce qu\u2019ils veulent. G\u00e9rer un parti, c\u2019est un sacerdoce. Croyez-moi, si les militants d\u00e9cident demain qu\u2019ils ont besoin d\u2019un nouveau pr\u00e9sident, je ne ferai aucune r\u00e9sistance. S\u00fbrement pas. L\u2019essentiel pour moi, c\u2019est que le parti progresse.<\/p>\n<p>S. : La gestion actuelle du pouvoir par le MPP vous fait-elle regretter le d\u00e9part de Blaise Compaor\u00e9 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Par d\u00e9finition, l\u2019on ne regrette pas le fait qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement comme une insurrection se soit pass\u00e9. On tire des enseignements.<br \/>Ce n\u2019est pas parce que l\u2019ancien r\u00e9gime est parti que nous avons la gestion chaotique que nous voyons aujourd\u2019hui. Non ! C\u2019est parce que le peuple a commis une erreur dans le choix de ses nouveaux dirigeants. Si le peuple avait choisi une autre \u00e9quipe, peut-\u00eatre que les choses seraient nettement meilleures.<br \/>On a connu le Burkina Faso sans terroristes. Mais le MPP et ses alli\u00e9s, \u00e0 qui l\u2019on a confi\u00e9 la gestion du pays, ont laiss\u00e9 la vague terroriste, passer du Mali au Burkina. Bien que la Transition les ait mis en garde, ils n\u2019ont pas eu la d\u00e9marche qu\u2019il fallait. Par exemple, lors de la formation de leur premier gouvernement, ils ont fusionn\u00e9 le minist\u00e8re de la S\u00e9curit\u00e9 \u00e0 celui de l\u2019Administration du territoire. Cela veut dire qu\u2019ils n\u2019ont pas pris la juste mesure de la situation s\u00e9curitaire sous r\u00e9gionale.<br \/>Ensuite, l\u2019on a vu des t\u00e2tonnements dans l\u2019organisation et la gestion. On a chang\u00e9 deux fois de chef d\u2019\u00e9tat-major. Nous sommes aujourd\u2019hui au troisi\u00e8me ministre de la D\u00e9fense. Ce qui fait que, cinq ans apr\u00e8s l\u2019accession du MPP au pouvoir, des terroristes se baladent du Nord jusque dans la Como\u00e9. Ils ont \u00e9chou\u00e9 lamentablement. Mais, on ne s\u2019en r\u00e9jouit pas parce que c\u2019est notre pays qui est attaqu\u00e9 et ce sont nos fr\u00e8res qui sont tu\u00e9s. Je profite de l\u2019occasion rendre hommage \u00e0 tous ces vaillants soldats qui donnent le meilleur d\u2019eux-m\u00eames pour repousser l\u2019ennemi, au p\u00e9ril de leur vie.<\/p>\n<p>S. : Que proposez-vous pour une lutte efficace contre le terrorisme ?<\/p>\n<p>Z.D. : Il y a plusieurs aspects qu\u2019il faut mettre sur la table. Certains ne peuvent \u00eatre \u00e9voqu\u00e9s dans un journal. Mais grosso modo, il y a un certain nombre de param\u00e8tres qui permettent de gagner une guerre. Le premier, c\u2019est la concorde et l\u2019unit\u00e9 des filles et fils du pays. Ce que nous n\u2019avons pas aujourd\u2019hui. Le terrorisme est arriv\u00e9 \u00e0 nous diviser au point que nos fr\u00e8res peulh se sentent stigmatis\u00e9s. Le rassemblement et la coh\u00e9sion nationale, en commen\u00e7ant par la r\u00e9conciliation, sont un pr\u00e9alable pour gagner cette guerre. Deuxi\u00e8mement, on gagne une guerre avec les hommes. Je tiens cette conviction du g\u00e9n\u00e9ral vietnamien Gi\u00e0p qui a vaincu les Am\u00e9ricains. Il faut la motivation de la troupe. Dans la tradition militaire, le soldat en guerre doit \u00eatre rassur\u00e9 que s\u2019il tombe, ceux qu\u2019il a laiss\u00e9s derri\u00e8re lui seront pris en charge. Il faut aussi de la formation, de l\u2019\u00e9quipement et de l\u2019encadrement. Notre projet pour la r\u00e9organisation de l\u2019arm\u00e9e et le statut de la d\u00e9fense est diff\u00e9rent de ce que l\u2019on voit actuellement.<\/p>\n<p>S. : Allez-vous attendre d\u2019\u00eatre au pouvoir avant de faire des propositions alors que le pays fait face de fa\u00e7on r\u00e9currente \u00e0 des attaques terroristes?<\/p>\n<p>Z.D. : Nous avons des entretiens avec ceux qui g\u00e8rent le pouvoir d\u2019Etat et nous leur faisons des propositions. Lors du dialogue politique, il a fallu que j\u2019insiste pour qu\u2019en plus des questions purement \u00e9lectorales, l\u2019on parle de la question s\u00e9curitaire. Il a fallu que le pr\u00e9sident du Faso arbitre pour que la question soit d\u00e9battue.<br \/>Un autre volet important dans cette question de la lutte contre le terrorisme, c\u2019est le choix des hommes qui animent les minist\u00e8res et institutions. Actuellement, l\u2019on a un ancien ministre de la D\u00e9fense qui est en prison. Est-ce un bon signal ? Certes, il b\u00e9n\u00e9ficie de la pr\u00e9somption d\u2019innocence. Mais le fait qu\u2019il y ait une pol\u00e9mique de ce type autour d\u2019une personnalit\u00e9 ayant g\u00e9r\u00e9 le minist\u00e8re de la D\u00e9fense en pleine guerre contre le terrorisme pose probl\u00e8me. Comment voulez-vous que nos soldats acceptent d\u2019aller mourir s\u2019ils sont au courant de tels faits ? Les gens qui sont au front doivent avoir le sentiment que la hi\u00e9rarchie prot\u00e8ge leurs arri\u00e8res et m\u00e8ne le m\u00eame combat qu\u2019eux. On doit avoir \u00e0 ces postes des gens irr\u00e9prochables hier, aujourd\u2019hui comme demain.<\/p>\n<p>S. : Est-ce que les leaders politiques n\u2019ont pas leur part de responsabilit\u00e9 dans cet \u00e9chec ?<\/p>\n<p>Z.D. : C\u2019est une question de leadership. Ceux qui sont au pouvoir doivent travailler de telle sorte que tout le pays se sente motiv\u00e9. C\u2019est de cette mani\u00e8re que l\u2019on gagne une guerre.<\/p>\n<p>S. : Est-ce que vous pensez que le g\u00e9n\u00e9ral Gilbert Diend\u00e9r\u00e9 peut faire changer la donne ?<\/p>\n<p>Z.D. : Je ne suis pas dans le registre de l\u2019homme providentiel. Ceux qui sont l\u00e0, chacun peut apporter sa contribution sans doute avec son exp\u00e9rience comme d\u2019autres de l\u2019ancien r\u00e9gime. Mais le MPP passe son temps \u00e0 dire que c\u2019est la faute \u00e0 l\u2019ancien r\u00e9gime m\u00eame s\u2019ils le disent de moins en moins aujourd\u2019hui. Mais si c\u2019est la faute aux responsables du r\u00e9gime d\u00e9chu, il faut les appeler et les mettre au pied du mur. Pour moi, diriger un pays, c\u2019est avoir des collaborateurs qui vous font avancer.<\/p>\n<p>S. : Que pensez-vous de la gestion de la COVID-19 au Burkina?<\/p>\n<p>Z.D. : Elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de nos attentes. Pour ne pas \u00eatre tr\u00e8s n\u00e9gatif, c\u2019est une pand\u00e9mie qui a surpris tout le monde. Au Burkina, l\u2019on a senti un flottement dans plusieurs domaines. Dans la structuration des organes de prise en charge, l\u2019on a eu le sentiment que l\u2019on a mis de c\u00f4t\u00e9 l\u2019infrastructure normale de sant\u00e9 pour cr\u00e9er de nouvelles. C\u2019est bien en termes de coordination mais sur ce cas, il y a probl\u00e8me. Une pand\u00e9mie se g\u00e8re d\u2019abord avec des infrastructures de sant\u00e9. Deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment, c\u2019\u00e9tait l\u2019occasion de sonner le rassemblement parce qu\u2019une pand\u00e9mie est une guerre. Mais il a fallu que l\u2019on insiste avant qu\u2019il y ait une rencontre entre politiques, leaders religieux et coutumiers sur la question. Troisi\u00e8mement, sur le plan technique et m\u00e9dical, on a mis beaucoup de retard par exemple sur la question du d\u00e9pistage. On n\u2019avait pas les \u00e9quipements. Sur le plan de la riposte, il y a eu une batterie de mesures. On a peur qu\u2019il y ait une sorte de Covid-business parce qu\u2019on voit des milliards qui seront donn\u00e9s on ne sait \u00e0 qui. On a peur que ce ne soit les proches du r\u00e9gime qui en b\u00e9n\u00e9ficient, \u00e9tant donn\u00e9 que nous sommes \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>S. : L\u2019arm\u00e9e burkinab\u00e8, selon des organisations des droits de l\u2019homme, se serait rendue coupable d\u2019exactions sur des civils dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Quel est votre commentaire ?<\/p>\n<p>Z.D. : Nous sommes tous fortement solidaires de nos FDS dans le combat contre le terrorisme. Sur cet aspect, il ne faudrait pas qu\u2019il y ait le moindre doute dans leur esprit. Maintenant, il y a des all\u00e9gations qui sont faites. Il n\u2019y a pas de guerre propre, mais toutes les guerres ne sont pas oblig\u00e9es d\u2019\u00eatre sales non plus. En temps de guerre, il y a des r\u00e8gles \u00e0 respecter, c\u2019est pour cela qu\u2019il y a des tribunaux pour les crimes de guerre. Mon souhait est que nos forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 fassent tout pour qu\u2019en leur sein, des \u00e9l\u00e9ments ne se rendent pas coupables d\u2019actes qui rel\u00e8vent de crimes de guerre. Cela va ternir l\u2019image de l\u2019arm\u00e9e. Sur le plan international, ce n\u2019est pas bon, puisque certains pays veulent arr\u00eater leur coop\u00e9ration avec le n\u00f4tre. Je fais confiance \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, pour mener les enqu\u00eates de mani\u00e8re diligente et nous sortir \u00e9ventuellement ceux qui doivent \u00eatre sanctionn\u00e9s pour que son image soit blanchie. Mais en m\u00eame temps, nous voulons une efficacit\u00e9. Le gouvernement annonce chaque fois des enqu\u00eates dont les r\u00e9sultats se font toujours attendre. Prenez le cas de Yirgou, qu\u2019on le veuille ou non, une communaut\u00e9, notamment les Peulh, s\u2019est sentie vis\u00e9e. Or dans cette guerre, il ne faut pas qu\u2019une communaut\u00e9 se sente moins burkinab\u00e8 que d\u2019autres. Si ce sentiment s\u2019installe durablement, vous livrez la communaut\u00e9 aux terroristes qui vont recruter facilement en son sein. Il faut qu\u2019on fasse tout pour que cette d\u00e9chirure soit rapidement cousue. Il n\u2019y a qu\u2019une seule mani\u00e8re de le faire, c\u2019est de mettre fin \u00e0 l\u2019impunit\u00e9.<\/p>\n<p>S. : A quel niveau se trouve votre plainte contre l\u2019actuel pr\u00e9sident du MPP Simon Compaor\u00e9 pour port ill\u00e9gal d\u2019arme ?<\/p>\n<p>Z.D. : (Rires !) Pour \u00eatre franc, je ne sais pas \u00e0 quel niveau se trouve la proc\u00e9dure. J\u2019avais \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par la gendarmerie qui m\u2019a dit que le dossier a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au procureur du Faso. C\u2019est donc \u00e0 la justice de faire son travail. Comme nous sommes engag\u00e9s dans le dialogue politique, on n\u2019en parle plus. Simon Compaor\u00e9 est un excellent co-pr\u00e9sident du dialogue politique. Nous ne sommes pas toujours d\u2019accord, mais nous avons appris \u00e0 travailler ensemble.<\/p>\n<p>S. : Comment appr\u00e9ciez-vous la passe d\u2019armes entre gouvernement et magistrats ?<\/p>\n<p>Z.D. : Les magistrats sont un pilier de la justice et celle-ci, celui de l\u2019Etat de droit. Qu\u2019il s\u2019agisse de magistrats de si\u00e8ge ou du parquet, il faut qu\u2019il y ait un accord pour que chacun fasse bien son travail. C\u2019est \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif de trouver les voies et moyens pour un apaisement de la situation. Ce n\u2019est pas bien dans un Etat de droit que le pouvoir ex\u00e9cutif et celui judiciaire se disputent. Cela donne un go\u00fbt amer \u00e0 l\u2019opinion.<\/p>\n<p>S. : Que faut-il pour calmer la fronde sociale ?<\/p>\n<p>Z.D. : D\u2019abord le dialogue franc et sinc\u00e8re. Les syndicats disent que le gouvernement prend des engagements et puis dispara\u00eet. D\u00e8s son arriv\u00e9e, le MPP aurait d\u00fb organiser une grande r\u00e9union avec l\u2019ensemble des partenaires sociaux pour leur dire voil\u00e0 ce que le gouvernement peut faire et \u00e9chelonner les satisfactions des besoins surtout qu\u2019une partie des travailleurs, notamment les magistrats, ont eu gain de cause. Le minist\u00e8re de la Justice doit \u00eatre le d\u00e9partement le plus important parce que le syst\u00e8me judiciaire doit rassurer les investisseurs. Il \u00e9tait important de r\u00e9pondre aux magistrats afin qu\u2019ils puissent bien travailler, mais en expliquant ce pour quoi, on l\u2019a fait.<br \/>Pour calmer la fronde, il faut surtout travailler \u00e0 \u00e9viter les conflits inutiles. La vie co\u00fbte cher pour notre g\u00e9n\u00e9ration parce que les standards de vie ont chang\u00e9, car il faut qu\u2019il y ait au moins un certain nombre de commodit\u00e9s dont l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, le transport, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9cole des enfants. Mais, l\u2019on ne peut pas prendre l\u2019ensemble des ressources pour payer les fonctionnaires. Les pays marchent quand l\u2019\u00e9conomie fonctionne. L\u2019Etat est bon pour mettre en place les r\u00e8gles et les grands ensembles. Il faut d\u00e9velopper l\u2019entreprenariat. Les jeunes qui sortent des \u00e9coles ne peuvent pas tous \u00eatre fonctionnaires, ils doivent \u00eatre des entrepreneurs. Si \u00e7a marche pour eux, ils paient plus d\u2019imp\u00f4ts et l\u2019on augmente les salaires des fonctionnaires.<\/p>\n<p>S. : Au soir du 22 novembre 2020, si vous \u00eates \u00e9lu, quelle sera votre priorit\u00e9 en mati\u00e8re de gouvernance ?<\/p>\n<p>Z.D. : Il faut faire la diff\u00e9rence entre priorit\u00e9 et urgence. L\u2019urgence, c\u2019est la question s\u00e9curitaire. Mais notre priorit\u00e9, c\u2019est le rassemblement des forces de ce pays. Il faut qu\u2019on se r\u00e9concilie rapidement. C\u2019est pour cela que je vais mettre en place un gouvernement de r\u00e9conciliation nationale auquel je vais convier le MPP qui sera battu. Il faut qu\u2019on se mette ensemble pour solder rapidement les anciens comptes et faire maintenant front commun contre les d\u00e9fis du d\u00e9veloppement. De la question du genre \u00e0 celle de l\u2019eau, tout est prioritaire.<\/p>\n<p>S. : Que r\u00e9pondez-vous \u00e0 ceux qui disent que c\u2019est la classe politique qui a besoin de se r\u00e9concilier avec elle-m\u00eame, car les Burkinab\u00e8 n\u2019ont pas de probl\u00e8mes?<\/p>\n<p>Z.D. : Effectivement, c\u2019est la classe politique qui bloque un pays. Mais la r\u00e9conciliation est plus profonde. Nous avons propos\u00e9 une d\u00e9marche pour atteindre la r\u00e9conciliation. Dans un courrier adress\u00e9 au pr\u00e9sident du Faso, nous avons indiqu\u00e9 que la r\u00e9conciliation pose un probl\u00e8me parce que les populations ne savent pas pourquoi il faut y aller. Dans la d\u00e9marche, il faut un premier forum pour s\u2019accorder sur les questions qui appellent \u00e0 la r\u00e9conciliation ainsi que l\u2019horizon temporel. La r\u00e9conciliation ne concerne pas que les politiciens. Il faut repartir dans les provinces, car on y a laiss\u00e9 pourrir beaucoup de querelles notamment li\u00e9es \u00e0 la chefferie, la terre, etc. Il faut les recenser et trouver un m\u00e9canisme. Ensuite, un autre forum national dont l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments doit \u00eatre la mise en place d\u2019une commission v\u00e9rit\u00e9, justice et r\u00e9conciliation pour notamment les crimes de sang. R\u00e9cemment, l\u2019insurrection est venue rajouter aux frustrations. Il y a eu une classe politique qui a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e. Celle-ci estime qu\u2019on lui a fait la force parce que pour elle, l\u2019on pouvait r\u00e9viser la Constitution. Juridiquement, elle avait raison mais politiquement, elle avait tort. La r\u00e9vision \u00e9tait inopportune. Il va falloir qu\u2019on se parle afin que les autres puissent revenir et que le pays puisse avancer.<\/p>\n<p>S. : Lors de votre investiture, vous avez parl\u00e9 d\u2019un nouveau d\u00e9part. Quelles sont donc les grandes lignes du projet de soci\u00e9t\u00e9 que vous allez soumettre aux Burkinab\u00e8 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Mon projet de soci\u00e9t\u00e9 est coll\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Il y a le conjoncturel et le structurel. La conjoncturel prend forc\u00e9ment en compte la lutte contre le terrorisme. Il y a de mani\u00e8re connexe, deux grands volets. La lutte purement militaire contre le terrorisme et tout ce qui l\u2019accompagne, \u00e0 savoir la r\u00e9conciliation nationale et le type de d\u00e9veloppement que l\u2019on souhaite avoir pour que des populations ne se sentent pas d\u00e9laiss\u00e9es au point d\u2019avoir recours au terrorisme.<br \/>Et puis il y a le structurel qui touche aux ambitions qu\u2019on a pour un pays comme le Burkina, dont le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement doit \u00eatre refait pour viser la satisfaction des besoins \u00e9l\u00e9mentaires des populations et la performance \u00e9conomique.<br \/>Il y a des le\u00e7ons que l\u2019on doit tirer des pays d\u00e9velopp\u00e9s. On se d\u00e9veloppe d\u2019abord en contr\u00f4lant son march\u00e9 int\u00e9rieur. Mais, on ne peut pas se d\u00e9velopper si on n\u2019est pas un acteur du march\u00e9 ext\u00e9rieur. La Chine s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e parce qu\u2019elle est l\u2019usine du monde.<br \/>Enfin, il y a la question des valeurs d\u2019\u00eatre Burkinab\u00e8. On a un certain nombre de valeurs qui sont le creuset de notre \u00eatre qu\u2019il faut qu\u2019on remette au go\u00fbt du jour et en faire un point de d\u00e9part pour le d\u00e9veloppement.<br \/>L\u2019agriculture est le pilier du d\u00e9veloppement. Il y a deux volets dans ce secteur. Il faut d\u2019abord qu\u2019il y ait de l\u2019abondance pour r\u00e9gler d\u00e9finitivement la question des trois repas par jour. Et puis l\u2019agriculture doit \u00eatre une source de devises. Je prends un exemple o\u00f9 nous avons mal r\u00e9agi. Sur la question des \u00e2nes que les Chinois importaient, on a r\u00e9agi de mani\u00e8re compl\u00e8tement anti \u00e9conomique par rapport au Kenya. Plut\u00f4t que d\u2019interdire l\u2019exportation, le Kenya a financ\u00e9 les \u00e9tudiants ch\u00f4meurs pour produire des \u00e2nes destin\u00e9s \u00e0 cet effet. A c\u00f4t\u00e9, il a cr\u00e9\u00e9 un abattoir moderne pour recueillir les peaux. On aurait pu lancer une fili\u00e8re de production destin\u00e9e \u00e0 l\u2019exportation et on laisse nos \u00e2nes pour la consommation locale. De plus, il faut une \u00e9volution agricole \u00e0 avoir. Elle consiste \u00e0 avoir un d\u00e9bat nouveau sur qui doit \u00eatre agriculteur. Aujourd\u2019hui, on devient agriculteur par d\u00e9faut. On doit avoir 20% de Burkinab\u00e8 qui nourrissent les 80% et non le contraire. Cela n\u00e9cessite que le sol soit un actif pour l\u2019agriculteur pour aller vers les banques. On doit avoir un tracteur par village. Il faut ensuite que l\u2019on transforme une partie pour lib\u00e9rer la main-d\u2019\u0153uvre vers l\u2019industrie. Honn\u00eatement, on ne va jamais se d\u00e9velopper si on n\u2019a pas une industrie manufacturi\u00e8re. Il n\u2019est pas normal que les agriculteurs continuent d\u2019utiliser des dabas. Il faut tirer des enseignements de l\u2019\u00e9conomie mondiale. La production de motos a commenc\u00e9 aux Etats-Unis puis est all\u00e9e vers l\u2019Europe, ensuite au Japon avant d\u2019arriver en Chine. Le prochain pays qui va prendre le relais est le Vietnam. Pendant ce temps, nous sommes assis. La r\u00e9volution industrielle est un point sur lequel nous allons travailler.<br \/>Sur le plan des infrastructures, beaucoup a \u00e9t\u00e9 fait depuis les 10 derni\u00e8res ann\u00e9es mais il reste beaucoup \u00e0 faire. Normalement on doit avoir un programme ambitieux pour que toutes les communes soient reli\u00e9es par une voie bitum\u00e9e. Ouagadougou doit \u00eatre reli\u00e9e aux fronti\u00e8res par des autoroutes et pour la mobilit\u00e9 urbaine, il faut des routes \u00e0 \u00e9tages. Le chemin de fer doit \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 aussi bien \u00e0 l\u2019interne qu\u2019\u00e0 l\u2019externe. Et m\u00eame transformer les principaux cours d\u2019eau en voies navigables. Ce n\u2019est pas compliqu\u00e9. Je veux que le Burkina Faso ait sa mer int\u00e9rieure.<br \/>Sur le plan de la gestion de l\u2019environnement et sa protection, beaucoup a \u00e9t\u00e9 fait mais il faut continuer. On a besoin de cr\u00e9er des espaces pour la respiration alors que la ville s\u2019\u00e9largit.<br \/>Je jette l\u00e0 quelques-unes des id\u00e9es que vous lirez dans notre programme qui est r\u00e9dig\u00e9 actuellement sous la direction du Pr Idrissa Ou\u00e9draogo, un \u00e9conomiste que l\u2019on ne pr\u00e9sente plus et un membre \u00e9minent du parti.<br \/>La pr\u00e9sentation officielle du programme sera bient\u00f4t faite.<\/p>\n<p>S. : Les Burkinab\u00e8 vivant dans les zones sous l\u2019emprise du terrorisme ne pourront pas voter. Quelle l\u00e9gitimit\u00e9 donnerez-vous \u00e0 ceux qui seront \u00e9lus \u00e0 une pareille \u00e9lection ?<\/p>\n<p>Z.D. : Nous sommes tr\u00e8s afflig\u00e9s que dans certaines zones, certains de nos compatriotes ne puissent pas voter. Ce n\u2019est une joie pour personne, c\u2019est un cas de force majeure. Cependant, \u00e9vitons les d\u00e9bats sur les l\u00e9gitimit\u00e9s parce que quand vous prenez m\u00eame l\u2019ensemble des Burkinab\u00e8, nous sommes environ 20 millions d\u2019habitants, le pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu avec environ 1 600 000 personnes, en 2015, m\u00eame pas 10% de la population. Cela signifie qu\u2019il y a beaucoup de personnes qui sont en \u00e2ge de voter, qui ont leur carte d\u2019\u00e9lecteur mais qui ne le font pas. Est-ce tous ceux qui ont plus de 18 ans qui se sont fait enr\u00f4ler ? Non ! Mais pourquoi le d\u00e9bat sur la l\u00e9gitimit\u00e9 ? Notre Constitution ne donne pas un seuil minimal pour que l\u2019\u00e9lection soit valide ni sur le plan l\u00e9gislatif ni pr\u00e9sidentiel. Comme c\u2019est un cas de force majeure, on est oblig\u00e9 de voter et de prendre les scrutins qui auront \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s, cela ne veut pas dire que celui qui est \u00e9lu manque de l\u00e9gitimit\u00e9. Cette question a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e au gouvernement lorsqu\u2019on nous a fait savoir qu\u2019il existe des zones rouges. On a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par le Premier ministre, l\u2019opposition et la majorit\u00e9, le 1er juillet dernier. Il nous a assur\u00e9 que toutes les dispositions sont prises pour que dans ces zones, le maximum de personnes puisse voter.<\/p>\n<p>S. : Le Code \u00e9lectoral qui devrait \u00eatre r\u00e9vis\u00e9 lors de la derni\u00e8re session extraordinaire de l\u2019Assembl\u00e9e nationale a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9. La classe politique doit s\u2019accorder sur un certain nombre de param\u00e8tres avant cette r\u00e9vision. Que s\u2019est-il r\u00e9ellement pass\u00e9 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Il s\u2019est pass\u00e9 un probl\u00e8me de transcription de l\u2019accord qu\u2019on a eu \u00e0 une r\u00e9union donn\u00e9e. Il y a eu des ajouts qui ne remettaient pas fondamentalement le document en cause mais on est parti d\u2019un principe qu\u2019on s\u2019est entendu sur un document qui a malheureusement subi des modifications. C\u2019est sur le principe qu\u2019on a choisi de le retirer, c\u2019est par mesure de pr\u00e9cautions afin que demain s\u2019il y a des choses substantielles \u00e0 dire, on puisse se d\u00e9fendre. Bient\u00f4t, il y aura une session extraordinaire pour son adoption.<\/p>\n<p>S. : Vous parlez de s\u00e9curit\u00e9 comme un fait conjoncturel. De quoi s\u2019agit-il ?<\/p>\n<p>Z.D. : La s\u00e9curit\u00e9 est permanente, mais le terrorisme va bient\u00f4t prendre fin. J\u2019esp\u00e8re que c\u2019est conjoncturel et qu\u2019on en sortira. Par contre, la s\u00e9curit\u00e9 n\u2019est pas seulement le terrorisme car il y a des coupeurs de routes, des voleurs et autres.<\/p>\n<p>S.: L\u2019Afghanistan vit ce ph\u00e9nom\u00e8ne il y a plus de 30 ans. Vous le pensez vraiment ?<\/p>\n<p>Z.D. : Pour moi, 30 ans c\u2019est conjoncturel, ce n\u2019est pas 100 ans. Certes, le terrorisme d\u00e9structure l\u2019\u00e9conomie mais on esp\u00e8re en sortir un jour et cela va arriver. Par contre, les coupeurs de routes, les voleurs, c\u2019est un fl\u00e9au qui date des si\u00e8cles et que vivent des g\u00e9n\u00e9rations et m\u00eame les g\u00e9n\u00e9rations futures vivront cela mais le terrorisme, on esp\u00e8re en sortir.<\/p>\n<p>S. : Quand on regarde l\u2019histoire de nos dirigeants au pouvoir, IBK, Gbagbo, Wade et autres, ils ont tous \u00e9t\u00e9 des opposants mais une fois au pouvoir, ils n\u2019ont pas montr\u00e9 les visages qu\u2019on attendait d\u2019eux. Quelle sera la diff\u00e9rence avec vous ?<\/p>\n<p>Z.D. : Pour aller au pouvoir, il faut \u00eatre un opposant, c\u2019est valable pour tout le monde, chacun va arriver et va essayer d\u2019apporter le meilleur de soi-m\u00eame. Cela est valable pour les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocrates, c\u2019est la nature humaine mais pas pour autant que les opposants ne doivent pas aller au pouvoir. Les temps changent, les environnements aussi, je crois que la pression est aussi importante pour que les dirigeants soient exemplaires. C\u2019est pourquoi dans la th\u00e9orie de Montesquieu, il ne faut jamais donner tout le pouvoir \u00e0 quelqu\u2019un m\u00eame s\u2019il est de bonne foi. Si vous lui donnez le pouvoir absolu, il le g\u00e8re de mani\u00e8re absolue. Il y a des choses qui se passent aujourd\u2019hui qu\u2019on ne pouvait pas imaginer quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t. A titre d\u2019exemple, faire d\u00e9missionner un ministre de son poste sous la pression de l\u2019opinion. Aujourd\u2019hui avec les r\u00e9seaux sociaux, chaque dirigeant est sous pression et doit justifier sa gestion.<\/p>\n<p>S.: Parlant de d\u00e9veloppement, une professeure d\u2019universit\u00e9 a soutenu que 35 programmes de d\u00e9veloppement ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s au Burkina mais n\u2019ont pas donn\u00e9 de r\u00e9sultats. Qu\u2019en pensez-vous ?<\/p>\n<p>Z.D. : L\u2019un des probl\u00e8mes aussi qu\u2019on a eu dans l\u2019histoire r\u00e9cente de notre pays, c\u2019est le manque de continuit\u00e9. Et c\u2019est l\u2019un des probl\u00e8mes de la d\u00e9mocratie, qui suppose l\u2019alternance.<br \/>Regardez les pays asiatiques ! Ils ont eu des leaders qui sont rest\u00e9s sur le long terme (la Malaisie, l\u2019Indon\u00e9sie, la Tha\u00eflande et la Chine populaire).<br \/>Nous, c\u2019est diff\u00e9rent. Ce qu\u2019il nous faut, comme on ne peut pas avoir la stabilit\u00e9 des individus, c\u2019est la stabilit\u00e9 de la vision. Le probl\u00e8me est que chacun vient avec sa vision et met de c\u00f4t\u00e9 celle de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. On n\u2019arrive pas \u00e0 faire en sorte que les institutions soient plus fortes que les individus. Ce qui am\u00e8ne tous ces programmes. Le Rwanda est un pays cit\u00e9 comme exemple de stabilit\u00e9 et de progr\u00e8s mais c\u2019est un pouvoir qui commence \u00e0 \u00eatre long. Les USA sont \u00e9galement un exemple. Leur d\u00e9veloppement s\u2019est fait sur 2 \u00e0 3 si\u00e8cles mais les dirigeants ne font que 4 \u00e0 8 ans mais ils ont r\u00e9ussi \u00e0 mettre en place des institutions fortes. C\u2019est la stabilit\u00e9 dans la d\u00e9marche qui compte. Alors comment r\u00e9ussir \u00e0 garder le fil conducteur des programmes, tout en changeant d\u00e9mocratiquement les hommes tous les 5 ou tous les 1\u00e0 ans ? C\u2019est un dilemme \u00e0 r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>S.: Est-ce la qualit\u00e9 des hommes qui animent la vie politique qui pose probl\u00e8me ?<\/p>\n<p>Z.D. : La qualit\u00e9 des animateurs de la vie politique est un facteur important. On ne fait rien de bon avec des m\u00e9diocres.<\/p>\n<p>S.: Etes-vous pour un audit de la gestion du CFOP ?<\/p>\n<p>Z.D. : Oui, parce que cet audit a d\u00e9j\u00e0 lieu de mani\u00e8re annuelle. Le budget du CFOP est de 100 000 000 F CFA. La loi dit que cette somme est pour le financement du cabinet du CFOP. Contrairement \u00e0 ce que les gens r\u00e9clament, ce n\u2019est pas dit que c\u2019est pour financer les partis politiques de l\u2019opposition. Ce budget est allou\u00e9 pour g\u00e9rer le staff du cabinet (salaires, carburant, loyers et les missions), mais \u00e0 comparer au budget d\u2019autres institutions, il est ridicule. Il suffit de faire deux \u00e0 trois missions internationales et il est fini au point que tu es oblig\u00e9 de faire des compl\u00e9ments de ta poche. Chaque ann\u00e9e aux mois de janvier-f\u00e9vrier, en attendant que le budget arrive, je fais fonctionner l\u2019institution avec mes propres moyens pour \u00eatre rembours\u00e9 apr\u00e8s. Ensuite le CFOP rend compte au pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Pourquoi ? Parce que ce qui est donn\u00e9 est une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de celui-ci car il n\u2019y a pas un budget allou\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. Depuis le d\u00e9but du CFOP, son budget fluctue au gr\u00e9 du pr\u00e9sident, contrairement aux autres institutions. Le PAN est donc l\u2019auditeur attitr\u00e9 du CFOP.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-25130\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0430-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"398\" height=\"265\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0430-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0430-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0430-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0430-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/zeph0430.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 398px) 100vw, 398px\"\/>Le candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle exige un audit ind\u00e9pendant du fichier \u00e9lectoral pour \u00e9viter les contestations.<\/p>\n<p>S : Est-ce que vous avez pos\u00e9 le probl\u00e8me ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non, parce que je suis un opposant et que pour moi, l\u2019Etat n\u2019a pas \u00e0 financer l\u2019opposition.<br \/>Cela \u00e9tant dit, je me vois mal en train de financer de ma propre poche une institution publique. Si on m\u2019invite en tant que CFOP \u00e0 une r\u00e9union \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, je vais au nom du pays, alors pourquoi faut-il que c\u2019est de ma poche que j\u2019effectue ce voyage ?<\/p>\n<p>S.: Est-ce que vous n\u2019utilisez pas ces fonds pour financer des partis politiques ?<\/p>\n<p>Z.D. : Non. Le budget allou\u00e9 n\u2019est pas fait pour financer des partis mais pour financer l\u2019institution, le si\u00e8ge. On est 25 partis. Croyez-vous qu\u2019avec 100 000 000 F CFA on peut les financer? Non, la loi est claire, c\u2019est fait pour financer le cabinet du CFOP.<\/p>\n<p>S.: Et l\u2019argent allou\u00e9 aux partis politiques ?<\/p>\n<p>Z.D. : A titre personnel, je n\u2019ai aucun probl\u00e8me si l\u2019on supprime les financements publics, mais si on fait cela, c\u2019est uniquement le parti au pouvoir et les grands partis qui vont en profiter, donc on va r\u00e9duire la d\u00e9mocratie. Les grands partis ont des membres pour contribuer mais si un parti se cr\u00e9e nouvellement, cela co\u00fbte tr\u00e8s cher. S\u2019il n\u2019a pas d\u2019appui, il va rester arbuste et si on veut qu\u2019il ait un renouvellement de la classe politique, quelque part, on doit trouver un moyen pour le soutenir.<\/p>\n<p>S.: Pensez-vous que l\u2019Afrique doit se d\u00e9barrasser du franc CFA ?<\/p>\n<p>Z.D. : Sur le franc CFA, il y a un certain nombre de clich\u00e9s. L\u2019un des avantages est qu\u2019il permet d\u2019\u00eatre convertible, du CFA en euro par exemple. Il nous permet facilement de faire le commerce \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du pays pour notre d\u00e9veloppement. Cela dit, le lien avec la puissance coloniale pose probl\u00e8me. Il faut en sortir, il faut se prendre en charge. Qu\u2019on l\u2019appelle CFA ou Eco, l\u2019essentiel est que ce lien soit rompu dans une logique \u00e9conomique int\u00e9ressante. Cela signifie qu\u2019on ait une monnaie commune aux pays de l\u2019espace CEDEAO. Il faut une monnaie qui nous permet de vendre nos produits dans les autres pays de l\u2019Afrique et vice versa, qu\u2019on aille facilement en Sierra Leone, au Liberia et en Guin\u00e9e. Une monnaie qui nous permet d\u2019acheter des produits aux USA, en Chine qu\u2019on n\u2019ait pas des probl\u00e8mes pour avoir du dollar et de l\u2019euro. Encore faut-il que nous nous entendions entre pays de la sous-zone africaine. Ceci dit, il faut faire attention, la monnaie refl\u00e8te la sant\u00e9 de notre \u00e9conomie. C\u2019est \u00e0 nous de montrer qu\u2019on est capable de produire des choses non seulement pour le march\u00e9 int\u00e9rieur mais aussi pour le march\u00e9 ext\u00e9rieur afin d\u2019obliger les gens \u00e0 venir acheter avec leurs monnaies ; c\u2019est ce qui fait que la monnaie a de la valeur.<\/p>\n<p>S. : La situation au Mali est critique avec les manifestations. Comment entrevoyez-vous l\u2019avenir du pr\u00e9sident de ce pays ?<\/p>\n<p>Z.D. : Ma premi\u00e8re pens\u00e9e va \u00e0 l\u2019endroit de mon ami Souma\u00efla Ciss\u00e9, avec qui j\u2019entretiens des relations tr\u00e8s fortes depuis plus de deux d\u00e9cennies, il a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019un rapt et nous sommes aujourd\u2019hui sans nouvelle de lui. J\u2019esp\u00e8re que les autorit\u00e9s feront tout pour qu\u2019on le retrouve. Du reste, le Mali est un pays qui traverse des turbulences, une situation qui est n\u00e9e \u00e0 la fois de frustrations accumul\u00e9es sur la gouvernance mais surtout de la manipulation qui serait n\u00e9e de la Cour constitutionnelle \u00e0 la suite des derni\u00e8res \u00e9lections. Nos Cours doivent faire attention, elles sont susceptibles de dire le droit mais le vrai droit. Les racines du probl\u00e8me dans ses parties conjoncturelles sont connues, la partie structurelle est la gouvernance, la gestion du pays et la lutte contre le terrorisme. C\u2019est au pr\u00e9sident de donner les gages \u00e0 l\u2019opinion qu\u2019il est capable de faire diff\u00e9remment et m\u00eame mieux sur ce terrain. La CEDEAO s\u2019emploie \u00e0 r\u00e9soudre la crise. Dans cette d\u00e9marche, je crois qu\u2019il faut aligner la souplesse de l\u2019approche politique avec la rigueur des textes car en politique, la situation locale et le sentiment r\u00e9el doivent amener \u00e0 \u00eatre beaucoup plus regardant. Par exemple au Burkina au lendemain de l\u2019insurrection, on a voulu nous imposer ces textes mais il y a aussi une r\u00e9alit\u00e9 politique. L\u2019imam est un homme raisonnable qui s\u2019est fait le catalyseur des aspirations et des frustrations du peuple, il faut qu\u2019on l\u2019\u00e9coute. Autant il a pu lever le li\u00e8vre autant je pense qu\u2019il peut trouver la solution pour que le Mali ait un nouveau d\u00e9part.<\/p>\n<p>S.: Est-ce que vous craignez un sc\u00e9nario \u00e0 la Blaise Compaor\u00e9 ?<\/p>\n<p>Z.D. : Je n\u2019ai pas \u00e0 craindre quoi que ce soit car je suis au Burkina Faso. Mais tout est possible quand une foule pareille est dans la rue et Dieu seul sait de quoi demain sera fait.<\/p>\n<p>S. : Quel regard portez-vous sur la situation en C\u00f4te d\u2019Ivoire o\u00f9 des cadres du RHDP appellent le pr\u00e9sident Ouattara \u00e0 briguer un 3e mandat ?<\/p>\n<p>Z.D.: Le RHDP est un parti lib\u00e9ral comme nous mais par tradition on ne s\u2019ing\u00e8re pas dans les probl\u00e8mes int\u00e9rieurs des autres. Il y avait un candidat d\u00e9sign\u00e9 pour la succession. Il se trouve que Dieu a fait son \u0153uvre qui recr\u00e9e d\u2019autres situations. Je ne sais pas quels sont les d\u00e9terminants mais si le parti estime qu\u2019il y a une meilleure voie \u00e0 suivre, je ne peux que prendre acte.<\/p>\n<p>S.: Le m\u00eame cas semble se pr\u00e9senter en Guin\u00e9e ?<\/p>\n<p>Z.D. : Il y a des d\u00e9bats, certains parlent de 3e mandat et d\u2019autres de premier mandat, parce qu\u2019il y a une nouvelle Constitution. Quelle est la v\u00e9rit\u00e9 ? Je n\u2019en sais rien, car on a eu ce m\u00eame d\u00e9bat au Burkina en 2005, et notre Cour a estim\u00e9 que c\u2019\u00e9tait possible, pourtant ce sont des \u00e9minents juristes. Nous on \u00e9tait dans une trajectoire de deux mandats faite dans un sch\u00e9ma juridique donn\u00e9.<\/p>\n<p>Entretien r\u00e9alis\u00e9<br \/>par la R\u00e9daction<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_31_3fc td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-22415\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Bandeau-paiement-mobile-site.png\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2020\/07\/29\/zephirin-diabre-candidat-a-la-presidentielle-je-peux-gouverner-avec-le-mpp-a-ma-gauche-et-le-cdp-a-ma-droite\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sidwaya a re\u00e7u, le lundi 27 juillet 2020, en invit\u00e9 de la r\u00e9daction, le Chef de file de l\u2019opposition politique (CFOP), Z\u00e9phirin Diabr\u00e9, par ailleurs pr\u00e9sident de l\u2019Union pour le progr\u00e8s et le changement (UPC). Fra\u00eechement investi candidat du \u00ab\u00a0parti du lion\u00a0\u00bb \u00e0 la pr\u00e9sidentielle du 22 novembre prochain, il s\u2019est montr\u00e9 \u00e9loquent et tr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":94164,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-94163","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/94163","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=94163"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/94163\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=94163"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=94163"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=94163"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}