{"id":94666,"date":"2020-08-05T06:00:00","date_gmt":"2020-08-05T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/loeuvre-prodigieuse-de-lassociation-des-oulemas-musulmans-algeriens-2e-partie\/"},"modified":"2020-08-05T06:00:00","modified_gmt":"2020-08-05T10:00:00","slug":"loeuvre-prodigieuse-de-lassociation-des-oulemas-musulmans-algeriens-2e-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/loeuvre-prodigieuse-de-lassociation-des-oulemas-musulmans-algeriens-2e-partie\/","title":{"rendered":"L\u2019\u0153uvre prodigieuse de l\u2019Association des Oul\u00e9mas musulmans alg\u00e9riens (2e partie)"},"content":{"rendered":"<p class=\"c4\"><em><strong>Par Kamel Bouchama, auteur<\/strong><\/em><br \/>Cheikh Embarek El Mili est n\u00e9 \u00e0 Milia en 1897, dans une famille modeste. Il a fait ses premi\u00e8res \u00e9tudes \u00e0 Mila, les \u00e9tudes secondaires \u00e0 Constantine, chez Abdelhamid Ben Badis, et s\u2019est d\u00e9plac\u00e9, par la suite, \u00e0 la Ze\u00eftouna, pour prendre, comme ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, sa part de connaissances et de dipl\u00f4mes.<br \/>Il a enseign\u00e9 \u00e0 Constantine apr\u00e8s son retour de Tunis, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers pionniers de \u00abl\u2019\u00e9cole badissienne\u00bb et du mouvement r\u00e9formiste religieux. Il a enseign\u00e9, ensuite, \u00e0 Laghouat. Dans cette derni\u00e8re localit\u00e9, connue pour ses traditions culturelles, il a eu toutes les occasions pour r\u00e9pandre sa science et ses id\u00e9es r\u00e9volutionnaires. Il a eu le temps, parce que l\u2019ambiance s\u2019y pr\u00eatait, de pr\u00e9senter une \u0153uvre particuli\u00e8rement remarquable sur l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie. C\u2019est peut-\u00eatre l\u2019un des rares ouvrages en ce temps, \u00e9crit proprement par un militant alg\u00e9rien, qui relate la v\u00e9rit\u00e9 sur notre pass\u00e9.<br \/>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 sa mission dans cette r\u00e9gion, il a accompli un bref s\u00e9jour \u00e0 Bou Sa\u00e2da avant de retourner \u00e0 Mila. A Constantine, il est devenu pratiquement le bras droit de Ben Badis.<br \/>Cheikh Larbi T\u00e9bessi est n\u00e9 en 1895 dans la r\u00e9gion du Djebel Labiodh, \u00e0 70 km au sud-ouest de T\u00e9bessa.<br \/>\u00abLarbi T\u00e9bessi \u00e9tait d\u2019une fi\u00e8re allure, on voyait en lui, d\u00e9j\u00e0, depuis son jeune \u00e2ge, d\u2019apr\u00e8s ses traits et son regard, des signes d\u2019une forte personnalit\u00e9 et d\u2019une vive intelligence\u00bb, \u00e9crivait Mohamed Ali Debbouz. Ces bonnes pr\u00e9dispositions ont fait de lui un excellent \u00e9l\u00e8ve, d\u2019abord, \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre zaou\u00efa de Khenguet Sidi Nadji, ensuite, \u00e0 la zaou\u00efa de Nefta, en Tunisie, cette ville connue pour sa culture ancestrale et ses nombreuses promotions d\u2019\u00e9rudits.<br \/>Il a pris le chemin de la Ze\u00eftouna, comme ceux de sa g\u00e9n\u00e9ration, puis celui d\u2019El Azhar o\u00f9 il a re\u00e7u d\u2019autres distinctions. Il est retourn\u00e9 \u00e0 Tunis au moment o\u00f9 le mouvement des r\u00e9formateurs nationalistes prenait forme et se cr\u00e9ait le Parti libre du Destour. Il a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette formation politique et donnait le meilleur de lui-m\u00eame.<br \/>Il est retourn\u00e9 une deuxi\u00e8me fois au Caire et y a s\u00e9journ\u00e9 pendant sept ans. Mais quand il a appris, par le moyen des correspondances et des journaux qu\u2019il recevait, le travail positif que menaient, en Alg\u00e9rie, sur le plan des r\u00e9formes, les savants revenus de leur exil, il a d\u00e9cid\u00e9 de rentrer au bercail et d\u2019adh\u00e9rer tout naturellement \u00e0 ce qu\u2019il consid\u00e9rait comme une mission sacr\u00e9e pour lib\u00e9rer le peuple de l\u2019emprise colonialiste. Il faut dire aussi, pour l\u2019Histoire, que, du Caire, il envoyait des \u00e9crits de haute facture pour le journal Al-Chihab. Il a regagn\u00e9 le pays natal en 1927 et s&rsquo;est associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;action du mouvement des r\u00e9formistes.<br \/>Cheikh Lamine Lamoudi est n\u00e9 en 1890 \u00e0 El-Oued, dans une famille tr\u00e8s connue pour sa pi\u00e9t\u00e9 et son \u00e9rudition dans les sciences religieuses. Il a appris le Coran dans la m\u00eame localit\u00e9, tout en fr\u00e9quentant l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise. De par sa vivacit\u00e9 et sa persistance, il a r\u00e9ussi \u00e0 acqu\u00e9rir la langue de l\u2019\u00e9tranger \u00abpour mieux le combattre\u00bb, disait-il \u00e0 ses amis qui n\u2019avaient pas la chance de conna\u00eetre l\u2019\u00e9cole de Jules Ferry. Ne voulant pas s\u2019arr\u00eater \u00e0 ce stade, il persistait \u00e0 rejoindre la M\u00e9dersa de Constantine, ou comme on l\u2019appelait, commun\u00e9ment, le lyc\u00e9e franco-musulman, cet \u00e9tablissement qui devait former, selon le v\u0153u de l\u2019occupant, les auxiliaires de l\u2019administration coloniale. Il en sera renvoy\u00e9 pour ses activit\u00e9s politiques.<br \/>Il s\u2019est occup\u00e9 comme aoun bach\u2019adel (fonctionnaire de la justice musulmane) \u00e0 Fedj Mzala, mais il n\u2019y est pas rest\u00e9 longtemps car il a \u00e9t\u00e9 radi\u00e9 du corps par l\u2019administration fran\u00e7aise qui voyait en lui un redoutable propagandiste d\u2019id\u00e9es nouvelles (entendez par l\u00e0 des id\u00e9es nationalistes) et un agitateur dangereux. Il est retourn\u00e9 \u00e0 Biskra pour s&rsquo;installer comme oukil judiciaire sans rompre avec ses activit\u00e9s politiques.<br \/>Fervent partisan et proche de l\u2019\u00c9mir Khaled, il a \u00e9t\u00e9 membre fondateur du mouvement des Jeunes Alg\u00e9riens. Il a connu d\u2019autres formations dont les Jeunesses du Congr\u00e8s musulman, et plus tard, les partis politiques. Il a \u00e9t\u00e9 non seulement respect\u00e9, \u00e9cout\u00e9, mais consid\u00e9r\u00e9 comme \u00abl\u2019enfant terrible\u00bb.<br \/>En 1931, Lamine Lamoudi a \u00e9t\u00e9 le principal r\u00e9dacteur des statuts de l\u2019Association des Oul\u00e9mas, apr\u00e8s avoir rejoint Alger sur demande de Ben Badis.<br \/>Lamine Lamoudi a laiss\u00e9 de nombreuses publications. Il a \u00e9t\u00e9 le fondateur, le directeur et le r\u00e9dacteur en chef de deux importants journaux : El Djahim (L\u2019Enfer) en langue nationale, un journal qui, selon lui, \u00abrespirait une fois par semaine\u00bb \u2014 une bonne occasion pour montrer son d\u00e9go\u00fbt du colonialisme \u2014 et La D\u00e9fense, en langue fran\u00e7aise, pour les droits des musulmans alg\u00e9riens. Po\u00e8te \u00e9m\u00e9rite, il nous l\u00e8gue une floraison de qa\u00e7a\u00efde superbes, qui attestent de son grand talent d\u2019homme cultiv\u00e9.<br \/>Enfin, il a connu plusieurs fois la prison au cours de son activit\u00e9 au sein de l\u2019association, en plus de ses fr\u00e9quentes interpellations. Il disait d\u2019ailleurs, non sans une pointe d\u2019ironie, \u00e0 chaque convocation : \u00abDe toute fa\u00e7on, ma valise est toujours pr\u00eate.\u00bb<br \/>Lamine Lamoudi a rejoint le Seigneur, en martyr de la R\u00e9volution, le 10 octobre 1957. Il a \u00e9t\u00e9 l\u00e2chement assassin\u00e9 \u00e0 A\u00efn La\u00e2djiba, tout pr\u00e8s de Bouira, par la sinistre organisation de la Main rouge, en r\u00e9alit\u00e9 par les services secrets fran\u00e7ais. Ahmed Tewfik El Madani est n\u00e9 \u00e0 Tunis le 1er novembre de l\u2019ann\u00e9e 1898. Il raconte lui-m\u00eame : \u00abJe suis n\u00e9 \u00e0 la fin du si\u00e8cle dernier, \u00e0 quelques mois pr\u00e8s, descendant de deux authentiques familles guerri\u00e8res alg\u00e9riennes, vivant alors en exil. De mes p\u00e8re et m\u00e8re, je n\u2019avais sans cesse entendu que relation de la cruelle barbarie des Fran\u00e7ais apr\u00e8s leur forfait contre Sidi-Fredj en 1830.<br \/>J\u2019\u00e9tais bien jeune, et des faits pr\u00e9cis, v\u00e9cus par mon pays, mon peuple et ma famille, ainsi relat\u00e9s, auraient saisi d\u2019horreur n\u2019importe quelle cr\u00e9ature vivante\u00bb (in M\u00e9moires de combat).<br \/>Ses parents, issus d\u2019une lign\u00e9e de nobles, ont \u00e9migr\u00e9 en Tunisie lorsque la domination fran\u00e7aise \u00e9tait devenue plus coercitive \u00e0 Alger. Son p\u00e8re Mohamed El Madani El Kobbi El Gharnati \u00e9tait un \u00e9rudit et son grand-p\u00e8re \u00e9tait cheikh de la municipalit\u00e9 de la capitale sous la r\u00e9gence turque.<br \/>Le jeune Tewfik a fait de bonnes \u00e9tudes et a c\u00f4toy\u00e9 de grands savants. Il s\u2019int\u00e9ressait beaucoup \u00e0 la politique. C\u2019\u00e9tait le temps des grands bouleversements dans le monde et la poursuite de la politique de domination en Afrique du Nord. Il ne restait pas insensible \u00e0 tout cela, lui qui \u00e9tait d\u2019un esprit ardent, tr\u00e8s intelligent, dot\u00e9 de beaucoup de discernement et d&rsquo;opinions sinc\u00e8res.<br \/>N\u2019avait-il pas d\u00e9clar\u00e9 au journal marocain El Alam, concernant l\u2019unit\u00e9 du Maghreb :<br \/>\u00abUn jour viendra, Dieu aidant, o\u00f9 l\u2019unit\u00e9 des trois contr\u00e9es du Maghreb arabe sera une r\u00e9alit\u00e9\u2026 Je prie Dieu de prolonger ma vie jusqu\u2019au jour o\u00f9 sera exauc\u00e9 ce v\u0153u, dans le grand \u00e9panouissement de notre Seigneur, le Commandant des Croyants !\u00bb<br \/>Il a fait de la prison en Tunisie, \u00e0 la suite de la parution de son livre La Tunisie martyre et d\u2019autres affiches r\u00e9volutionnaires d\u2019une extr\u00eame duret\u00e9 contre la France. \u00abDans ses discours, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 accuser la France d\u2019\u00eatre responsable de la guerre mondiale en 1914. Il accuse \u00e9galement la France dans ses articles (le Journal Afrique) d\u2019avoir d\u00e9fendu avec z\u00e8le la politique imp\u00e9rialiste\u00a0 en agressant l\u2019\u00c9mir Abdel Krim et en refusant l\u2019id\u00e9e de r\u00e9conciliation que ce dernier proposait\u00bb, soulignait un rapport de la R\u00e9sidence g\u00e9n\u00e9rale de France, dat\u00e9 du 9 juin 1925.<br \/>Il est rentr\u00e9 \u00e0 Alger en 1925, expuls\u00e9 de Tunisie par le ministre R\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral qui lui reprochait ses activit\u00e9s politiques et sa fougue nationaliste. Il \u00e9tait alors secr\u00e9taire du Parti libre du Destour aux c\u00f4t\u00e9s du militant Abdelaziz Tha\u00e2lbi. De m\u00eame qu\u2019il \u00e9tait secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Ligue de la plume, membre de l\u2019Acad\u00e9mie tunisienne des sciences et responsable du Groupe Es Sa\u00e2da, un groupe du th\u00e9\u00e2tre r\u00e9volutionnaire, sous l\u2019\u00e9gide du Parti du Destour.<br \/>Il a de nombreuses publications dont la premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 son livre L\u2019Almanach d\u2019El-Mansour.<br \/>Ahmed Tewfik El Madani a \u00e9t\u00e9 une bonne recrue pour l\u2019Association des Oul\u00e9mas. Il \u00e9tait convaincu de la difficile t\u00e2che qui attendait les militants. Il d\u00e9clarait : \u00abC\u2019est le rel\u00e2chement de la soci\u00e9t\u00e9, la d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019\u00e9difice, la d\u00e9sunion, la soumission aux colonisateurs, l\u2019absence de disposition \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019agression \u2014 autant de transgressions aux commandements de Dieu \u2014 qui ont seuls permis \u00e0 l\u2019ennemi de nous mettre sous son joug, de fouler \u00e0 nos pieds nos id\u00e9aux, de nous couvrir du v\u00eatement de l\u2019avilissement et de l\u2019humiliation.\u00bb Il y en avait d\u2019autres, aussi valeureux, et non moins pugnaces dans leur travail et fid\u00e8les dans leur engagement vis-\u00e0-vis de la patrie.<br \/>La cr\u00e9ation de l\u2019association, avec cette importante formation o\u00f9 l\u2019on comptait d\u2019illustres personnages, des hommes repus de sciences, n\u2019\u00e9tait pas la bienvenue \u00abchez tout le monde\u00bb, et elle ne pouvait avoir l\u2019assentiment de tous les hommes de culte, notamment certains chefs de confr\u00e9ries et de zaou\u00efas auxquels la soci\u00e9t\u00e9 attribuait un \u00abpseudo-charisme\u00bb exploit\u00e9 \u00e0 des fins diverses. Il y avait parmi eux des inf\u00e9od\u00e9s \u00e0 l\u2019administration coloniale, mais aussi des charlatans, au sens propre du terme, tenant en leur pouvoir des masses d\u2019ignorants. Il y avait \u00e9galement d\u2019autres, heureusement pas dans le m\u00eame genre, mais aussi dangereux car ils p\u00e8chaient par leur inconsistance et leur manque d\u2019envergure. Ceux-l\u00e0 et les autres n\u2019ont pu se recycler aussi facilement avec les v\u00e9ritables et respectables hommes de culte et de culture, propagateurs de saines r\u00e9formes, et n\u2019ont pu suivre leur d\u00e9marche hautement plus significative et d\u00e9terminante pour l\u2019avenir. Cheikh El Bachir El Ibrahimi confirmait leur ignorance, leur complicit\u00e9 et leur travail de sape :<br \/>\u00abCeux-l\u00e0 avaient peur de nous, parce que nous avions men\u00e9 des campagnes pour d\u00e9noncer leur passivit\u00e9 et nous les avions consid\u00e9r\u00e9s comme un malheur pour la communaut\u00e9 et la religion, \u00e0 cause de leur silence devant les m\u00e9faits et les vilenies qu\u2019endurait le peuple, et parce qu\u2019ils devenaient des \u2018\u2019exp\u00e9dients\u2019\u2019 pour les tenants de la colonisation en humiliant et en asservissant leurs propres fr\u00e8res au nom de valeurs que la morale et la religion ne connaissent pas.\u00bb<br \/>En effet, l\u2019Association des Oul\u00e9mas ne pouvait agr\u00e9er ceux-l\u00e0 car, dans ses fondements et principes g\u00e9n\u00e9raux, beaucoup d\u2019orientations \u00e9taient incompatibles avec sa d\u00e9marche.<br \/>Dans le programme des Oul\u00e9mas figuraient, entre autres, la recherche de la v\u00e9rit\u00e9, l\u2019affirmation des valeurs ancestrales du peuple alg\u00e9rien et son attachement aux vertus morales pr\u00each\u00e9es par l\u2019Islam. De plus, ils \u0153uvraient pour une contribution authentique au progr\u00e8s des diverses branches du savoir : lettres, grammaire et morphologie de la langue arabe, ex\u00e9g\u00e8se coranique, hadith, droit islamique, au moment o\u00f9 ceux qu\u2019ils d\u00e9non\u00e7aient \u0153uvraient pour la d\u00e9stabilisation du peuple et la p\u00e9rennisation du colonialisme. \u00abL\u2019institution des confr\u00e9ries est une innovation (bida\u00e2). Elle n\u2019existait pas aux premiers temps de l\u2019Islam. Elle est d\u2019ailleurs bas\u00e9e sur des principes antireligieux. Le sectarisme qui la caract\u00e9rise se traduit par la soumission aveugle au marabout, ce qui aboutit pratiquement \u00e0 une exploitation \u00e9hont\u00e9e, \u00e0 l\u2019asservissement total des esprits, \u00e0 l\u2019avilissement, \u00e0 l\u2019abrutissement et \u00e0 tant d\u2019autres maux\u00bb, disait Abdelhamid Ben Badis en r\u00e9digeant les bases fondamentales de la doctrine des Oul\u00e9mas.<br \/>Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019Association n\u2019en a jamais fait un point de fixation. Investie d\u2019une mission, elle se conformait aux id\u00e9aux \u00e0 appliquer au sein des masses qui avaient tant besoin de ce souffle nouveau. Son but \u00e9tait de r\u00e9pondre aux imp\u00e9ratifs imm\u00e9diats et directs de restauration de la langue arabe \u00e0 des niveaux qui \u00e9taient les siens, aux temps m\u00e9morables de la grande civilisation musulmane universelle et, quelles que soient les controverses, de mener une lutte aux plans psychologique, philosophique et politique, syst\u00e9matiquement et en permanence, pour remodeler la conscience du peuple et faire de l\u2019attachement profond en la foi l\u2019une des solutions pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019empire colonial.<\/p>\n<p class=\"c4\">Il y avait de la mati\u00e8re pour cela. N\u2019est-ce pas l\u00e0, d\u2019ailleurs, l\u2019explication de Ben Badis : \u00abUn pays unifi\u00e9 par l\u2019Islam, par Dieu, ne peut \u00eatre divis\u00e9 par l\u2019homme\u00bb, ou encore, quand il parlait de libert\u00e9 : \u00abLes circonstances peuvent nous fa\u00e7onner, mais elles ne peuvent nous annihiler.\u00bb<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Les fondements de l\u2019association<\/strong><br \/>Pour confirmer la justesse de la d\u00e9marche entreprise par l\u2019association ainsi que ses importantes projections sur l\u2019avenir, le professeur Abdelkrim Bousefsaf souligne \u00e0 ce propos :<br \/>\u00abNous n\u2019exag\u00e9rons en rien si nous d\u00e9clarons que certains pays ind\u00e9pendants du tiers-monde ne sont pas arriv\u00e9s, jusqu\u2019au jour d\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 r\u00e9aliser des projets culturels, religieux et unitaires comme ceux r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019Association des Oul\u00e9mas en son temps. Il a donc raison celui qui disait que l\u2019Association des Oul\u00e9mas \u00e9tait \u2018\u2019un \u00c9tat dans un \u00c9tat\u2019\u2019, et cela n\u2019est pas venu par hasard, ni m\u00eame de mani\u00e8re irr\u00e9fl\u00e9chie, c\u2019est en effet une r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te.\u00bb<br \/>Ensuite, il r\u00e9sume l\u2019essentiel du programme de l\u2019association en sept points :<br \/>&#8211; r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer la pratique religieuse et la purifier en la d\u00e9barrassant de toutes les tares et les impuret\u00e9s qui l\u2019ont alt\u00e9r\u00e9e depuis les derniers si\u00e8cles ;<br \/>&#8211; \u0153uvrer concr\u00e8tement pour la restauration et le d\u00e9veloppement de la culture arabo-islamique et inscrire comme premi\u00e8re pr\u00e9occupation la g\u00e9n\u00e9ralisation de la langue arabe qui a failli sombrer dans l\u2019oubli ;<br \/>&#8211; travailler pour unir le peuple alg\u00e9rien sous la banni\u00e8re de l\u2019Islam et de l\u2019arabisme ;<br \/>&#8211; militer inlassablement pour propager le sentiment national et \u00e9lever le niveau politique des masses ;<br \/>&#8211; d\u00e9ployer des efforts pour le retour de l\u2019Alg\u00e9rie parmi les siens, c\u2019est-\u00e0-dire dans son milieu naturel : la communaut\u00e9 arabo-musulmane ;<br \/>&#8211; se mobiliser concr\u00e8tement pour la r\u00e9alisation de l\u2019unit\u00e9 du Maghreb et pour la lutte contre l\u2019ennemi commun. Cette unit\u00e9 est indispensable quand on sait que les citoyens du Maghreb sont un m\u00eame peuple, divis\u00e9 malheureusement par le colonialisme ;<br \/>&#8211; soutenir mat\u00e9riellement et politiquement les peuples arabes et musulmans, notamment le peuple palestinien, dans leur juste cause contre l\u2019imp\u00e9rialisme et le sionisme.<br \/>Voil\u00e0 r\u00e9sum\u00e9 l&rsquo;essentiel du programme politique qui, du reste, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 l\u2019approbation des autorit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. D\u2019ailleurs, il aurait d\u00e9clench\u00e9 les foudres du ciel, du fait qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9, sans aucun doute, comme de la provocation et, pis encore, comme de la r\u00e9bellion. Quant \u00e0 la doctrine de l\u2019association, elle a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e avec les statuts et rendue publique. Nous relevons dans les \u00abbases fondamentales\u00bb ces quelques points :<br \/>&#8211; \u00abL\u2019Islam est, par excellence, la religion de l\u2019humanit\u00e9, il pr\u00eache la fraternit\u00e9 non seulement entre les musulmans mais aussi, et \u00e0 titre \u00e9gal, pour tout le genre humain, il d\u00e9cr\u00e8te l\u2019\u00e9galit\u00e9 absolue au point de vue de la dignit\u00e9 humaine et des droits humains, entre tous les hommes, sans distinction de races et de couleurs, il condamne l\u2019iniquit\u00e9 dans ses formes les plus vari\u00e9es, il condamne l\u2019asservissement de l\u2019homme par l\u2019homme ainsi que le despotisme\u2026 Il est essentiellement d\u00e9mocratique et n\u2019admet point l\u2019absolutisme sous toutes ses formes.\u00bb<br \/>&#8211; \u00abLes faits et gestes de \u2018\u2019Essalef-Essalih\u2019\u2019 (la Sainte G\u00e9n\u00e9ration) : les Compagnons du Proph\u00e8te, leurs disciples, sont l\u2019application la plus conforme \u00e0 l\u2019esprit de l\u2019Islam des pr\u00e9ceptes et principes de cette religion. Les interpr\u00e9tations des hommes appartenant \u00e0 cette g\u00e9n\u00e9ration sont les plus s\u00fbres et les plus exactes. La bida\u00e2 est toute innovation en mati\u00e8re de culte et de pratiques religieuses, elle est une h\u00e9r\u00e9sie\u2026\u00bb<br \/>\u00abLes pratiques consistant \u00e0 \u00e9difier des\u00a0 koubbas sur les tombes, \u00e0 y allumer des cierges, \u00e0 y immoler des b\u00eates dans une intention pieuse, implorer les morts dont ces tombes renferment les d\u00e9pouilles, sont des pratiques pa\u00efennes, comme celles qui \u00e9taient en usage \u00e0 l\u2019\u00e9poque ant\u00e9islamique (la djahilia).\u00bb<br \/>\u00abDevant l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de la communaut\u00e9, il faut oublier et rel\u00e9guer au dernier plan toute controverse susceptible d\u2019entretenir la discorde, de briser l\u2019union et d\u2019introduire les germes du mal. C\u2019est un devoir imp\u00e9rieux pour tous de se solidariser et de se serrer les coudes jusqu\u2019\u00e0 ce que se d\u00e9noue la crise et s\u2019\u00e9carte le danger.\u00bb<br \/>Peut-on consid\u00e9rer que ce programme a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement appliqu\u00e9 ? Sans pr\u00e9tention aucune, nous pouvons avancer que la majeure partie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e et proprement, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 ceux, parmi les \u00abfrancophiles\u00bb, les \u00e9ternels insatisfaits qui ne portent pas l\u2019association dans leur c\u0153ur, ceux qui ont toujours jet\u00e9 l\u2019opprobre sur ces combattants de la foi, les traitant d\u2019incapables, d\u2019hommes de peu d\u2019\u00e9paisseur ou de rationalit\u00e9. Ce discours vindicatif vient du fait que ces Oul\u00e9mas n\u2019ont pas sombr\u00e9 dans la flagornerie et la capitulation, comme certains le pr\u00e9tendent. Ils ont, par contre, relev\u00e9 le d\u00e9fi et travaill\u00e9 efficacement au profit des populations qui gardent, aujourd\u2019hui, le bon souvenir de ces hommes d\u2019une trempe exceptionnelle, de ces ap\u00f4tres de la science et de la libert\u00e9, dont l\u2019Histoire retiendra qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 les promoteurs de ces principaux leviers d\u2019action sur la conscience sociale et le travail id\u00e9ologique.<br \/>Toutes ces r\u00e9alisations qui rel\u00e8vent de motivations culturelles et civilisationnelles ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es au sein de structures op\u00e9rationnelles install\u00e9es par l\u2019association sur l\u2019\u00e9tendue du territoire national et m\u00eame en France, et cela malgr\u00e9 le contr\u00f4le syst\u00e9matique impos\u00e9 par les autorit\u00e9s coloniales sur les moyens d\u2019action dont les \u00e9coles libres, les mosqu\u00e9es, les \u00e9coles coraniques, la presse et les cercles ainsi que les permanences de l\u2019association.<br \/>Ce contr\u00f4le omnipr\u00e9sent n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les militants de vaquer \u00e0 leur mission, tant ils avaient la conviction qu\u2019il fallait profiter du maximum de temps pour concr\u00e9tiser un bon nombre d\u2019actions et mobiliser les masses autour d\u2019objectifs r\u00e9alistes.<br \/>Il fallait agir rapidement pour restaurer les fondements essentiels de l\u2019identit\u00e9 nationale qui se r\u00e9sumaient, en ce temps, \u00e0 la valorisation de l\u2019Islam, la relance de la culture arabe et l\u2019enseignement de l\u2019histoire du pays. Cette importante mission \u00e9tait conjointement men\u00e9e avec une autre non moins sensible qui concernait l\u2019unification de tous les courants politiques et religieux, par le rapprochement de leurs \u00e9coles, en vue de cr\u00e9er cette unit\u00e9 indispensable qui allait engager une gigantesque entreprise r\u00e9novatrice et salutaire pour un peuple qui avait besoin de toutes ses forces et de toutes ses capacit\u00e9s pour sa lib\u00e9ration et son progr\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>Les Oul\u00e9mas face au complot colonialiste<\/strong><br \/>Cette unit\u00e9 \u00e9tait indispensable. Nous n\u2019en voulons pour preuve que les effets de cet affreux complot tram\u00e9 par les colonialistes qui tenaient, co\u00fbte que co\u00fbte, \u00e0 nous diviser, apr\u00e8s avoir spoli\u00e9 et occup\u00e9 toutes nos terres. Juliette Bessis, connue pour son jugement lucide sur la colonisation, n\u2019\u00e9crivait-elle pas ce passage accablant pour les crois\u00e9s du XIXe si\u00e8cle :<br \/>\u00abVatican et \u00c9glise catholique de France, affaiblis sous les r\u00e9publiques la\u00efques, sont \u00e0 la recherche de nouveaux territoires \u00e0 \u00e9vang\u00e9liser. Le r\u00eave d\u2019entreprendre par le biais de la colonisation une nouvelle croisade contre l\u2019Islam, sur ces terres riches des vestiges d\u2019un antique christianisme depuis longtemps disparu, est un th\u00e8me \u00e0 la mode du si\u00e8cle romantique. Cette nouvelle \u2018\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des barbares\u2019\u2019 par \u2018\u2019rechristianisation\u2019\u2019 des Berb\u00e8res \u2018\u2019superficiellement islamis\u00e9s\u2019\u2019 selon la fable qui va jusqu\u2019\u00e0 leur attribuer une origine celtique ou ga\u00e9lique, entretiendra \u2018\u2019la politique berb\u00e8re\u2019\u2019 de la France, non destin\u00e9e le moins du monde \u00e0 prot\u00e9ger un patrimoine culturel ou une civilisation menac\u00e9e, mais \u00e0 affaiblir l\u2019Islam\u00bb ?<br \/>Effectivement, les Berb\u00e8res, disaient les colonialistes, en faisant allusion \u00e0 une r\u00e9gion donn\u00e9e, \u00absont pr\u00e9dispos\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9gration\u00bb et de continuer, en affirmant que \u00ableur Islam est l\u00e9ger et superficiel car ils sont, de nature, les ennemis des Arabes\u00bb. D\u2019autres, au langage plus subtil, faisaient constamment allusion \u00e0 cette pseudo-ind\u00e9pendance des Berb\u00e8res vis-\u00e0-vis du reste de l\u2019Alg\u00e9rie et mettaient en relief leur indispensable relation avec la France. \u00c9coutons le g\u00e9n\u00e9ral P. J. Andr\u00e9 :<br \/>\u00abEn d\u00e9finitive, comprendre le v\u00e9ritable esp0rit des Berb\u00e9ro-Kabyles devrait permettre historiquement, raisonnablement, de parvenir \u00e0 une r\u00e9elle association franco-kabyle librement consentie, fond\u00e9e sur la cr\u00e9ation d\u2019un id\u00e9al commun et l\u2019\u00e9tablissement d\u2019int\u00e9r\u00eats communs. Les Kabyles fermement attach\u00e9s \u00e0 la possession du sol, en raison de la d\u00e9mographie grandissante et du peu de ressources existant en leur pays, sont par ailleurs oblig\u00e9s d\u2019\u00e9migrer afin de pouvoir faire subsister leur famille et leur clan. Ils ont donc besoin de la France (\u2026) D\u00e9j\u00e0 Jules C\u00e9sar avait soulign\u00e9 le caract\u00e8re ind\u00e9pendant, \u00e9motif et fougueux des tribus gauloises. Ce caract\u00e8re n\u2019est-il pas celui des clans kabyles ?\u00bb<br \/>N\u2019\u00e9tait-ce pas dangereux de tenir des propos pareils et de cibler une seule r\u00e9gion, en faisant croire au peuple que le Berb\u00e8re n\u2019existe qu\u2019en Kabylie (le terme Kabylie s\u2019\u00e9crit et se prononce dans un arabe classique), alors qu\u2019ils savaient pertinemment que toutes les r\u00e9gions du Maghreb, et d\u2019aucuns disent m\u00eame quelques r\u00e9gions du Moyen-Orient, sont \u00e0 l\u2019origine des r\u00e9gions berb\u00e8res, amazighes, islamis\u00e9es et arabis\u00e9es pendant les campagnes de l\u2019expansion de l\u2019Islam, il y a de cela des si\u00e8cles ? N\u2019avaient-ils pas compris, ces g\u00e9n\u00e9raux de la colonisation, le message qui leur avait \u00e9t\u00e9 adress\u00e9 par une puissante tribu de la r\u00e9gion de Kabylie et qui stipulait clairement :\u00a0 \u00abNous ne renoncerons jamais \u00e0 notre religion ; si le gouvernement veut nous y contraindre, nous lui demanderons un moyen de quitter le pays ; si nous n\u2019en trouvons pas nous pr\u00e9f\u00e9rons la mort plut\u00f4t que d\u2019embrasser votre religion (\u2026) Quant \u00e0 ce qui regarde notre conversion, nous aimons mieux la mort que de renoncer \u00e0 notre religion.\u00bb Le cardinal Lavigerie, avec lui nombre de g\u00e9n\u00e9raux, ont travaill\u00e9 d\u2019arrache-pied, pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019occupation, pour cr\u00e9er et entretenir la division au sein du peuple, ce peuple d\u2019une m\u00eame origine dont les racines vont jusqu\u2019aux Masaesyles, aux Massyles et aux G\u00e9tules et, m\u00eame plus loin encore, selon quelques historiens. Ne savaient-ils pas que les grands fervents de l\u2019Islam d\u2019abord, de l\u2019unit\u00e9 nationale et de l\u2019arabisation ensuite, ont \u00e9t\u00e9 ces nobles Amazighs de la vall\u00e9e de la Soummam et des flancs et cimes du Djurdjura ? Ceux-l\u00e0 l\u2019ont bien d\u00e9montr\u00e9 pourtant par la cr\u00e9ation de nombreuses \u00e9coles libres et zaou\u00efas (31 \u00e9coles et 33 zaou\u00efas en Kabylie seulement, au cours de cette m\u00eame p\u00e9riode) et par la mobilisation de ce peuple vaillant qui a compris, depuis les premiers temps, que sans le maintien des relations permanentes avec son pass\u00e9, toute tentative de d\u00e9colonisation n\u2019avait pas de sens.<br \/>Abdelmoumen El Koumi n\u2019\u00e9tait-il pas un Berb\u00e8re de Tadjera, tout pr\u00e8s de N\u00e9droma, Abou Zakaria Yahia Ibn Abi Ali Ez-zouaoui, cet \u00e9minent ex\u00e9g\u00e8te, ne venait-il pas des montagnes du Djurdjura, et cet autre, Abou El Hassen Yahia Ibn Abdel El Mo\u2019ti Ibn Abdenour Ez-zouaoui, le po\u00e8te, le grammairien qui a laiss\u00e9 des \u0153uvres remarquables et qui a subjugu\u00e9, par son intelligence et ses riches connaissances, Damas et Le Caire o\u00f9 il a longtemps v\u00e9cu et Abderrahmane Etha\u2019alibi, c\u00e9l\u00e8bre patron d\u2019Alger, ne venaient-ils pas de la Grande Kabylie, Ibn Adjroum Es-Sanhadji El Mazighi El Maghribi, le non moins c\u00e9l\u00e8bre grammairien, qui nous a laiss\u00e9 cet autre chef-d\u2019\u0153uvre El Adjroumia, ne venait-il pas de Guerrouma, de la da\u00efra actuelle de Lakhdaria, Abdelhamid Ben Badis n\u2019affirmait-il pas qu\u2019il \u00e9tait fier d\u2019\u00eatre Berb\u00e8re de Sanhadja, et les nombreux autres, de purs Berb\u00e8res Amazighs, comme Cheikh El Fodil El Ourtilani et Ba\u00e2ziz Ibn Amer, n\u2019ont-ils pas \u00e9t\u00e9 de fervents d\u00e9fenseurs des valeurs arabo-islamiques ? A\u00eft Hammouda, le non moins fameux colonel Amirouche, le brave enfant du majestueux Djurdjura, n\u2019\u00e9tait-il pas ce fervent membre de l\u2019Association des Oul\u00e9mas ? Et enfin, ces grandes familles de citadins et ceux qu\u2019on a toujours appel\u00e9s, dans le jargon local, les \u00abFah\u00e7is\u00bb, qui formaient, hier, un peu avant l\u2019ind\u00e9pendance, la v\u00e9ritable population alg\u00e9roise et qui repr\u00e9sentent, aujourd\u2019hui, cette sympathique caste des \u00abOuled El Bled\u00bb, ne viennent-ils pas pour la plupart, pour ne pas dire tous, de ces r\u00e9gions berb\u00e8res d\u2019Azzefoun, de Dellys, de Cherchell, de Miliana, de Sour El Ghozlane et de M\u00e9d\u00e9a ? Que l\u2019on se demande d\u2019o\u00f9 viennent les h\u00e9ros \u00abAli la Pointe\u00bb, Hassiba Ben Bouali, Lalla Zouleikha Ouda\u00ef, Zohra Drif,\u00a0 le \u00abPh\u00e9nix\u00a0\u00bb (El Anka) ou la talentueuse litt\u00e9raire, l\u2019\u00e9crivaine Assia Djebar, pour comprendre la richesse de notre pays et la noblesse de ses enfants qui n\u2019ont jamais pos\u00e9 cette insidieuse question s\u2019ils descendaient d\u2019un certain \u00abA\u00eft\u00bb je ne sais qui, ou d\u2019un certain \u00abAbou\u00bb je ne sais quoi et qui n\u2019ont jamais eu \u00e0 l\u2019esprit ces histoires de r\u00e9gionalisme quand il a fallu d\u00e9fendre l\u2019Alg\u00e9rie, toute l\u2019Alg\u00e9rie.<br \/>Nos \u00e9rudits s\u2019\u00e9taient dress\u00e9s comme un seul homme contre cette politique de partition nationale. Ils ont toujours soutenu que les Amazighs et les Arabes ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s par l\u2019Islam qui les a r\u00e9unis dans un m\u00eame creuset depuis des si\u00e8cles. Ils sont un m\u00eame peuple qui communie avec la religion, la langue, l\u2019Histoire, les sentiments, les sensibilit\u00e9s, les souffrances et les espoirs, un peuple qu\u2019on ne peut diviser ou \u00abd\u00e9chirer\u00bb aussi facilement.<br \/><em><strong>K. B.<\/strong><br \/>(\u00c0 suivre)<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lesoirdalgerie.com\/contribution\/loeuvre-prodigieuse-de-lassociation-des-oulemas-musulmans-algeriens-2e-partie-46146\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Kamel Bouchama, auteurCheikh Embarek El Mili est n\u00e9 \u00e0 Milia en 1897, dans une famille modeste. 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