{"id":97405,"date":"2020-08-30T16:15:02","date_gmt":"2020-08-30T20:15:02","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/inondations-a-douala-la-facture\/"},"modified":"2020-08-30T16:15:02","modified_gmt":"2020-08-30T20:15:02","slug":"inondations-a-douala-la-facture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/inondations-a-douala-la-facture\/","title":{"rendered":"Inondations \u00e0 Douala : la facture"},"content":{"rendered":"<p>Comme en 2015, des membres du gouvernement camerounais se sont d\u00e9p\u00each\u00e9s dans la ville de Douala au lendemain du quasi-d\u00e9luge survenu dans la nuit du 21 au 22 ao\u00fbt 2020. Il y a 5 ans Jacqueline Koung \u00e0 Bessike, Jules Doret Ndongo et Jean Claude Mbwentchou, respectivement ministres des Domaines, du Cadastre et des Affaires fonci\u00e8res, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aupr\u00e8s du ministre de l\u2019Administration territoriale charg\u00e9 des Collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es, et ministre de l\u2019Habitat et du D\u00e9veloppement urbain effectuaient au forceps une descente sur les zones d\u2019inondations de Douala.<\/p>\n<p>Les 23 et 24 ao\u00fbt 2020, des quartiers sinistr\u00e9s suite aux derni\u00e8res inondations g\u00e9antes ont re\u00e7u les visites successives de C\u00e9lestine Ketcha Court\u00e8s et Atanga Nji, ministres de l\u2019Habitat et du D\u00e9veloppement urbain, et ministre de l\u2019Administration territoriale. Ces descentes effectu\u00e9es succ\u00e9daient \u00e0 celles effectu\u00e9es par Roger Mbassa Ndine, le maire de Douala et Jean Jacques Lengue Malapa, le 22 ao\u00fbt 2019.<\/p>\n<p>Membres du gouvernement et \u00e9lus locaux \u00a0se sont personnellement rendus \u00e0 l\u2019\u00e9vidence de la gravit\u00e9 de la situation dans les m\u00e9nages : mobiliers de maison imbib\u00e9s d\u2019eau, mat\u00e9riel \u00e9lectronique hors d\u2019usage, documents d\u00e9truits, murs de maisons effondr\u00e9s etc\u2026..\u00abIl y\u2019a 20 ans que nous n\u2019avons pas vu pareille inondation\u00bb. C\u2019est dans un grand d\u00e9sarroi que s\u2019exprimait Peifoura Ousmanou, habitant du quartier Bessengue, pr\u00e8s de la partie avale du drain Mboppi. Le jeune-homme \u00e2g\u00e9 de 36 ans, mari\u00e9 et p\u00e8re \u00a0de 3 enfants, s\u2019attelait activement \u00e0 une tache inhabituelle: s\u00e9cher son mobilier et ses documents compl\u00e8tement mouill\u00e9s par les eaux de pluie qui ont franchi et d\u00e9pass\u00e9 le seuil de 1m 50 de haut! \u00abNous avons tout perdu\u00bb, ajoute-t-il exasp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Pour Mpome Dika, habitant de Bessengue dans l\u2019arrondissement de Douala 1er, \u00able drain qui passe par (leur) quartier a \u00e9t\u00e9 mal con\u00e7u. Sa partie avale est tr\u00e8s \u00e9troite. La cons\u00e9quence c\u2019est que toutes les eaux ainsi que les alluvions drain\u00e9s confluent vers \u00a0ce goulot d\u2019\u00e9tranglement qui malheureusement est tr\u00e8s vite d\u00e9bord\u00e9 et bouch\u00e9 par les d\u00e9tritus. L\u2019effet n\u00e9gatif est que les m\u00eames eaux reviennent en aval. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 construit sans tenir compte des r\u00e9alit\u00e9s g\u00e9ographiques de la zone, notamment le relief\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/innondations-a-douala-roger-mbassa-ndine-au-chevet-des-populations\/\">Inondations \u00e0 Douala\u00a0: Roger Mbassa Ndine au chevet des populations<\/a><\/p>\n<p><strong>Dettes<\/strong><\/p>\n<p>Thomas M. propri\u00e9taire de l\u2019Institut de beaut\u00e9 \u00abThomas See Different\u00bb, situ\u00e9 au quartier Bessengue est aux abois. Sa petite unit\u00e9 qui emploie 5 personnes a subi les affres des trombes d\u2019eau tomb\u00e9es sur Douala: \u00abs\u00e9choirs, casques, peigne \u00e0 babylis, pinces \u00e0 \u00a0cheveux, m\u00e8ches,\u00a0kit de Make up et autres mat\u00e9riels de soins esth\u00e9tiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits : \u00abJ\u2019ai pris un cr\u00e9dit dans une banque pour lancer cette activit\u00e9. Qui me remboursera toutes ces pertes afin que je parvienne \u00e0 poursuivre mes activit\u00e9s et rembourser ma dette?\u00bb, s\u2019est interrog\u00e9 les larmes aux yeux le jeune esth\u00e9ticien. Comme Thomas, plusieurs petites unit\u00e9s commerciales de quartiers ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9es par les eaux: ateliers de coiffure, boutique, commerces de charbon, vente de meubles, achalandages de matelas etc\u2026..<\/p>\n<p>A Bessengue, zone de sinistre visit\u00e9e ce 22 ao\u00fbt par le maire Jean Jacques Lengue Malapa, l\u2019\u00e9lu local est accueilli par un jeune courrouc\u00e9, surpris avec une cargaison de sable extraite du drain qui serpente ce quartier populaire de Douala : \u00abMonsieur le maire, les populations passent leur temps \u00e0 verser leurs ordures dans les drains. Regardez vous-m\u00eames comment il est rempli de d\u00e9chets\u00bb. Agr\u00e9ablement \u00e9tonn\u00e9 par cette interpellation, Jean Jacques Lengue Malapa a tout de suite donn\u00e9 des instructions \u00e0 ses services techniques: \u00abD\u00e8s lundi nous devons mettre un accent sur notre strat\u00e9gie de pr\u00e9-collecte des ordures. \u00c7a \u00e9vitera que les m\u00e9nages jettent leurs d\u00e9chets dans les drains\u00bb. Tout en appelant \u00e0 un esprit citoyen de ces derniers. Certains particuliers sont \u00e9galement accus\u00e9s par les autorit\u00e9s de la ville de Douala d\u2019\u00e9riger des constructions sur les drains, ou de positionner des \u00e9difices sur des zones non-constructibles, \u00e0 la merci des inondations. Toujours \u00e0 Bessengue, le spectacle d\u2019apr\u00e8s inondation est saisissant. Les populations sinistr\u00e9es scrutent le ciel en qu\u00eate d\u2019un hypoth\u00e9tique rayon de soleil. Les objets \u00e0 s\u00e9cher s\u2019\u00e9tendent \u00e0 des kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/les-inondations-sont-de-retour-a-douala\/\">Les inondations sont de retour \u00e0 Douala<\/a><\/p>\n<p><strong>D\u00e9guerpissement<\/strong><\/p>\n<p>A Mboppi, les repr\u00e9sentants des pouvoirs publics ne sont pas la bienvenue, accus\u00e9s qu\u2019ils sont de ne pas \u00e9couter les populations : \u00abNous leur avons dit depuis que le probl\u00e8me du drain Mboppi est au niveau \u00a0de la Scdp. La sortie de ce c\u00f4t\u00e9 est bouch\u00e9e, et l\u2019eau ne circule pas\u00bb, s\u2019\u00e9nerve un habitant. Pareillement, les pouvoirs publics sont accus\u00e9s de ne pas proc\u00e9der au curage des caniveaux, ni des drains bouch\u00e9s par des d\u00e9chets solides. Les autorit\u00e9s publiques sont par ailleurs accus\u00e9es de \u00abn\u2019intervenir qu\u2019apr\u00e8s la catastrophe\u00bb. Roger Mbassa Ndine et Jean Jacques Lengue Malapa ont n\u00e9anmoins pu identifier quelques constructions \u00e9rig\u00e9es sur le trac\u00e9 des drains: \u00abpersonne \u00a0ne doit construire sur ou \u00e0 une distance de moins de 7 m d\u2019un drain.<\/p>\n<p>Malheureusement, les populations ignorent cette r\u00e9glementation\u00bb. Pourtant apr\u00e8s les inondations de 2015 et 2016, les autorit\u00e9s de la ville de Douala avaient engag\u00e9 un vaste plan de lib\u00e9ration des trac\u00e9s des drains dans la cadre du projet de drainage pluvial de Douala (Pdp). Plus de 1000 familles riveraines des drains Ngongue, Mboppi, Kondi, la Dinde, Bonassama ou Tongo Bassa avaient ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9guerpies et indemnis\u00e9es par une commission pr\u00e9sid\u00e9e par Naseri Paul B\u00e9a, alors Pr\u00e9fet du Wouri.<\/p>\n<p>Le PDP couvre 36 quartiers \u00e9tal\u00e9s sur 5 arrondissements de la capitale \u00e9conomique, soit 1592 hectares. Pourtant, apr\u00e8s le drame du 21 au 22, 80% de la ville de Douala \u00e9tait sous les eaux. \u00a0Preuve des limites du r\u00e9seau d\u2019assainissement et de drainage dans le d\u00e9partement du Wouri. D\u2019apr\u00e8s les experts de la Communaut\u00e9 urbaine de Douala, la ville \u00e9tait dot\u00e9e avant le Pdp de 10 km de drains identifi\u00e9s, sur 250 km pr\u00e9vus dans le sch\u00e9ma directeur de la ville de Douala. Le Pdp porte \u00e0 pr\u00e8s de 53 km, son r\u00e9seau de drainage pluvial. Soit un peu plus de 20% des drains de tout l\u2019arrondissement. Par cons\u00e9quent, pr\u00e8s de 80% des drains de la capitale \u00e9conomique sont habit\u00e9s et restent \u00e0 la merci des inondations et catastrophes diverses caus\u00e9es par les pluies diluviennes en cours \u00e0 Douala qui re\u00e7oit annuellement plus de 4000 mm d\u2019eau pluviale.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/infrastructures-peril-sur-le-2eme-pont-du-wouri\/\">Infrastructures\u00a0: p\u00e9ril sur le 2\u00e8me pont du Wouri<\/a><\/p>\n<p><strong>Les services publics de proximit\u00e9 paralys\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9cha\u00eenement des \u00e9l\u00e9ments survenu dans la nuit du 21 au 22 ao\u00fbt 2020 dans la ville de Douala a provoqu\u00e9 d\u2019importants d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels dans de milliers de m\u00e9nages. \u00c9quipements \u00e9lectriques, mat\u00e9riels \u00e9lectroniques, mobiliers et autres objets divers ont \u00e9t\u00e9 mis hors d\u2019usage par les trombes d\u2019eau qui atteignaient plus de 1m 60 de haut. Comme les m\u00e9nages, les services publics ont \u00e9t\u00e9 logiquement impact\u00e9s par la pluie diluvienne tomb\u00e9e pendant plus de 14 heures de temps, sans interruption. A l\u2019h\u00f4pital Laquintinie de Douala situ\u00e9 au quartier Akwa, haut lieu des inondations dans la ville de Douala, le service public a \u00e9t\u00e9 momentan\u00e9ment perturb\u00e9: arriv\u00e9e tardive du personnel, report d\u2019approvisionnement en produits pharmaceutiques, consultations interrompues faute de patients etc\u2026: \u00abla situation \u00e9tait telle qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas possible de travailler normalement\u00bb, confie un responsable du plus grand h\u00f4pital de Douala.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/projet-de-drainage-pluvial-lafd-et-la-caa-mettent-la-pression-sur-la-cud\/\">Projet de drainage pluvial\u00a0: l\u2019AFD et la CAA mettent la pression sur la CUD<\/a><\/p>\n<p><strong>Retards et Absences<\/strong><\/p>\n<p>A la sous-pr\u00e9fecture de Douala 1er situ\u00e9e \u00e0 Bonanjo, le quartier administratif de Douala, les traces de la furie des eaux sont encore visibles: alluvions, boue et flaques d\u2019eau renseignent sur la violence des effluves. Ici \u00e9galement, \u00ab\u00e7a ressemblait \u00e0 un vendredi mort\u00bb, s\u2019exprime l\u2019une des pr\u00e9pos\u00e9s d\u2019administration rencontr\u00e9e entre deux couloirs ce 24 ao\u00fbt 2020. Concernant le secteur priv\u00e9, \u00a0de nombreux t\u00e9moignages font \u00e9galement \u00e9tat d\u2019arriv\u00e9e tardive au travail, d\u2019absences, de perturbation ou de report de prestations de services. Mtn Cameroon , Orange Cameroun, Viettel S.A et Camtel ont assur\u00e9 leurs services malgr\u00e9 quelques couacs. A la direction g\u00e9n\u00e9rale du groupe Sabc \u00e0 Bali, Rue du Prince Bell, les eaux ont tr\u00e8s vite envahi l\u2019enceinte m\u00e9tallique du groupe brassicole, obligeant certains usagers \u00e0 se d\u00e9chausser.<\/p>\n<p>Nous apprendrons par ailleurs de bonne source interne que certains quartiers \u00e9taient inaccessibles par les services de livraison de la Sabc du fait du niveau \u00e9lev\u00e9 des eaux. Alors que les \u00e9l\u00e9ments du groupement de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re et de la circulation sur la voie publique \u00e9taient invisibles, la circulation des v\u00e9hicules s\u2019est av\u00e9r\u00e9e impossible dans les plusieurs axes habituellement tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>Bien qu\u2019ouvertes, les stations-service Tradex, Total, ou Gulfin peinaient \u00e0 avoir des \u00a0clients, faute de circulation. Taxis, motos et particuliers pr\u00e9f\u00e9rant s\u00e9curiser leurs engins.<\/p>\n<p><strong>L\u2019informel vaincu<\/strong><\/p>\n<p>Le secteur informel figure parmi les secteurs les plus impact\u00e9es par la grande pluie. Constituant plus de 80% du tissu \u00e9conomique de Douala, ce secteur \u00e9tait quasiment \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Du march\u00e9 central de Douala au march\u00e9 de Makepe Missoke, il fallait s\u2019armer de courage pour ouvrir son commerce. Les marchands fixes ou ambulants de produits de quincaillerie ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rester chez eux. Tout comme les vendeurs occasionnels de parapluie qui ont disparu \u00a0des grands carrefours Rond point Deido, Ndokoti ou Yassa, sous la force des eaux.<\/p>\n<p>La rue de la brocante de Bonakouamoung, Duba\u00ef et Ancien 3<sup>\u00e8me<\/sup>, temples de vente et r\u00e9paration des t\u00e9l\u00e9phones et accessoires, le carrefour de la ferraille \u00e0 Mboppi, encore le march\u00e9 Nkololoun, si\u00e8ge de la friperie \u00e0 Douala, ou encore le grand march\u00e9 Mboppi de Douala n\u2019ont d\u00e9marr\u00e9 leurs activit\u00e9s que vers 15 heures le 22 ao\u00fbt 2020. Certains commer\u00e7ants constateront d\u2019ailleurs les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par la grande pluie sur leurs marchandises ou produits parfois mal s\u00e9curis\u00e9s. Des nouvelles en provenance du Port autonome de Douala contrastent curieusement avec l\u2019ambiance de d\u00e9luge g\u00e9n\u00e9ral dans la ville portuaire : \u00abexcept\u00e9 des flaques d\u2019eau observ\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0, les services portuaires n\u2019ont pas connu de s\u00e9rieuses perturbations\u00bb, nous a confi\u00e9 discr\u00e8tement un employ\u00e9 du Port autonome de Douala.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on globale, la ville de Douala, porte d\u2019entr\u00e9e et capitale \u00e9conomique du Cameroun a \u00e9t\u00e9 fortement secou\u00e9e par la violence m\u00e9t\u00e9orologique. Au-del\u00e0 du service public administratif, industriel et commercial, le microcosme \u00e9conomique de la ville de Douala a \u00e9t\u00e9 partiellement chamboul\u00e9. A titre de rappel, la capitale \u00e9conomique du participe \u00e0 hauteur de 3092 milliards de FCFA au Produit local brut du Cameroun, soit 31,2% du Produit int\u00e9rieur brut national.<\/p>\n<p><strong>Le secteur avicole noy\u00e9 dans les eaux<\/strong><\/p>\n<p>Les deux membres du gouvernement en visite d\u2019urgence \u00e0 Douala apr\u00e8s les graves inondations survenues dans la nuit du 21au 22 ao\u00fbt 2020 ont limit\u00e9 leur descente aux zones sinistr\u00e9es, suivie d\u2019une assistance de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 apport\u00e9e \u00e0 plus de 500 familles submerg\u00e9es par les eaux. Pourtant, la catastrophe m\u00e9t\u00e9orologique \u00a0a \u00e9galement provoqu\u00e9 des sinistr\u00e9s \u00e9conomiques. S\u00e9rieusement frapp\u00e9 par ces inondations, le secteur avicole. Deux cas embl\u00e9matiques permettent de mesurer l\u2019ampleur des pertes et d\u00e9g\u00e2ts. Serge Tr\u00e9sor Ngatchi, \u00e9leveur de poulet et propri\u00e9taire de la cha\u00eene de restaurant All\u00f4 Poulet n\u2019en d\u00e9mord pas depuis la journ\u00e9e o\u00f9 il a tout perdu. \u00abAvant la catastrophe nous \u00e9tions dans une production d\u2019une bande de 2000 poussins et d\u00e9j\u00e0 au 7\u00e8me jour\u00bb, s\u2019exprime avec d\u00e9solation Serge Tr\u00e9sor Ngatchi. Devant l\u2019op\u00e9rateur \u00e9conomique, les d\u00e9pouilles des poussins nageant dans une mare d\u2019eau jonchent l\u2019espace d\u2019\u00e9levage situ\u00e9 au PK 16 dans l\u2019arrondissement de Douala 5\u00e8me. Apr\u00e8s la crise aviaire de 2016, la fili\u00e8re est concomitamment frapp\u00e9e par les effets de la Covid-19 et les catastrophes naturelles.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est \u00a0la toute premi\u00e8re que mon \u00e9levage de poussins est attaqu\u00e9 par une inondation de ce type\u00bb, reconna\u00eet Serge Ngatchi. Qui ne peut encore \u00e9valuer avec exactitude le montant des pertes: \u00abActuellement nous ne pouvons pas faire un listing rigoureux de nos pertes. Mais d\u00e9j\u00e0, la totalit\u00e9 de nos poussins ont \u00e9t\u00e9 noy\u00e9s, les aliments destin\u00e9s pour leur alimentation et certains m\u00e9dicaments sont hors d\u2019usage. Les pertes se chiffrent \u00e0 des dizaines de millions de FCFA\u00bb, pense le promoteur d\u2019Allo Poulet.\u00a0<\/p>\n<p>Dans son rapport 2019 sur la situation des productions et des importations du sous-secteur \u00e9levage, p\u00eaches et industries animales, la division des Etudes, de la Planification, de la Coop\u00e9ration et des Statistiques du minist\u00e8re de l\u2019Elevage, des P\u00eaches et des Industries animales chiffre les pertes g\u00e9n\u00e9rales dans les sous-secteurs des \u00a0\u00e9leveurs, importateurs avicoles, accouveurs ou vendeurs de poulets de chair et produits d\u00e9riv\u00e9s de l\u2019aviculture \u00e0 plus de 7 milliards de FCFA. L\u2019Interprofession pointe un doigt accusateur sur les mesures de restrictions impos\u00e9es par le gouvernement depuis le 17 mars 2020.<\/p>\n<p><strong>Fulgurance des eaux<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9leveurs de poulets de chair paient le prix fort des mesures du 17 mars 2020. \u00abLe prix de poulet de 45 jours est pass\u00e9 de 2.300 \u00e0 1.500 fcfa, en un mois\u00bb, d\u2019apr\u00e8s Fran\u00e7ois Djonou, le pr\u00e9sident de l\u2019Interprofession avicole du Cameroun. Avec 2.748.000 poulets vendus chaque mois, l\u2019Ipavic d\u00e9voile des pertes de l\u2019ordre de 2.199.000.000 de FCFA, au cours du premier mois d\u2019application des restrictions du 17 mars 2020. Pour Serge Ngatchi, la catastrophe d\u2019ao\u00fbt 2020 est \u00abcelle de trop pour la fili\u00e8re avicole\u00bb: \u00abMon attente n\u2019est pas juste pour mon entreprise avicole. Nous devons aller beaucoup plus loin. Le gouvernement doit pr\u00e9voir un plan d\u2019accompagnement productif du secteur avicole\u00bb, propose Serge Ngatchi.<\/p>\n<p>Dans sa ferme du quartier Village, dans l\u2019arrondissement de Douala 3\u00e8me, Chamberlain Miaffo rumine sa col\u00e8re. Rencontr\u00e9 dans sa ferme artisanale, son \u00e9levage de poulet de chair a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vast\u00e9: \u00ables eaux atteignaient plus d\u2019un m\u00e8tre. Ma volaille n\u2019avait aucune chance malgr\u00e9 ma prompte r\u00e9action. La vitesse des eaux \u00e9tait fulgurante. Il fallait sauver le mobilier, les poussins et ma famille\u00bb, d\u00e9crit le malheureux qui n\u2019a pu sauver qu\u2019une dizaine de poussins. Son exploitation enregistrait avant la catastrophe 1600 poussins de chair. Comme Serge Ngatchi, Chamberlain Miaffo a perdu dans les eaux, intrants, produits et autres composants utiles \u00e0 l\u2019activit\u00e9 avicole. L\u2019\u00e9leveur meurtri, h\u00e9site \u00e9galement \u00e0 chiffrer ses pertes: \u00abc\u2019est beaucoup d\u2019argent. C\u2019est ma vie. C\u2019\u00e9tait ma principale activit\u00e9. Que vais-je devenir d\u00e9sormais ? \u00bb, s\u2019interroge Chamberlain Miaffo.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi<\/strong> : <a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/2eme-pont-sur-le-wouri-la-honte\/\">2<sup>\u00e8me<\/sup> pont sur le Wouri\u00a0: la honte<\/a><\/p>\n<div class=\"awac-wrapper awac widget posts-list-widget-11\">\n<h4 class=\"widget-title\">Le plus r\u00e9cent<\/h4>\n<\/div>\n<p>Auteur: Eco Matin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/inondations-a-douala-la-facture\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme en 2015, des membres du gouvernement camerounais se sont d\u00e9p\u00each\u00e9s dans la ville de Douala au lendemain du quasi-d\u00e9luge survenu dans la nuit du 21 au 22 ao\u00fbt 2020. 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