{"id":97464,"date":"2020-08-31T10:40:00","date_gmt":"2020-08-31T14:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/gordon-gray-une-nouvelle-vision-pour-la-politique-americaine-en-afrique-du-nord%e2%80%a8\/"},"modified":"2020-08-31T10:40:00","modified_gmt":"2020-08-31T14:40:00","slug":"gordon-gray-une-nouvelle-vision-pour-la-politique-americaine-en-afrique-du-nord%e2%80%a8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/gordon-gray-une-nouvelle-vision-pour-la-politique-americaine-en-afrique-du-nord%e2%80%a8\/","title":{"rendered":"Gordon Gray : Une nouvelle vision pour la politique am\u00e9ricaine en Afrique du Nord\u2028"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><strong>Par<\/strong><\/span> <span class=\"c2\"><strong>Gordon Gray (*) &#8211;<\/strong><\/span> <strong>La prochaine administration devrait se pencher \u00e0 nouveau sur les relations entre l&rsquo;Am\u00e9rique et l&rsquo;Afrique. Elle devrait fournir un soutien et des ressources pour la transition de la Tunisie, aider \u00e0 r\u00e9tablir la stabilit\u00e9 en Libye et promouvoir l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale. C\u2019est ce qu\u2019affirme l\u2019ancien ambassadeur am\u00e9ricain \u00e0 Tunis, Gordon Gray (2009 \u2013 2012). Dans une tribune publi\u00e9e dans<\/strong> <a href=\"https:\/\/nationalinterest.org\/feature\/new-vision-america%E2%80%99s-north-africa-policy-168022\"><strong>The National Interest<\/strong><\/a><strong>, il \u00e9crit notamment\u00a0: \u00ab\u00a0Tout aussi importante pour les \u00c9tats-Unis, la stabilit\u00e9 \u00e9conomique en Tunisie sera un facteur majeur pour contr\u00f4ler la migration qui pr\u00e9occupe tant nos alli\u00e9s du sud de l&rsquo;Europe.\u00a0\u00bb Il estime que\u00a0: \u00ab\u00a0Il est temps pour le pr\u00e9sident am\u00e9ricain d&rsquo;inviter son homologue tunisien \u00e0 une r\u00e9union du Bureau ovale.\u00a0\u00bb Tribune.<\/strong><\/p>\n<p>Me tenir sur le tarmac de l&rsquo;a\u00e9roport international de Mitiga le 26 janvier 2004 et regarder un avion de transport am\u00e9ricain C-17 non marqu\u00e9 \u00eatre charg\u00e9 de pr\u00e8s de trente tonnes de documents et de composants provenant des programmes nucl\u00e9aires et de missiles balistiques de la Libye a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des moments les plus m\u00e9morables de ma carri\u00e8re diplomatique. C&rsquo;\u00e9tait le point culminant des ann\u00e9es de diplomatie qui ont commenc\u00e9 sous l&rsquo;administration Clinton et se sont achev\u00e9es pendant le premier mandat de George W. Bush. Ce succ\u00e8s en mati\u00e8re de non-prolif\u00e9ration est un exemple des nombreux avantages obtenus en soutenant une strat\u00e9gie diplomatique r\u00e9fl\u00e9chie. Une telle approche fait malheureusement d\u00e9faut dans le laisser-faire am\u00e9ricain actuel \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Libye et des trois \u00c9tats nord-africains situ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ouest du pays (Tunisie, Alg\u00e9rie et Maroc). Au lieu de cela, les d\u00e9clarations ti\u00e8des semblent \u00eatre l&rsquo;\u00e9tendue de la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine actuelle, comme celle faite par le conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale Robert O&rsquo;Brien le 4 ao\u00fbt. O&rsquo;Brien a not\u00e9 \u00e0 quel point nous sommes \u00ab\u00a0profond\u00e9ment troubl\u00e9s\u00a0\u00bb par le conflit en Libye en ce moment.<\/p>\n<p>La d\u00e9rive et la n\u00e9gligence ont caract\u00e9ris\u00e9 la politique am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l&rsquo;Afrique du Nord au cours des quatre derni\u00e8res ann\u00e9es. Ind\u00e9pendamment des r\u00e9sultats du jour des \u00e9lections, la prochaine administration doit porter un regard neuf sur l&rsquo;Afrique du Nord. Des questions cruciales pour les \u00c9tats-Unis et leurs alli\u00e9s convergent dans cette r\u00e9gion, notamment la lutte contre le terrorisme, la d\u00e9mocratisation, la migration vers l&rsquo;Europe et l&rsquo;expansion des \u00e9changes commerciaux. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, la prochaine administration devrait fournir un soutien et des ressources pour la transition de la Tunisie ; elle devrait lancer un effort diplomatique s\u00e9rieux pour entamer le processus de restauration de la stabilit\u00e9 en Libye ; et elle devrait chercher \u00e0 promouvoir l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale. Un engagement actif permettrait de promouvoir les int\u00e9r\u00eats et les valeurs des \u00c9tats-Unis, de renforcer la stabilit\u00e9 du flanc sud de l&rsquo;OTAN et de favoriser la prosp\u00e9rit\u00e9 des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<h2>Tunisie<\/h2>\n<p>Le printemps arabe a commenc\u00e9 en Tunisie il y a pr\u00e8s de dix ans et aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le seul pays arabe que Freedom House consid\u00e8re comme libre. Bien qu&rsquo;il y ait eu des progr\u00e8s politiques importants et impressionnants, notamment des \u00e9lections libres et \u00e9quitables et des changements pacifiques de dirigeants, les gouvernements successifs n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 en mesure de relever les importants d\u00e9fis \u00e9conomiques du pays. La n\u00e9gligence a caract\u00e9ris\u00e9 l&rsquo;approche actuelle des \u00c9tats-Unis \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Tunisie, tout comme elle caract\u00e9rise l&rsquo;approche \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du reste des pays de l&rsquo;Afrique du Nord. C\u2019est une erreur. Conform\u00e9ment \u00e0 leurs valeurs, les \u00c9tats-Unis devraient soutenir activement la transition tunisienne. Comme le regrett\u00e9 John McCain me l&rsquo;a fait remarquer en priv\u00e9 lors d&rsquo;une de ses visites en Tunisie peu apr\u00e8s la r\u00e9volution, \u00ab\u00a0Si \u00e7a ne peut pas r\u00e9ussir ici, \u00e7a ne peut r\u00e9ussir nulle part\u00a0\u00bb. Tout aussi importante pour les \u00c9tats-Unis, la stabilit\u00e9 \u00e9conomique en Tunisie sera un facteur majeur pour contr\u00f4ler la migration qui pr\u00e9occupe tant nos alli\u00e9s du sud de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Le soutien \u00e0 la Tunisie b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un large soutien bipartite au Capitole. Bien que l&rsquo;administration Trump ait demand\u00e9 86,4 millions de dollars pour l&rsquo;aide \u00e0 la Tunisie pour l&rsquo;ann\u00e9e fiscale 2020, le Congr\u00e8s a allou\u00e9 presque trois fois plus : 241,4 millions de dollars. La demande de l&rsquo;administration pour l&rsquo;ann\u00e9e fiscale 2021 (83,9 millions de dollars) serait une r\u00e9duction importante, mais le Congr\u00e8s continuera probablement \u00e0 financer les programmes d&rsquo;assistance \u00e0 un niveau plus \u00e9lev\u00e9. Au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, le s\u00e9nateur Chris Murphy (D-Conn.) a pr\u00e9sent\u00e9 une r\u00e9solution, coparrain\u00e9e par le s\u00e9nateur Lindsey Graham (R-S.C.), appelant \u00e0 l&rsquo;ouverture de n\u00e9gociations en vue d&rsquo;un accord de libre-\u00e9change (ALE) avec la Tunisie. Un ALE reconna\u00eetrait l&rsquo;augmentation de 300 % des \u00e9changes commerciaux depuis 2000 et offrirait aux entreprises am\u00e9ricaines des possibilit\u00e9s de d\u00e9velopper leurs activit\u00e9s en Tunisie et avec ses voisins.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quatre ans d&rsquo;ignorance plus ou moins grande de la Tunisie, il est temps pour le pr\u00e9sident am\u00e9ricain d&rsquo;inviter son homologue tunisien \u00e0 une r\u00e9union du Bureau ovale. Cette r\u00e9union soulignerait le soutien continu des \u00c9tats-Unis \u00e0 la transition politique en Tunisie et &#8211; ce qui est encore plus important pour le citoyen tunisien moyen &#8211; elle signalerait la volont\u00e9 des \u00c9tats-Unis de renforcer les liens commerciaux. Une telle r\u00e9union pourrait avoir lieu \u00e0 l&rsquo;automne 2021, soit apr\u00e8s la convocation de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies (si elle a lieu) en septembre, soit aussi le pr\u00e8s que possible du dixi\u00e8me anniversaire des premi\u00e8res \u00e9lections cr\u00e9dibles en Tunisie, le 23 octobre 2011.<\/p>\n<h2>Libye<\/h2>\n<p>La crise en Libye a eu des effets n\u00e9fastes sur les alli\u00e9s, les partenaires et les int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats-Unis en Afrique du Nord et au-del\u00e0. Comme l&rsquo;a r\u00e9cemment fait remarquer Simon Cordall, \u00ab\u00a0pour la Tunisie comme pour l&rsquo;Alg\u00e9rie, le conflit en Libye frise le quasi existentiel. Tous deux partagent de longues fronti\u00e8res avec l&rsquo;\u00c9tat nord-africain fractur\u00e9 et tous deux ont souffert du conflit\u00a0\u00bb. Le pr\u00e9sident \u00e9gyptien Abdel Fattah el-Sissi a menac\u00e9 d&rsquo;intervenir militairement, ce qui pourrait avoir des r\u00e9sultats d\u00e9sastreux non seulement pour la Libye mais aussi pour l&rsquo;\u00c9gypte, \u00e9tant donn\u00e9 les limites de ses forces arm\u00e9es. Plus loin, l&rsquo;absence de leadership am\u00e9ricain dans la gestion des diff\u00e9rends entre les partenaires du Conseil de Coop\u00e9ration du Golfe et les alli\u00e9s de l&rsquo;OTAN a fait de la Libye l&rsquo;exemple type des fautes diplomatiques am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Les efforts diplomatiques sans concessions, sap\u00e9s par les messages contradictoires du pr\u00e9sident Donald Trump, n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre l&rsquo;inimiti\u00e9 entre le Qatar et les \u00c9mirats arabes unis, qui jouent leur rivalit\u00e9 sur le terrain en Libye en soutenant diff\u00e9rentes factions. Le m\u00e9pris de Trump pour l&rsquo;OTAN a conduit (de mani\u00e8re compr\u00e9hensible et sans surprise) le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Macron \u00e0 se demander si l&rsquo;alliance peut compter sur les \u00c9tats-Unis. Les tensions franco-turques ont augment\u00e9 avec l&rsquo;affaiblissement du leadership am\u00e9ricain de l&rsquo;OTAN et les deux pays ont des politiques tr\u00e8s contradictoires sur la Libye comme ailleurs. Pendant ce temps, la Russie, toujours aussi opportuniste, comble le vide caus\u00e9 par le fait que les \u00c9tats-Unis sont \u00ab\u00a0absents du combat\u00a0\u00bb en envoyant des mercenaires sur les champs de bataille libyens.<\/p>\n<p>Qualifier la Libye de \u00ab\u00a0probl\u00e8me europ\u00e9en\u00a0\u00bb et dire que la politique am\u00e9ricaine est une politique de \u00ab\u00a0neutralit\u00e9 active\u00a0\u00bb &#8211; phrases utilis\u00e9es par les responsables am\u00e9ricains &#8211; est une abdication contre-productive du leadership am\u00e9ricain. Il ne reconna\u00eet pas que la lutte contre le terrorisme et la pr\u00e9vention de l&rsquo;immigration ill\u00e9gale et du trafic d&rsquo;\u00eatres humains sont importantes non seulement pour les \u00c9tats-Unis mais aussi pour les voisins de la Libye et pour nos alli\u00e9s de l&rsquo;OTAN. Si elle n&rsquo;est pas r\u00e9solue, la Libye menace de devenir une autre Syrie : un d\u00e9sastre humanitaire pour ceux qui y vivent, le point z\u00e9ro des guerres par procuration et une menace pour la stabilit\u00e9 et la prosp\u00e9rit\u00e9 de ses voisins et de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>La prochaine Administration devrait \u00e9laborer une politique coh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Libye, comprenant une diplomatie revigor\u00e9e avec les partenaires d&rsquo;Afrique du Nord, d&rsquo;Europe et du Golfe (qui ont tous un int\u00e9r\u00eat, bien que certains plus l\u00e9gitimes que d&rsquo;autres). La premi\u00e8re \u00e9tape devrait consister \u00e0 faire respecter l&#8217;embargo sur les armes en vigueur, l&rsquo;\u00e9tape suivante \u00e9tant la mise en place d&rsquo;un cadre visant \u00e0 r\u00e9duire (et finalement \u00e0 mettre fin) aux combats en cours. Les \u00c9tats-Unis devraient soutenir les efforts \u00e9nergiques des Nations unies et faire pression sur d&rsquo;autres institutions multilat\u00e9rales telles que l&rsquo;OTAN et l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Lorsque le moment sera venu de d\u00e9bourser utilement l&rsquo;aide \u00e9conomique, les \u00c9tats-Unis devraient fortement encourager les institutions financi\u00e8res internationales \u00e0 consacrer du temps et des ressources \u00e0 la reconstruction de la Libye.<\/p>\n<p>Aussi d\u00e9courageante que soit la Libye, l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique du Nord pourrait \u00eatre un d\u00e9fi encore plus grand. Certains Nord-Africains se plaignent \u00e0 moiti\u00e9 en plaisantant que, du moins sous le r\u00e9gime colonial fran\u00e7ais, on pouvait voyager en train directement de Tunis \u00e0 Casablanca. Le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a observ\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re que le commerce intra r\u00e9gional repr\u00e9sente moins de cinq pour cent du commerce total des pays d&rsquo;Afrique du Nord, \u00ab\u00a0nettement moins que dans tous les autres blocs commerciaux r\u00e9gionaux du monde\u00a0\u00bb. Poursuivant, le rapport du FMI a pr\u00e9dit qu&rsquo;une plus grande int\u00e9gration \u00e9conomique cr\u00e9erait un march\u00e9 \u00e9conomique r\u00e9gional de pr\u00e8s de cent millions de personnes et pourrait conduire \u00e0 des niveaux bien plus \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;investissements directs \u00e9trangers (IDE).<\/p>\n<p>La prochaine Administration am\u00e9ricaine devrait fournir des incitations \u00e0 chacun des pays d&rsquo;Afrique du Nord afin qu&rsquo;ils commencent \u00e0 prendre les mesures n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique. Les incitations am\u00e9ricaines ne doivent pas \u00eatre co\u00fbteuses : l&rsquo;expertise technique, le capital d&rsquo;amor\u00e7age, les garanties d&rsquo;investissement et la volont\u00e9 d&rsquo;entamer des n\u00e9gociations de libre-\u00e9change sont des mesures qui ne n\u00e9cessiteraient pas de d\u00e9penses am\u00e9ricaines importantes. Et les \u00c9tats-Unis n&rsquo;auraient pas \u00e0 assumer seuls les co\u00fbts, mais devraient plut\u00f4t travailler de concert avec l&rsquo;Europe, le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Les avantages pour chaque pays sont clairs : la croissance \u00e9conomique, stimul\u00e9e par les IDE, entra\u00eenera une hausse des taux d&#8217;emploi. Le ch\u00f4mage est sans doute le d\u00e9fi \u00e9conomique et social le plus important pour chacun des pays. En outre, la crise de la zone euro et la pand\u00e9mie de coronavirus ont soulign\u00e9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des \u00e9conomies nord-africaines aux vicissitudes \u00e9conomiques mondiales (et notamment europ\u00e9ennes). Dans le m\u00eame temps, les \u00c9tats-Unis et l&rsquo;Europe b\u00e9n\u00e9ficieraient d&rsquo;un degr\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique nord-africaine, tant pour des raisons commerciales (un march\u00e9 plus dynamique) que politiques (une plus grande stabilit\u00e9).<\/p>\n<p>Cela \u00e9tant dit, les tensions entre le Maroc et l&rsquo;Alg\u00e9rie (notamment au sujet du Sahara occidental) constituent un obstacle important \u00e0 une plus grande int\u00e9gration, m\u00eame si les avantages en seraient \u00e9vidents. Les chances que le Maroc et l&rsquo;Alg\u00e9rie se mettent d&rsquo;accord sur la voie \u00e0 suivre pour le Sahara occidental dans un avenir proche sont faibles, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;Alg\u00e9rie se concentre sur la politique int\u00e9rieure au lendemain des manifestations de 2019. Si la prochaine administration ne doit pas ignorer la question du Sahara occidental, elle doit investir son \u00e9nergie et son capital diplomatique dans des mesures incitatives qui cr\u00e9ent de la croissance \u00e9conomique et qui, \u00e0 leur tour, fournissent une raison imp\u00e9rieuse au Maroc et \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie de coop\u00e9rer au niveau r\u00e9gional, malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences politiques.<\/p>\n<p>Le Maroc et l&rsquo;Alg\u00e9rie abritent quatre-vingt-un millions de personnes sur les pr\u00e8s de cent millions qui vivent dans les quatre pays d&rsquo;Afrique du Nord. La prochaine Administration ne devrait donc pas consid\u00e9rer ni le Maroc ni l&rsquo;Alg\u00e9rie uniquement sous l&rsquo;angle de la coop\u00e9ration r\u00e9gionale ou du Sahara occidental. Les relations bilat\u00e9rales am\u00e9ricano-marocaines restent solides ; par exemple, le Maroc est un alli\u00e9 majeur non membre de l&rsquo;OTAN et le Maroc a conclu un ALE avec les \u00c9tats-Unis en 2006. Les \u00c9tats-Unis peuvent et doivent chercher des occasions d&rsquo;utiliser la force de la relation bilat\u00e9rale comme base pour encourager de plus grandes r\u00e9formes politiques et \u00e9conomiques. Le niveau solide de la coop\u00e9ration am\u00e9ricano-alg\u00e9rienne en mati\u00e8re de lutte contre le terrorisme ne s&rsquo;est pas \u00e9tendu \u00e0 d&rsquo;autres aspects de la relation et il est peu probable qu&rsquo;il en soit ainsi tant que l&rsquo;Alg\u00e9rie continuera \u00e0 se concentrer sur ses d\u00e9fis politiques et \u00e9conomiques int\u00e9rieurs apr\u00e8s les protestations de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p><span class=\"c2\"><strong>Gordon Gray<\/strong><\/span><\/p>\n<p><em><span class=\"c2\"><strong>(*)<\/strong><\/span> Directeur des op\u00e9rations du Center for American Progress. Il a fait carri\u00e8re dans le service ext\u00e9rieur et a \u00e9t\u00e9 ambassadeur des \u00c9tats-Unis en Tunisie au d\u00e9but du printemps arabe et sous-secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat adjoint pour les affaires du Proche-Orient.<br \/><\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/30500-gordon-gray-une-nouvelle-vision-pour-la-politique-americaine-en-afrique-du-nord\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Gordon Gray (*) &#8211; La prochaine administration devrait se pencher \u00e0 nouveau sur les relations entre l&rsquo;Am\u00e9rique et l&rsquo;Afrique. Elle devrait fournir un soutien et des ressources pour la transition de la Tunisie, aider \u00e0 r\u00e9tablir la stabilit\u00e9 en Libye et promouvoir l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale. 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