A Ben Guerdane, lorsqu’il y a eu invasion des « barbares », qui projetaient d’établir leur «califat» en Tunisie, l’image qui reste, et qui donne encore à sourire, c’est celle des citoyens-lambda qui courent derrière les terroristes, afin d’aider les soldats et sécuritaires en place, à localiser leurs emplacements. La logique voulait, évidemment, que tous les habitants se cloîtrent dans leurs maisons, pour fuir les terroristes. Le monde entier a pu mesurer ce jour-là, à quel point cette exception tunisienne dont il a été question à diverses occasions, pouvait se vérifier sur le terrain, et qu’il y avait, effectivement, dans ce cas de figure, manière à être très fier.
Sauf qu’aujourd’hui, face à la pandémie, nous sommes dans une autre logique. Aux antipodes. Qui ne supporte pas les faux héroïsmes, sachant que ces derniers peuvent être autrement meurtriers. Car, lorsqu’il y a lieu de décider qu’un confinement général, est plus que nécessaire, si l’on veut réellement endiguer tout risque de propagation du virus, il convient de ne pas prendre cette mesure à la légère. Et outrepasser les recommandations de prudence, comme l’on a pu en faire aisément le constat, il y a deux jours, dans les rues de nos villes, où les gens continuent de s’attrouper, inutilement, et surtout, imprudemment, autour de certains commerces, et parfois, juste pour converser en groupe, sans comprendre qu’il y a, suspendue au-dessus de leurs têtes, une épée de Damoclès, laquelle, lorsqu’elle s’abat, ne fait pas dans le détail. Ce qui est un doux euphémisme !
Le coronavirus n’est pas le terrorisme. Même si le terrorisme est, par contre, indubitablement, une autre forme de coronavirus, à qui l’on peut cependant, prêter un visage. Facilitant ainsi la tâche à tous ceux qui auront à le combattre, lorsqu’ils auront pu le cerner. Et en définir les traits. Parce que le Covid-19 est un ennemi invisible, qui évolue en silence, il incombe de ne pas prendre à la légère, toute mesure, visant à s’en protéger.
Et, pour l’heure, en attendant un dépistage à plus large échelle, pour s’en prémunir, il faut accepter l’idée que le confinement, n’est pas une mesure répressive, ou une sanction, dont l’objectif serait de mettre en danger, la libre-circulation des individus, et leur liberté, tout court. Mais bien, comme un réflexe de survie, qu’il faut savoir adopter, sans rechigner, en attendant que passent les nuages.
Car ils passeront les nuages, il faut s’en persuader, si seulement l’on s’astreignait à y mettre toute la bonne volonté du monde, afin de ne pas mettre en péril, la vie des êtres chers, la sienne de vie aussi, et la vie d’autrui. Parce qu’il faut savoir être responsable, et regarder bien plus loin que le bout de son nez. C’est parfois difficile, mais l’enjeu, ici en l’occurrence, en vaut largement la chandelle. Une vie n’a pas de prix…
Samia HARRAR
Auteur: letemps1
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.