Ces dernières années, on assiste à une explosion du digital, et ce, dans toutes les sphères. Il s’agit d’un levier de communication solide qui participe grandement au développement et à la croissance de l’activité économique. Dans cet entretien, le chef d’entreprise Yahia Ghilas a appelé la communauté digitale algérienne (entreprises privées, étatiques, start-up, consultants, chercheurs, enseignants, etc.), de s’organiser autour d’un nouveau projet digital pour une nouvelle Algérie.

El Moudjahid : Pourriez-vous nous expliquer l’importance d’avoir une nouvelle stratégie digitale surtout dans le contexte actuel ?

Yahia Ghilas : De nos jours, la transformation digitale intervient à un moment clé de l’histoire de notre pays, où tout le monde est confronté à des défis majeurs. Le premier défi, à mon sens, est la confiance des citoyennes et citoyens, envers leur Administration, passe par la transparence des décisions, la personnalisation des services, la responsabilisation des acteurs avec la participation citoyenne dans toute la chaîne de prise de décisions. Le deuxième défi, et point clé aussi, est l’efficacité des mesures à entreprendre. 

C’est-à-dire que les besoins et les attentes des citoyens et des organisations ont beaucoup évolués et sont multidimensionnelles, ce qui doit pousser les nouveaux responsables à réinventer leurs métiers et moderniser radicalement leur culture. Quant au troisième défi majeur, il s’agit de la mise en place des moyens nécessaires et adéquats. Face à la crise économique que traverse le pays, les dépenses budgétaires doivent être rationalisées au maximum, ce qui impose de réformer complètement les modes organisationnels de gestion actuels.

Le digital est-il une source d’innovation ?

Oui certainement. Le digital constitue aujourd’hui, un moyen efficace pour encourager l’innovation qui est aussi un défi. Nous savons très bien que la multiplicité et la complexité des structures organisationnelles compliquent toutes nouvelles initiatives d’innovation dans les services de l’Etat ; d’où la nécessité de renforcer leur flexibilité dans un monde en évolution constante et dont le moteur principal de cette dynamique est l’être humain, lui-même.

Le digital peut-il constituer la locomotive de la nouvelle Algérie, sachant que notre pays accuse un retard énorme en la matière ? 

A mon avis l’édification de la nouvelle Algérie doit être portée par les citoyens en s’appuyant sur les évolutions numériques pour faire tomber les obstacles à la participation des citoyens et des entreprises dans cet énorme projet. Compte tenu de l’importance de ces défis, il n’y a que les technologies numériques qui peuvent être la locomotive, mais elles doivent être pensées à la fois comme un moyen, un objectif mais aussi un contexte dont il faut tirer profit, et le citoyen sera au centre de ce défi. 

A partir de ces constats nous pensons que la mise en place d’une nouvelle vision et une nouvelle stratégie de transformation digitale de notre pays est plus qu’une priorité, et cette stratégie doit être élaborée et portée par les acteurs du terrain «publics et privés «en se basant sur certains critères à savoir : ouverture, flexibilité, cohérence et transparence.

Propos recueillis par : 

Makhlouf Ait Ziane 

Auteur: elmoudjahid
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