Jour du Souvenir : un nouveau timbre commémoratif dévoilé. Postes Canada rend hommage aux héros sino-canadiens de la Force 136

Malgré la discrimination raciale de l’époque, des Sino-Canadiens se sont portés volontaires pour participer à de dangereuses missions secrètes derrière les lignes japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, Postes Canada a dévoilé son nouveau timbre du jour du Souvenir, qui rend hommage aux Canadiens d’origine chinoise qui se sont engagés dans la Force 136 et qui ont participé à des opérations secrètes alliées en Asie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Malgré la discrimination raciale à laquelle ils faisaient face au Canada, environ 150 Sino-Canadiens se sont engagés pour servir derrière les lignes japonaises. Leur service a contribué à l’effort de guerre des Alliés et a permis de faire tomber les barrières raciales au Canada. Le timbre a été dévoilé aujourd’hui lors d’un événement organisé au Chinese Canadian Museum, à Vancouver, en présence de proches des soldats sino-canadiens engagés dans la Force 136.
Démonstration de patriotisme
Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Canadiens d’origine chinoise se voient initialement refuser l’enrôlement en raison de la discrimination raciale. La situation change en 1944, lorsque les stratèges alliés cherchent des Sino-Canadiens ayant les compétences linguistiques et la capacité de se fondre dans la population pour mener des opérations secrètes dans l’Asie occupée par le Japon.
Ils sont environ 150 à être recrutés au sein de la Force 136. Dans la Direction des opérations spéciales de Grande-Bretagne ou le Services Reconnaissance Department australien, ils effectuent des missions dangereuses derrière les lignes ennemies. Ils suivent un entraînement rigoureux, au Canada et à l’étranger : espionnage, tactiques de guérilla, parachutisme, radiotélégraphie et survie dans la jungle. Leur mission est de recueillir des renseignements, d’appuyer les réseaux de résistance locaux et de mener des opérations de sabotage. En plus de la menace constante de capture, de torture et de mort, ils doivent affronter la chaleur extrême, les insectes et les maladies.
Pour la communauté sino-canadienne, le service militaire représentait plus qu’un soutien à l’effort de guerre. À l’époque, les personnes sino-canadiennes sont privées du droit de vote et ne peuvent pas exercer leur profession. De plus, l’immigration en provenance de la Chine est fortement restreinte par la Loi de l’immigration chinoise de 1923, communément appelée la loi sur l’exclusion des Chinois, reléguant cette population à un statut de second rang. Malgré tout, l’enrôlement était vu comme une façon de démontrer son patriotisme canadien et de revendiquer des changements.
« Ils voulaient prouver leur appartenance au Canada et croyaient que la meilleure façon d’y arriver était de se battre pour leur pays, même s’ils étaient traités comme des personnes de second rang », explique Catherine Clement, historienne communautaire, autrice et conservatrice.
Alors que certains militaires sont déployés à l’étranger, dont en Malaisie ou à Bornéo, d’autres sont encore en entraînement au terme du conflit. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus de 600 Canadiens d’origine chinoise avaient servi dans les trois branches de l’armée canadienne. Leur service s’est inscrit dans un mouvement plus vaste de changement au pays. De ce fait, la Loi de l’immigration chinoise de 1923 est abrogée deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1947, et la population sino-canadienne obtient la pleine citoyenneté et le droit de vote.