Le mois de mars n’est pas seulement que le mois de la femme, alors que les journées s’allongent, une menace persistante et de plus en plus sophistiquée continue de cibler les citoyens : la fraude.

Sous le thème national « La fraude : un crime caché », la 22e édition de cette campagne annuelle vise à briser le silence entourant les escroqueries. Il faut savoir qu’en 2025, les pertes financières liées à la fraude ont atteint des sommets records, poussant les autorités à intensifier leurs efforts de sensibilisation.

L’intelligence artificielle : le nouveau visage de l’arnaque

Cette année, le Bureau de la concurrence et le Centre antifraude du Canada (CAFC) tirent la sonnette d’alarme sur l’évolution technologique des stratagèmes. On ne parle plus seulement de simples courriels mal orthographiés, malheureusement. Avec l’intelligence artificielle, les fraudeurs peuvent désormais cloner des voix ou créer des vidéos ultra-réalistes (deepfakes) pour soutirer de l’argent aux plus vulnérables.

Un calendrier de sensibilisation

Tout au long du mois de mars, quatre thématiques majeures sont abordées pour mieux outiller la population : la montée en puissance des fraudes numériques, l’absence de frontières, la sophistication des outils et le passage à l’action.

La montée en puissance des fraudes numériques

La montée en puissance des fraudes numériques est le premier grand axe du Mois de la prévention de la fraude 2026 au Canada. Cette année, les autorités tirent la sonnette d’alarme sur une explosion de la complexité technique qui rend ces crimes de plus en plus difficiles à détecter. Selon les dernières données du Centre antifraude du Canada (CAFC) publiées en mars 2026, les pertes déclarées ont atteint des niveaux historiques. Plus de 704 millions $ ont été soutirés aux Canadiens en 2025 et plus de 112 000 cas ont été rapportés officiellement. Malheureusement, ces chiffres ne représentent que 5 % à 10 % de la réalité, car la majorité des victimes ne signalent jamais l’incident par honte ou fatigue.

L’absence de frontières

L’absence de frontières numériques transforme radicalement le paysage de la fraude en 2026, car elle permet aux criminels d’opérer avec une portée mondiale tout en restant hors de portée des juridictions locales. Le fraudeur n’est plus un voleur qui doit entrer physiquement chez la victime, même si ce crime est toujours de mise et plus particulièrement envers les aînés. Ainsi, un criminel peut voler depuis son salon à l’autre bout du monde. Comme il n’est pas au Canada, les autorités locales ne peuvent pas simplement aller frapper à sa porte pour l’arrêter.

La montée de l’IA

L’IA ne constitue plus simplement une menace, mais elle est désormais, le principal outil employé par les fraudeurs. Ainsi, les courriels et SMS de phishing (hameçonnage) sont désormais parfaits, sans fautes d’orthographe ni erreurs grammaticales, ce qui les rend indiscernables des communications officielles. De même, l’utilisation de deepfakes (hypertrucages) a bondi de 900 % entre 2023 et 2025, permettant de simuler des appels vidéo en temps réel pour berner les familles ou les employés. Finalement, les fraudeurs utilisent l’IA pour analyser les réseaux sociaux de leurs cibles et créer des arnaques sur mesure basées sur leurs habitudes de consommation ou leurs relations. Le piège de la langue est également présent, car les applications permettent aux fraudeurs d’imiter l’accent de manière impeccable.

Briser le tabou du signalement comme arme contre la fraude

L’un des principaux défis de 2026 demeure le sous-signalement. Par honte ou par peur du jugement, de nombreuses victimes n’osent pas porter plainte. La fraude est un crime, pas une erreur personnelle, rappellent les autorités. Signaler une arnaque est la seule façon de permettre aux forces de l’ordre de remonter les filières et de prévenir d’autres victimes. Les citoyens doivent demeurer vigilants, à ne jamais divulguer d’informations personnelles par message texte et à vérifier l’authenticité de toute demande de fonds urgente. Pour toute information additionnelle ou pour signaler une fraude, communiquez avec les autorités policières ou le Centre antifraude du Canada.

Martine Dallaire, B.A.A.