Le collectif touareg Tinariwen sera de passage au Québec à la fin de l’été pour partager sa musique du désert et présenter son nouvel album Hoggar. Le lundi 14 septembre 2026, le groupe se produira au Théâtre Rialto à Montréal, avant de monter sur scène le mardi 15 septembre au Grizzly Fuzz à Québec.
Tinariwen considère depuis longtemps les États-Unis comme un arrêt incontournable de ses tournées. Pour reprendre les mots du groupe : « Vers la fin de l’été 2026, Tinariwen devait partir en tournée aux États-Unis, mais l’administration Trump en a décidé autrement. En raison de l’interdiction de voyager actuellement en vigueur, qui touche notamment les ressortissant•es du Mali, le groupe a dû annuler sa tournée américaine. Heureusement, l’Amérique du Nord ne se limite pas aux États-Unis, et Tinariwen saisit l’occasion pour passer plus de temps au Canada. »
Hoggar
Les pionniers touaregs et lauréats d’un Grammy Award dévoilent avec Hoggar leur dixième album studio, déjà salué par la critique. Avec ce nouvel opus, Tinariwen revient aux fondations de son identité sonore.
Composé de 11 pièces, il se distingue par la richesse de ses textures musicales et la chaleur de ses voix collectives. Hoggar marque également plusieurs moments inédits dans la carrière du groupe : les chanteurs principaux Ibrahim et Abdallah y interprètent ensemble des morceaux pour la première fois depuis plus de 30 ans, rompant avec la tradition où chaque auteur chantait ses propres compositions. Le musicien José González y signe aussi une apparition remarquée.
Sur le plan thématique, Hoggar aborde des enjeux sociaux et politiques contemporains, notamment les tensions qui traversent le nord du Mali et les réalités vécues par les communautés touarègues. Fidèle à sa démarche, Tinariwen poursuit son rôle de témoin musical, conciliant l’énergie de ses performances scéniques avec une réflexion lucide sur la résilience, la mémoire et la préservation culturelle.
Contraint de s’éloigner temporairement de ses lieux d’enregistrement traditionnels en raison de l’instabilité politique au Mali, le groupe a enregistré Hoggar à Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie, au sein d’un studio mis en place par la jeune formation touarègue Imarhan. Ce contexte a favorisé une collaboration intergénérationnelle, réunissant membres fondateurs et nouvelle vague d’artistes autour d’un même projet.
Enregistré en grande partie en prise directe, avec un minimum de retouches, il retrouve l’esprit des premières années du groupe : guitares acoustiques, chants collectifs et compositions façonnées dans un cadre communautaire. Ce retour à une approche plus épurée lui confère une intensité particulière, entre tradition et renouvellement.
Un repère durable
Grâce à cette nouvelle parution et cette tournée, Tinariwen réaffirme sa position de figure majeure de la musique touarègue contemporaine, tout en ouvrant la voie à une nouvelle génération d’artistes.
À l’image du massif du Hoggar, dont il tire son nom, la musique de Tinariwen s’impose comme un repère durable — symbole fort de présence, d’identité et de continuité dans un paysage en constante mutation.
Elle incarne aussi un espace de dialogue entre passé et présent, où traditions ancestrales et réalités contemporaines se rencontrent, se répondent et se transforment. À chaque composition, le groupe prolonge un héritage vivant, nourri par l’expérience collective et porté par une volonté constante de transmission, d’expression et de liberté artistique.
À propos de Tinariwen
Formé à la fin des années 1970 et fort de plus de 45 ans de carrière, le collectif s’impose comme une figure centrale de la musique saharienne contemporaine. Tinariwen est né d’un contexte de déracinement et de lutte identitaire. Le groupe s’est d’abord fait connaître à travers des cassettes circulant dans le désert, portant des messages politiques et culturels destinés à unir les communautés nomades.
Défenseur engagé de la culture touarègue, enracinée dans les régions désertiques entre le Mali et l’Algérie, le groupe développe une musique portée par les guitares électriques, des rythmes syncopés et des chants en langue tamasheq. Ce mélange distinctif, souvent associé au « blues du désert », lui a valu une reconnaissance mondiale au cours des deux dernières décennies.
Son œuvre reflète à la fois les réalités contemporaines du peuple touareg et un attachement profond à une tradition orale ancestrale.
Au fil des décennies, Tinariwen a acquis une reconnaissance internationale majeure, se produisant sur les plus grandes scènes et collaborant avec de nombreux artistes. Malgré ce rayonnement mondial, le groupe demeure profondément ancré dans son territoire et continue de faire de sa musique un outil de transmission, de mémoire et de résistance culturelle.

