Le 22e acte des «gilets jaunes» s’est caractérisé hier par un regain de mobilisation, à travers plusieurs villes de France, dont certaines ont connu beaucoup de tensions. Selon le ministère de l’Intérieur, il y avait 31.000 manifestants (22.000 samedi dernier, dont 5.000 à Paris),  alors que le décompte des «gilets jaunes» avoisine les 80.000 manifestants.

Cette énième mobilisation s’est déroulée dans l’attente des premières annonces du président Emmanuel Macron après le «grand débat national», lancé le 15 janvier dernier pour éteindre la colère des Français, né du ras-le-bol fiscal et de l’érosion du pouvoir d’achat. Toulouse a été ce samedi la «capitale des +gilets jaunes+» qui a rassemblé des milliers de manifestants. Mais cette mobilisation s’est transformée en scènes d’affrontements entre des manifestants et les forces de sécurité. La police a signalé la présence dans les affrontements des «casseurs», malgré l’adoption récemment d’une loi anticasseurs très répressive et dissuasive. Une loi décriée par les «gilets jaunes» qui demandent l’abrogation de cette loi «liberticide». Une agence d’intérim a été saccagée, une voiture incendiée et du mobilier urbain endommagé. On déplore deux personnes blessées en urgence relative et la police a annoncé l’interpellation de 23 personnes. Ailleurs, les manifestations se sont déroulées dans le calme, mais la crise des «gilets jaunes», après cinq mois de mobilisation, ne semble guère connaître de dénouement malgré les très attendues annonces du président Macron de nouvelles mesures après avoir tiré les leçons des doléances des Français qui ont pris part au «grand débat national». Cependant, des inquiétudes sont exprimées ici et là quant à une relance de la contestation des «gilets jaunes» au cas où le président Macron échouerait à répondes aux attentes. Pourtant, le Premier ministre Edouard Philippe a déjà donné un avant-goût des décisions que devra annoncer son premier chef.
Lundi, il a affirmé que le besoin de changement chez les Français «est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable», ajoutant que dans cette situation «hésiter serait pire qu’une erreur, ce serait une faute». Il a expliqué la défiance entre les Français et leurs représentants a prospéré sur des «échecs collectifs», citant en exemple le «chômage de masse», «le blocage de l’ascenseur social» et des «maladresses et des malentendus». Revenant sur la crise des «gilets jaunes», le Premier ministre français a souligné que le mouvement est né d’un «malaise profond de beaucoup» de Français qui manifestent «un besoin de considération et de reconnaissance, une volonté d’être associé à la décision au lieu de la subir». En décembre dernier, le gouvernement avait pris un certain nombre de mesures sociales, d’une enveloppe de 10 milliards d’euros, mais il n’a pas pu taire la colère des manifestants.

Que proposera le président Macron ?

Le Mouvement des «gilets jaunes» en France a manifesté hier avant les annonces attendues dans les prochains jours du président, Emmanuel Macron, censées mettre un terme à une crise qui dure depuis près de 5 mois, rapportent des médias locaux. Les «gilets jaunes», dont la mobilisation a accusé un recul la semaine dernière, ont tenté de faire nombre cette fois-ci à Toulouse, dans le sud-ouest, «capitale» proclamée de la mobilisation nationale. Les rassemblements ont eu lieu aussi à Paris Marseille, Grenoble, Lille ainsi que dans d’autres villes, ont affirmé des sources proches du mouvement en question.
Les manifestations de ce samedi ne relèvent pas une importance particulière sinon la défiance de la loi anticasseurs entrée en vigueur depuis jeudi dernier, instaurant notamment un délit de dissimulation du visage dans les manifestations. La loi en question a été «pressée» d’être entrée en vigueur après les scènes de saccage et de pillage qu’ont connus les célèbres champs Elysées en plein Paris. «La journée décisive sera celle du samedi prochain 20 avril, soit après les annonces attendues d’Emmanuel Macron», affirme-t-on. Après plus de deux mois de consultation l’ayant menée dans plusieurs région de l’ Hexagone, le chef de l’Etat doit en effet annoncer des mesures «puissantes» et «massives», selon l’exécutif, pour tenter d’apaiser le mouvement social, né à l’origine d’un ras-le-bol fiscal. La présidence n’a dévoilé ni la date exacte ni le format de cette prise de parole. Plusieurs pistes sont évoquées, telles la suppression ou la réforme de l’ENA, école de formation des élites de l’Etat, la suppression des avantages des anciens présidents et ministres, la prise en compte du vote blanc, la diminution du nombre de parlementaires… La semaine dernière, l’acte 21 avait rassemblé plus de 22000 personnes dans les rues, selon le ministère de l’Intérieur, soit le plus faible décompte officiel depuis novembre. Sur la page Facebook du «Nombre jaune», les «gilets jaunes» revendiquaient eux bien plus du triple.
 

Auteur: elmoudjahid
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