ANP: les ports du futurANP: les ports du futur

Colonne vertébrale du fret maritime, lui-même au cœur du commerce international, les ports sont au centre de la bataille des normes et des routes qui redessine la carte du commerce maritime pour les années à venir. Des enjeux qui n’ont pas échappé aux parlementaires qui examinent  toujours soigneusement la loi N°34.25 portant transformation de l’Agence Nationale des Ports (ANP) en société anonyme. 

Il y a un temps pour la délibération, un temps pour la décision, c’est un peu ce que pensent les députés qui prennent leur temps pour examiner sous toutes les coutures la loi N°34.25 portant transformation de l’Agence Nationale des Ports (ANP) en société anonyme (SA), et modifiant la loi N°15.02 relative aux ports . Ce qui fut l’ordre du jour de la réunion de la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines, de l’environnement et du développement durable du 20 mai 2026, avait déjà été acté par l’exécutif en décembre 2025 au cours du dernier  Conseil de gouvernement de l’année.

Un projet de loi s’inscrit dans une dynamique de modernisation du cadre institutionnel et organisationnel du secteur portuaire et qui vise à doter cet écosystème d’un mode de gouvernance plus souple, intégré et performant.

Lire aussi | Maroc: le trafic portuaire progresse de près de 9% en 2025

Ce projet ambitionne également, d’accompagner la mise en œuvre des stratégies sectorielles nationales, notamment dans les domaines de l’industrie, de l’énergie, de l’agriculture, de la pêche maritime et de la logistique. Il prévoit, par ailleurs, le renforcement de la coordination entre les acteurs publics et privés dans le cadre d’une vision unifiée du développement portuaire, ainsi que l’amélioration de la planification et de la gestion des projets structurants et complexes, afin de maximiser l’impact économique et territorial des investissements.

En effet, l’article 5 du projet de loi stipule que «l’Agence supervisera, avec les parties concernées, conformément à la législation et à la règlementation en vigueur, toutes les diligences et actions nécessaires, pour la réalisation dans un délai maximum de 5 ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi, des actions structurantes suivantes: la migration de l’ensemble des entreprises publiques relevant de son périmètre vers le statut de société anonyme avec un président-directeur général; la transformation des établissements publics relevant de son périmètre en sociétés anonymes à conseil d’administration présidé par un PDG; l’amélioration de la gouvernance des EEP relevant de son périmètre; la substitution progressive de l’Agence à l’État dans le capital des entreprises publiques de son périmètre, dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur».

La genèse de cette révolution est à chercher dans la volonté royale de casser la bureaucratie des Entreprises publiques pour en faire des outils de développement efficients. Une orientation royale qui s’est fixé un cap majeur pour améliorer cette situation et maintenir à flot le trafic des grands ports du royaume malgré les incertitudes géopolitiques.

Lire aussi | Tanger Med franchit un palier supplémentaire en 2025

Annoncée à maintes reprises par le Souverain lors de ses discours, la réforme des Entreprises et Établissements Publics (EEP) vise à corriger les dysfonctionnements structurels. Une première étape a été franchie dans l’édifice avec  la création de l’Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’État (ANGSPE), dont l’objectif est de veiller à la bonne gouvernance des EEP et d’assurer le suivi de leurs performances et de leur rentabilité. Au menu notamment, la transformation en Sociétés Anonymes des établissements publics à vocation commerciale comme ce qui s’était passé avec l’ONHYM.  L’objectif final de ce désengagement stratégique est d’assurer une meilleure complémentarité entre les différentes politiques publiques tout en créant une véritable neutralité concurrentielle sur le marché marocain.  

Une stratégie qui convient parfaitement au secteur portuaire qui a connu des fortunes diverses au gré de la géopolitique, même si aujourd’hui, l’heure est partout à de nouveaux investissements pour conforter des positions établies (le cas de TangerMed ou de Casablanca) ou trouver de nouveaux débouchés ( Nador West ou le méga port de Dakhla Atlantique).

Tanger Med est porté par le trafic de conteneurs et, malgré la crise du détroit d’Ormuz, le premier port de la Méditerranée a retrouvé des couleurs : ses portiques ont traité des millions de conteneurs à l’occasion de milliers d’escales.  

Dans ce contexte favorable, le port prévoit d’investir des millions de dirhams dans de nouveaux équipements et la valorisation de son patrimoine.

Auteur: Abdelaziz Bouabid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.