APF à Yaoundé : l’Afrique veut peser sur les grands défis de la FrancophonieAPF à Yaoundé : l’Afrique veut peser sur les grands défis de la Francophonie

Réunis au Cameroun pour la 51ᵉ Assemblée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), les parlementaires des 99 sections membres placent au cœur de leurs échanges la paix, la sécurité, le renforcement des institutions démocratiques et la coopération.

Le président de la section Afrique de l’APF, le Sénégalais El Malick Ndiaye affirme: le continent entend jouer un rôle moteur dans une Francophonie en pleine recomposition.La 51ᵉ Assemblée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a officiellement lancé le 7 juillet 2026 à Yaoundé, ses travaux en commission sous la présidence de l’honorable Hilarion Etong, président en exercice de l’institution. Cette rencontre, qui rassemble les représentants des 99 sections membres de l’APF, constitue un cadre privilégié de concertation sur les principaux enjeux politiques, institutionnels et géostratégiques qui traversent l’espace francophone. El Malick Ndiaye estime que cette session intervient dans un contexte où la coopération parlementaire doit apporter des réponses concrètes aux défis auxquels sont confrontés les États membres.« Nous travaillons ensemble pour le renforcement de la démocratie, des technologies, de la paix, de la sécurité et de la défense », a-t-il indiqué, soulignant que l’Afrique entend faire entendre une voix forte au sein de l’organisation.Pour le responsable sénégalais, la place du continent est aujourd’hui incontournable. Avec plus d’une trentaine de pays représentés, l’Afrique constitue la région la plus importante de l’APF. Une présence qui, selon lui, traduit l’engagement des États africains à participer activement aux réflexions et aux initiatives en faveur de la stabilité régionale, alors que plusieurs foyers de tensions continuent d’affecter le continent.

Au-delà des questions sécuritaires, cette Assemblée générale met également en lumière le rôle fédérateur de la langue française et du dialogue interculturel. El Malick Ndiaye considère que le multilinguisme demeure un levier essentiel de rapprochement entre les peuples et que l’Afrique contribue pleinement au rayonnement de la Francophonie par sa diversité culturelle et son dynamisme démographique.Interrogé sur le retrait de certains États africains des instances francophones, le président de la région Afrique de l’APF adopte une position mesurée. « Nous respectons la souveraineté de chaque État. Chaque pays est libre de choisir son orientation », rappelle-t-il. Il relève toutefois un phénomène inverse : l’intérêt grandissant de nouveaux partenaires pour l’espace francophone. L’adhésion de nouvelles entités parlementaires, notamment issues du monde arabe, témoigne selon lui de l’attractivité croissante de la Francophonie parlementaire.Pour autant, El Malick Ndiaye plaide pour le maintien du dialogue avec les pays ayant pris leurs distances avec certaines organisations francophones. À ses yeux, les défis communs — sécurité, développement, gouvernance et coopération — imposent de privilégier le rapprochement plutôt que les divisions.En accueillant cette 51ᵉ Assemblée générale, le Cameroun offre ainsi à la Francophonie parlementaire une tribune stratégique pour réaffirmer les valeurs de solidarité, de dialogue et de coopération. Les travaux de Yaoundé devraient permettre aux parlementaires de dégager des orientations communes face aux mutations géopolitiques actuelles et de renforcer le rôle de l’APF comme espace de concertation entre les peuples francophones.

Léon Mgba

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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