Autriche-Tunisie 1-0: Une équipe vaillante et une défaite cruelleAutriche-Tunisie 1-0: Une équipe vaillante et une défaite cruelle

Autriche- Tunisie 1-0  (m-t 0-0)

Stade: Ernest Happel, Vienne

Arbitre: Jérémie Pignard (France)

Buts: Sabitzer (63’) pour l’Autriche;  (Tunisie)

Avertissements: Danso (Autriche); Gharbi (Tunisie)

Expulsion: Laimer (Autriche)

Tunisie: Chamakh, Valéry, Rekik Talbi, Abdi, Skhiri, Mejbri (Haj Mahmoud 78’), Khedhira (Saad 82’), Ben Slimane (Elloumi 61’), Gharbi (Tounekti 61’),  Chaouat (Ayari 61’)

C’est à Vienne que l’équipe de Tunisie entend s’affirmer en prévision du Mondial. Le choix de l’Autriche comme sparring-partner est sans doute dicté par certaines similitudes avec la Suède, le premier adversaire en Coupe du monde. C’est donc autant un test grandeur nature qu’une étape initiatique pour les joueurs, en majorité des jeunes qui découvrent le plus haut niveau.
La formation présentée par Sabri Lamouchi ne ressemble à aucune précédente. A priori c’est une équipe expérimentale qui servira de repère pour la suite. Les Skhiri, Talbi, Ben Slimane, Valery, Abdi et Mejbri démarrent le match en tant que cadres ayant l’expérience de ce genre de mises à l’épreuve. En revanche, les Chamakh, Khedhira, Gharbi, Chaouat et autres Rekik sont alignés pour jauger leurs capacités à s’imposer et à répondre à l’attente du sélectionneur. Il n’y a pas plus lourd dilemme pour un entraîneur que l’arbitrage entre les candidats au même poste.

Dès l’entame du match, les intentions des deux protagonistes se précisent: les locaux, qui retrouvent la Coupe du monde après six éditions d’absence, sont appelés à justifier leur qualification et leur ambition d’autant que l’ossature, 8 joueurs, évolue en Bundesliga. En face, les Tunisiens adoptent d’abord la prudence comme prévu.

Pendant dix minutes la défense tunisienne s’est retrouvée très sollicitée tout en se montant vigilante et réactive. Il manquait a l’équipe l’atout majeur en football, celui de la transition, la reconversion de la situation défensive et phase offensive. Ce n’est qu’à la 12ème minute que cette opération a été élaborée pour créer une occasion sur coup franc que Mejbri a failli transformer, la balle ayant atterri sur la transversale. Un certain équilibre en a résulté et la mise en confiance a permis aux Tunisiens de menacer les locaux avec une action très soutenue et que Chaoat a failli exploiter (18 ‘).

La pression tunisienne ayant été crescendo, les occasions se sont succédé obligeant Laimer à la faute de main fatale qui a provoqué son expulsion et le tir de Ben Slimane sur la transversale (37’). Dans la foulée la poussée tunisienne engendre une occasion annihilée par la keeper sur tir à bout portant de Chaouat, très entreprenant. Le match devient très disputé et incisif. Pour Lamouchi, le plan préétabli est largement réussi. La confiance ainsi acquise, les joueurs purent jouer sur leur valeur pour conclure la mi-temps sur un nul prometteur, mais quelque peu frustrant au vu de la qualité du jeu et des occasions procurées.

La reprise se présente alors avec une interrogation : que compte prôner Lamouchi: l’offensive ou la prudence ? Les premières minutes apportent d’abord une alerte autrichienne qui a failli ouvrir le score par Kalajosic (48’).

Les trois changements opérés par Lamouchi après une heure de jeu sont immédiatement relayés par un raid autrichien qui prend de vitesse  toute la défense tunisienne et c’est  Sabitzer  qui ouvre le score (63’). Une autre alerte faillit creuser la marque (65’). Et c’est ensuite au tour de Khalil Ayari de se mettre en position de tir sans pouvoir cadrer (66’).

Le réveil des Tunisiens engendre quelques offensives qui butent sur un bloc défensif compact. A la 77ème minute, le tacle de Danso sur Hannabl Mejbri ne lui vaut qu’un avertissement et coûte au Tunisien la sortie contrainte.  

A la 84ème minute, les Tunisiens construisent une action très soutenue provoquant un coup franc idéal que Abdi ne put transformer.
 La fin du match se transforme en flux et reflux avec avantage aux ^poulains de Lamouchi. Et c’est Khalil Ayari, le sociétaire du PSG, qui crève l’écran par sa virtuosité et son audace, ce qui est de bon augure pour la suite. Le score a failli s’alourdir en fin de match sans le repli spectaculaire de Valery sur Sabitzer (90+3’).

La défaite qui couronne ce match est sans doute frustrante, mais les atouts de l’équipe sont là, le caractère en prime.

Les enseignements de ce match sont évidents : la formation alignée est homogène et appliquée et montrant des velléités offensives évidentes. Ils serviront déjà au prochain test de samedi prochain à Bruxelles. Lamouchi a la délicate tâche de cerner les insuffisances de l’équipe et les promesses que certains joueurs procurent. L’on même avancer qu’à Vienne, une autre équipe de Tunisie est née.

A deux semaines du premier match du Mondial, les Tunisiens doivent être partagés entre la crainte des revers et l’espoir que peuvent susciter quelques tranches de jeu.
 

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